les loups!

24 février 2011

« Les loups sont entrés dans Paris » chantait Serge Reggiani

Mais les loups sont partout!

Ils viennent se repaître du produit du labeur des travailleurs, ne leur laissant que les carcasses….Et même entre prolétaires, il y a ceux qui profitent de leur situation dominante pour s’arroger la part du lion sur ce qu’ils n’ont pas créé…Et même dans des lieux où on pourrait penser que ce genre de rapacité n’a pas place, on retrouve cet instinct de prédateur…

« Prom’nons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas… » J’avais fabriqué au temps lointain de ma mâturité, un masque de loup , afin d’agrémenter les récréations lorsque, au gré des vacations, je me trouvais en maternelle… Il fallait entendre les cris de joie apeurée des petits lorsque le loup qui semblait dormir sur un banc faisait un geste, voire se levait d’un bond… Cela ne plaisait guère à certaines collègues qui préfèraient se retrouver au chaud pour siroter un café et casser du sucre sur les parents en laissant une à tour de rôle d’entre elles surveiller les jeux des petits… Un jour donc, par le biais de la secrétaire de M. l’inspecteur , la fin de la récréation fut sifflée: non! non! on ne me dit pas de cesser!…On m’ »emprunta pour en établir des plans  » l’objet du crime …plans que le « conseiller pédagogique » s’empressa de présenter comme sa découverte.

Bof! j’ai seulement regretté qu’il ne me rende pas l’original!

Mais cela était typique des processus de « mutualisation des procédés »_normal_ en y accolant sa signature …bof! affaire de conscience! 

Le seul loup que je supporte!!!

