Point d’exclamation

14 avril 2011

 

Tu cherches un point

Voyons donc ce que j’ai

Ici j’ai le point G

Faisons le point….

Mettons…les points sur les i

Veux-tu un point d’appui ?

Un point d’imprimerie ?

Ou un point de côté ?

Un point d’arrivée ?

Un point à point nommé ?

Un point chaud ?

Un point d’eau ?

Un point de non-retour 

Au point du jour ?

Un point de suture ?

Un point de repère ?

Un point de mire ?

Que veux-tu mettre au point ?

Ah ! tu es au point mort !

Ca c’est un point critique !

Un point de départ …

Ou un point névralgique…

Un point d’orgue !

Ah ! un point d’exclamation

Mais c’est un point de colle !

C’est celui qui fait que notre voix s’envole !

Mon fauteuil

14 avril 2011

J’ai posé mon fauteuil

Dans le coin de la pièce

Pour regarder d’un œil

Mon élan qui s’affaisse

J’ai installé ce siège

Près du radiateur

Afin qu’il me protège

De mes tristes raideurs

J’ai placé ses deux bras

Comme pans de cercueil

Qui attendraient le drap

Attendraient le linceul

J’ai tiré la rallonge

Pour le repose-pied

La fatigue qui ronge

Viendra s’y étirer

Et lorsque je m’étends

Avec les mains jointes

Je crois bien que j’attends

La faux, la faux qui pointe

Mon fauteuil est placé

Au lieu où je suis né

Afin de m’en aller

Par la porte d’entrée

La poésie, dans l’école et dans la vie

14 avril 2011

Vous savez, cet art mineur qui de Villon à Vian en passant par Hugo, Eluard, Prévert, et bien d’autres encore a permis à certains enfermés dans des geôles de survivre au présent, de résister au pire… 

Cet art mineur que nos grands politiques, non pas les vulgaires aux phrases assassines, mais ceux qui ont assez de vision en hauteur pour regarder le monde et y trouver des voies, pratiquent en secret de peur des quolibets. 

Cet art mineur que les adolescents cachent jalousement tout au fond des tiroirs comme si avouer leur faiblesse de cœur les faisait à leurs yeux horriblement déchoir… 

Tout au long de ma vie, tant pis pour les sarcasmes, j’ai voulu lui donner une place au soleil… D’abord avec les jeunes, j’ai essayé souvent de persuader ceux qui s’y adonnaient de venir partager un moment de délices au cours d’une soirée dans un décor subtil : un jour une fontaine, un autre un tas de foin, un sac aux malices, une forêt profonde, un décor de château ou un arbre fleuri…Nos soirées rassemblaient bien souvent des timides qui n’osaient pas sortir dans un premier temps, leurs écrits secrets… Mais leur donnait confiance pour avancer plus loin. 

A l’école, en dehors des exercices mortels (je pense mortifères) de la « récitation » de textes qui bien sûr plaisent surtout au maître …et donc rebuteront les rebelles et même les indifférents, je cherchais à laisser à portée des élèves des textes très divers dans lesquels ils devraient choisir celui qu’au jour du délai imparti, chacun présenterait à la classe non pas avec les lèvres comme un fardeau trop lourd, mais bien avec les « tripes » tout le corps en éveil. Cela prenait parfois quand le temps était beau l’allure d’une fête avec d’autres classes… 

Apprendre des poésies ne me suffisait pas, je voulais que chercher des textes émouvants soit pour mes élèves un souci permanent. Pour inscrire à l’honneur les textes par eux choisis, nous plantions un arbre, branche sèche et fourchue dans un pot rempli de cailloux pour la stabilité et nous n’avions de cesse que de le charger des  poèmes aimés recopiés décorés. 

 Bien sûr, les temps « perdus» ces moments de l’attente que les autres plus lents aient terminé leur travail trouvaient là un moyen de n’être pas stériles. 

Le blé de liberté

13 avril 2011

                            LE BLE DE LIBERTE 

  

Il était une fois, dans le pays de France 

Un pauvre paysan, serf de son état 

Qui avait récolté, fruit de longue expérience 

Quelques malheureux grains d’espèce « REVOLTA » 

De blé de liberté. Après moulte fumure 

Maint travail à la bêche pour parfaire la culture,  

Il obtint dans un coin des terres du seigneur 

Un lopin assez grand aux épis prometteurs. 

