Credo du touriste

15 mars 2011

J’ai de l’argent, j’ai payé 

Je me fous des rochers 

Je tague mon empreinte 

Et la falaise…peinte ! 

Mes bouteilles vidées 

Dans les galets laissées 

Mes papiers, mes sacs 

Qu’ils partent au ressac. 

J’ai de l’argent, je peux payer 

Il me faut habiter 

Dans ce site sacré 

Sur ce haut promontoire 

Que Nature a créé 

Pour souligner ma gloire 

Mes sbires zélés 

Sauront raser 

La dune centenaire  

Pour bientôt accueillir 

Des milliers de plagiaires 

Après que m’esbaudir 

Dans les recoins secrets 

Mes condoms souillés 

Ne vais point, discret  

Dans poubelle jeter. 

Animaux dans la lande 

Je veux m’en approcher 

Et que nul ne prétende 

Qu’il ne faut pas déranger 

Pour que chacun me voit 

Je fais pétarader 

Que voulez-vous, pour moi 

Gêner c’est exister. 

Ah ! mais pour circuler 

Foin des petits sentiers 

Ces arbres rasez-les ! 

Ces blocs arrachés ! 

Faon nouveau-né ? 

Jouet pour mon terrier. 

Et quand j’ai bien souillé 

La terre de rejets polluants 

Je me lance au ciel 

Dans orgueilleux élan 

Pour ravir au soleil 

Un peu de sa clarté 

Que viennent protester 

Bouseux vachers 

Ou ploucs bergers 

Je suis là pour régner  

Admirez ma prestance 

Vous dites pestilence 

Au mur les critiqueurs 

Puisque moi je suis bien 

Puisque c’est mon bonheur ! 

L’erreur du SAMU

14 mars 2011

FRANCOISE marchait dans la montagne. Le groupe était nombreux, ce jour-là . Il y avait ALINE et GREGORY, PIERRETTE et CATHERINE, ANNE et SOPHIE, MICHEL et MARIE-PIERRE.
Tout au long du sentier, ils s’étaient arrêtés pour découvrir ici une anémone, là , un orchys ou un lys martagon.
FRANCOISE avait échangé avec ses compagnons de route plein d’idées, raconté des douzaines d’aventures.
Une belle prairie s’ouvrait devant eux. Ils décidèrent de pique-niquer.
A la fin du repas, et avant de repartir, FRANCOISE se mit à parler de yoga..ALINE et PIERRETTE étaient captivées. Joignant l’acte à la parole, FRANCOISE se coucha soudain sur le dos afin de démontrer une posture susceptible d’apporter les plus grands bienfaits….
Or, ce même jour, sur la paroi du CORNAFION, une promeneuse imprudente fut victime d’une insolation. Les membres de son groupe s’étaient séparés, les uns restant avec elle qui délirait, pendant que d’autres allaient appeler l’hélicoptère du SAMU. Ils expliquèrent que la malade gesticulante et délirante se trouvait dans une prairie près du CORNAFION…
L’hélicoptère s’en vint tourner au-dessus de la montagne, vit un groupe assemblé autour de FRANCOISE gesticulante. En un instant, l’appareil fut posé. Les brancardiers surgirent en courant.  » Ecartez-vous, s’il vous plaît, laissez-nous faire notre travail !  »
FRANCOISE se mit à  se débattre et à protester. Mais les brancardiers en avaient vu d’autres : elle fut promptement attachée sur la civière. A chaque protestation , on lui répétait :  » Calmez-vous ! Tout va bien se passer  »
Au bout d’un moment, las d’entendre des récriminations, on lui administra un tranquillisant.
D’un coup d’hélice, elle fut à  l’hôpital…Où son mari fut bien….marri de devoir la rechercher. Nul ne voulut croire à  son histoire. Il crut même un instant qu’on allait l’enfermer à  son tour :QUOI ! prétendre que l’hélicoptère avait kidnappé sa femme ! !
Si ce jour-là, il n’avait pas été accompagné par un autre témoin, il moisirait peut-être encore à  ST EGREVE au milieu des aliénés.
Quant à  l’autre personne….si vous trouvez, sur les flancs du CORNAFION, quelques ossements oubliés….peut-être saurez-vous d’où ils proviennent ? 

Le bonheur

14 mars 2011

Il est discret

Léger comme un baiser

Farouche en son secret

Il ne faut pas le pourchasser.

On le croit bien sûr, devant

Alors qu’il est dans le présent

C’est en se retournant

Qu’on connaît son accent

Il est toujours insaisissable

Invisible dans l’instant

Une poignée de sable

Qui coule inexorablement

Qui est-il ? Comment est-il ?