23 février 2011

LE LOUP DU DRIEN

Si vous vous promenez dans la commune de LANS EN VERCORS, vos pas vous porteront peut-être, en parcourant «
LA GRAND’MECHE » jusqu’au hameau des HERAUX (non, ne prononcez pas les HHHERÔ avec une hache inspirée comme les snobs ignorants : jamais personne ici n’a annoncé de bonne nouvelle, ni joué de trompe, ni gagné de grande victoire… ne dites pas non plus les ZEROS comme les rien du tout….il en est qui ont très bien appris à lire et à compter dans l’école du hameau !……iI faut dire qu’autrefois, le pays subissait la domination d’un seigneur tellement violent et injuste que, dès qu’il passait par cet endroit, il n’hésitait pas à fouetter pour le plaisir le pauvre paysan qui pouvait se trouver à portée de sa cravache…par dérision, les autres habitants de la vallée les appelaient donc « les heureux »…lous hérous en patois
La faute d’orthographe d’un géographe a transcrit « lous hérous » en LES HERAU..TS…ou DS , et ceci est confirmé par le fait qu’un autre hameau du pays, situé entre des collines escarpées que le cheval du seigneur refusait de gravir, s’appelle « LES MEILLOUX » c’est à dire en patois : les meilleurs !
Donc, si vous arrivez près de cette petite école, en remontant tout droit en direction de la montagne, vous pourrez arriver à un endroit que l’on appelle
LA MICOLETTA.
Là, il y a une centaine d’années, vivait un drôle nommé ADRIEN, mais que chacun, dans le pays appelait « LE DRIEN DE
LA MICOLETTA ». Son habitation était une petite masure : une seule pièce d’habitation, dans laquelle la porte du placard s’abattait pour former une table au moment du repas, (la paillasse pour dormir redressée dans le coin pendant la journée prenant toute la place la nuit) une étable juste assez grande pour deux vaches et une chèvre, une grange…LE DRIEN était un brave homme, un peu naïf, un peu « jean » comme on disait parce qu’il faisait tout lentement et parce que, n’ayant pas beaucoup d’ouvrage et ne sachant pas lire…la radio n’étant pas près d’exister…il trompait le temps en buvant des canons à chaque occasion…
Un matin d’automne, voilà notre DRIEN qui lie ses deux vaches…AH ! NON ! PAS DES JAILLES ! !(pas des vaches pies)…DES BONNES VILLARD DE LANS FORTES ET GENEREUSES !…il n’en avait que deux : une vieille et décatie et une jeune à peine dressée…mais on lie ce qu’on a !…et le voilà parti à monter lentement car le vin de la veille avait été copieux et que la pente est rude pour monter AUX ALLIERES et puis le chemin est encombré de rochers qu’il faut contourner…Un pas après l’autre,comme les montagnards, après les clapisses du SEYARE, il arrive au tournant du chemin surplombé par un rocher…il marchait lentement, la tête baissée, quand, d’un coup
LA PARISE (c’était la plus jeune de ses vaches ) fait un bond de côté.
« ALLONS, BON ! PARISE ! Qué que t’â »…Il la pique avec l’aiguillon, il crie, jure vitupère, rien à faire :
LA PARISE , au lieu de marcher droit,
LA PARISE recule et la vieille PILOUNE qui a toujours obéi recule aussi….
« AH ! BEN ! nous voilà beaux ! OH ! OH ! OH ! »…Il passe sur la gauche, les vaches se retournent et prennent la descente…il court, se place devant elles, leur tape sur le nez, tire d’un côté, de l’autre, crie » à revireu » »…PAS MOYEN DE LES FAIRE REMONTER.
Tout à coup, en bataillant pour les faire retourner, il lève les yeux, et là !…Ah ! mes amis !… Il voit UN ENORME LOUP NOIR QUI CLIGNAIT DES YEUX ET QUI LUI SOURIAIT.
Il n’avait rien , LE DRIEN, que son aiguillon, et contre un loup, un aiguillon, c’est bien peu ! ….Sans plus penser à tracasser les bêtes, voilà que la descente tout d’un coup lui fait fête….Si bien que
LA PARISE même, malgré sa jeunesse a bien du mal à le suivre….
En arrivant en bas, pâle et couvert de sueur, il rencontre LE MILE, son voisin qui montait justement abattre un arbre.
« Ah ! mais qué que t’â DRIEN ? T’auriâs pas veu le diâble ?
–Le diable, non, mais y a un loup sur le replat !
–In leu ! y a au moins cent ans que n’a pleu ! …attins »
LE MILE va chercher sa « drétâ », la hache à large lame qu’il utilisait pour tailler les poutres, LE DRIEN attache ses vaches à l’anneau scellé dans le mur de la cour, prend sa « martelle » qui forme masse d’un côté et fend le bois de l’autre . Ils montent sans bruit jusqu’au rocher repaire….mais là….pas plus de loup que de fraises en hiver !…Ils cherchent que te cherchent ….ne voient pas de loup, pas de trou, pas de trace du tout.
« Oh ! mais , DRIEN, t’auriâ pas deujeu in pô beu ? » demande LE MILE qui hausse les épaules….Il avait bien failli le croire ! Puis , continuant à grimper il se rend au bois sans se soucier plus…
LE DRIEN redescend vers ses vaches encore toutes fumantes de la course et de peur. Il leur frotte le dos avec de la paille, leur donne à boire un seau d’eau fraîche, leur donne une poignée de sel, ajuste la martelle sur le gros joug de frêne, prend l’aiguillon glissé entre les « joucles » et reprend la montée en regardant bien partout….car après tout, un loup, même parti, un loup, ça reste un loup !

