Les six déesses de LA TOUR SANS VENIN

12 mars 2011

Au temps de mon enfance, peu de livres trainaient sur les rayons des placards, mais il en est un qui m’a bien fait rêver: Les sept merveilles du DAUPHINE de M. Paul Barret. Voici ce qu’il m’a inspiré…

LES SIX DEESSES DE
LA TOUR SANS VENIN

A l’époque des ROMAINS, la déesse ISIS vint prendre ses quartiers d’été, suivie de ses cinq filles sur la butte qui domine GRENOBLE, au-dessus de SEYSSINS, en ce lieu où les archéologues mirent à jour les serpents d’airain de son autel et que l’on nomme depuis «
LA TOUR SANS VENIN » ISIS était suivie de tous ses adorateurs rampants.. Dès que les six déesses furent installées, si grande était leur beauté qu’il se produisit un énorme remue-ménage dans le pays : tout ce que le pays comptait de sexe mâle se mit à affluer à proximité du château. …Et chacun, pour leur plaire de surpasser les autres…qui chanterait le mieux, qui offrirait le plus beau bouquet ou le plus beau bijou…Mais la déesse était bien trop distante pour abaisser son regard sur les pauvres humains…aucun ne réussit à retenir plus d’un instant son attention.
Il y avait pourtant un homme, un sage, que la nouvelle de cette installation n’avait pas perturbé. Il était berger dans la vallée des ALLIERES, celle que les géographes appellent : « LE COLLET DU FURON. » Ses moutons avaient le piétin, il avait bien trop à faire à nettoyer le fumier de leurs pieds…et puis, qu’avait-il à faire d’une vacancière ? Et, en plus, une déesse ! il n’avait aucune, mais vraiment aucune chance de retenir son attention… pourquoi perdre son temps ?
Un jour que, lasse des flatteries dont elle était l’objet, la déesse flottait dans le ciel comme une étoile, elle se posa un instant près de la source de FONT FROIDE pour se désaltérer et pour se reposer. Toute la montagne alentour en resplendit de joie. Le berger que rien ne pouvait trop étonner la vit s’approcher sans crainte et sans émoi.
ISIS, très surprise de n’être point ici adulée comme à l’habitude regarda de plus près cet humain un peu fou…QUOI ! !Un simple berger qui snoberait sa vue ! ! !Elle décida aussitôt de punir son audace. Elle s’approcha très près ….le berger qui grattait le pied enflé d’un agneau leva un instant la tête et se remit à sa besogne. ISIS exhala son plus doux parfum….de quoi rendre amoureux n’importe quel prince…le rustre n’avait que l’odeur du fumier dans les narines. Elle le frôla tout doucement….RIEN ! ! !Alors, et sans pudeur, elle se mit à le caresser…..Le berger bien que sage, n’était pas un tronc d’arbre, il sentit monter au fond de ses veines un émoi indescriptible…La belle l’aguichait, le frôlait, le baisait….finalement, d’un geste, il l’enlaça. ISIS se blottit…
Juste avant le moment de l’extase, elle s’enfuit soudain…. « J’ai, dit-elle, des choses à régler à
LA TOUR SANS VENIN…attends-moi sur la roche, tu me verras venir, je reviendrai bientôt »
Chaque jour, à l’aurore , le berger vint au bord de la falaise et ne se souciait plus de moutons ni d’agneaux. La faim même ne le tenaillait plus :VOYONS ! il attendait une DEESSE ! !
L’attente, chaque jour, ça nourrit son bonhomme !
Au bout d’une semaine d’attente infructueuse, il pensa soudain que peut-être, elle viendrait dans la nuit comme une ombre afin de n’éveiller aucun soupçon de la part des humains qui se montrent si méchants à l’égard de l’amour….Son attente diurne se fit aussi nocturne. …Il se planta au bord de la falaise…l’eau, la pluie, le vent, le gel, la neige peu à peu l’entourèrent et le figèrent….et c’est ainsi qu’on peut, encore de nos jours, voir le berger debout sur la roche qui domine LES BLANCS attendant, mais en vain, pour les siècles des siècles le retour promis de la déesse ISIS.

