Auto-stop!

23 mars 2026

 (radotage)

C’était au sortir de Roybon

Son coup de pouce me parut bon

Je l’invitai dans mon fourgon

Pas pressé : j’allais aux champignons.

Moi non plus me déclara-t-elle

On ne m’attend que sur le soir

Je ne connais pas les chanterelles

Si vous voulez j’aimerais voir.

La mousse paraissait douce

L’ombre dentelée du feuillage

La brise aux teintes rousses

Dans le joyeux ramage

Des oiseaux prêts pour leur voyage

Caressaient notre visage

Elle ne connaissait pas les cèpes,

Mais elle avait bon appétit

Chaude et douce comme une crêpe

Ce fut un bel après-midi.

SILENCE CE DIMANCHE

22 mars 2026

En être humain ou en père de famille…(2)

21 mars 2026

Entre Lolette et Engins,

A deux sur une bicyclette,

Au crépuscule entre « loup et chien »

Jeunes partis en goguette,

Sans éclairage sans catadioptre

Etaient partis vers la descente

Ils défiaient, les bon apôtres

Les lois de simple prévenance.

En les croisant, le grand-père

Sentit son coeur qui se serrait

Fit demi tour,

« A qui allez-vous faire la cour? »

Vint se garer devant les  feux follets:

J’ai vraiment peur pour votre dégaine

Pas de pitié pour vos mollets, 

« Où allez-vous ? Je vous emmène

Chargez le vélo dans le fourgon… »

Le vieux en resta bouche bée:

Deux filles! A ce jour c’est l’égalité

(C’est à qui sera le plus con)

Jusqu’au village où les lumières

 (C’était avant l’habitude mortifère

De tout éteindre à onze heures et quart )

Lorsqu’il apprit trois jours plus tard.

Que des fugueuses d’une colonie

Parties douze kilomètres plus loin…

Il se réjouit que grâce à lui

Sur une partie de la belle au moins,

Elles ne coururent aucun danger…

Vingt ans plus tard, ne regrette rien:

Les surveillants de prison,

Les soi-disant de la paix gardiens 

L’auraient sûrement mis en détention!

Accusé de complicité d’évasion!!

En être humain ou en père de famille…(1)

21 mars 2026

Elle tendait le pouce à Sassenage,

Devant ma 4L de vénilia décorée,

Elle hésita car le voyage

Serait plus lent qu’ imaginé.

Elle devait avant sept heures 

Etre à Villard sinon carême

Sans un croûton depuis l’aurore

Ventre criait son anathème

Le nouvel amant de sa mère

Réglait de manière militaire

Les permissions, les horaires.

Voyant mes restes de casse-croûte

Entre les outils de chantier,

Ses yeux brillaient en cours de route,

Je lui dis « bien que peu ragoûtant,

Si vous ,tentée, ce sera  autant

Pour calmer les crampes de faim.

Perlé, ramolli, était l’emmenthal

Pas mal durci était le pain

A la voir, j’en avais mal:

J’avais connu moment de famine.

Je lisais délivrance en sa mine

Sur la route une épicerie

Prête à baisser son rideau,

Nous laissa acheter charcuterie,

Du pain de mie, quelques gâteaux.

Mes fils avaient à peu près son âge 

Echange de pilote!

21 mars 2026

Janvier mille neuf cent soixante six,

Au départ de Pont en Royans

Le soir tombait dans le jour gris

En direction de Villard de Lans

Devant mon pouce, une simca 1000

Jolie conductrice au volant

Me demanda, je donne en mille

Si je pouvais prendre le volant…

Parcours des gorges de la Bourne

A cette époque, pas évident…

Connaissant de quoi il retourne,

Je n’hésitai pas un instant…

Elle allait au grand hôtel de Paris…

Moi, je montais voir ma maman

Dont l’état toujours chancelant

Me taraudait infiniment…

Bien sûr! Bien sûr! J’entends les rires

Sur le verglas, mieux vaut le volant

Que lèvres baladeuses ou pire:

Le ravin était trop avenant.

Auto-stop

20 mars 2026

Dans l’heureux temps de l’auto-stop,

En se chargeant du sac à dos,

C’était comme dans la musique pop,

Toutes les notes n’étaient pas do.

Mille rencontres mirifiques,

Cent déceptions souvent aussi

Pouvaient aux souvenirs magiques

Apporter faces moins réussies.

Les aléas de l’aventure

Avec recul prennent de l’éclat

Afin que la narration future

Ne soit pas simple bla bla bla.

Elle découvrit ce soir-là

Communion extraordinaire

Grâce à un défroqué oblat

Quoi rêver de plus salutaire?

La cloche révélatrice

Toute sa vie sonnera pâques

Oubliée l’attente triste

Chantera toujours « frère Jacques »

 

(inspiré par « Presquevoix » Canalblog 19/03/2026) 

 

Trajets … buissonniers

20 mars 2026

radotage:

Pour aller d’un point à un autre

Je ne connais pas la ligne droite

Pour aller d’un point à un autre

Je sinue à gauche à droite.

De Valence jusqu’à Nîmes

Pourquoi prendre l’autoroute

Comme moutons unanimes

Direction au sud, toute ?

Un passage dans Privas

Voilà qui change les choses

Puis le cap sur Aubenas

Où prévoir une petite pause.

Il fait trop chaud dans la plaine

Montons donc à l’Escrinet

Aucun ordre ne nous enchaîne

Fraîcheur dans l’estaminet.

Et les gorges de l’Ardèche

Si belles en cette saison

Suivons cette jolie brèche

Un détour jusqu’ à Vallon.

