Dans un autre temps

23 mars 2020

Il fut un temps, naguère

Où le Maître d’école, qui était

Bien souvent, de plus, secrétaire,

Au-dessus de la Mairie habitait.

De fonction, le logement

Correspondait bien souvent

A la résidence des habitants.

Pour le confort, des rudiments.

Une mienne amie issue de ville

Dans un village, fut nommée:

Petite école petit appartement

Me fit visiter offusquée

« Peux-tu le croire vraiment? »

Le coin, aux toilettes, réservé:

Toilettes sèches , plateau de bois,

Avec  trou, d’un couvercle fermé.

C’est mieux que la cabane au fond

De la cour lui dit-on!

1966

 

 

 

 

Comme on sait pas ce que sera demain… Radotage:les inspecteurs

22 mars 2020

Les inspecteurs 

Ah ! ces charmants visiteurs ! qui en trois quarts d’heure  viennent tous les trois ou quatre ans juger du travail de l’instit. ET LE NOTER , conditionner sa progression. 

Ils sont de toutes catégories : 

                                              Le grand paternaliste ( ?) qui tenait absolument à visiter l’appartement octroyé à l’institutrice : c’est que les normes HLM doivent être appliquées fermement !… et qui partageait volontiers son dîner. 

                                                Le faux grand féroce craint de tous, vrai baron dans son baronnat capable de suivre une leçon de ski les planches aux pieds et d’exécuter  sans façon les exercices demandés. Celui dont les colères rouges font trembler l’établissement mais bien capable après un mois de revenir tout souriant  pour rétablir une relation cohérente. 

                                                    Le petit dictateur aux dadas multiples capable de se dissimuler derrière la haie pour vous surprendre à retarder l’heure de rentrer. Celui qui vous clouera au mur pour n’avoir pas sur le coin droit du bureau  placé le registre d’appel à remplir dans la seconde. Celui qui vous interdira de faire lire par alphabet parce que la mode et son option sont de suivre telle nouvelle méthode. Celui dont tous dans le village surveillent les apparitions (même les parents téléphonent :« le singe arrive tenez-vous prêts ! » ) 

                                                      Le fonctionnaire honnête qui n’a jamais tenu de classe, mais qui en ayant les diplômes a passé le concours afin d’avoir un job varié. Celui-là, très franchement cherche à comprendre les méthodes, vérifie que les objectifs sont respectés, et ne vous fait pas un caprice si vous n’avez pas devant lui fait comme dans une église une grande génuflexion. 

                                                      Le brillant pédagogue qui vous emmène derrière lui, qui sait mobiliser vos forces pour avancer sans crainte. Celui-là est agréable, mais c’est bien le plus dangereux : un jour où l’autre il s’en va laissant la place à un croûton qui viendra en quelques visites détruire tout sans rien bâtir. 

                                                       Le méprisant ancien professeur venu régler ses comptes n’ayant jamais reçu en collège de promotion de type standard il pense qu’il peut, en vous niant, obtenir ce qu’il imagine. Pour lui l’instit n’a pas à réfléchir : d’autres bien plus intelligents ont pensé tout, il n’a qu’à suivre pas à pas un manuel précis. 

                                                          L’ancien instit denrée très rare qui peut être selon cas soit le meilleur soit encore pire que tous les autres réunis. Celui qui a pour référence la classe qu’il eut il y a longtemps dont les enfants n’avaient pas encore été saturés de télé. 

                                                            Celle qui croit que son charme fera oublier ses mesquineries, qui minaude ou vous invite en tête à tête pour une vétille 

Il y en a bien d’autres encore faut-il le dire ? parmi eux, j’en ai apprécié bien peu ! 

Le meilleur cas que j’ai connu fut celui d’un accrochage : 

Je ne nage pas, c’est bien connu, on m’a un jour sorti de l’eau et ranimé …. 

Pour emmener une classe à la piscine, il faut remplir trois conditions : être capable de se sortir de l’eau, être volontaire, avoir lu les consignes de sécurité. J’arrive dans une classe qui a coutume de fréquenter la piscine. Je préviens que je n’irai pas. Le Directeur un peu piqué me dit « c’est bien ce qu’on va voir » il téléphone à l’inspectrice qui demande à me parler. « JE VOUS DONNE L’ORDRE DE CONDUIRELA CLASSE A LA PISCINE  _Merci, madame, j’ai entendu, mais j’attends votre ordre écrit auquel par lettre recommandée je répondrai ceci : « Vous m’avez donné un ordre, je vais donc l’exécuter, mais je tiens à préciser :1) que je ne suis pas volontaire ;2) que je ne suis pas capable de me sortir de l’eau ;3) j’ai lu les consignes de sécurité… » ensuite, la margelle étant glissante, je suis sûr de tomber à l’eau…

Bizarre comme cette bonne femme a retiré son ordre idiot !! 

 

Cet article a été posté le Lundi 18 avril 2011

Trois fois passera, la dernière, la dernière…

21 mars 2020

A décrypter la stratégie

De notre gouvernement

Je revois quand j’étais petit

Ce jeu comptine d’enfant.

Trois fois passera

La dernière

La dernière

Trois fois passera

La dernière restera…

Le principe, évidemment,

Était de ne point être pris,

Mais au bout d’un moment

Chacun se trouvait saisi.

Trois fois passera

La dernière

La dernière

Trois fois passera

La dernière restera…

Sauf que, très souvent,

La maîtresse frappait des mains,

L’hécatombe, pour l’instant,

Était portée au lendemain.

Trois fois passera

La dernière

La dernière

Trois fois passera

La dernière restera…

Chacun trouvera son tour,

Mais, si on peut retarder

D’un mois, une semaine, un jour,

Ce sera tant de gagné!