Ses filles, non moins belles, étaient beaucoup moins puissantes. Elles n’avaient le droit, filles de déesse que de formuler des vœux….parfois exaucés.
Les trois aînées étaient très prudes. Elles gardaient soigneusement à l’abri de tout assaut leur hymen sacré….
Hélas ! à ST NIZIER, vivait un horrible sire violent , buveur, paillard qui ne pouvait supporter qu’on lui résistât. Il vint près de la tour où vivaient les donzelles comme humble citoyen pour leur faire la cour (pouvait-il se conduire avec des déesses comme avec des esclaves ?) Il tenta par tous les moyens de les faire succomber… mais jamais ni l’une, ni l’autre, ni la troisième n’accepta de céder à ses troubles avances. Il tenta le charme. Il tenta la douceur. Il leur fit des présents : il leur offrit des fleurs….les belles souriaient, s’amusaient du manège mais jamais, non jamais, elles ne se laissaient prendre…..Alors, subitement, il comprit que jamais il n’arriverait à ses fins. La colère le prit :il allait leur montrer de quoi il était capable ! ELLES ETAIENT SUR SES TERRES, ELLES LUI DEVAIENT CUISSAGE ! ! !
Sellant son cheval, il les poursuivit dans la montagne de cà, de là, et finit par les acculer au bord d’une falaise d’où elles ne pourraient sauter. Filles de déesse, elles étaient humaines, mais en joignant leurs mains en commune prière, elles pouvaient au moins faire un vœu exaucé…Alors que plus rien ne pouvait les sauver, que le monstre écumant de désir de luxure apparaissait tout près, elles firent le vœu d’être changées en pierre…Elles sont toujours là , avec leur tortionnaire et vous pouvez les voir non loin de ST NIZIER…les humains les appellent « LES TROIS PUCELLES » ….(merveille du DAUPHINE)

La quatrième était une grande amoureuse. Dans la plaine de VIF, elle rencontra un jour un seigneur aussi beau que les cieux. Elle rêva depuis, uniquement de lui.
LA PAUVRE ! L’objet de son amour était inaccessible….Nul ne savait bien quels étaient ses mœurs, mais les femmes ne l’intéressaient pas…
Elle erra longtemps près du château de son idole pour tenter de l’apercevoir, de l’approcher, de l’émouvoir…Elle ne rentrait plus, le soir, à
LA TOUR SANS VENIN, elle s’abritait dans une grotte. Des larmes, chaque jour coulaient abondamment et le feu des entrailles dont elle était victime ne faisait qu’amplifier. JAMAIS ! non JAMAIS ! son bel amour ne vint sécher ses larmes ni éteindre les flammes qui la dévoraient…
Et les GRENOBLOIS prirent l’habitude, le dimanche, de venir contempler ce feu un peu sacré. Certains impertinents même y cuisaient l’omelette en baignant leurs pieds dans le ruisseau de larmes…..Et on parle depuis de
LA FONTAINE ARDENTE. (merveille du DAUPHINE)
La dernière et la plus fine se promit que jamais ne lui arriveraient ni les désagréments de ses prudes aînées, ni la douleur brûlante d’amour inassouvi. Elle décida, quoi qu’il puisse arriver, d’être , le jour venu, engrossée par l’objet de son amour. Ce jour vint : elle rencontra un baron aussi beau qu’un dieu. Aussitôt, elle chercha un moyen de lui plaire….mais le baron était aussi froid qu’un glaçon….rien ne pouvait l’émouvoir ! Il fuyait entre ses mains dès qu’elle croyait le prendre .
La petite vint, à genoux vers sa mère, lui demander d’exaucer son vœu le plus cher…ISIS réfléchit un long moment, puis, se tournant vers sa fille, elle dit : « Cette décision ne doit pas être prise à la légère, réfléchis pendant un hiver et dans six mois, si tu es toujours dans les mêmes dispositions, je verrai ce que je peux faire »
……Six mois plus tard, la petite revint :
« Es-tu sûre de vouloir qu’il t’engrosse ? redemanda la mère.
_Quoi qu’il puisse m’en coûter » répondit la petite ISERE avec ferveur.
Alors ISIS leva sa main divine…Le glacé baron du DRAC en torrent fut changé…et la petite ISERE au fond de la vallée, en petite rivière se mit à couler à sa rencontre.
Quoi que fisse le DRAC , il ne put s’empêcher de venir se jeter dans les bras de la fille et de gonfler son ventre pour une éternité.