Voilà le soleil qui baisse

Nous sommes à Pont St Esprit

Souvenir de ma jeunesse :

La cité du pain maudit.

La jolie quatre vingt six

Bordée de marchands de fruits

Dans l’année soixante six

Etait mon chemin favori.

De Bagnols à Courbessac

Auto-stop avec mon sac,

A espérer la déesse en Dauphine

En R10, en rodéo, en alpine

Pour une petite escapade

Dans la garrigue voisine,

Pour une petite escalade…

Auto-stop ou geste de dames patronnesses?

19 mars 2026

Radotage:

Au vieux temps de ma jeunesse

Il suffisait d’un pouce levé

Pour que le conducteur inspiré

Vienne au secours de la détresse.

On ne demandait pas qui vous êtes

On demandait « Où vous allez? »

On se serrait sur les banquettes

C’était partage de fête…

HORREUR!

Les disciples de Mercure

De l’argent à la place de coeur

Avaient mis fin à l’aventure

Bla bla car , co voiturage

Toutes notions bien quadrillées

Contrôles de cet usage

Pour soi-disant sécurité…

La poésie était morte

Morte aussi l’aide/contrat

L’idée : « aujourd’hui je t’emporte

Demain à d’autres tu le rendras. »..

Voilà que pensant résoudre

Le problème, de grands « saveurs »

Ont décidé de remoudre

Auto-stop à leur saveur:

Comme les dames patronnesses

Choisissaient les  » bons » malheureux

Une plate-forme d’altesses

Contrôlerait ce genre de jeux.

 

examens

19 mars 2026

C’est un drôle de nom, examen

Cela sous entend dépendance

Moment qui fragilise demain,

Risque de perdre un peu  de prestance.

Le couperet qui s’abat soudain

Parfois renforce avec violence

Le sentiment de n’être rien …

Ou mobilise la volonté: « AVANCE! »

Quand on est jeune, face au défi,

On trouve force dans l’espérance,

Déjà âgé, broyé, on se méfie,

Et ce que l’on ressent en transes

Est rarement un carburant

Pour se projeter loin devant …

(inspiré par « Presquevoix »Canalblog 17/03/2026)

dernier matin à la ferme (radotage)

18 mars 2026

Dernier matin à la ferme (1)

 

Quand Rodolphe, ce matin-là

Sortit du lit, l’aurore à poindre,

Il savait que « Ah ! La!La ! »

Ce jour ne serait pas le moindre.

Il plia draps et couvertures

Qu’il déposa au pied du lit

Et regarda la nature

Comme pendant toute sa vie.

Mais aujourd’hui

Il faisait gris

Non dans le ciel, mais dans sa tête

Décidément, la vie c’est bête.

Pas besoin de ressasser

Il n’y avait pas d’autre issue

Pas d’espoir de voir se tasser

Les gros ennuis à lui venus.

Après le troisième infarctus

Il avait compris que le terminus

N’était pas loin dans son chemin.

Eloigné de toute assistance

Il pourrait bien finir demain

Alors malgré sa souffrance

Il avait choisi son destin…

Cet article a été posté le Vendredi 5 juin 2015 (le radeau du radotage)

Dernier matin à la ferme (2)

 

Dans deux heures le camion

Prévu pour le déménagement

Arriverait : attention

De tout bien préparer avant.

Ses neveux à tour de rôle

Etaient venus récupérer

Car, pour cela, c’est drôle,

Ils étaient prêts à la curée.

A moi, les fourches, à moi, les jougs

A moi, le char articulé

A moi, la marmite qui bout

Pour des cochons faire la pâtée.

A moi, la pelle, le « picareau »

A moi, la bonbonne de gnôle

A moi, les deux grandes gaules

Et le ramasseur de noix.

A moi ! A moi ! A moi ! A moi !

Toutes les vaches étaient parties

Dans le camion du maquignon

Les chèvres, c’était une amie

Qui saurait en tirer le bon.

A dix heures, l’acheteur

Viendrait prendre le tracteur….

Dernier matin à la ferme (3)

Pendant que le café coulait,

Il pénétra dans l’étable,

Ce lieu où il avait tant trait

Tant brossé, caressé de râbles.

Il revit dans son esprit

A chaque place les locataires

La vieille Miraille, le cabri

La chèvre qu’aimait tant sa mère.

Il avança un peu plus loin :

Il restait au fond de la grange

Une dizaine de bottes de foin

Tant pis ! Qu’est-ce que ça change ?

 

La maison, il l’avait vendue

A des étrangers de la ville.

La chaîne du bouc restait pendue

A la crèche,  inutile.

Ces gens ne sauraient,

Jamais

Comprendre les esprits

Qui toujours vivront ici :

Dans une ferme ancestrale

Chaque moellon est pierre tombale…

Dernier matin à la ferme (4)

Il n’avait rien à regretter :

Il avait décidé lui-même

Après l’accident de l’été

Il ne pourrait plus être à même

De se suffire bien longtemps

De se soigner au fil du temps.

Il eut pourtant le cœur serré

En voyant le vide installé.

Dans le studio, près de l’ hosto

Il aurait les soins à portée

Pas besoin de trémolos

C’était fait, les dés jetés.

Il sentit pourtant un vertige

Qui le gagnait tout à coup :

« Allons ! Mon cœur, tu attiges

Il me faudrait boire un coup. »

Un peu de peine à respirer…

Il fait déjà si chaud ? Bizarre !

Le jour est à peine levé

A cette époque, c’est ben rare.

Il s’appuya à la paroi

Et, voulant se retourner

Il se sentit partir, ma foi,

Vers sa dernière destinée.

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