Tournage perturbé (suite)

29 avril 2011

La classe coopérative de Matrix a décidé de tourner un film avec l’aide d’un spécialiste : 

Guy Tabagnole 

. 

Le gymnase avait déjà déposé au cœur de la pellicule les péripéties d’un match de hand-ball 

Quand…. 

BOUM ! 

Toutes les vitres volèrent en éclats et la sonnerie d’alerte se mit à retentir. 

En quelques minutes, les élèves avaient évacué les locaux et se trouvaient regroupés sur le terrain voisin. Quelques uns avaient été égratignés par les éclats. 

La sirène des pompiers puis celle de la police retentirent. Une voiture piégée, garée près de l’école venait d’exploser. 

Si seuls quelques blessés légers étaient à déplorer, il n’en était pas de même pour les effets psychologiques… 

La police cerna le quartier, prit les adresses de tous les témoins éventuels et procéda à de multiples investigations. 

Guy Tabagnole, ulcéré, vit sa pellicule saisie pour examen minutieux par les services compétent s On interrogea les voisins et les commerçants de la rue. La radio, la télévision se répandirent en imprécations contre ces terroristes qui ne respectent rien et surtout pas les innocents. Monsieur le Premier Ministre lui-même se déplaça sur les lieux. On décréta autour de toutes les écoles du pays un secteur de sécurité dans lequel nul véhicule ne devait stationner. Les grands magasins furent sommés de fouiller les sacs de leurs clients. A l’entrée des lycées, les cartables étaient ouverts. L’armée, dans son ensemble, fut mobilisée pour la surveillance .On ne voyait plus un seul village sans son véhicule kaki « pour rassurer la population ».Une chape sombre s’abattait sur le pays. Malgré toutes ces mesures, Guy Tabagnole trouva un matin ses locaux saccagés. Apparemment, rien n’avait été volé, mais toutes ses pellicules avaient été incinérées au milieu de son garage. Des tags couvraient les murs. La police conclut à l’intrusion de jeunes camés qui avaient du se défouler dans ce genre de mise à sac. 

Au milieu du branle-bas permanent, cette péripétie ne mérita même pas un entrefilet dans la presse, tout entière consacrée aux coups de filets de la police, aux recherches effrénées de telle ou telle personne dont on publiait régulièrement les portraits robots(le retour des brigades rouges ?). Des juges se déplaçaient jusqu’en Irlande pour interroger des suspects.
La France entière était en état de choc.
 

Guy Tabagnole, venu au commissariat chercher des nouvelles de ses vandales fut placé en garde-à-vue. De victime de cambriolage il devenait suspect de complicité avec les plastiqueurs. Après quatre jours d’interrogatoires serrés au cours desquels on tenta vainement de lui faire avouer qu’il avait des contacts avec des milieux extrémistes( on peut s’attendre à tout d’intermittents du spectacle !)… après lui avoir fait répéter deux mille fois comment il en était arrivé à s’occuper de ce projet, après avoir confronté ses dires avec ceux des autorités de l’établissement, il fut enfin relâché .Ses efforts conjugués avec ceux de Matrix pour récupérer le film en cours de tournage se heurtèrent à des fins de non-recevoir. 

L’hystérie collective, cependant, était à son comble. A peine quelqu’un tenait-il un flacon de sirop contre la toux dans la main qu’il était arrêté pour vérification d’identité et pour analyser le liquide. On faisait gaillardement sauter le cartable que le gamin avait posé au bord du trottoir pour aller récupérer le ballon tombé dans le jardin du voisin. 