Depuis, le croirez-vous? je rencontre des déesses à tout bout de chemin…

La vache de Villard de Lans

11 mars 2011

  

Il y avait autrefois, sur le plateau de VILLARD DE LANS, une petite vache, ses poils étaient d’un gris terne, ses cornes lui retombaient sur les yeux, sa mamelle était si petite qu’elle pouvait à peine nourrir ses petits veaux…Elle n’était pas belle, notre petite vache ! mais elle avait un cœur gros COMME CA ! !Jamais elle ne refusait de rendre service, elle était toujours disponible pour faire plaisir aux autres……C’était encore au temps où les bêtes parlaient. Un jour que notre petite vache broutait dans le marais, elle s’entend appeler : « MADAME ! MADAME ! S’IL VOUS PLAIT ! »Elle regarde autour d’elle, elle ne voit rien…Elle regarde mieux,…elle voit un énorme ours brun  qui s’était aventuré dans une mare au fond gluant et qui s’enfonçait comme dans des sables mouvants. La petite vache a peur de l’ours !…….D’un coup de griffe, il pourrait l’éventrer « AU SECOURS ! SINON JE VAIS MOURIR ! » crie l’ours. Alors, elle n’hésite plus, elle s’approche en tendant le bout de sa corne gauche. L’ours s’accroche à la corne, et ….CRAC !….Cela lui fait très mal, à la petite vache, le sang coule le long de son nez, elle pousse un beuglement de douleur et fait un tour du champ….mais, quand elle se retourne, elle voit que l’ours a maintenant de la boue jusqu’au ventre…Alors, elle revient et tend sa corne droite le plus possible, pour que l’ours s’accroche bien au ras de la tête. Elle commence à tirer en arrière, l’ours remonte un peu…CRRRAAC ! Dans un hurlement de douleur, elle fait vingt-cinq tours du terrain sans regarder où elle va, aveuglée par le sang qui ruisselle le long de son naseau….au risque même de s’enfoncer à son tour dans la boue……Mais l’ours appelle toujours : il a maintenant de la boue jusqu’au cou….Alors, la petite vache n’écoute que son grand cœur, malgré sa peur, malgré sa douleur, elle tend sa tête. L’ours s’accroche à son cou comme un bébé au cou de sa maman, et, doucement, doucement, la vache tire en arrière, elle tire, elle tire, ELLE TIRE….. l’ours commence à sortir de la boue : ses épaules apparaissent, son torse, son ventre sont bientôt hors de l’eau, ses pattes en s’agitant approchent du bord solide de la mare…. Il est sauvé! 

