L’estropié énigmatique

26 avril 2011

                   L’ESTROPIE ENIGMATIQUE 

  

« Sauve-toi en vitesse ! vilain fruit de roture ! » dit le DUC en colère au laid estropié qui avait osé, se glissant vers son trône, solliciter la  main de sa fille ainée. 

« Va-t-en ! Va-t-en te dis-je ! Avant que mes valets ne te pendent à un arbre ou te jettent à mes chiens ! 

En traînant avec grande souffrance une jambe raidie par on ne sait quel mal, le drôle s’en alla au travers du pays. 

« Va-t-en et plus vite que ça ! dit le marchand cossu, ma fille épousera un riche négociant et ne compte jamais sur  elle lever l’œil, ou mon fouet frappera sur ta vile carcasse. » 

Et le pauvre s’en fut.  

« File ! et en vitesse ! au-delà de ma vue ! » dit le gros paysan qui déliait ses vaches. Ma fille épousera un homme qui en soit un ! avec des bras, des jambes, qui sache travailler. File ou mes mâtins goûteront à tes fesses. » 

« Va-t-en, dit le maçon, file, dit l’ouvrier… nos filles sont trop belles pour un estropié. 

  

Par tout le pays, le roi a proclamé un édit  obligeant chacun à s’incliner à son tour à ses pieds. 

Le DUC d’abord arrive, coiffé d’un grand plumet,suivi de serviteurs aux livrées brodées d’or. Le marchand le suit au bout d’un grand moment, sur son ventre rebondi, brille une montre sertie de rubis. Le paysan s’avance, endimanché, le maçon, l’ouvrier… 

« LE ROI ! » crie un huissier. 

Un fauteuil glisse et on aperçoit un visage connu de tous ces personnages. 

Le DUC, en pâlissant, met un genou en terre. 

« Tu seras, dit le roi, promu au haut rang dignitaire de porcher des soues royales et ta fille aura, en parti qu’elle mérite, le fainéant qui boit chaque jour ses dix litres ». 

Le marchand s’agenouille. 

« Qu’il soit, décrète le monarque, élevé à la dignité de videur de tinettes au château de ma mère. Sa fille épousera le soudard irascible qui en garde l’entrée ». 

Le paysan plie son dos jusqu’à terre. 

« Qu’il soit, décide le souverain, mis en épouvantail au milieu du jardin. Sa fille épousera le benêt qui boitille ». 

Le maçon à son tour rampe devant le roi. 

« Attaché à distraire le gorille royal qui vraiment trop s’ennuie !…et livrez-lui sa fille ! » 

L’ouvrier a compris en voyant le visage que l’estropié d’hier était roi aujourd’hui.  

« Mes filles sont à vous, grand monarque, autant qu’il vous plaira » 

« Ton courage t’honore déclare alors le roi. Tu auras l’insigne privilège de servir de pâtée à mes cochons fidèles. Tes filles en esclaves au despote voisin livrées, j’aurai de vos insultes ainsi pu me venger ».. 

Et débouclant soudain la jambière de cuir qui raidissait sa jambe comme morceau de bois, il tendit sa main gantée de dorures vers la noble putain qui l’avait respecté, lui avait, sans rechigner, prodigué son amour et l’invita à danser. 

Le téléphone de Marie

26 avril 2011

  

Il était 18H30 ce 25 mars, quand MARIE entendit pour la première fois son téléphone sonner. Elle décrocha…personne…la tonalité. Elle raccrocha…nouvelle sonnerie…et ainsi cinq fois de suite. Alors , prise de peur, MARIE s’agenouilla et se mit à prier jusqu’à ce que son cœur se calme. 

Le lendemain, le même phénomène se produisit et MARIE se remit à prier…Le lendemain, encore, et encore les jours suivants. Chaque fois, après l’angoisse, elle se mettait à prier avec ferveur. Son amie DEBORAH, à qui elle s’était confiée, lui avait suggéré de laisser le téléphone décroché…mais il sonnait tout de même… 

SARAH lui conseilla de retirer la prise à l’entrée de la maison….mais, bien que la tonalité eût disparu, elle entendait la sonnerie à 18H30 précises cinq fois de suite…Et MARIE priait, priait, c’était l’heure de l’angélus. Sur le conseil de DAVID, elle se fit inscrire sur la liste rouge et changea de numéro…le téléphone sonnait toujours ! 

