Souvenir: Ferrer les vaches

27 mars 2017

Souvenir…

Dès qu’arrivait le mois d’avril, comme les labours de printemps étaient sur le point d’être terminés, en prévision de la descente du bois, ce bois coupé à l’automne, au cours de la coupe affouagère, on se souciait de ferrer les vaches.

Non ce n’étaient pas de montbéliardes aux pieds fragiles  et peu robustes. C’étaient de bonnes villardes fortes comme boeufs et bien rustiques.

On envoyait un des enfants se renseigner auprès du propriétaire des « étraits »* de la date de venue du maréchal ferrant. Il donnait une indication du meilleur moment pour se présenter afin de ne point trop attendre.

Le jour venu, on amenait les 2 vaches de premier joug qui se verraient chausser de fers solides, afin d’éviter, dans les cailloux, de se blesser…

Chaque vache, à son tour, au faux joug solitaire scellé à l’avant des étraits était solidement liée.

Ensuite, un gros filet de très grosses cordes tressées, accroché d’ un côté sous le toit, était étiré sous le ventre, puis accroché, de l’autre côté à un rouleau utilisé comme treuil , pour soutenir la bête, pendant le temps qu’elle serait sur trois pattes seulement.

Un lien de chanvre était enroulé autour du pied postérieur de la vache que l’on tirait vers l’arrière jusqu’à le lier fortement à une traverse  solide…

Ainsi immobilisée, la vache ne pouvait pas se débattre. Un geste malencontreux pourrait la faire blesser au moment de tailler ses sabots,  de préparer la place pour la « planche », sorte de semelle de métal, que l’on fixait solidement avec des clous à ferrer, et dont une languette se retournait sur l’onglon.

(Pour les pattes avant, on relevait le sabot, coincé contre la poitrine pour faire de même.)

Parfois on ne ferrait qu’un seul onglon par pied… Mais si les travaux dans les cailloux étaient longs, on ferrait « à plan » c’est à dire des deux côtés.

 

*les étraits: voir 4 décembre 2011

Métiers d’antan

26 mars 2017

A ST LAURENT EN ROYANS,

Il y avait animation

Autour des métiers d’antan

Agréable évocation!

L’antique machine à coudre

Belle a sentir coup de foudre!

Les brodeuses

Talentueuses

Nous faisaient démonstration

De leur savoir leur passion.

Tricot, tricot, tricotin,

Les aiguilles travaillaient bien

Points riz, mousse ou jersey

Nous démontraient leu secrets.

Disciples de Gutenberg

N’imprimaient pas le grand Albert

Mais j’ai salué Freinet

Dont les techniques passionnaient.

L’aire de jeux en bois

A un bon goût d’autrefois.

Serpe serpette goyarde

Faux, faucille prends garde!

La collection de rabots

Et les fers pour les chevaux!

Tout cela dans une ambiance

De simple simplicité

Tout cela dans une ambiance

De franche et douce amitié.

Taille d’osier…

26 mars 2017

Sur le monticule Epinousa

Je suis monté ce matin là

Jour que l’on dit d’annonciation

De travailler interdiction

Sanction? sanction? Quelle sanction?

J’ai taillé mes armariniers

Mais je ne suis pas Pierre Combet

Pas de remarques de ma moitié

Et mes osiers point ne saignaient.

Pourtant, j’avais bien espéré

Voir une vierge me chapitrer:

Dans la vigueur du printemps

La sève qui monte partout aidant

Je lui aurais volontiers

Par  les caresses appropriées

Fait découvrir la volupté.

A SAINT GEORGES

25 mars 2017

Hé! Dis-donc, Saint Georges! A quoi servait ta clé?

Cette clé qui traînait, les gosses l’ ont ramassée.

Fermait-elle un sépulcre, lieu de rites sacrés?

Fermait-elle un coffre plein de bijoux dorés?

Un objet de ce genre ne doit jamais traîner!

Tu as trahi confiance! Tu dois être hué!

Maintenant que les gones s’en sont emparés

Va t’en donc essayer de la récupérer!

Elle est posée par ci, par-là elle est posée

Tu crois l’avoir trouvée, déjà s’est envolée.

Et le renard qui passe, ne pas le regarder

C’est bien toujours trop tard quand tu t’es retourné!

Dans le chant des gamins, tu as ta renommée

Si ce n’est pas sérieux, tant pis! Allons jouer!

Un objet de ce genre ne doit jamais trainer

Tu as trahi confiance, sois-en remercié!

Concours de vitesse

23 mars 2017

C’est un jeu certains matins

Je sors: il n’y a plus de chien.

Il a filé comme une anguille.

Je crie, j’appelle, je m’égosille

Je ne le vois pas rentrer

Il va falloir le chercher…

Mais, souvent,je le vois loin,

Il s’arrête, ne revient point.

Je monte dans la voiture

Je suis bon pour l’aventure!