« Merci beaucoup, dit l’ours, vous êtes bien aimable…mais je suis ennuyé : j’ai cassé vos deux cornes…écoutez, j’ai un ami qui est un peu sorcier, je vais aller le voir, je lui demanderai ce qu’il peut faire, je reviendrai d’ici un jour ou deux. »Et l’ours s’en va en se dandinant dans la plaine….La petite vache a très mal à sa tête le premier jour, le deuxième jour, le troisième jour, très mal encore le quatrième jour…L’OURS N’EST PAS REVENU…C’EST DONC QU’IL NE TIENT PAS SES PROMESSES ? ? ! !Pourtant, un jour où la petite vache buvait dans une mare, elle a vu qu’à la place de ses horribles cornes qui lui tombaient dans les yeux, avaient poussé deux magnifiques cornes en forme de lyre et couleur de miel , semblables à celles de la déesse ATHOR des EGYPTIENS. La petite vache a bien vite compris qu’il s’agissait d’un cadeau de l’ours….. mais, depuis ce jour-là, dès qu’elle l’apercevait, l’ours faisait semblant de ne pas la voir, et il partait de l’autre côté….Pas moyen de lui dire merci. Au début de l’hiver, la petite vache était allée se mettre à l’abri du froid et de la neige sous les arbres de la forêt. Un jour qu’elle passait près d’un grand sapin, elle entendit : « HOU ! HOU ! madame, s’il vous plaît ! » ELLE REGARDE PARTOUT , ELLE NE VOIT RIEN….elle regarde mieux….elle voit un vieux loup pelé, malade et grelottant de fièvre…La petite vache a peur du loup !….mais elle a un grand cœur !…. « Que puis-je faire pour vous ?Cououchez vouous contre moi, vouous me réchaufferez ! »Se coucher contre le loup ? !…D’un coup de mâchoire, il pourrait l’égorger !…et si c’était un piège ?….Mais pouvait-elle laisser le loup sans aide et sans assistance ?Elle s’approche et se blottit contre le loup pour le réchauffer. Au  bout d’une semaine, le loup était guéri, mais, en gigotant dans sa fièvre, il avait arraché tous les poils de la petite vache.« Merci beaucoup ! dit le loup, vous êtes bien aimable, mais je suis ennuyé : j’ai arraché tous les poils de votre robe…Ecoutez ! J’ai un ami qui est un peu sorcier, je vais aller le voir, je lui demanderai ce qu’il peut faire…je reviendrai d’ici un jour ou deux »Et le loup s’en va, en se faufilant entre les arbres….La petite vache a très froid le premier jour, très froid, le deuxième jour, et aussi le troisième jour, et encore le quatrième jour…LE LOUP N’EST PAS REVENU, C’EST DONC QU’IL N’A PAS DE PAROLE…Pourtant ! !au bout de quelques jours, il lui semblait que le froid était moins mordant…et voilà qu’un jour, en marchant sur le lac gelé, elle voit son image dans la glace comme dans un miroir et quelle n’est pas sa surprise de constater qu’à la place de ses poils gris ternes et laids poussaient une magnifique toison d’or comme celle de la déesse ATHOR des EGYPTIENS. La petite vache aurait bien aimé remercier le loup, mais dès qu’il l’apercevait, il fuyait de l’autre côté et faisait semblant de ne pas la voir.A la fin de l’hiver, la petite vache a eu un petit veau…..Elle avait bien du mal à le nourrir avec sa mamelle minuscule…C’était pitié de l’entendre pleurer : « MEUH ! MAMAN J’AI FAIM ! »…Elle en était bien triste, la petite vache….Et voilà qu’un jour, alors qu’elle broutait près d’une haie, elle entend : « SSSS SSSS SSSS Madame SSSS’il vous plaît »…Elle regarde partout, elle ne voit rien !…Elle regarde mieux…elle voit un serpent qui se tortillait dans les herbes….Mouh !ces bêtes qui se tortillent font peur à la petite vache, cela lui fait hérisser tous les poils…MAIS ELLE A UN GRAND CŒUR !… « Madame, au SSSSECOURS ! »…. « Que puis-je pour vous ? _Madame, je me SSSuis empoisonné, j’ai besoin…d’un verre de lait. Ah ! ça ! Monsieur le serpent, je ne peux pas vous en donner : je n’en ai même pas assez pour mon petit veau. Eh ! bien ! madame, reprit le serpent, SSSSi vous ne me donnez pas un verre de lait, je vais mourir ! »Notre petite vache est bien ennuyée : si elle ne donne pas de lait au serpent, il va mourir…mais si elle lui donne ce qu’il demande, son petit veau qui a toujours faim, aura encore plus faim….il ne mourra pas…« Ecoute, petit veau, tu es bien malheureux, mais le serpent est plus malheureux que toi. Tu dois apprendre à partager »…Elle lève sa cuisse, le serpent se dresse, s’accroche à la mamelle, avale un verre de lait…MAIS, avec ses crochets, il a percé deux trous dans le pis !Le serpent était sauvé : « Merci beaucoup, dit le serpent, vous êtes bien aimable, mais je suis ennuyé : j’ai percé votre pis…Ecoutez ! J’ai un ami sorcier, je vais aller le voir, je lui demanderai ce qu’il peut faire …Je reviendrai d’ici un jour ou deux… ».PAUVRE PETIT VEAU ! on l’entendait pleurer à l’autre bout de la plaine, le premier jour… Un peu moins le deuxième jour, presque plus, le troisième….Le quatrième jour, il ne disait plus rien du tout, et il était tout froid. LE SERPENT N’ETAIT PAS REVENU C’EST DONC QU’IL NE TIENT PAS SES PROMESSES !…Tristement, la petite vache se blottit contre son petit pour le réchauffer comme elle l’avait fait avec le loup…A un instant, le petit museau toucha la mamelle. I    l       s    ‘    o    u   v     r    i     t          l    e     n     t     e     m     e     n     t          u     n     e          f     o      i     s……..          d   e   u   x      f   o   i   s ….     t  r  o  i  s      f  o  i  s,    q u a t r e   f o i s ,cinq fois, six fois, dix fois, cent fois, mille fois !« MAMAN ! COMME TON LAIT EST BON AUJOURD’HUI ! ET COMME IL EST ABONDANT ! JE N’ARRIVERAI JAMAIS A TOUT BOIRE ! »….Et la petite vache, en se penchant, vit qu’à la place de sa petite tétine avait poussé une énorme mamelle pleine de bon lait crémeux !…La petite vache a bien compris qu’il s’agissait d’un cadeau du serpent, mais, chaque fois qu’elle l’apercevait, il faisait semblant de ne pas la voir. C’est depuis ce temps, que vit sur le plateau de VILLARD DE LANS, une vache blonde, aux cornes en forme de lyre et couleur de miel, à la mamelle généreuse, mais, surtout, AVEC UN CŒUR GROS COMME CA !Quant au loup, à l’ours, et au serpent, qui ne veulent pas être remerciés, ils sont comme ces adolescents que des vieux grognons croient méchants : ils n’aiment pas, eux que l’on croit  dangereux, que l’on sache que, dans le fond, ils ont un cœur d’or ! 

