Radotage: Atelier 2

29 juin 2020

Un oiseau traversait le ciel,

Traînant un nuage derrière lui.

Les pensées de Jean, douceur de miel

Etaient tournées vers la souris…

C’était un gros oiseau noir

Comme son vieux confesseur

Qui, jadis, l’idée de devoir,

Lui glapissait avec vigueur.

Sûr que, frappé par son rêve,

Il lui remonterait les fixe-chaussettes,

Et lui répèterait sans trêve:

« Abandonne ces sornettes… »

Mais le nuage filait,

Le fantasme irradiait,

Il se sentait monter, monter…

Ce serait la félicité…

Le voyant comme étourdi,

La fille demanda toutefois:

« Voulez-vous un whisky?

_ (l’esprit perdu)Juste un doigt…

_Vous ne voulez pas un whisky d’abord? »

Jean bondit comme un ressort:

Rêver ainsi, à cette heure, c’était trop fort!

(Texte élaboré pour « Le bonheur des mots »)mots et expressions en couleur imposés par le sort

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Patience…jusqu’à quand?

28 juin 2020

Le plus doux des amants,

D’une succube victime,

Se retint longtemps, longtemps…

Jusqu’à la faute ultime…

S’était tu quand, à la porte,

Elle avait jeté ses copains.

S’était tu, quand, d’une voix forte,

Elle avait insulté les voisins.

N’avait rien dit, quand, multigrammée,

L’avait violemment insulté,

Humilié,

Rabaissé,

Raillé,

Ereinté,

Avait accepté, sans ambages,

Que son chien soit relégué

Au fin fond du garage,

Pour que les toutous de madame

Puissent avoir le canapé.

Il avait juste évité un drame

Quand elle avait voulu l’écraser.

N’avait pas même protesté

Quand, dans son assiette, avait chié,

Quand elle était allée à son boulot

Faire un scandale, le faire virer.

MAIS…quand, sa vie au fond de l’eau,

A poil, il l’a surpris:

« C’est cette chatte que tu veux »

Dans la chambre de son jeune neveu…..

 

 

 

Radotage: Dans le confinement

28 juin 2020

Depuis trois jours je voyais bien

Qu’elle se sentait inquiète

En moi, je sentais combien

Ses tracas de petite bête

La taraudaient.

Dans son étroit confinement

Elle s’arrachait le pelage

Recherchait très finement

Des brins de foin dans la cage

Elle construisait,

Fidèle à l’instinct séculaire

Le nid pour sa progéniture

Un petit creux bien circulaire

De mes regards, elle n’avait cure

Travaillait.

Ce matin,  le froid revenu

Bien au chaud dans le nid douillet

De petites formes remuent

Le destin est donc satisfait

Devoir rempli.

 

Publié dans « Le bonheur des mots »

 

 

 

 

 

 

Lecture!

27 juin 2020

« Lis ce mot, dit la maîtresse,

A l’enfant un peu tremblant,

Serait-ce donc par paresse,

Ou bien que tu fais semblant?

Tu lisais, hier,  sans erreur,

Aujourd’hui c’est n’importe quoi.

Quel est ce manque d’ardeur?

Je veux comprendre pourquoi. »

Peut-il dire, le pauvre petit,

Que cette nuit, il a mal dormi?

De son père, le chien de Prix,

S’est installé dans son lit.

Au risque d’une correction,

Il devait faire attention

A ne pas déranger

Cet animal adoré!

Radotage: atelier du 2 mai 2020 (le bonheur des mots)

27 juin 2020

Défi: les phrases devaient commencer chacune par une lettre de l’alphabet dans l’ordre pour les 52 premières phrases. La chute devait constituer une surprise. 

sujet: une classe mouvementée

Journée de classe surprenante

« Allez donc vérifier vos tentes Bandez   fermement les cordons  !Chaque sardine doit être solide.

D‘un ton assez autoritaire, le Maître donnait ses instructions. Etendez les tapis de sol.

Fermez ensuite et revenez! Gardez juste crayon et carnet.

Hubert était un petit bonhomme à poigne de fer dans un gant de velours.

Il avait organisé, avec sa classe de cm2, trois jours de dépaysement, en montagne, au printemps.

Jeudi c’était l’installation, pas évidente pour des gosses qui vivaient dans des appartements

avec toutes les commodités.