Sortir, foncer le récupérer

Avant qu’il ne se soit éloigné…

Il comprend mon intention

Montre bonne résolution

Vient se poser sur la route…

Et s’enfuit vitesse toute!

Je m’arrête, je l’appelle

Il a envie de se faire la belle!

Revient vers moi lentement

Tête basse humblement…

Mais dépasse la voiture

Et il part à toute allure

En direction de la maison?

Pas seulement! Non! Non! Non!

Car ce chameau intrépide

Veut se montrer le plus rapide!

Au soleil du printemps

22 mars 2017

Dans le jardin, au grand soleil

Les salades toutes rêveuses

Tendent leurs feuilles paresseuses

Encore engourdies de sommeil.

Les fraisiers ont ouvert des fleurs

Que les abeilles butineuses

Viennent fouiller fureteuses

Des pétales, jusqu’au coeur.

Le cassissier un peu frigide

A tellement couché ses branches

Qu’elles ont, par marcottage avide,

Formé des racines, plantes franches.

Les framboisiers envahissants

Ont rampé sous la croûte humide

Et surgissent, turgescents,

Loin de leur base laissée vide.

Un petit bouquet de tulipes,

Ressurgies du printemps passé

En pointe tendent leur lippe

Prêtes à s’ouvrir au baiser.

Tout est attente, en atours

Tout est évocation d’amour.

Route de montagne

22 mars 2017

 

 

Vers la montagne, pour grimper

La route des gorges était fermée

Finie la route large et droite,

Place aux voies torses et étroites,

Aux chemins très sinueux,

Aux virages épingle à cheveux,

Aux surplombs vertigineux.

Le passage dans la cluse

Est si beau qu’on s’en excuse:

Venir troubler la sérénité,

Quel blasphème! Quel péché!

Les falaises qui se dressent

Regardent le voyageur

Avec un regard de maîtresse

Grondant les vilains farceurs.

On débouche sur des plateaux

Encore couverts de lambeaux

De la neige qui naguère

Recouvrait tout ce parterre.

Des ruines laissées par la guerre:

Tout un village de pierres…

Et tout un chemin de croix

Pour rappeler ces voix

Qui chantaient dans les grottes

Le beau chant des partisans

Qui bravaient le bruit des bottes

Et combattaient bravement

N’en déplaise à M. HAMON

21 mars 2017

Je suis POUR la clause « Molière »,
Et ce n’est pas xénophobie!
Je vivais à Feyzin naguère…
Près des cuves de la raffinerie.
Il y avait à l’époque plein de travailleurs portugais
Pour la plupart qui ne parlaient pas le français.
Une entreprise du voisinage
Avait fait sa spécialité du nettoyage
des cuves pleines de produits dangereux.
Pour la rentabilité la plus grande,
Elle avait trouvé que c’était mieux
Elle choisissait des étrangers…
Lesquels friands d’ efficacité,
Au lieu d’agir de l’extérieur
Comme cela… Attention! Vapeur!
Etait écrit, bien visible,
BIEN LISIBLE,
Dans le fond des cuves descendaient
Et parfois, jamais ne remontaient…
Le patron à chaque décès
Lors de l’enquête prétendait
Qu’en se penchant trop, intoxiqué
L’ouvrier était tombé…
Il fallut trois morts malheureuses
Car les consignes de sécurité
Si lisibles, si visibles, si impérieuses….
Ne lisant pas ne comprenant que mal le français,
Les ouvriers les plus zélés
Au fond des cuves descendaient
En toute ignorance du danger.

Calligramme (essai)

20 mars 2017

 

s

                                                                                t

                                                                                n 

                                                                          a 

    s                                                                         h   

     p                                                                       c

     m                                                                   

      a                                                                    e

      h                                                                   d  

      c

                                                                           r

       s                                                                  i

        e                                                               a

         l                                                              ‘

                                                                       l

          s                                                          

           u                         s                                r

            o                       r                                e

s             t                    u                 r              r

p                                 e                 u    r        b

 m             s                l          r       o    u       i

  e             n               f          u      t     o       v

  t              a                         e      n    m

  n             d               s        d      e    a        e

  i                              e        r      l     ‘        r

   r              s            d        e     a     l        i     s

    p             é                    v                    a    t

                   r           e             e      e     f    n

     e            p          r        e    n     d          a

      l                       t        r     i            t   t

                  s          i        d    a     s    n  û

       t          e         a       n    l     e    e  o

        i          l         r       e   p    c    n  v

        a                  a      t          r    n  n

         n        s      p           a    o   e  e

                   u            s    l    f    i

           e      o    t      è             v  x

            u     t    i      r   e   s        u

             q        o     t   r   e    s  e

                   s  v        v   l    e   i

               s   n     e   u        i   d

                è a n   n  o   t   n   a 

               D  O  U  C  E  U  R

ratage!

20 mars 2017
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