ACCIDENT

11 mars 2011

  

C’est alors qu’il marchait,une ! deux ! une ! deux ! 

Un vieil air militaire le rendant valeureux 

Que le vieil homme sentit le sol se dérober 

Et que, les pieds devant, il glissa dans l’étier. 

En un instant il vit sous ses yeux défiler 

Le film de sa vie pendant que l’eau glacée 

Remontait lentement sur son corps apeuré. 

Il revit les moments où il manifestait  

Avec ceux qui voulaient d’une France épurée : 

La collaborration avec le MARECHAL, 

Les années difficiles avec PETAIN, LAVAL …. 

La grande peur aussi à
la LIBERATION
 

Peur de se retrouver au ban de la nation. 

Le silence ensuite pendant des décennies 

Puis enfin cet espoir en entendant ravi 

Que nombreux, à nouveau, sont ceux qui crient : 

« Dehors les étrangers ! Retour dans vos pays ! » 

Son vieux cœur bondissant s’en trouvait rajeuni. 

Enfin tous les bronzés, les lippus, les crépus, 

Les jaunes, les rouges enfin ne seront plus !… 

C’est à l’instant où l’eau arrivait à sa gorge 

Qu’il se mit à hurler comme porc qu’on égorge : 

« AU SECOURS ! AU SECOURS ! Je suis dans le canal 

A l’aide par pitié car le gouffre m’avale ! » 

Une enfant qui passait, du nom de LATIFA, 

Entendit cet appel précurseur de trépas. 

Vite ! aux HLM, elle courut chercher 

Et RACHID, et KAMEL, AHMED et LATICHE 

Qui d’un bond, dans l’eau noire, sans un mot ont plongé 

Ont tendu au vieillard la main de l’amitié 

Pour lui rendre la vie, une vie pour aimer. 

Lui, le pauvre, aveuglé par ses vieux préjugés 

Se demande encore s’il aurait préféré 

Rester au fond de l’eau, plutôt que réviser 

Ses jugements anciens sur la haine fondés. 