Alors MARIE eut l’illumination : ce téléphone qui sonnait et déclenchait en elle cette envie irrépressible de prier, c’était DIEU qui lui parlait ; Alors, chaque jour, avec une ferveur chaque fois plus intense, elle priait, MARIE, avec tout son être. 

Mais voilà que ce matin du 25 décembre, après une nuit de douleurs, MARIE a mis au monde un délicieux JESUS. Epuisée, elle s’est endormie. Son réveil a sonné une fois, deux fois trois fois…A la quatrième, machinalement MARIE a arrêté la sonnerie… 

IL ETAIT 18H30 

foire

26 avril 2011

 

 

Le lever des corbeaux les trouvait en chemin

Déjà bien engagés dans les gorges d’Engins

Ils marchaient d’un pas lourd qui défie le destin

Ils allaient « tout ensein » en foire à GONCELIN

Ils avaient, dans leur sac, un fromage de chèvre

Dont le seul contact vous réjouit les lèvres,

Un morceau de pain gris, déjà un peu rassis,

Et un morceau de lard que leur femme avait mis.

Et puis sur le côté, un bidon de piquette :

Dans le chaud de l’été ça met le cœur en fête.

Ils entraînaient chacun au bout d’un petit lien

Une « bauille*» bien grasse mordillée par un chien       * génisse

Deux vaches au joug liées avec un tombereau

Où dormaient dans la paille un ou deux petits veaux,

Un taureau, l’œil furieux, mais doux comme un agneau

Tous des Villard de Lans, mon Dieu qu’ils étaient beaux !

Au creux de Sassenage, ils se plantaient un peu

Laissaient là le voyage pour explorer les cieux

Où le soleil levant qui dorait la montagne

Les remettait en route comme dard qui arragne*.         *irrite

D’autres les rejoignaient, venant de Noyarey

De Montaud, ils venaient en passant par Veurey

On entendait parler tout le long du chemin

Les patois en vigueur dans tous les patelins.

Ils marchaient à grands pas sous le soleil naissant

Le dos un peu courbé et le front ruisselant

La fatigue aidant, ils étaient peu causants

Et marchaient dans la plaine bien douloureusement.

Enfin, ils arrivaient devant le grand foirail

Ils recherchaient des yeux une place qui aille

Afin que leurs bovins se trouvent avantagés

Par quelque trompe-l’œil ici ou là placé.

Et ainsi en négoce se passait la journée

A vendre, échanger, marchander, finauder.

Et puis venait le soir, il fallait retourner.

On s’ébrouait un peu, les achats rassemblés

Et puis les jambes lourdes et le cœur serré

On quittait lentement la place du marché…

Et marcher il fallait et il fallait encore

Marcher toute la nuit, arriver à l’aurore

Et la tête remplie de la fête de vente

Reprendre le travail en fauchant dans les pentes

Avant, le soir venu, de trouver l’oreiller.

Et pendant des semaines dans le cours des veillées

On se racontera des histoires entendues

Les bêtes convoitées et les bêtes vendues

Le charlatan dressé et son long boniment

La fête à écouter pouvait durer un an !

Les soucis de madame MAIN (pour les petits)

25 avril 2011

  

Madame MAIN a beaucoup de soucis : ses enfants ne sont pas très gentils. 

Son fils aîné, le pouce, passe son temps dans la bouche. Il prétend qu’il fait de la spéléo. Mais à ne rien faire, il est trop gros. Parfois,il se relève et se met en signe sur la route pour appeler les voitures qui jamais ne l’écoutent….Ou bien , il se met à tourner avec le fils aîné de la voisine MENINE…ce sont deux paresseux qui n’aiment pas travailler ! Comme c’est malheureux de devoir le constater. 

Madame MAIN a beaucoup de soucis : ses enfants ne sont pas très gentils. 

Le second, l’index, est toujours impoli : il désigne sans cesse les gens pas très jolis : « Regarde le monsieur avec ses cheveux blancs, il a du se plonger dans la machine à laver…Regarde la dame en colère : on dirait une sorcière, elle a un nez pointu et des pattes griffues. Regarde le policier avec son gros bâton : quand il fait circuler, comme il a l’air ….bon »…De plus, il est voleur ! C’est lui, quel malheur qui creuse les gâteaux, éventre les pruneaux, prend de la confiture de framboises et de mûres. 