Un jour, enfin, après la découverte d’une demi-douzaine de colis qui auraient pu être des bombes puisqu’on trouvait après les avoir fait « sauter » des traces d’explosifs ,Monsieur Le Président de le République fit une déclaration à la télévision : 

« 
La France, déclara-t-il, traverse une période difficile .Nous sommes en guerre contre un ennemi aveugle et sans scrupules.  Placé devant les responsabilités qui sont les miennes, je décrète l’application de l’article 16 de
la Constitution. »
 

Dès ce jour, le couvre-feu fut établi dans toutes les agglomérations de plus de 2000 habitants. Matrix, ce soir-là, repensa au camescope de l’O.C.C.E. posé en catastrophe après l’explosion dans le tiroir , au moment ou il se saisissait du registre d’appel pour l’évacuation….Il se promit, dès le lendemain de  vérifier qu’il n’avait pas pris « des ailes ». 

Au soir du lendemain, il se dit que, peut-être, ce qu’il avait filmé ,pourrait , à défaut du film confisqué, servir pédagogiquement…Il visionna….décidément, il ne pourrait pas s’en servir sans renouveler le traumatisme des élèves…C’est alors que, confusément, il se sentit intrigué par une image. Huit fois, il revint en arrière sur un passage de quelques secondes. Dix fois il provoqua un arrêt sur image… et son visage devint livide. 

Journée gâchée

28 avril 2011


Tout va mal aujourd’hui pour Eric.
Dispute avec sa femme avant de partir au travail pour une vétille insignifiante …..
Récrimination de clients qui voudraient que le travail soit fini avant de l’avoir commandé, accrochage avec son ouvrier parti en claquant la porte de l’atelier à la minute même de la fermeture…
…..Et cette gouttière qui est bouchée !
Eric recule le camion –nacelle près du mur….Trop près ! les béquilles ne peuvent pas se poser ! Bof ! qu’à cela ne tienne ! pour les cinq minutes nécessaires au débouchage…..
La nacelle monte…. Monte….monte…. Le voilà à la bonne hauteur ! il se penche pour ôter les feuilles….. CLAC !!!!la nacelle se met en sécurité ! BLOQUE A QUINZE METRES DE HAUT !!!!!!
Il essaie de crier pour appeler au secours…. Mais l’atelier est assez loin de tout passage…. Il y a bien , un peu plus loin, la route nationale…. Justement, voilà un car ! Eric se met à crier et à gesticuler… le car se gare sur le côté : c’est un groupe de touristes musulmans qui, l’ayant aperçu le prennent pour un muezzin…. Les voilà qui déroulent les tapis de prière et se prosternent…. Puis le car reprend sa route.
Pendant ce temps, sa femme commence à ronger son frein…. PAS ENCORE RENTRE ! IL Y COUCHE , A SON ATELIER !!! Au bout d’une heure et demie, elle se décide à venir aux nouvelles…. Elle entre par la porte de derrière…. Ouverte ?…. Tiens !…. personne dans l’atelier….. CA ! IL DOIT ETRE AU BISTROT UNE FOIS DE PLUS AVEC UN CLIENT ! Elle jette un coup d’œil en repartant dans le troquet voisin…. PAS LA ! ….SERAIT-IL AVEC UNE MAITRESSE ?
Trois heures plus tard, elle se décide à manger seule, l’estomac noué de colère contre ce type qui n’avertit même pas qu’il va rentrer tard…..
La nuit est tombée, Eric est toujours à scruter le moindre passage….rien ! Le froid commence à l’engourdir, sa combinaison de mécano n’est pas spécialement la meilleure couverture de survie.
Il est à moitié endormi/engourdi quand il perçoit un froissement au bas de la nacelle. Deux amoureux en quête de lieu tranquille se sont glissés là ! Eric crie « au secours !» Leur première surprise passée, les tourtereaux comprennent qu’ils doivent renoncer à leur tranquillité et appeler les pompiers….
Heureusement, les jours se suivent et ne se ressemblent pas !!!!

En toutes circonstances, pensez sécurité!
 

Tournage perturbé

28 avril 2011

 « Ouais ! on fait un film ! 

un film ! un film ! » 

La réunion de coopérative prenait les accents d’une manifestation, et les enfants, depuis que l’idée avait été lancée par l’un d’eux plébiscitaient bruyamment la proposition de réaliser un documentaire sur leur école pour leurs correspondants du Mali. 