Karel, le président de la jeune coopérative, vérifie de son côté que rien ne se trouve oublié.

Les cheveux blonds toujours en bataille, pull de laine et jean serré, on retrouvait Hubert,

toujours ailleurs que sur sentiers battus. Même son inspecteur avait cessé de chercher à le faire plier.

Nul ne pouvait, quand il l’avait décidé, se mettre en travers de ses projets.

On pouvait bien lui mettre des bâtons dans les roues parfois,

il trouvait toujours le moyen de suivre son but surprenant.

Pour mettre en place ce séjour, il en avait poussé des portes,

et maintenant il lui fallait tout réussir en quelque sorte.

Quelques soient les craintes exprimées le camp mènerait ses enquêtes.

Rien ne l’avait jamais arrêté. Ses ouailles étaient toujours prêtes!

Toute proposition votée devait être menée à bien, quitte à aller mobiliser même le maire ou le curé.

Une première enquête prévue concernait l’inventaire des arbres qui bordaient le sentier de randonnée. Voir  l’arbre, dessiner sa feuille, écrire son nom si connu.

William se propose chef d’une équipe. Xavier lui,  caïd d’une autre. Yves reste toujours à l’écart.

Zoubida, promue responsable des filles , d’autres plus discrets restent silencieux.

Au moins cinq arbres doivent être reconnus.

Bien situés aux croisements, les parents-recours attendent déjà.

Comme pour d’autres activités, ils savent qu’ils n’interviennent qu’en cas de danger évident.

Débrouillez-vous, c’est la consigne. Expliquez sans donner réponse. Faites vous presque oublier!( Généralement les adultes ont cette coupable tentation de faire plutôt que guider…)

Hello! Il faut peut-être se dépêcher! Jeunes gens, l’heure tourne! Kékecéksa…

Les premiers ne sont toujours pas là? Mais ils ont pourtant leur montre!

Ne nous inquiétons pas trop: ils ont dû admirer le lac perchés sur le promontoire… 

On ne peut jamais tout prévoir 

Pour tromper sa vague inquiétude, Hubert regarde le cendrier

Quels maniérés ces adultes:  cigarette …je prends mon thé, moi, ma tisane)

Rien de grave pour l’instant… 

Sortons le repas de midi.

Tout est prêt et les voilà, les yeux brillants de leur aventure

Un peu plus tard on dépouillera le nombre des trouvailles surprenantes

Vers les seize heures rendez-vous dans l’élevage d’escargots

Wigwam de groupe aménagé: des bottes de paille de la ferme voisine sont installées tout autour

Xyste au besoin pour la détente, l’espace est multiple d’usages

Yourte affirmeront certains…

Zigotos turbulents, ici on reste calme comme dans la classe!

Tout le monde maintenant est assis, les chefs d’équipe passent avec le bac de friands , le panier de fruits

Repas prévu par des parents qui coopèrent à leur manière.

Pour les autres repas , depuis le début de l’année une cagnotte de conserves s’est constituée.

Hubert rappelle les principes décidés d’un commun accord.

Le carton de livres est ouvert. Une heure de lecture silencieuse…

Malgré quelques chamailleries, chacun voulant telle ou telle BD le groupe se calme un moment.

Les adultes boivent un café (nes évidemment!) échangent sur les faits constatés, sur les écarts, complimentent. Mais voilà que l’heure tournant, il faut se préparer pour la visite.

Une heure de marche rapide, mais… par sentiers avec seulement un plan, cela peut durer plus longtemps. Chacun a son petit classeur avec les questions préparées…

Au retour on a promis d’envoyer un compte -rendu aux exploitants…

Pour les remercier de l’accueil, la classe chante à l’unisson un chant spécifique au village…

Les hôtes en ont la larme à l’œil. Le retour se fait en groupe: on doit passer sur la route.

On longe le lac de retenue qui alimente les canons à neige. « NON!! ce n’est pas zone de baignade!

Hubert est obligé de se fâcher.

On examine les conduites qui viennent pomper pour faire la neige artificielle.

Les enfants sont bien fatigués: le voyage en car, le montage des tentes, le petit tour apéritif…

puis ce long parcours pour la visite… beaucoup s’écroulent .

On est tranquille pense Hubert, ce soir ils vont bien dormir.

Certains commencent par groupes à rédiger leur compte-rendu,

d’autres sortent un jeu de cartes, celui qu’ils ont construit ensemble.