Mais en quatre-vingt-un, en cette année de grâce, 

Le Maître, grand tribun, partant à la conquête 

D’autres patrimoines ; d’autres sujets en quête 

Confia à un moine, JOHAN DE SAINT PURCHASSE 

Le soin de son domaine et de la populace. 

Sitôt qu’il fut parti, JOHAN le bon apôtre 

Enivré de pouvoir, diseur de patenôtres 

Fit seller les chevaux, sonner les rabatteurs 

Pour signifier à tous qu’il était le seigneur. 

Mais en suivant la meute, la horde des chasseurs 

Bien pire qu’ATTILA, le beau blé piétina, 

Provoquant maint dégât dans le dru révolta. 

Le paysan, alors, et bien à l’étourdie 

Fit grief à JOHAN de cette vilénie. 

Mais JOHAN, sûr de lui, en prenant à son aise 

Dit qu’il était seigneur et que serf se taise 

Ramassant un à un les grains ainsi versés, 

Confiant en la justice, tentant de réparer 

Le tort que l’ignorant avait ainsi causé 

Il rejeta en terre toute la récolte 

Mais JOHAN informé y vit une révolte. 

Aux parents, aux amis tentés par l’aventure 

Il rappela sa loi : « MALHEUR A
LA ROTURE »
 

Tous les épis féconds, il brûla, prétendant 

Qu’ils étaient le produit de l’œuvre de SATAN. 

Tout près de récolter, le pauvre paysan 

Fut sommé de détruire sa semence et ses plants. 

De réclamer justice, le bougre tenta bien 

De réclamer justice devant le suzerain. 

Mais au nom des principes de la hiérarchie 

Découverte de serf n’est qu’une ignominie. 

Si pour toi qui me lis ces temps-là sont finis 

Le temps de ces seigneurs, es-tu sûr qu’il soit mort ? 

Et de tels traitements existent-ils encore ? 

Si tu vois sur la route, crachant sur les carrosses 

Un morne vagabond chassé par les molosses 

Retiens ton jugement : c’est notre paysan 

Il n’a pu accepter de voir ainsi détruit 

Après tant de sueur, de son labeur le fruit. 

Il n’a pu accepter de brûler de ses mains 

L’œuvre de sa vie…Alors, par longs chemins 

Un jour il est parti 

                            Dans un coin du lopin 

Sans soin  mais sans entrave de peur du maléfice 

Un peu du blé maudit, de l’objet du supplice 

CRUT. 

         Et le temps étendant son voile d’oubli 

Un jour on découvrit quelques uns des épis 

Que crois-tu que l’on fit ? Les temps étaient meilleurs 

On donna à l’épi LE NOM D’UN PROFESSEUR 

beau matin

13 avril 2011

                 Pour ce jour joyeux

Les haies ont mis leurs habits

Leurs habits de lumière

Qui scintillent de mille feux

Les arbres ont tous pris

Une pose altière

Sous leur charge d’étoiles

Que le soleil au travers d’un voile

Fait resplendir

                    Cette nuit les fées

Ont du s’égarer

Elles font surgir

A nos yeux éblouis

               Ce décor de paradis

rejet mortel

13 avril 2011

 

Comme jadis elle criait « maman ! »