On l’a éprouvé, on le sait

Quand notre être puéril

Partout ailleurs le cherchait

Malédiction pour notre cœur

Ne pas reconnaître le bonheur !

Comment on tisse une vie commune….

14 mars 2011

Chaque jour tu te dis

Je vais le laisser choir.

Ton aiguille hésitante

Balbutie longuement

Le long tricot s’étend

En trêve inquiétante

L’heure du dîner

Te voit sur la balance

Rester ?partir ? errance.

La laine étonnée

Se boucle par routine

La pointe qui s’érige

Dans le trou se dirige

Une nuit de sourdine

Un autre jour arrive

Pour que, vaille que vaille

Une nouvelle maille

Du long tissu surgisse

Mon journal

13 mars 2011

Ce matin, en ouvrant mon journal, comme chaque matin depuis quelques jours, j’ai cherché dans les faits-divers … Un accrochage par-ci, un cambriolage par-là, une voiture brûlée, mais, ce que je cherche…rien !
Pourtant, le spectaculaire accident qui a bouleversé le quartier méritait bien un petit entrefilet : pensez donc ! Un grumier de quarante tonnes qui chavire sur une maison, la route bloquée pendant près de dix heures, des personnes âgées handicapées à venir chercher en marche arrière depuis leur maison afin de les ramener chez elles après avoir franchi l’obstacle malgré leurs difficultés à se mouvoir !
N’y tenant plus, je vais voir mon voisin, celui qui a eu l’honneur de recevoir cet hôte monstrueux et imprévu.
Amédée, est un vieil homme à barbe blanche qui ne croit plus guère en l’humanité. Il a compris depuis longtemps que l’amour d’autrui que l’on proclame dans les églises n’est que le cri d’un instant, dans l’excitation du moment, et parce qu’on ne sait jamais, mais qu’ensuite chacun fait à sa guise, quitte à se confesser une fois l’an.
Lui n’en est pas au premier grumier couché dans sa cour, en son absence, « on »
s’est permis souvent de violer sa propriété avec des engins de toutes sortes. Qui ? X bien entendu !
Amédée était en train de couper des brindilles à largeur de barbecue à l’aide d’une serpe.
« Bonjour ! monsieur Amédée ! avez-vous vu ? le journal ne parle pas de l’accident d’avant avant hier ! pourtant, on lui a bien envoyé des photos assez parlantes…. Je suis surpris ! »
Amédée me regarde, ses petits yeux gris se font interrogateurs comme si je plaisantais. Il se tait , coupe une nouvelle branche. J’insiste « Vous trouvez ça normal ? pourtant, d’habitude, « l’Allobroge Déchaîné » ne manque pas de raconter les problèmes des habitants »
Amédée me regarde de nouveau, frappe de nouveau un morceau de bois… Je commence à me sentir mal à l’aise. Après un long silence, il se décide :
« Je suis surpris de votre étonnement ! Que s’est-il passé quand vous avez téléphoné à l’adjoint au maire chargé des routes, celui qui retarde le plus possible la construction d’un tracé qui ne serait pas dangereux ? Il vous a dit qu’il était artisan et qu’il avait autre chose à faire, d’appeler les gendarmes si vous vouliez…
_…
_ Ah ! de mon temps !… Je me souviens d’avoir bien connu un adjoint au maire, c’est vieux ! Pensez donc !J’étais enfant ! A l’époque, c’était une fonction bénévole, pas comme aujourd’hui où les édiles reçoivent des « indemnités » telles qu’un bénéficiaire des restos du cœur ne serait plus admis s’il avait même seulement cela pour vivre. Ils faisaient leur travail quoi qu’il en coûte! Aujourd’hui, vous avez vu : on délègue à des fonctionnaires, on vous envoie un cantonnier, ou un policier municipal.
Pourquoi voudriez-vous que « l’Allobroge Déchaîné » publie un article sur l’accident du grumier ? N’était-ce point le bois de la commune ? Ce n’était pas la première fois. Relater l’événement, ce serait laisser apparaître que les atermoiements de la commune pour dévier la route ont des conséquences. Cela pourrait amener à réfléchir. Cela pourrait coûter des électeurs au maire.
_ Mais, rétorquai-je, le journal raconte bien des incidents moins importants et qui impliquent des gens.
_ Des gens, bien entendu ! Des pauvres qui ne peuvent se défendre ! Avez-vous lu parfois les méfaits des puissants ? Pensez-vous que ces gens sont des saints ?
Quand on envoie un article à « l’Allobroge Déchaîné », le rédacteur en chef contacte la mairie pour avoir un son de cloche officiel, vous comprenez la suite !
_ Voyons ! monsieur Amédée ! nous sommes dans une démocratie ! la presse est libre ! « L’Allobroge Déchaîné », ce n’est pas «
La Pravda » ! » Vous exagérez !
_ … »
Deux branches l’une après l’autre, avec un soupçon de nervosité rejoignent le tas de bois. Amédée ne dira plus rien.
En revenant chez moi, j’ai ouvert de nouveau mon journal, je l’ai regardé d’un autre œil, j’ai parcouru de nouveau la rubrique des faits divers. Ma cheminée brûlait. J’ai compris en la regardant à quoi servait vraiment mon journal quotidien : à l’allumer ! 