AIMONS ! AIMONS-NOUS LES UNS LES AUTRES ! 

Partageons les pains d’orge et les petits poissons 

La terre alors d’enfer nous paraîtra tout autre 

La terre libérée des funestes passions 

Deviendra pour amis 

                                      LE PLUS GRAND PARADIS ! ! ! 

Les yeux

11 mars 2011

 

J’aime l’œil des enfants

Inquiet interrogateur :

Ces cheveux tout blancs,

Cette barbe en longueur

Qui donc es-tu ?

Je me sens tout ému…

Un papy aux cadeaux ?

Le vieil homme au traîneau ?

J’aime l’oeil des enfants

Rivé à ma bouche

Le souffle en suspens

Quand du fond de leur couche

Ils écoutent ma voix

Raconter une histoire

Un conte de loup

De vache ou de hibou.

J’aime l’œil des ados

Un peu goguenard

Quand ils sont en retard

Au départ des randos

Quand ils voient le vieillard

Approcher sans trembler

De leur groupe rouillard

Pour les rassembler

J’aime l’œil des ados

Surpris et étonné

Quand au lieu du repos

Je leur ai déclamé

Hymne à la jeunesse

Un poème enflammé

Un refrain de tendresse

Ou de félicité

Et j’aime l’œil surpris

De la fille inconnue

A qui j’offre in extremis

Un poème dans la rue !

La pensée divergente

10 mars 2011

Avant même mon apparition, mes parents étaient sûrs que le bébé qu’ils attendaient était une fille… C’est sans doute pour cela que mes premiers langes furent roses, couleur que j’ai aimé toute ma vie. 

Peut-être que c’est pour cela que ma partie féminine est plus développée que chez d’autres… Enfant, je me sentais très bien avec les femmes : les jeux de main, les violences, les genoux couronnés ou les nez écrasés , ce n’était pas pour moi. Très tôt, j’ai appris avec délice, à tricoter, et pas peu !! Je tricotais des maillots de corps en coton… pour qui connaît le temps nécessaire à une réalisation de ce genre, ma persévérance ne sera pas douteuse. A l’école, au lieu d’aller taper dans un ballon ou me bagarrer avec les autres garçons, je préférais me blottir tout contre le groupe des grandes filles que je couvais d’un regard amoureux (elles avaient facilement 6 à 7 ans de plus que moi). J’étais fasciné par contre par les minuscules mécanismes des montres et une vieille horloge dont la cloche sonnait encore quand on la secouait me ravissait. Plutôt que le travail de muscle du terrassier j’aurais préféré la précision de geste de l’horloger si celui de chez nous ne m’avait expliqué que l’avenir était à l’électronique… 

A mon père qui ne voyait que par sa fille, née deux ans après moi, je préférais mon grand-père, calme et posé tant que l’âge ne l’a pas diminué et surtout ma mère qui me donnait une douceur que mon père et mon oncle, les hommes voisins jugeaient déplacé à l’égard d’un garçon. Les quolibets : « ce sera un jean-fille » « il restera vieux garçon » fusaient souvent. Le culte de la chair à canons était très fort. J’encaissais sans être beaucoup plus perturbé car j’avais une capacité à m’évader dans d’autres mondes qui leur étaient tout étrangers. L’institutrice s’en plaignait : « Gérard rêve tout le temps ! » ce n’était pas que mon travail n’était pas fait, mais il me fallait le temps de lorgner d’un œil énamouré vers les grandes ou d’imaginer d’autres solutions que celles que le manuel proposait comme

LA VERITE. Je me souviens , pour les vases communicants, avoir choqué parce qu’au lieu de dire que la cafetière dessinée avec un bec trop court ne pourrait pas être remplie totalement j’avais dit qu’on n’avait qu’à la boucher. Je me plaçais déjà dans la pensée divergente. Je n’ai jamais cessé. Cela n’a jamais plu aux tenants des catéchismes qu’ils soient religieux, politiques ou pédagogiques 

quand viendra l’heure

10 mars 2011

 

Je ne sais quand viendra l’heure

Je ne sais quel sera le moment

Brutal ou insensible, maladie, accident

Hallali ou serein. Je ne veux de demeure :

Que le feu de Vulcain, passant sur mon cadavre

En fasse de l’engrais pour faire pousser les arbres.