En plus, il aime gratter au fond des trous de nez, arracher le papier sur le mur tapissé. 

Madame MAIN a beaucoup de soucis : ses enfants ne sont pas très gentils ! 

Le troisième est très grand, ne veut plus être enfant : il dit qu’il est majeur ,qu’il veut aller ailleurs….Quand il veut bien travailler avec les deux premiers, il revient tout taché, il faut le nettoyer… 

Madame MAIN a beaucoup de soucis : ses enfants ne sont pas très gentils ! 

L’avant-dernier est un peu naïf : il se croit le plus beau .Quand il a un anneau, il le met à son cou : il est un peu fou !…Le pauvre annulaire n’est vraiment pas prudent. 

Le tout petit, vous savez, l’auriculaire, est encore un bébé, il se traîne dans la poussière. Il suit un peu partout les autres dans la boue, se glisse dans les trous … 

Quand il se met debout, avec l’index, pour faire les fous, ils montrent les cornes ! ce n’est pas bien du tout ! Ils dépassent les bornes ! 

Madame MAIN a beaucoup de soucis : ses enfants ne sont pas très gentils. 

Savez-vous ce qu’ils ont encore inventé ? Ils se sont écartés, sont montés jusqu’au nez, et alors, quelle horreur ! ils ont fait un pied de nez au facteur ! 

L’autre jour, sur le nez de mémée, ils ont toute griffée la vieille peau ridée. Quand elle les a grondés, ils se sont mis à taper sur le gros oreiller. 

Madame MAIN voudrait des enfants polis qui disent : « BONJOUR AU REVOIR MERCI , qui se tendent aux amis, qui caressent la joue de leur mamie…. 

Elle est donc allée consulter le GRAND ESPRIT DES MAINS : monsieur PIPISCOLOGUE 

Qui a crié : « ABRACADABRA ! » 

Madame MAIN n’a plus de soucis : ses enfants sont devenus gentils 

A mon fils

25 avril 2011

Un jour, tu m’as lâché la main

Pour suivre ton chemin

Tu me dis aujourd’hui

Que j’ai beaucoup vieilli

Que je suis le jour d’hier

Toi celui de demain

J’en suis fier !

Ecoute, cependant, mon fils

Ce dernier avis :

Même quand le pouvoir

Te baise sur la bouche

 Sache que sur la couche

Ce n’est que sodomie, 

Ca tu dois le savoir !

A ceux qui disent « IL FAUT VOUS ADAPTER »

25 avril 2011

Ils ont bien disparu

Les dinosaures

Des ères révolues

Ils ignoraient encore

Que s’adapter

Est la loi de nature

…Mais la boue des fossés

Quand on rêve d’eau pure ! ! !

Faut-il pour s’adapter

Baisser son pantalon

Souffrir prostitution ?

Lècher avec délice

Le c. de la police ?

Faut-il pour le plaisir

De tontons magouilles

Exprimer le désir

De se couper les c..

Niaiseries !

Silence, hypocrisie !

Lianes de la forêt

Etouffant les révoltes

Conformisme d’apprêt

Nullité désinvolte !

Paré d’une cravate

Et de chemise blanche

Et ton fil à la patte ?

Et ta culotte étanche ?

Ton œillet à la poche

Et ta feuille en revers

Les crois-tu vraiment moches

Seulement à l’envers ?

Il faut bien pour les fleurs

Un peu de pourriture

Monsieur le supérieur

C’est la loi de nature !

J’ai préféré

Hurler

Que me taire

Et terrer

La coopération

Celle dont vous rêvez

C’est collaboration

Et non pas équité.

Et quel cachot étroit !

N’espèrez pas ma voix

Dans vos chœurs de louange :

J’abandonne aux gorets

Le plaisir de la fange,

La joie du couperet.

Si je reste debout ,

Ce n’est pas rhumatisme

Mais plier le genou

Ce serait masochisme !