La dictée

13 mars 2011

Hou-hou Maurice Careme !

Un poète léger, un jour a raconté

Qu’un petit rapace, préparant sa dictée

Se répétait des mots, en se tenant la joue

Il ne pouvait penser que ce petit hibou

Deviendrait pour le coup, pour beaucoup d’écoliers

La torture d’apprendre afin de présenter

Dans un méli-mélo, par aucun sens liés

Une liste de mots qu’ils devraient réciter !

 

Les grands parents nounous?

13 mars 2011

 

Dans « Version Fémina » je l’ai lu un dimanche

En remarques douteuses une maman s’épanche :

Pour se garder pour elle, week-end en amoureux

Elle confie ses lardons à, de son mari, les vieux

AH ! Mais elle contrôle qu’ils sont bien soignés !

Et voilà, ô scandale qu’elle prend connaissance

Que ces gens qui jamais( !) n’ont personne élevé

Gardent (horreur!)  pour le repas, la télé allumée

De quoi empoisonner la meilleure pitance !

Créer surcharge pondérale et même obésité…

Voici ce que ce mot impudent à mes yeux

A fait jaillir en moi de violent et verbeux :

Les parents «  nouveau style  »

Y a de quoi se faire bile :

Comme le bambin de cinq ans

Qui veut un petit chat

Ils rêvaient d’un enfant

Ils ont lu, dévoré, neuf mois durant

Les journaux magazines et tout le tralala

Mais ça pleure un bébé et pas de SPA

Allez !  lolo  maman ! cou-couche mon papa

Finies les grasses matinées

Et les nuits à danser jusqu’au petit matin

PAS POSSIBLE ! il faut les préserver

On demande au neveu d’assurer la soirée

On téléphonera pour bien vérifier

Que le rot de dix heures ne s’est pas décalé !

Pour la semaine (il faut bien conserver

La séance de gym, la leçon de piano

Un moment pour blaguer

Pour garder l’équilibre, une heure de vélo)

On prend une nourrice, on pose en garderie

L’école pour plus tard augmente la série…

De faire apprendre tables

On est bien incapable,

Mais relever l’erreur de copie dans la fable

Que faire réciter on trouve détestable !

Et puis, les grands-parents,

C’est bon pour les enfants

On sent bien quelque peu de culpabilité

Quand ils comprennent à peine

Que les gamins ça gêne

Alors pour la masquer derrière modernité

On assène aux vieux (qui ne connaissent rien !!)

Les théories  fumeuses, de celles qui font bien.

On contrôle que la pipe du grand père est rangée

Voyons c’est qu’il y va de leur santé !

Ah ! Puis, ce n’est pas tout vous n’y avez pensé

La télé vous devez la fermer au moment de manger !

Vos outils sont fermés ?  Vos couteaux bien planqués ?

On sent que les parents devenus grands-parents

Auraient  du botter le train bien plus souvent

A leurs propres enfants

Ah !  L’égoïsme ambiant !

Si l’un de mes enfants avait ce comportement, bien que j’adore mes petits-enfants je ne les voudrais pas souvent à la maison!!

Le petit coeur de ma pendule

12 mars 2011

Le petit cœur de ma pendule

S’est arrêté un beau matin

J’ai senti dans le vestibule

Comme un malaise incertain

Il était comme la virgule

Qui ponctue le gai quatrain

Je le secoue, je le stimule

Mais il refuse le coup de main

Son pace-maker n’a plus de pile

Et moi, l’idiot, je n’en sais rien !

Les obsèques de JEAN FERRAT

12 mars 2011

 

Ils étaient vingt et cent

Ils étaient des milliers

A gravir en suant

Le sentier escarpé

Pour saluer la voix

Qui un jour est montée

Malgré tous les abois

Des molosses titrés,

La voix de cette France,

Celle des lendemains

Celle de la souffrance

De tous ceux qui ont faim….