« Un film, mes enfants, est une immense entreprise, très coûteuse et très difficile à mener à bien. Il faut étudier plus précisément le projet, trouver des conseillers, des sponsors, du matériel…On ne peut décider d’un tel sujet en cinq minutes. » 

L’enthousiasme, pour un instant était retombé, et André Matrix pensait avoir réussi à éviter une aventure qui lui faisait un peu peur. Réaliser un projet de ce genre le dépassait quelque peu et il regrettait presque d’avoir maintenu cette coopérative scolaire dont le mode de fonctionnement ramenait son pouvoir d’instituteur à une voix comme celle de chaque élève. 

« Mettons le projet à l’étude, chacun cherche de son côté, et, à la prochaine réunion, on décidera » déclara péremptoire le président de séance, Alain, un élève que rien ne pouvait émouvoir et à qui les autres avaient tout naturellement confié le rôle. 

Légèrement inquiet (on ne sait jamais !) Matrix avait retrouvé sa sérénité quand, au bout d’une semaine, il avait constaté que le film ne figurait pas à l’ordre du jour de la réunion suivante…Il aurait du se méfier : quand des jeunes habitués à gérer leurs projets ont une idée dans la tête…. 

Ce fut seulement à la troisième réunion que l’ordre du jour indiqua « film ». André Matrix était bien sûr qu’il s’agissait d’une cérémonie de funérailles, mais voilà…. 

Passons, maintenant au projet de film, déclara Alain, qui a quelque chose à proposer ? » 

André Matrix médusé vit une vingtaine de mains se lever. Le secrétaire imperturbable, nota l’ordre d’intervention pour chacun. 

A la fin de la réunion, l’un avait trouvé l’appui matériel d’une marque de pellicules, l’autre avait obtenu d’un conseiller municipal, son voisin, une promesse d’aide, un troisième avait rencontré un cinéaste amateur éclairé : Guy Tabagnole, lauréat d’un prix de court-métrages….Tous les obstacles semblaient levés pour les enfants… Pour Matrix, restait le projet à constituer en dossier pour une hiérarchie tâtillonne, peureuse, jalouse de ses prérogatives et qui ne manquait jamais de lui rappeler que si les enfants n’étaient pas soumis à la voie hiérarchique puisque constitués en association_ loi 1901 oblige_ lui-même, responsable adulte devait rendre compte…. 

Pour une fois, le projet ne rencontra pas trop de difficultés : Guy Tabagnole avait des relations au ministère, ce qui rapidement fit couper court aux découpes de cheveux en mille des petits chefs de l’inspection…On promit même au projet une aide financière substantielle … Ce que voyant, l’O.C.C.E. (office central de coopération à l’école) départemental mit à disposition un camescope  supplémentaire…. 

Le tournage pouvait commencer. 

Ce mardi 12 novembre, tout le monde était sur pied de guerre 

.L’établissement récuré par les techniciens de surface, aidés pour la circonstance par les jeunes producteurs reluisait : pas une tache, pas un tag, plus un grain de poussière derrière les estrades ! 

La voiture de Guy Tabagnole déversa un chargement de projecteurs fixes et mobiles, de caméras…. 

Le cinéaste présenta le matériel aux enfants, dont l’excitation n’avait d’égale que l’angoisse. Il expliqua le minimum indispensable pour les prises de vues, expliqua ce que serait le travail ensuite… 

Après une visite des différents lieux susceptibles d’intéresser les correspondants maliens, le tournage pouvait commencer. Chacun se mit en condition d’effectuer ce qui était prévu. A tour de rôle, les jeunes venaient diriger une caméra que Guy Tabagnole surveillait de près. 

Matrix, intéressé utilisait le camescope de l’O.C.C.E. pour préparer une projection lors du congrès départemental des jeunes coopérateurs. 