Qu’à ceux que j’ai aimés, mon âme en douceur

Se glisse doucement dans leur esprit et cœur.

Qu’à ceux qui m’ont aimé soit rendu cet amour

Au centuple toujours, jusqu’à la fin des jours.

Ceux qui m’ont côtoyé, superbes, indifférents,

Que ne vienne troubler, ni questions ni tourments.

Mais que ne viennent point autour de ma dépouille

(Comme sur lambeau rouge, un amas de grenouilles)

S’agglutiner et marquer de quelconque tristesse

Ceux qui, ma vie durant, n’ont jamais eu de cesse

De cracher sur mes vues, mes idées, mes paroles,

De calomnier mes actes, pour eux des fariboles

Que ces pâles croupions qu’on dit hauts fonctionnaires

Restent bien clos chez eux avec leurs secrétaires

Que leurs frêles servants, les deux genoux à terre

Ne se relèvent pas tendant haut leur derrière

Que ceux qui n’ont jamais que le rare courage

De saluer bien bas ceux qui manient l’outrage

S’abstiennent de verser ne fût-ce qu’une larme

Car du fond de l’abîme, si je n’ai pas une arme,

Aujourd’hui et demain pour cent générations

Dusse mon serment me jeter dans les flammes

Je jure d’attirer sur eux malédiction

Pour le temps que l’on dit être le temps de l’âme

Maudits soyez au loin ! s’exhalant ,  mon esprit

Ne voyant pour un jour pas votre hypocrisie

Oubliera peut-être ce qui ne se pardonne

Et montant au-dessus de vos tristes personnes

Trouvera un chemin quelque peu détourné

 Que la boue de vos actes n’aura pas maculé !

Le sauze

10 mars 2011

 

Il est coutume dans notre région

Quand  amoureux garçon

D’une déesse, par un rival

Dans le cœur désiré, est surpassé

Au soir des noces, avant le bal,

Que les hommes du canton

Portent au délaissé

Une branche de saule ou de peuplier

De « sauze » chez nous dit-on,

Censé symboliser

L’éternel chagrin

Eprouvé le matin.

Planté

Et arrosé

De bonne gnôle raide

Le scion très souvent

S’étiole lentement

Mais si la branche laide

Prend racine en arbre

De deuil inexpiable

Elle devient le gibet sombre

De l’inconsolable.

Le combat

9 mars 2011

Si le combat mortel
Pour un autre soleil
Aux yeux de tes semblables
Rend suspects tes neurones
Il sera bien probable
Qu’un docte professeur
Au fil du téléphone
En aimable colleur
D’étiquettes futiles
T’octroiera l’honneur
D’une épithète vile
Néglige l’anathème
Dans sa légèreté
Laisse BROYER…
Qu’importe que l’on sème
Le doute dans les âmes
La graine des fantasmes
Laisse les .ons douter
De tes capacités
Le pain dur du combat
Est fait d’un autre blé !
Du noir, ne broie pas :
Entier ou en lambeaux
En cendres s’il le faut
FRAPPE ! !