Avant de s’avancer un peu près du rocher, il regarde deux fois : LE LOUP EST ENCORE LA !
En deux temps, trois mouvements, la martelle est déliée…LE DRIEN se retourne, la hache haut levée…le loup a disparu.
Alors notre DRIEN qui sait ce qu’on va dire monte jusqu’à la roche, regarde bien partout.
PAS DE LOUP, PAS DE TROU, PAS DE TRACE DU TOUT !
Pour un jour, c’en est trop ! Il redescend chez lui, met ses vaches « à la bade » et se prend UNE CUITE…qui l’endort au soleil juste devant la porte….Ce que LE MILE , en passant, constate en riant !..LE DRIEN ET SON LOUP ! ON EN RIRA LONGTEMPS !
Il en parle partout : au JOSEPH, au MARIUS
« Ah ! dis donc MARIUS, LE DRIEN, c’est bien ton beau-frère, tu devrais le surveiller ! Il voit des loups partout !…Il en avait soi-disant vu un sur les replats…Tu parles ! Il est ivre-mort devant sa porte à dix heures du matin ! Des loups de tonneau, oui ! Des loups de cave. »
Et le soir, quand les voisins se retrouvaient pour jouer aux cartes, tout le monde riait aux éclats : « Ah ! Ah ! LE DRIEN ! Il voit des loups de tonneau ! Il voit des loups de cave !… »
….OUI !…mais le lendemain, quand LE MILE est allé aux champignons, il est passé près du rocher….Machinalement, il a regardé…IL Y AVAIT UN ENORME LOUP NOIR QUI CLIGNAIT DES YEUX ET QUI LUI SOURIAIT ! ! ! ! !
Là, c’était différent, il ne buvait jamais trop….Il redescend en appelant :
« Eh ! DRIEN ! Ton loup, je l’ai vu ! MARIUS ! JOSEPH ! ! JULES ! ! ! Venez vite ! Le loup existe bien ! »
Chacun prend ce qui lui tombe sous la main pour aller chasser le loup : une pique, une pioche, une fourche, une faux….et les voilà qui montent le long du chemin…
Au tournant du chemin surplombé par le rocher, ils regardent :RIEN ! Ils fouillent partout :
PAS DE LOUP, PAS DE TROU, PAS DE TRACE DU TOUT !…

 suite plus tard….

Ecologie, point trop ne faut!!

22 février 2011

une biche éventrée à quelques mètres de la maison de mes petits-fils…

Naturel pour les ayatollahs de l’écologie…

Que ces extremistes nous expliquent, nous qui avons connu l’angoisse de ne pouvoir nourrir 2 milliards d’habitants avant la venue des engrais, comment ils comptent sauf à transformer le monde en un gigantesque mouroir nourrir les 10 milliards qui s’annoncent. 

Pour éviter de gaspiller 

D’accord ! d’accord ! 

Pour trier et recycler 

Encore d’accord ! 

Acheter sans emballage                                            (gare aux microbes)

Là, je crois, ce n’est pas sage. 

Porter des sacs à bout de bras 

Quand des caddies sont faits pour ça 

Se laisser imposer légumes 

Par un de ceux qui les fument 

Où est passée la liberté ? 

A chaque cochon sa pâtée !… 

La viande c’est trop d’énergie… 

Ben voyons ! Allons sucer les pissenlits ! 

….Et laissons les loups nous dévorer 

charcuterie parisienne (au moyen-âge?)

22 février 2011

Il y a à PARIS
Une rue des barbiers
Il y a à PARIS
Une rue bien pavée.

Il y a à PARIS
Une rue pour gourmands
Il y a à PARIS
Des pâtés excellents

Dans la rue des barbiers,
Il est un atelier
Dans la rue des barbiers
On peut se faire raser

Dans la rue des gourmands
Il est un charcutier
Dans la rue des gourmands
On peut se délecter.

Au fond de l’atelier
Se dressent des blaireaux
Au fond de l’atelier
Brille un rasoir couteau.

Goûtez à mes pâtés
Et à mes saucissons
Vous serez enchantés
Bien plus que de raison.

Entrez, mon doux ami
Confiez-moi vos cheveux
Bientôt tombe la nuit…
Oh ! Quel coup malheureux !

Au fond de l’atelier,
Une porte est ouverte
Au fond de l’atelier
On voit le charcutier

Si tu montes à PARIS
Garde bien tes cheveux
Si tu montes à PARIS
Méfie-toi malheureux.