Son objectif se promenant tantôt sur les locaux, tantôt sur les élèves enregistrait discrètement les signes de joie ou d’inquiétude et s’égarait parfois, à travers les vitres sur la rue voisine. 

Le gymnase avait déjà déposé au cœur de la pellicule les péripéties d’un match de hand-ball 

Quand….

SUITE PLUS TARD 

Manifestation!

28 avril 2011

Les pieds de Léo protestent vivement : 

 On leur a imposé une  trop dure virée.  

Ils voulaient  bien, les pieds, avancer lentement 

En s’arrêtant un moment pour rêver 

Sur une feuille morte ou sur un beau caillou 

 En se déshabillant pour respirer un peu 

Le moelleux de la mousse, le gout du sable mou. 

Ils auraient été, disent-ils, très heureux 

De courir un moment de danser, de sauter 

Mais marcher lentement pour avec les adultes rester 

C’était trop demander à ces petits futés 

Soucieux avant tout de leur liberté. 

Et puis aller longtemps à la même cadence 

C’est vraiment s’épuiser avec guère d’aisance ! 

Se faire rappeler quand on va un peu vite 

Se faire houspiller quand on traine la patte 

Ronger son frein en réglant son pas 

Sur celui du pépé qui ne progresse pas 

C’est trop dur ! 

C’est trop dur !   

C’est trop dur ! 

C’est trop dur !   

Conte?

27 avril 2011

Il était environ 17 H ou 17H 30 ce 13 juillet, quand M.X. qui recevait une visite dans un recoin de la cour de sa maison fut intrigué par le manège d’une R 19 qui, voulant monter en direction de la montagne s’arrêta, se mit à reculer, se gara dans sa cour. Devant son air interrogateur, la conductrice lui déclara qu’un camion barrait le chemin. 

S’avançant alors, M.X. vit le conducteur d’un grumier qui, ayant quitté son véhicule, arrachait consciencieusement les pierres placées sur le rebord de son terrain. 

M.X., bien que considérant que des vestiges  limitent ce passage à 1,80m, prenant acte de la revendication de
la COMMUNE de 3,30m, avait placé ces pierres à 4,50m….ce qui aurait du satisfaire chacun…(ou presque, puisqu’en d’autres temps, en son absence, des véhicules transportant le bois de
la COMMUNE, n’avaient pas hésité à rejeter grâce à leur grue des poteaux de ciment placés là et à violer sans vergogne son domaine)
 

M.X. n’apprécia pas du tout l’initiative du chauffeur ,quand bien même le bois serait celui de
la COMMUNE, et le transport effectué avec la haute bénédiction de l’O.N.F.
 

Aussi,M.X. signifia-t-il au personnage QU’IL ETAIT CHEZ LUI, ce que ne voulut pas entendre ce monsieur qui prétendait ne pas pouvoir passer autrement… Mais, le droit de propriété existant toujours dans le pays des droits de l’homme, M.LE MAIRE considérant que les procédures d’expropriation sont trop longues, ou trop hasardeuses, ou, certainement trop impopulaires préfère probablement placer les gens devant le fait accompli…N’est-il pas officier de police dans sa commune ? ? Qui osera aller à l’encontre de ses agissements ? 

Sachant cela, M.X. s’est placé à la place des pierres arrachées. Menacé d’être écrasé, il n’a pas bougé : il était CHEZ LUI ! Le conducteur est monté à son volant, a avancé sur lui (60 TONNES EN DESCENTE , C’EST ASSEZ IMPRESSIONNANT !)  le camion l’a touché, poussé sur près d’un mètre, le chauffeur hurlant son bon droit octroyé par
LA COMMUNE ET L’O.N.F.
 

Au bout d’un mètre, M.X. s’est reculé pour cette fois. Le grumier de 60( ?) tonnes circulant sur un chemin non stabilisé a filé piétinant, une fois de plus le droit de propriété de M. X. et M.X. n’a pas eu le réflexe de relever son numéro minéralogique (en avait-il le droit ?) 