Entrainement car la semaine prochaine, ils vont provoquer le cm2 voisin à un tournoi de conjugaison**

Repas calme  tout ira bien… un moment de liberté tranquille.

Quand le soir tombe, on rentre chacun dans sa tente .

Hubert respire ils vont dormir…Il attend un long moment que la nuit s’installe…

Une étoile filante

figée dans son élan,

Seul l’air à la tremblote….

Il est sur le point de fermer les yeux quand des cris s’élèvent sous une tente.

Un farceur n’a rien trouvé de mieux que de réveiller les autres.

Négociation difficile: certains furieux veulent se battre.

Hubert leur donne dix minutes pour se recoucher et dormir, sinon!

Mais une demi-heure plus tard, c’est de nouveau le branle-bas.

Hubert réveille un des pères: puisqu’ils ne veulent pas dormir il faut une leçon exemplaire.

Ils rassemblent les chamailleurs et leur donnent quelques frontales.

Ils les montent dans la montagne, dans un lieu qu’il sait sans danger.

Et là, ils les font asseoir, fermer les yeux pour écouter la voix du silence.

L’odeur sucrée du sureau en fleur emplit soudain leurs narines. Calme silence …

Subrepticement les adultes  se cachent pour voir les réactions des gros durs qui n’ont peur de rien…

Quand les jeunes réalisent qu’ils sont tout seuls dans la nuit, Hubert entend la peur qui monte.

« Il y a sûrement des bêtes!

_ Les renards vont nous attaquer.

_ Y a qu’à monter dans les arbres.

_ T’es fou les lynx seront furieux. »

La panique monte, monte, s’exacerbe,  certains se mettent à pleurer.

C’est à ce moment qu’une voix s’élève.

C’est Yves le silencieux, celui qui boude ou que l’on boude.

Lui n’a pas peur!

Il dit: « Si le maître nous a laissés, c’est qu’il sait que nous ne craignons rien.

Rappelons-nous de quelle manière nous sommes montés jusqu’ici.

Faisons demi-tour, restons ensemble, il ne nous arrivera rien. »

Hubert, médusé voit de loin le garçon renfrogné, toujours à l’écart prendre la tête du peloton pour rentrer au camp.

 

**

La conjugaison  

Une autre manière de susciter l’apprentissage intensif des verbes est de lancer un tournoi de conjugaison. Ce tournoi va concerner éventuellement plusieurs classes de niveau semblable. 

Premier travail : créer le jeu de cartes : sur du bristol, dessiner des cartes de 5,2×7,4 cm ( travail de stratégie= mesures, pliages…) 

Chaque carte comprend un verbe à un temps. 

Pour un tournoi sur l’indicatif, la famille à constituer sera de 8 temps pour le même verbe. 

7 verbes fondamentaux seront choisis. 

Le jeu se déroule comme un jeu de 7 familles, sauf que celui à qui on demande une carte, exige, s’il la possède une terminaison. EX/ je demande à Henri le verbe chanter au futur simple… Il a la carte… il vérifie : donne-moi la deuxième personne du pluriel _ tu chanteras             

                               _ désolé ! je n’ai pas ET HENRI prend la main… si j’avais répondu « vous chanterez » j’aurais eu la carte et continué à constituer ma famille… 

L’intérêt pédagogique est dans l’excitation de la préparation qui fait « digérer » la peine pour écrire à la main les cartes (mémoire de la main) et l’apprentissage par coeur .La joie du jeu étant la récompense. 

Je garde un excellent souvenir d’un tournoi sur les pelouses des Minguettes à Vénissieux entre 6 classes de CE2 du coin. 

Radotage: doux solstice!

26 juin 2020

Lorsque je passe vers e…ins

Plein de pensées douces douces

Viennent orner mon chemin

Magique tapis de mousse.

Le visage d’une déesse

Vient illuminer ma voie

Oubliée toute détresse

Je n’ai que  seize ans ma foi

Les soixante autres, oubliés!

Suis un ado émerveillé.

Lorsque je traverse T…ins

J’ai l’esprit dans les étoiles

En espérant la voir de loin

Les yeux embués par un voile.

Douce soirée, jolie déesse

Que la joie du solstice

Vienne comme une caresse

T’apporter mille délices.