Vers cette dame qui ne la voyait pas

Comme naguère avant son trépas

Elle aurait aimé dire ses sentiments

Après avoir remâché son chagrin

Pleuré en se tenant au loin

Elle a dans sa salle de bains

Accroché au support de tablette pour soins

Sa ceinture de peignoir

Et a conclu son désespoir

En ultime cadeau choisissant

La fête des mamans

Bérillon

12 avril 2011

Il y avait autrefois, dans la région de VIENNE, un couple de paysans qui avaient un fils.
Malheureusement pour eux, dès le plus jeune âge, ce fils se montra totalement incapable de fournir un travail au sein de la ferme. Au lieu de garder les vaches comme tous les enfants de son âge, il oubliait sa charge pour modeler avec de la glaise des formes bizarres : des têtes, des animaux…rien qui vaille !…et, pendant ce temps, les vaches s’égayaient dans les choux du voisin ou dans la luzerne qui faisait gonfler leur ventre jusqu’à éclater…
« Quand feras-tu attention ? demandait le père.
–Je m’ennuie ! répondait BERILLON, j’aime mieux faire autre chose. »
Au moment de sortir le fumier de l’étable, on ne le trouvait pas : il était en train de casser des pierres pour faire on ne sait quoi…des mosaïques qu’il disait !…L’envoyer faucher était encore une pire catastrophe : au lieu de dessiner des andains bien droits, il vous traçait dans le champ des volutes, des carrés, des ronds, il contournait les fleurs ce qui déclenchait la risée des voisins…
« Que feras-tu dans la vie si tu ne travailles pas correctement ? se lamentait le père.
–Mais, père, je ne veux pas être fermier. Ce travail ne me plaît pas du tout.
–Apprends à planter les légumes, à nourrir les bêtes, à récolter le fruit de la terre, répétait le père, tu mangeras toujours à ta faim.
–Je ne veux pas travailler la ferme !
–Alors, que veux-tu faire ? Veux-tu être de ces bons à rien de ronds de cuir ?
–NON ! Père, je veux être sculpteur.
–SCULPTEUR ! C’EST UN METIER DE CREVE
LA FAIM , DE BON A RIEN. SI C’EST PAS MALHEUREUX !
Cette incapacité à travailler normalement faisait le désespoir de ses parents, de son père surtout, qui après avoir tout tenté pour le mater, pleurait toute les nuits en secret et finit par mourir de chagrin.
Le fils aimait bien ses parents, mais, il n’y pouvait rien, le travail des champs le rebutait….
Après la mort du père, la ferme ne fut pas longue à péricliter….
La mère tenta bien quelque temps de continuer le travail, mais une femme seule, avec un fils à « bras cassés » comme BERILLON ne pouvait pas assumer la tâche…Elle avait bien espéré que, le père mort, BERILLON se sentirait obligé de prendre sa place…Mais BERILLON, au contraire, que seule sa passion pour la création de formes inanimées intéressait ouvrit un atelier dans le fond de la grange.
HELAS ! Tant d’inaptitude et d’ingratitude minaient sa mère qui ne cessait plus de pleurer… Si bien qu’un jour, au réveil, ses yeux refusèrent de s’ouvrir…
BERILLON aimait beaucoup sa mère, malgré ce qu’elle pouvait en penser. Il s’enquit auprès des personnes de bon conseil de la manière de soigner ce mal.
L’une suggéra des compresses de camomille…L’effet fut de courte durée.
Une autre proposa de confectionner des cataplasmes de fleurs de bleuets fraîches écrasées… cela fut meilleur ! Chaque matin, dès cinq heures, BERILLON partait cueillir à la rosée des bleuets pour soigner sa mère…Hélas ! L’automne arriva…plus de bleuets ! plus rien pour dessouder les paupières gonflées…

La vierge de Bérillon

12 avril 2011


Au fond de l’atelier, pétrissant de la glaise,
BERILLON se démenait créant de la beauté.
Un appel de sa mère enchaînée sur sa chaise
Le rappela soudain à la réalité.
« Mon fils, lui disait-elle, nous avons tout tenté
Mes yeux se sont fermés, la lumière est mortelle
Mon esprit a plongé dans la noirceur hantée.
Mes paupières gonflées que la douleur flagelle
Restent closes à jamais : atroce cécité.
Que me reste-t-il donc dans le noir de la nuit
A espérer encore que dans l’éternité ?

Un client était là qui écoutait la plainte .
« Il existe à TERNAY une source sacrée
Placée sous protection des saints et d’une sainte
Qui , on le dit, guérit la cécité. »
…..Non, mère, il reste encore un espoir aujourd’hui :
Sur les hauts de TERNAY, une source a jailli
Dont les eaux bouillonnantes ont à ce qu’on m’a dit
Déjà maint malheureux plongé dans la pénombre
Remis en condition de sortir de cette ombre…
Je partirai demain sans retard et sans crainte
Pour prendre le chemin de cette onde sacrée
Afin que, de retour sur vos paupières jointes
Je puisse déposer de cette eau consacrée…