Ceci, bien entendu, n’est probablement qu’un conte, toute ressemblance avec des faits ou des personnages ayant existé ne serait que coïncidence…A MOINS QUE… 

Un jour le pied du chauffeur ne glisse sur la pédale du frein et qu’une bouillie bien sanguinolente ne vienne secourir quelque journaliste en mal de fait divers . 

S’il existe,M.X. SE REPLACERA SUR SA PROPRIETE AFIN DE
LA DEFENDRE…ne sait-il pas quel est le nombre des années necessaires pour faire reconnaître ses droits devant le TRIBUNAL ADMINISTRATIF…et qu’en attendant, les AUTORITES CONTINUENT LES ACTES MIS EN CAUSE ?
 

S’il existe, M.X. SAIT QUE DES SITUATIONS QUI FRAPPENT L’IMAGINATION POPULAIRE ET MOBILISENT L’OPINION PUBLIQUE SONT SOUVENT LES SEULES A REGLER LES PROBLEMES INSOLUBLES . 

M.X. dans ce cas, ne verrait pas la solution ? ET ALORS ? 

IL SAURAIT AVOIR FAIT TOUT CE QU’IL POUVAIT POUR PROTEGER
LA PROPRIETE DE SES ANCETRES
 

TOUTE GUERRE A SES VICTIMES ! ! ! ! ! 

QUANT AU MAIRE ET AU RESPONSABLE DE L’O.N.F. , puisqu’il s’agit d’un conte, il ne peuvent, pour cette fois,  être coupables de complicité de tentative d’assassinat et le conteur est sûrement un dangereux anarchiste! 

La caisse ensorcelée

27 avril 2011

C’était l’autre jour, au super-hyper-géant-marché AUNOIR. Une cliente se présentait à la caisse. Elle n’avait que deux ou trois achats… 

La caissière enregistre, la cliente tend sa carte, et, tout à coup, voilà la caisse qui se met en marche toute seule :tatatatatatatatatatata  le ruban de la note commence à défiler….la caissière éberluée le regarde bouche bée. La cliente commence à s’inquièter : « Mais, je n’ai pas acheté tout ça ! » 

La caissière appuie sur différents boutons, en vain…La caisse continue : ttattatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatat…..Le ruban arrive au fond du magasin. La cliente se met à hurler. La caissière fait clignoter le voyant d’appel au secours….. tatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatata…..Le ruban arrive à la porte…. 

Le vigile survient, et, voyant le scandale entraîne la cliente dans la salle aux tortures…… 

tatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatata…le ruban traverse le parking. Le Directeur surgit, mais lui, à part les colonnes de chiffres et la pointeuse, il ne connaît rien à la mécanique ! 

tatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatatLe ruban traverse la rue…Deux policiers sont là, en faction afin de perdre leur temps avant le prochain apéro…Comme une liane, avant qu’ils aient pu faire un geste le ruban les ficelle comme deux momies 

C’est à ce moment-là qu’un archéologue est arrivé. 

« Des momies vivantes ! J’ignorais que cela pût exister ! » 

C’est ainsi que dans le journal du 30 février, on a pu lire une communication scientifique de la plus haute importance : devant AUNOIR on a découvert des momies vivantes…. 

Parions que, comme pour un certain BOGUE 2000, des milliers de savants vont se pencher dessus ! ! ! ! 

Le cadran

27 avril 2011

 Allongé sur son lit, 

 L’homme comptait son malheur , 

Une ! encore une autre, jamais ça ne finit 

 Une minute en plus, la douleur 

Tordait ses lombes et son ventre, 

 Mais ses yeux restaient sur le cadran fixés. 

Comme s’il était le centre 

De toutes ses pensées 

Un coup de balancier, 

 Tic , 

Un chemin de retour, 

Tac 

Une respiration, soupir émacié 

Tic 

Un appel de secours 

Tac 

 Le mal serpentait des orteils aux cheveux 

Mais il ne quittait pas la pendule des yeux . 