A ma moitié

24 avril 2011

Les mots sont incapables

A l’Indispensable

A la clarté du jour

De démontrer l’amour

On ne dit pas je t’aime

A la source désaltérante

On ne dit pas je t’aime

A partie intégrante

A son bras, à sa main

A l’espoir de demain 

A la moitié de soi

L’amour est loi.

Mystère

24 avril 2011

                                           
LA DAME A
LA VOILETTE 

  

La petite fille courait à la poursuite de la libellule. Sa robe rose à volants se soulevait à chaque saut pour tenter de capturer le grand insecte convoité, qui semblait l’attendre avant de repartir soudainement quelques pas plus loin…ici…là…encore plus loin. Et c’est ainsi que de brin d’herbe en touffe de carex, PLOUF ! la petite plongea dans la mare boueuse dont le fond commença à l’engloutir.Elle tenta en vain de se débattre, mais la fange noirâtre obstruait ses yeux et ses narines…quand elle se sentit soudain tirée doucement vers la surface. Une dame était là, curieusement habillée d’une robe à fleurs noires, avec un chapeau à voilette, qui la déposait doucement sur le sol ferme et ôtait le plus gros des dépôts nauséabonds de son visage et de ses cheveux. 

« Où es-tu LILA ?cria la mère. 

_Maman ! répondit l’enfant. La génitrice accourut, constata les dégâts…maman, elle est gentille, la dame, elle m’a tirée de l’eau, moi je n’arrivais pas à sortir, je n’y voyais plus rien, et puis elle est arrivée ». 

La mère regarda alentour : il n’y avait personne, à part l’école et la maison inhabitée qui se trouvait derrière, le vide était complet. 

  

  

« Quelle dame, LILA ? Il n’y a personne ! 

_Si, maman , une dame un peu comme mémée avec un chapeau et puis un rideau devant la figure !Elle m’a aidée, je te dis ! 

_Ecoute, LILA, je t’assure qu’il n’y a personne. Es-tu sûre que tu as vu quelqu’un ? Aurais-tu de la fièvre ? »Elle tâta le front brûlant et aussitôt s’inquiéta. 

Le médecin, mandé d’urgence rassura la mère, administra un sédatif à l’enfant…et tout le monde sut qu’il s’agissait d’une hallucination due à la fièvre provoquée par le plongeon dans l’eau glacée . 

Quelques mois plus tard, ce fut un garçon qui parla de la dame en noir. 

Il avait, raconta-t-il à son institutrice, grimpé au sommet du pommier sauvage.La branche s’était cassée.Il était tombé….mais…une dame en noir avec un chapeau bizarre l’avait rattrapé juste au moment où il allait se fracasser sur le mur… 

L’institutrice se demanda bien qui pouvait être cette dame…elle chercha dans son esprit qui pouvait porter un chapeau curieux avec une robe noire…elle ne voyait pas !Pourtant,l’enfant lui montra d’où il était tombé, et choir d’aussi haut sans blessure…alors, elle alerta les pompiers qui transportèrent le gamin sûrement victime d’un traumatisme qui le faisait déraisonner, à l’hôpital… 

Mais, à l’hôpital, on ne décela nulle blessure…Aux alentours de sept ans, les enfants sont parfois mythomanes…Elle l’exhorta, une autre fois à dire la vérité vraie. 

Quand juillet arriva, avec la transhumance des colonies de vacances, tous les prés retentirent des jeux des enfants des villes, inconscients des pièges de la campagne. 

Il advint que l’un d’eux, plus téméraire que les autres, avisa le taureau au museau annelé qui paissait dans le parc au milieu de la vallée. 

Faussant subrepticement compagnie à son moniteur et à ses camarades, il se glissa dans l’enclos…Le taureau plissa la joue et le fixa de côté. L’enfant avança. Le pied du taureau se mit à gratter la terre. L’enfant, par un contournement cherchait à le saisir par les cornes. Le taureau bandait ses muscles, prêt à charger quand la dame apparut, un aiguillon en main et obligea l’animal à s’écarter pendant qu’elle entraînait l’enfant vers le chemin. 

La clôture était à peine franchie que le « mono » et son groupe revenaient…La dame s’était volatilisée…L’enfant passa aux yeux de ses copains pour un sacré blagueur :une dame en noir avec un chapeau ?On ne voyait personne à l’horizon !Il eut beau dessiner le portrait de la dame, personne ne le crut : elle était si curieusement habillée ! 