Et le fils s’en alla au travers des collines
Quêtant ici du pain là une meule asile…
Et quand il arriva, de sous sa pélerine,
Il tira un pichet de grosse terre vile.
Une fille était là, belle radieuse, splendide,
Qui lui prit dans la main la cruche mordorée
La plongea dans le puits comme d’un geste avide
Et puis la lui rendit dans un éclat doré.
BERILLON, la saisissant, y vit la main divine
Sur l’anse imprimée…Serrant sur sa poitrine
Le liquide sacré que cette apparition
Avait extrait pour lui du roc de ST MAYOL
Il l’emporte en secret, avec dévotion…

Lors, dès qu’il trouva sa douce génitrice,
Il fit avec l’argile comme une pâte molle,
La posa sur les yeux en régénératrice
Avec cette ferveur ressentie en voyant
La DEESSE DIVINE la source illuminant.

Sa mère au lendemain lui parut bien surprise :
La vue elle recouvrait !…La douleur de ses crises
S’enfuyait dans des larmes et de joie et de foi
Qu’elle versait, remerciant le SEIGNEUR mille fois.
BERILLON, agenouillé, se forma la promesse
De fixer en statue le corps de la DEESSE…
Il choisit un beau tronc de poirier,
Sans nœud et sans fissure
Il oeuvra au maillet, au ciseau, une épure
Se mit à découper, taillader, ciseler
Et en quelques semaines de travail acharné
Créa une statue d’ineffable beauté.
Pour
la VIERGE honorer.
Revenant à TERNAY, la porta en offrande
Au prêtre du village que le destin chargeait
De régir l’accès de la source aux demandes
Et de rendre à DIEU grâce pour ses sujets.

Ayant par le présent dit sa reconnaissance
BERILLON ressentit l’envie de visiter
Un peu de cet étroit paysage de France
Et vers la vallée, il se mit à marcher.
Mais voilà que poussant bien plus loin le voyage,
Il s’aventura par les lônes du RHONE
Jusqu’au creux de FEYZIN où par grand avantage
Il revit de nouveau la belle dont le trône
Etait depuis longtemps édifié en son cœur.
Il fut long à comprendre qu’en fait de SAINTE VIERGE
Celle qui recelait pour tous temps son bonheur
Etait fille mortelle et belle amante vierge….

On dit que, de BERILLON, la fête de la noce
Retentit pour qui sait assez tendre l’oreille
Depuis de nombreux siècles sur la vallée vermeille
Quand le soleil couchant qui aux vignes s’adosse
Luit sur le rocher où grâce à la beauté
BERILLON a pu enfin vaincre la cécité….

L’ENTENDEZ-VOUS ? ? ? ?

 

version personnelle d’une légende de TERNAY

Bien sûr! mais pas chez nous!

12 avril 2011

Si quelqu’un vous a expliqué qu’il ne remplacerait qu’un fonctionnaire retraité sur deux, si vous avez voté pour lui , avez-vous le droit de paraître surpris voire choqué que le nombre de policiers ait fondu ? que la justice soit de plus en plus lente faute de personnel ? que des classes soient fermées en grand nombre ? que les postes ferment un peu partout en campagne ? 

Bien sûr, préalablement, on vous avait expliqué qu’un grand nombre de fonctionnaires étaient sur des fonctions inutiles… étiez-vous à ce point crédules ? Ne saviez-vous pas que la période électorale est une période de mensonges en tous genres ? Que qui veut tuer son chien l’accuse de la rage ? 

Ah ! mais c’est que dans votre for intérieur, vous pensiez :c’est ailleurs, pas chez nous que cela se passera… Pauvres naïfs qui en êtes à manifester pour protester contre ce pourquoi vous avez voté ? 

Pardon ! je me trompe : aucun de ceux qui ont voté Sarkozy en 2007 ne manifeste … on se demande d’ailleurs si les urnes n’avaient pas été bourrées puisqu’on ne rencontre plus personne qui avoue l’avoir fait… 

séparation

11 avril 2011

Petit enfant

Trop sage

Avant l’âge

Tu vois tes parents

Qui se désengagent

Tes yeux incrédules

Se voilent de tulle

Faut garder courage

Dans ta valise

Une botte un pull

Tout cela s’enlise

Et adieu ta bulle

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