Ah ! mais non ! prétendait la commère 

Il ne comptait pas les minutes de vie 

Il couvait seulement d’un regard sévère 

Le lieu où se trouvait tapi 

Le trésor amassé denier à denier 

Derrière le balancier ! 

L’estropié énigmatique

26 avril 2011

                   L’ESTROPIE ENIGMATIQUE 

  

« Sauve-toi en vitesse ! vilain fruit de roture ! » dit le DUC en colère au laid estropié qui avait osé, se glissant vers son trône, solliciter la  main de sa fille ainée. 

« Va-t-en ! Va-t-en te dis-je ! Avant que mes valets ne te pendent à un arbre ou te jettent à mes chiens ! 

En traînant avec grande souffrance une jambe raidie par on ne sait quel mal, le drôle s’en alla au travers du pays. 

« Va-t-en et plus vite que ça ! dit le marchand cossu, ma fille épousera un riche négociant et ne compte jamais sur  elle lever l’œil, ou mon fouet frappera sur ta vile carcasse. » 

Et le pauvre s’en fut.  

« File ! et en vitesse ! au-delà de ma vue ! » dit le gros paysan qui déliait ses vaches. Ma fille épousera un homme qui en soit un ! avec des bras, des jambes, qui sache travailler. File ou mes mâtins goûteront à tes fesses. » 

« Va-t-en, dit le maçon, file, dit l’ouvrier… nos filles sont trop belles pour un estropié. 

  

Par tout le pays, le roi a proclamé un édit  obligeant chacun à s’incliner à son tour à ses pieds. 

Le DUC d’abord arrive, coiffé d’un grand plumet,suivi de serviteurs aux livrées brodées d’or. Le marchand le suit au bout d’un grand moment, sur son ventre rebondi, brille une montre sertie de rubis. Le paysan s’avance, endimanché, le maçon, l’ouvrier… 

« LE ROI ! » crie un huissier. 

Un fauteuil glisse et on aperçoit un visage connu de tous ces personnages. 

Le DUC, en pâlissant, met un genou en terre. 

« Tu seras, dit le roi, promu au haut rang dignitaire de porcher des soues royales et ta fille aura, en parti qu’elle mérite, le fainéant qui boit chaque jour ses dix litres ». 

Le marchand s’agenouille. 

« Qu’il soit, décrète le monarque, élevé à la dignité de videur de tinettes au château de ma mère. Sa fille épousera le soudard irascible qui en garde l’entrée ». 

Le paysan plie son dos jusqu’à terre. 

« Qu’il soit, décide le souverain, mis en épouvantail au milieu du jardin. Sa fille épousera le benêt qui boitille ». 

Le maçon à son tour rampe devant le roi. 

« Attaché à distraire le gorille royal qui vraiment trop s’ennuie !…et livrez-lui sa fille ! » 

L’ouvrier a compris en voyant le visage que l’estropié d’hier était roi aujourd’hui.  

« Mes filles sont à vous, grand monarque, autant qu’il vous plaira » 

« Ton courage t’honore déclare alors le roi. Tu auras l’insigne privilège de servir de pâtée à mes cochons fidèles. Tes filles en esclaves au despote voisin livrées, j’aurai de vos insultes ainsi pu me venger ».. 

Et débouclant soudain la jambière de cuir qui raidissait sa jambe comme morceau de bois, il tendit sa main gantée de dorures vers la noble putain qui l’avait respecté, lui avait, sans rechigner, prodigué son amour et l’invita à danser. 

Le téléphone de Marie

26 avril 2011

  

Il était 18H30 ce 25 mars, quand MARIE entendit pour la première fois son téléphone sonner. Elle décrocha…personne…la tonalité. Elle raccrocha…nouvelle sonnerie…et ainsi cinq fois de suite. Alors , prise de peur, MARIE s’agenouilla et se mit à prier jusqu’à ce que son cœur se calme. 