 

 

Feux de joie

26 juin 2020

Les « bourdes »

Savez-vous ce que c’est qu’une bourde ?
Vous me parlerez sans doute d’une erreur, d’une bêtise, d’une ânerie…
Mais moi, je vais vous expliquer ce qu’est une bourde en Vercors. C’est un gras tas de brindilles, d’épines le plus souvent à qui l’on met le feu.
Traditionnellement, les jeunes paysans entassaient sur le point le plus élevé du hameau les épines coupées à l’automne et se réunissaient pour les enflammer le soir de mardi gras.
C’était à qui aurait eu la bourde la plus longue du pays.

 

Les feux de la St JEAN

J’ai connu plus tard, dans des villages « de plaine » une autre forme de feux de joie traditionnels:

« Les feux de la ST JEAN »: à l’occasion du solstice d’été,

les jeunes faisaient un grand feu de joie, autour duquel ils dansaient,

chantaient, faisaient de la musique.

C’est ce genre de tradition _ rurale _ que JACK LANG  a fait entrer

de manière plus structurée et moins dangereuse: sans les flammes dans les agglomérations…

 La fête de la musique

Encore plus d’actualité que les autres fables: Les médecins

26 juin 2020

LES MÉDECINS

Le médecin Tant-Pis allait voir un Malade
Que visitait aussi son Confrère Tant-Mieux.
Ce dernier espérait, quoique son Camarade
Soutînt que le Gisant irait voir ses aïeux.(1)
Tous deux s’étant trouvés différents pour la cure(2),
Leur Malade paya le tribut à Nature,(3)
Après qu’en ses conseils Tant-Pis eut été cru.
Ils triomphaient encor sur cette maladie.
L’un disait : Il est mort, je l’avais bien prévu.
S’il m’eût cru, disait l’autre, il serait plein de vie.

 

On les a vus ces scientifiques

Préférer la mort mirifique

De quelques centaines de vieux

Plutôt que bloquer au bon moment

L’atteinte du virus vicieux

Les voir crever…et le serment…

Laisse les flics l’emmener avant qu’elle ne t’ait détruit

25 juin 2020

Elle déambulait, nue, sur la chaussée

En pleine nuit, saoule et violente.

Quand les voisins les ont appelés

Elle les a agonis d’insultes piquantes

Tu es venu t’interposer

Dire que tu allais gérer

C’est vrai que sobre elle est racée

Elle est divine au lit

Elle est extrêmement cultivée

Elle est l’illusion de ta vie

Ses enfants le soir sont terrorisés

Elle devrait bien sûr être soignée

Mais la convaincre est impossible

Elle a déjà pris pour cible

Et tes frères et tes parents

Tes copains n’en parlons pas

D’admiration, ils sont béants!

Ah! Mais cette princesse-là

Devient succube au soir tombant

Elle déraille tellement

Que tu ne peux hélas souvent

Pas l’empêcher de se mettre en danger

Ah! Oui tu l’aimes tellement

Qu’elle te tuera sans faire semblant:

Elle te réduira à Néant.

 

La montagne qui accouche (pour rester avec La Fontaine)

24 juin 2020

LA MONTAGNE QUI ACCOUCHE

Une Montagne en mal d’enfant
Jetait une clameur si haute,
Que chacun, au bruit accourant,
Crut qu’elle accoucherait, sans faute,
D’une cité plus grosse que Paris ;
Elle accoucha d’une souris.
Quand je songe à cette fable,
Dont le récit est menteur
Et le sens est véritable, (1)
Je me figure un auteur
Qui dit : Je chanterai la guerre
Que firent les Titans (2) au Maître du tonnerre.»
C’est promettre beaucoup : mais qu’en sort-il souvent ?
Du vent.

 

Oh! Que oui! Malgré les douleurs

Et les cris de l’accouchement

Aux sortir des clameurs

Il ne reste bien souvent

Que du vent!

 

Hélas! Manifs pendant des mois

En gilets jaunes, sur toutes voies

Un soi-disant grand débat

Sans le moindre résultat

Eteint les voix.

 

Je crains que certaine convention

Pourtant annoncée avec fracas

N’ait pas d’autre grande action

Qu’un grand discours de blablabla

Sur l’extinction.

 

Quant aux commissions d’enquête

Destinées à mieux comprendre

J’ai l’impression, suis-je bête

Que la vérité sous la cendre

Va attendre.

 

 

 

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