Un après-midi d’hiver, le vent s’était soudain réveillé en tempête. Trois enfants qui revenaient de l’école s’étaient complètement égarés hors de la route que personne ne distinguait et tournaient en rond dans le pré de « MONCHILLON » sans jamais progresser en direction des FRANCONS. Tout à coup,dans la « cire »,* ils distinguèrent une dame en noir au chapeau à voilette qui leur donna la main et les ramena sur le chemin…Nul ne voulut croire  à leur histoire :la tombée de la nuit, la tempête, avaient dû dessiner des ombres…et puis, un chapeau à voilette dans le vent ! ! !…Pourtant, ils dessinèrent tous le même portrait ….Elucubrations d’enfants. 

C’est alors qu’ils allaient visiter la « maison du patrimoine » avec leur maîtresse, que les enfants reconnurent sur une vieille photo la dame au chapeau. Sachant bien que personne ne les croyait, ils questionnèrent le conservateur : qui était cette dame qu’ils avaient cru voir dans la tempête, ? 

Qui ? difficile à savoir ! Ces photos venaient de la collection du photographe du village voisin : le leur !LANS !…Il chercha…et ce qu’il trouva fit dresser ses cheveux sur son cerveau rationaliste. 

La dame dont parlaient les enfants et qui leur était soi-disant apparue avait rendu brutalement l’âme depuis plus de cinquante ans.Le drame de sa vie, elle qui adorait les enfants, avait été de rester stérile, d’où, avec son mari, ils avaient sombré dans cette drogue qui, à l’époque inspirait plus d’indulgence que de condamnation….jusqu’au soir d’ivresse plus grave que les autres où son époux avait confondu sa cuisse avec un jambon… 

Condamnée à errer autour de sa maison, avait-elle choisi de venir en aide aux enfants en détresse? ? ? 

*neige projetée par le vent 

Sabat en forêt

24 avril 2011

  

Cette nuit sonnent les chaudrons et brûlent les tisons .Danse, chants, ivresse SATAN épouse une drôlesse. 

Les plumes blanches des poules noires s’envolent par nuées dans la clairière ensorcelée. Le sang rouge des coqs s’écoule dans les outres de peaux de bouc que tous les assistants pressent sur leurs lèvres. La queue de SATAN est dressée comme un sabre et toutes les sorcières frémissent et délirent…Mais voilà qu’à l’instant, le breuvage est tari. Le calme un instant s’installe dans la nuit. SATAN appelle alors
la Sorcière Générale : « A boire, ma bougresse, ou bien gare à tes fesses ! » 


La Générale bondit sur la damnée Capitaine qui était chargée de désaltérer le MAITRE : 

« Gare à tes veines, si tu ne trouves pas et vraiment sur l’heure de quoi boire pour chacun, pour chacune , tu peux prendre peur ! » 


La Capitaine des sorcières appelle l’Aspirante : « La boisson n’est pas là : c’est donc que tu me tentes ! » 

L’Aspirante agrippe le nez de
la Sergente : « De l’alcool en vitesse ! La minute est urgente, SINON ! ! » 


La Sergente aussitôt, elle était de semaine, appelle
la Bleuette qui frissonne de haine. 

« Va jusqu’à ce chêne et tire-nous du sang ! » 


La Bleuette mord d’un coup à pleines dents un énorme morceau de l’écorce de tan, aspire dans sa bouche une goutte de sang et présente ses lèvres à tous les assistants. 

Si tu vas dans ce bois, entre dans la clairière. Tu peux, si tu le veux y chanter et t’ébattre, y rire à volonté et même sacrifier. Et  si, par audace, tu suces au pied du chêne la plaie encore ouverte du sabbat de la veille, tu sentiras peut-être un instant l’ivresse…. mais sauras-tu, en DIABLE, combler tant de drôlesses ? 

A Annick

23 avril 2011

Cette petite fleur à peine ouverte

Comme notre amitié trop tôt déserte

Je l’ai cueillie pour toi

Dans mon jardin

A l’orée du bois

Afin

Que le fruit de la terre

Où dormiront mes cendres

Se mêle à la terre

Où reposent tes cendres

En une caresse éternelle

Un baiser fraternel.

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