Le lendemain, le même phénomène se produisit et MARIE se remit à prier…Le lendemain, encore, et encore les jours suivants. Chaque fois, après l’angoisse, elle se mettait à prier avec ferveur. Son amie DEBORAH, à qui elle s’était confiée, lui avait suggéré de laisser le téléphone décroché…mais il sonnait tout de même… 

SARAH lui conseilla de retirer la prise à l’entrée de la maison….mais, bien que la tonalité eût disparu, elle entendait la sonnerie à 18H30 précises cinq fois de suite…Et MARIE priait, priait, c’était l’heure de l’angélus. Sur le conseil de DAVID, elle se fit inscrire sur la liste rouge et changea de numéro…le téléphone sonnait toujours ! 

Alors MARIE eut l’illumination : ce téléphone qui sonnait et déclenchait en elle cette envie irrépressible de prier, c’était DIEU qui lui parlait ; Alors, chaque jour, avec une ferveur chaque fois plus intense, elle priait, MARIE, avec tout son être. 

Mais voilà que ce matin du 25 décembre, après une nuit de douleurs, MARIE a mis au monde un délicieux JESUS. Epuisée, elle s’est endormie. Son réveil a sonné une fois, deux fois trois fois…A la quatrième, machinalement MARIE a arrêté la sonnerie… 

IL ETAIT 18H30 

foire

26 avril 2011

 

 

Le lever des corbeaux les trouvait en chemin

Déjà bien engagés dans les gorges d’Engins

Ils marchaient d’un pas lourd qui défie le destin

Ils allaient « tout ensein » en foire à GONCELIN

Ils avaient, dans leur sac, un fromage de chèvre

Dont le seul contact vous réjouit les lèvres,

Un morceau de pain gris, déjà un peu rassis,

Et un morceau de lard que leur femme avait mis.

Et puis sur le côté, un bidon de piquette :

Dans le chaud de l’été ça met le cœur en fête.

Ils entraînaient chacun au bout d’un petit lien

Une « bauille*» bien grasse mordillée par un chien       * génisse

Deux vaches au joug liées avec un tombereau

Où dormaient dans la paille un ou deux petits veaux,

Un taureau, l’œil furieux, mais doux comme un agneau

Tous des Villard de Lans, mon Dieu qu’ils étaient beaux !

Au creux de Sassenage, ils se plantaient un peu

Laissaient là le voyage pour explorer les cieux

Où le soleil levant qui dorait la montagne

Les remettait en route comme dard qui arragne*.         *irrite

D’autres les rejoignaient, venant de Noyarey

De Montaud, ils venaient en passant par Veurey

On entendait parler tout le long du chemin

Les patois en vigueur dans tous les patelins.

Ils marchaient à grands pas sous le soleil naissant

Le dos un peu courbé et le front ruisselant

La fatigue aidant, ils étaient peu causants

Et marchaient dans la plaine bien douloureusement.

Enfin, ils arrivaient devant le grand foirail

Ils recherchaient des yeux une place qui aille

Afin que leurs bovins se trouvent avantagés

Par quelque trompe-l’œil ici ou là placé.

Et ainsi en négoce se passait la journée

A vendre, échanger, marchander, finauder.

Et puis venait le soir, il fallait retourner.

On s’ébrouait un peu, les achats rassemblés

Et puis les jambes lourdes et le cœur serré

On quittait lentement la place du marché…

Et marcher il fallait et il fallait encore

Marcher toute la nuit, arriver à l’aurore

Et la tête remplie de la fête de vente

Reprendre le travail en fauchant dans les pentes

Avant, le soir venu, de trouver l’oreiller.

Et pendant des semaines dans le cours des veillées

On se racontera des histoires entendues

Les bêtes convoitées et les bêtes vendues

Le charlatan dressé et son long boniment

La fête à écouter pouvait durer un an !

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