N’entre pas sur le soir
Au fond de l’atelier
Un bon coup de rasoir
Et tu deviens pâté

Lettre de celui qui est parti

21 février 2011

……………………. A CELUI QUI EST RESTE

Nous nous sommes assis sur le même pupitre
Et nous avons pissé dans le même urinoir
L’un de nous a parfois « un brison » fait le pitre
Alors que la maîtresse ne pouvait pas nous voir.
Lorsque nous arrivions devant le grand portail
Le dos un peu chargé de tout notre attirail
Nous avions déjà trait deux vaches et quatre chèvres
Bu un grand verre de lait qui maquillait nos lèvres
Lavé en toute hâte nos mains, notre visage
Changé de pantalon, employé le cirage
Et marché un long temps jusqu’à la classe unique
Où à lire, à écrire, à dessiner l’AFRIQUE
On devait arriver bien sûr, en tous les cas,
A décrocher un jour notre certificat.
Et puis fut dépassé ce moment de latence
Et chacun de choisir comme il peut comme il pense
Un métier pour la vie et de quoi se nourrir.
La terre était étroite, on y voyait venir
A grands pas, de plein jour l’ombre de la misère.
Quelque soit mon amour, que fallait-il donc faire ?
Rester, c’était mourir, il fallait s’en aller.
Tu n’as pas fait ce choix ? Qui pourrait t’en blâmer ?
Ton père t’avait offert un tracteur rutilant
Tu t’es cru devenu un seigneur tout puissant
Sur les cendres de ceux que MANSHOLT a broyés
Ton tracteur a fauché, ton art s’est déployé.
Pour tenter de survivre malgré l’adversité
Tu as développé le tourisme d’été,
Le tourisme d’hiver, et tant pis pour le blé.
Pour soigner tes tracteurs, tu coupes tes forêts
Et un petit terrain tu cèdes chaque année.
Tu élèves des jailles et tu jettes du lait
Quand en faisant tes comptes, tu trouves stupéfait,
Que tu as dépassé le chiffre des quotas.
Tu m’en veux quelque peu d’être parti de là.
Crois-tu donc que partir est un acte de joie ?
Crois-tu donc que chacun ne porte pas sa croix ?
Je pourrais à mon tour, jalouser ton état :
Tu es libre, mon « frère » et tu n’obéis pas
Tu diriges ta vie, tu prends tes décisions
Tu choisis, tu assumes, tu vis sans oppression.
Et si, quand je reviens au lieu de notre enfance,
Nous ne retrouvons plus la même connivence
Peut-être nos ruisseaux ont-ils bien trop coulé
Chacun dans une pente et une autre vallée.
Où je vois dans la terre héritage sacré,
Tu ne vois que moyen de croître et prospérer.
Autant que je le peux, j’évite de gêner
Ton travail : je sais trop combien il faut « marner »
Pour extraire du sol le droit de subsister
Au tourisme non plus, je ne fais concurrence
Je ne loue, ne vends rien, en gardant l’espérance
De pouvoir de retour sur le lieu des ancêtres
Des fatigues d’un an tranquille me remettre
Est-ce trop demander ? ? Les arbres que tu rases
Tu les fais dévaler par grumiers qui écrasent
Qui ébranlent et piétinent et en plus qui rognent
A chacun des passages, il faut bien que je grogne.
Les gens que tu amènes ,avec leurs grumiers
V’ététés
Quatre quatre
Lorsqu’ils viennent hanter les flancs de la montagne
Bien sûr devant chez moi qui passent et qui arragnent
Veux-tu que je te dise ?
Ce ne sont pas des pâtres
Dont les cloches joyeuses
Egayaient le pays

Je n’en suis pas ravi! 