Les cerveaux embrumés

Des oiseaux de la nuit

Les têtes polluées

Par fumées de Paris

Comme en un cauchemar

Ont vu, n’ont rien compris

Ont cru que leur pétard

Etait trop bien rempli.

Pour venir de si loin

Et en nombre si grand

Ce n’est pas de Bertin

Qu’ils louaient le talent

Mais bien à JEAN FERRAT

Le censuré cent fois

Que depuis Aubenas

Ils soutenaient la voix

Les six déesses de LA TOUR SANS VENIN

12 mars 2011

Au temps de mon enfance, peu de livres trainaient sur les rayons des placards, mais il en est un qui m’a bien fait rêver: Les sept merveilles du DAUPHINE de M. Paul Barret. Voici ce qu’il m’a inspiré…

LES SIX DEESSES DE
LA TOUR SANS VENIN

A l’époque des ROMAINS, la déesse ISIS vint prendre ses quartiers d’été, suivie de ses cinq filles sur la butte qui domine GRENOBLE, au-dessus de SEYSSINS, en ce lieu où les archéologues mirent à jour les serpents d’airain de son autel et que l’on nomme depuis «
LA TOUR SANS VENIN » ISIS était suivie de tous ses adorateurs rampants.. Dès que les six déesses furent installées, si grande était leur beauté qu’il se produisit un énorme remue-ménage dans le pays : tout ce que le pays comptait de sexe mâle se mit à affluer à proximité du château. …Et chacun, pour leur plaire de surpasser les autres…qui chanterait le mieux, qui offrirait le plus beau bouquet ou le plus beau bijou…Mais la déesse était bien trop distante pour abaisser son regard sur les pauvres humains…aucun ne réussit à retenir plus d’un instant son attention.
Il y avait pourtant un homme, un sage, que la nouvelle de cette installation n’avait pas perturbé. Il était berger dans la vallée des ALLIERES, celle que les géographes appellent : « LE COLLET DU FURON. » Ses moutons avaient le piétin, il avait bien trop à faire à nettoyer le fumier de leurs pieds…et puis, qu’avait-il à faire d’une vacancière ? Et, en plus, une déesse ! il n’avait aucune, mais vraiment aucune chance de retenir son attention… pourquoi perdre son temps ?
Un jour que, lasse des flatteries dont elle était l’objet, la déesse flottait dans le ciel comme une étoile, elle se posa un instant près de la source de FONT FROIDE pour se désaltérer et pour se reposer. Toute la montagne alentour en resplendit de joie. Le berger que rien ne pouvait trop étonner la vit s’approcher sans crainte et sans émoi.
ISIS, très surprise de n’être point ici adulée comme à l’habitude regarda de plus près cet humain un peu fou…QUOI ! !Un simple berger qui snoberait sa vue ! ! !Elle décida aussitôt de punir son audace. Elle s’approcha très près ….le berger qui grattait le pied enflé d’un agneau leva un instant la tête et se remit à sa besogne. ISIS exhala son plus doux parfum….de quoi rendre amoureux n’importe quel prince…le rustre n’avait que l’odeur du fumier dans les narines. Elle le frôla tout doucement….RIEN ! ! !Alors, et sans pudeur, elle se mit à le caresser…..Le berger bien que sage, n’était pas un tronc d’arbre, il sentit monter au fond de ses veines un émoi indescriptible…La belle l’aguichait, le frôlait, le baisait….finalement, d’un geste, il l’enlaça. ISIS se blottit…
Juste avant le moment de l’extase, elle s’enfuit soudain…. « J’ai, dit-elle, des choses à régler à
LA TOUR SANS VENIN…attends-moi sur la roche, tu me verras venir, je reviendrai bientôt »
Chaque jour, à l’aurore , le berger vint au bord de la falaise et ne se souciait plus de moutons ni d’agneaux. La faim même ne le tenaillait plus :VOYONS ! il attendait une DEESSE ! !
L’attente, chaque jour, ça nourrit son bonhomme !
Au bout d’une semaine d’attente infructueuse, il pensa soudain que peut-être, elle viendrait dans la nuit comme une ombre afin de n’éveiller aucun soupçon de la part des humains qui se montrent si méchants à l’égard de l’amour….Son attente diurne se fit aussi nocturne. …Il se planta au bord de la falaise…l’eau, la pluie, le vent, le gel, la neige peu à peu l’entourèrent et le figèrent….et c’est ainsi qu’on peut, encore de nos jours, voir le berger debout sur la roche qui domine LES BLANCS attendant, mais en vain, pour les siècles des siècles le retour promis de la déesse ISIS.