Trois fois passera

La dernière

La dernière

Trois fois passera

La dernière restera…

A moins que soleil, vacances,

Arrêtent les jeux de gamins.

A moins que l’on trouve, par chance,

Le moyen de faire vaccin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le grand retour du carême

21 mars 2020

Pour lutter contre le satanique

Virus caché, grave problème,

Certains ont eu l’idée magique

De faire retour au carême.

Recueillez-vous, prenez distances

Surtout plus de poignées de mains

Plus de caresses, plus de danses

Si vous voulez vivre demain.

Pour intégrer d’autres religions

On prêche, on prêche, on milite,

Pour de multiples ablutions

Et on bannit les visites.

Isolez-vous! Faites pénitence!

Tout plaisir devient interdit.

L’inquisition est en latence

Prête à frapper les maudits.

 

 

 

 

 

 

Derrière les premiers de cordée??

20 mars 2020

Souvent les premiers de cordée

Arrivent au bout, ayant laissé

Sur le chemin ceux qui ont crevé

Après avoir autant vanté

Les individualités

Dure est l’obligation de regarder

L’ultime  corde de sécurité.

Pas besoin d’abris de secours

Non occupés trop souvent

On s’organise mieux de nos jours

Pas de réserves inutilement…???

A force de vouloir lésiner

Exploiter jusqu’à rupture

Se torturer pour imaginer

Les ressources de toutes nature

Certes les plus forts subsistent

Mais les faibles les épuisés

Restent en carafe sur la piste.

 

 

 

 

Il suffit que la Chine tousse

18 mars 2020

Il suffit que la Chine tousse

Pour que le monde soit ébranlé

Les postillons éclaboussent

Le monde dans son entier

Du pôle jusqu’à la brousse

Tous se mettent à trembler

Du séisme la secousse

Fait même chuter les marchés

Les gouvernants prennent la frousse

Restreignent toutes les libertés.

Comme des pois dans leur gousse

Tous vos gestes surveillez.

Fini le temps de vie douce

La contagion il faut freiner

Avoir des gants dans la trousse

Pour les contacts éviter.

Mains lavées au savon qui mousse

Au gel hydroalcoolique.

Au risque de subir la rousse

Finis les ébats bucoliques.

En tous pays les vieilles pousses

Tombent par centaines et milliers.

Il suffit que la Chine tousse

Et tout s’en va à vau-l’eau

Il suffit que la Chine tousse

C’est la débâcle. Oh! Oh! Oh!

 

 

 

 

 

 

On meurt toujours de quelque chose

18 mars 2020

On meurt toujours de quelque chose

Que ce soit cancer, que ce soit virus,

Mais enfin, quelle que soit la cause,

C’est toujours bon pour le vieux Malthus.

Lorsque ce sont les vieux qui partent,

Comptables se frottent les mains:

Tout le pognon que ça écarte

Pour les retraites de demain.

Quand le pays retient son souffle,

Les écolos disent « Tant mieux! »

On met des gants, on met des moufles,

Pas de contact pour les adieux!

Que ce soit la faux ou la faucheuse,

Les têtes tombent, on n’y peut rien,

C’est parfois trop pour la ramasseuse,

Ralentir, on aimerait bien.

Fini le temps des grandes prières,

Des sacrifices rituels aux Dieux,

On élève des grandes barrières,

Humains restent enfermés chez eux.

On meurt toujours de quelque chose,

D’un accident ou de poison,

De grippe ou bien de cirrhose,

Même de suicide à la maison.

Vraiment, le problème se pose:

Que ce soit de vieillesse ou d’oubli,

Mourir ainsi, à petites doses,

Est peut être le pire des dénis.

 

 

 

 

 

 

 

 

HARO SUR LES MAINS

16 mars 2020

Haro! Haro! Haro sur les mains!

Les mains sales, les mains sales!

Prenez votre courage à deux mains:

Plus de solides poignées mâles.

Haro sur mains baladeuses,

On pourrait en venir aux mains!

Qui parle de main heureuse

Quand le mal s’étend demain?

Fini de demander la main!

Désormais demander  la couche?

C’est du coude qu’on se mouche.

Ensemble, comme doigts de la main,

Pour parvenir, haut la main,

A vaincre l’épidémie,

Totalement, pas à demi.

Faut pas avoir deux mains gauches

Seulement les mettre dans ses poches.

Le dîner

15 mars 2020

Chez nous, c’est à midi qu’on dîne

Le soir est voué au souper

Mais les bourgeois, les gourgandines

Pensent que la soupe est à mépriser.

Ah! le dîner du dimanche!

Pour les quenelles, dès vendredi,

On avait retroussé les manches,

Cassé les œufs, Râpé, pétri,

Roulé, roulé, en petits bâtons,

Et, dans un grand bain d’eau bouillante,

Stabilisé la préparation.

Le samedi, on avait plumé le coq

Dans un bac, c’était chaud!

(Tant pis si végans je choque)

On avait cuit un gâteau.

Avec crème à l’intérieur

Cela serait encore meilleur…

 

 

 

 

 

Histoire de coqs (6)

14 mars 2020

J’avais acheté six poussins.

Parmi eux, il y eut trois coqs,

Des coqs cou-nu qui crurent bien.

Des rôtis, tant pis si je choque,

D’environ sept à huit livres…

J’attendais le moment propice

(En attendant les laissais vivre)

Une grande fête pour le sacrifice….

Nous habitons loin des rues…

Il suffit de trois jours d’absence

Pour qu’ils aient tous disparu

Au profit de j’ignore quelle panse.

Ah! Mais la poule boiteuse

Était toujours au logis

Et la très vieille couveuse

Était  restée là aussi.

 

 

 

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