salon de l’agriculture

20 février 2011

Ah! j’ai été heureux de voir hier midi ,la vache de Villard présentée au salon de l’agriculture.
J’ai été ravi de savoir que son nombre s’était multiplié dans les dernières années.
Pourtant j’ai regretté que la bête présentée ait été amputée de ses cornes… et le terme son lait « autorisé » pour la fabrication du vercors sassenage m’a paru un peu déplacé: au temps où Villard recevait à l’adret les têtes couronnées, OTTO DE HABSBOURG enfant se délectait déjà de cette friandise fabriquée uniquement par des villard de lans… Les « jailles »(vaches pies= montbéliardes et autres) importées par les théoriciens de la mort de la petite paysannerie étaient loin d’être là…
Eh bien voilà! la vache de Villard de Lans a survécu… et, qui sait? si on n’avait pas tenté de la détruire, le nombre des chômeurs petits-enfants de paysans serait peut-être moindre!

Mon salon, à moi, de l’agriculture (14) rayon sylviculture

19 février 2011

ARBRE DE POESIE

A tous les enfants,
A tous les amis,
Si un arbre se languit,
Choisissez gaiement
Poèmes chers à vos coeurs.
Comme des papillons, des fleurs,
Posez-les sur chaque branche
Du lundi au dimanche,
Afin qu’ainsi fleuri,
Au bout de la semaine,
Il exalte la poésie
Pour soulager la peine. 

Mon salon, à moi, de l’agriculture (13) rayon canin(2)

19 février 2011


L’écho de la peine
A réveillé les hyènes
La première faconde
Vient souricaner
Faire patte velours
Prétendre son amour
Et se positionner
La seconde par derrière
S’est approchée
Pour assurer l’arrière
De la jonchée
La troisième brutale
Arrive face à face
Arrogante et bestiale
La dent tendue vorace
Ainsi bien trop ramiers
Pour la houe manier
Et aussi la brabant
La faux, la râtelle et le van
Les pâles héritiers
De fiers paysans
Qui ont dans l’ancien temps
Engraissé de sueur
Un sol rendu fécond
Par leur ardent labeur
Prétextant la raison
Le durable sous-développement
Préférant le broutage somnolent
A labourage vaillant
Reniflent le lopin
Fauché par le vieillard
N’attendent pas sa fin
Pour en chercher le lard. 

Mon salon, à moi, de l’agriculture (12) rayon canin

19 février 2011

 

Il était une fois une nichée de chiots
Ni jaloux, ni méchants,
Parfois très turbulents
Des chiots tout simplement !
Leurs maîtres pour marquer
Leur supériorité
Trouvaient intelligent
D’exiger, et ce, à tout instant
De les voir ramper
A leurs pieds menaçants
Dos au sol, ils devaient
Montrer à tout moment
Comme petits jouets
Numéro tatoué
Celui du pedigree
Les beaux cuisseaux de veau
Leur étaient présentés
Pour bien les exciter
Toujours un peu trop haut
Devaient donc pour manger
Pouvoir se contenter
De bribes apportées
Par serveuse au resto
Ou de côtes volées dans sac de clodo
Alors, on les chassait de partout
Dans les trous
Sous le moindre abri
Sous les fils, sous le lit
Au placard, au trimard
Dans les halls, au hasard
Les sofas moelleux et accueillants
Etaient tous réservés
Aux matous en col blanc
Et aux chattes baguées
Et c’est ainsi qu’un soir
Dans le noir d’un couloir
En meute ils se levèrent
Les crocs très menaçants
Entrèrent dans les chairs
Des Maîtres détestés,
Puis, le seuil étant ouvert
Ils sont allés partout
Hurler comme des loups
Les hyènes aussitôt hurlèrent
Au scandale
Les pies de leur langue de gale
Jacassèrent
IL FALLAIT ENFERMER
CES DOGUES ENRAGES
…………………
Mais si demain les maîtres
Continuent leur chemin
Qu’est-ce que ça va être
Que sera donc demain ? 