Ses filles, non moins belles, étaient beaucoup moins puissantes. Elles n’avaient le droit, filles de déesse que de formuler des vœux….parfois exaucés.
Les trois aînées étaient très prudes. Elles gardaient soigneusement à l’abri de tout assaut leur hymen sacré….
Hélas ! à ST NIZIER, vivait un horrible sire violent , buveur, paillard qui ne pouvait supporter qu’on lui résistât. Il vint près de la tour où vivaient les donzelles comme humble citoyen pour leur faire la cour (pouvait-il se conduire avec des déesses comme avec des esclaves ?) Il tenta par tous les moyens de les faire succomber… mais jamais ni l’une, ni l’autre, ni la troisième n’accepta de céder à ses troubles avances. Il tenta le charme. Il tenta la douceur. Il leur fit des présents : il leur offrit des fleurs….les belles souriaient, s’amusaient du manège mais jamais, non jamais, elles ne se laissaient prendre…..Alors, subitement, il comprit que jamais il n’arriverait à ses fins. La colère le prit :il allait leur montrer de quoi il était capable ! ELLES ETAIENT SUR SES TERRES, ELLES LUI DEVAIENT CUISSAGE ! ! !
Sellant son cheval, il les poursuivit dans la montagne de cà, de là, et finit par les acculer au bord d’une falaise d’où elles ne pourraient sauter. Filles de déesse, elles étaient humaines, mais en joignant leurs mains en commune prière, elles pouvaient au moins faire un vœu exaucé…Alors que plus rien ne pouvait les sauver, que le monstre écumant de désir de luxure apparaissait tout près, elles firent le vœu d’être changées en pierre…Elles sont toujours là , avec leur tortionnaire et vous pouvez les voir non loin de ST NIZIER…les humains les appellent « LES TROIS PUCELLES » ….(merveille du DAUPHINE)

La quatrième était une grande amoureuse. Dans la plaine de VIF, elle rencontra un jour un seigneur aussi beau que les cieux. Elle rêva depuis, uniquement de lui.
LA PAUVRE ! L’objet de son amour était inaccessible….Nul ne savait bien quels étaient ses mœurs, mais les femmes ne l’intéressaient pas…
Elle erra longtemps près du château de son idole pour tenter de l’apercevoir, de l’approcher, de l’émouvoir…Elle ne rentrait plus, le soir, à
LA TOUR SANS VENIN, elle s’abritait dans une grotte. Des larmes, chaque jour coulaient abondamment et le feu des entrailles dont elle était victime ne faisait qu’amplifier. JAMAIS ! non JAMAIS ! son bel amour ne vint sécher ses larmes ni éteindre les flammes qui la dévoraient…
Et les GRENOBLOIS prirent l’habitude, le dimanche, de venir contempler ce feu un peu sacré. Certains impertinents même y cuisaient l’omelette en baignant leurs pieds dans le ruisseau de larmes…..Et on parle depuis de
LA FONTAINE ARDENTE. (merveille du DAUPHINE)
La dernière et la plus fine se promit que jamais ne lui arriveraient ni les désagréments de ses prudes aînées, ni la douleur brûlante d’amour inassouvi. Elle décida, quoi qu’il puisse arriver, d’être , le jour venu, engrossée par l’objet de son amour. Ce jour vint : elle rencontra un baron aussi beau qu’un dieu. Aussitôt, elle chercha un moyen de lui plaire….mais le baron était aussi froid qu’un glaçon….rien ne pouvait l’émouvoir ! Il fuyait entre ses mains dès qu’elle croyait le prendre .
La petite vint, à genoux vers sa mère, lui demander d’exaucer son vœu le plus cher…ISIS réfléchit un long moment, puis, se tournant vers sa fille, elle dit : « Cette décision ne doit pas être prise à la légère, réfléchis pendant un hiver et dans six mois, si tu es toujours dans les mêmes dispositions, je verrai ce que je peux faire »
……Six mois plus tard, la petite revint :
« Es-tu sûre de vouloir qu’il t’engrosse ? redemanda la mère.
_Quoi qu’il puisse m’en coûter » répondit la petite ISERE avec ferveur.
Alors ISIS leva sa main divine…Le glacé baron du DRAC en torrent fut changé…et la petite ISERE au fond de la vallée, en petite rivière se mit à couler à sa rencontre.
Quoi que fisse le DRAC , il ne put s’empêcher de venir se jeter dans les bras de la fille et de gonfler son ventre pour une éternité.

Depuis, le croirez-vous? je rencontre des déesses à tout bout de chemin…

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