Mon salon, à moi, de l’agriculture (11) rayon mécanique

19 février 2011

Un jour dans le village, un monstre est arrivé. 

Il s’est arrêté devant l’école, vous savez, la petite école des Hérauts. 

En le voyant, tous les petits sont allés se blottir au fond du préau… Mais à l’école des Hérauts, il y avait tous les âges, du petit de 5 ans au grand de 14 ou même 15 ans s’il était poursuivi par les études. … 

Un grand qui n’avait peur de rien (  même pas de dire des gros mots derrière le dos de la maîtresse) s’est approché. Il a regardé ce monstre rouge-sang de colère, dont les yeux projetaient de la lumière, qui crachait une fumée noire d’enfer, dont les pattes toutes rondes et toutes noires n’avaient aucun poil, qui portait une rangée de dents d’acier sur le côté et deux énormes canines derrière les fesses…D’un bond, il a grimpé sur son dos…là il a trouvé non une selle comme les chevaux, mais un siège de fer… Il s’est assis. Une espèce de champignon se trouvait vers son pied droit…il l’a écrasé, le monstre s’est mis à hurler ! Devant lui se trouvait un rond bizarre, il l’a fait bouger…ça faisait bouger les roues du monstre ! Il a poussé en avant le manche à balai qui se trouvait entre ses jambes… LE MONSTRE S’EST MIS A AVANCER !!! Il  a bricolé on ne sait quoi encore et les dents d’acier se sont allongées sur le sol pour venir manger le foin du champ… 

Tout le monde s’est mis à crier : « ARRETE ! ARRETE ! IL VA PETAFINER LE FOIN DES VACHES !! » 

 Mais le monstre a fait un tour, deux tours trois tours du champ et, en peu de temps, le foin était coupé aussi bien que par la faux du paysan… Et le monstre est venu se ranger au bord du champ et s’est tu… 

Alors, dans le pays ce fut l’engouement : «   FORMIDABLE ! Il fauche en un clin d’œil, il traîne les chars, il laboure les champs, il déplace même si on veut les gros rochers qui gênent au bord des chemins… » 

OUAIS ! Mais un beau jour un cheval a disparu… Le monstre n’y était pour rien : il se contentait de boire une infâme mixture appelée gas-oil ! Puis, un autre cheval, et petit à petit, tous les chevaux du pays ont disparu ! …Et puis, nos vaches, nos belles vaches de Villard de Lans, toutes dorées, avec des cornes en forme de lyre et couleur de miel, celles qui étaient les amies et la fierté des paysans, furent contaminées par une drôle de maladie : leurs veaux, au lieu d’être dorés comme leur mère naquirent jaillets : blanc et rouge ou blanc et noir parfois tout blancs ou tout noirs… tout changea dans les hameaux….Les paysans qui avaient toujours pratiqué l’entraide se mirent à se surveiller les uns les autres, à se méfier, à se jalouser… Personne ne s’émut de voir partir le premier un soir d’automne, ni le second, ni le troisième : ça faisait de la place pour que les nouveaux monstres qui pullulaient puissent s’ébattre… les garnements venaient casser les vitres, le vent emportait les tuiles et les tôles… Et cela dura pendant près de trente ans…jusqu’au jour où les derniers survivants 

S’aperçurent que leur tour allait arriver… Ils chevauchèrent les monstres devenus énormes, envahirent la plaine, arrêtèrent les trains, coupèrent les routes, déversèrent du fumier devant la préfecture… Mais c’était bien trop tard ! Le monstre, comme les virus, avait muté. Il avait pris la forme d’une petite fenêtre avec des boutons devant….Il était entré en ville, avait pénétré dans les usines, LA, il avait remplacé dix secrétaires 100 comptables 100 000ouvriers… EH ! oui ! que voulez-vous ! le monstre de mon temps s’appelait tracteur… celui de mes petits-enfants a nom ORDINATEUR !!!! 

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