Le rêve de Picou

9 mars 2011

« J’aime pas ma maîtresse, c’est une sorcière ! criait PICOU. Elle a des grosses fesses, une bouche en soupière. Son nez est crochu comme un bec . Ses yeux lancent des éclairs, sa baguette fait que siffler dans l’air. »
Pendant qu’elle parlait, un vieux monsieur la regardait en remontant ses lunettes pour mieux voir la fillette.
La maman de PICOU voulait calmer sa fille en lui disant des choses gentilles.
« C’est une sorcière ! criait encore PICOU : elle a des crapauds sous la peau de son cou ! Elle crache ses mots en hurlant comme un loup. Elle sent la sueur et le mauvais ragoût ! »
Après qu’elle eût fini de proférer ses plaintes, le monsieur s’avança et prit dans ses mains jointes les deux mains potelées de l’enfant en colère. Il confia en secret à la petite oreille : « Ce soir, prends ton cartable, tes crayons ; devant la glace, tu devras loucher en répétant trois fois VARONTRON » Puis il disparut au coin de la rue. La maman n’avait rien entendu : le monsieur devait être un sorcier…..
Le soir, à la maison, PICOU ne pensait plus au vieux monsieur qu’elle avait entrevu, mais, en sortant de la salle de bains où elle venait de se doucher, alors que sa maman disait : « Va te coucher », ce souvenir lui revint.
Elle hésita un peu, puis saisit son cartable et ses crayons épars sur le coin de la table, se tourna en louchant vers le miroir installé pour coiffer ses poupées, et, en tremblant un peu comme pour une bêtise, elle répéta trois fois : « VARONTRON, VARONTRON, VARONTRON »
Elle sentit dans sa main de l’électricité et lâcha brusquement et cartable et crayons….
En entendant du bruit, maman vint aux nouvelles, mais PICOU n’osait pas avouer pourquoi elle avait laissé tomber sur le sol les objets…
« Ils sont tombés pendant que je rangeais. Je ramasse, dit-elle »
Et puis, elle se glissa sous la petite couette, la lumière baissa et commença la fête.
Le petit crayon gris qui se cassait sans cesse, la faisant chaque jour accuser de paresse, se dressa sous ses yeux un peu éberlués, dansa comme un ballet sur le coin de la table avant de s’approcher de son blanc oreiller, pour lui murmurer d’une voix aimable : » Demain je serai sage, on va bien travailler. »………Il retourna ensuite rejoindre ses copains pour chanter avec eux un très curieux refrain :
Varontron, varontron, varontron,
Nous sommes les crayons
Varontrou, varontrou, varontrou
Les crayons de PICOU.
Le crayon vert , se leva et se mit à dessiner des brins d’herbe.
La chambre aussitôt devint un champ où pâtres et pastourelles défilaient en chantant pendant que des moutons dormaient près des buissons.
Varontron, varontron, varontron
Dit le crayon marron
Mes œufs en chocolat
Sont très bons ! sont très bons !
Le champ soudain changea : il devint lieu de quête, où des enfants en fête cherchaient deci delà, dans chacun des recoins, ici tout près, très loin, de rondes friandises.
Le crayon violet, bien sûr toujours discret, se cacha pour semer de minuscules taches dans la haie…Et , de tous côtés, on vit surgir des fleurs très colorées, pendant que le plafond couvert de crayon bleu devint un ciel joyeux.
La trousse tout à coup, déversa des objets en folie. La colle que le compas avait percé, dégageait un parfum enivrant, pendant qu’elle formait une mer en coulant. Son tube aussitôt vogua au milieu des courants, son mât-compas dressé, sa voile de papier par tous les vents gonflés. Du scotch, les deux rouleaux se transformèrent en pédalo, cependant que bientôt on entendit les refrains de marins embarqués pour des pays lointains. Les ciseaux, à leur tour entrèrent dans la danse et jeunes valseurs groupés en ribambelles surgirent de leur lame et emplirent la plage de musique et de joie.
Soudain, la gomme survint, grande, fière, altière, et arracha d’un coup le décor éphèmère.
Le noir alors revint, égayé seulement par le chant des marins apporté par le vent.
Quand revint la lumière, au bout d’un long moment, on vit une sorcière debout sur un banc. Elle était enchaînée par des lianes enroulées….mais on voyait cependant à qui elle ressemblait. Mille petits lutins autour d’elle assemblés allumaient un grand feu. Ils dansaient à qui mieux-mieux au son d’une musique extrêmement bizarre.
Le premier se détacha et cria : « TU ES EN RETARD !» Il saisit un bâton, menaça la sorcière.
Le second s’avança et frappa son derrière……. Deux gros coussins en churent. Tous s’approchèrent et vinrent lui faire des reproches….

…Mais voilà que soudain, tous ensemble ils s’arrêtent : ils ont vu dans le coin, de dos la silhouette d’un monsieur qu’ils connaissent…et craignent sa colère.
« Monsieur le Directeur ! chuchotent les lutins…et l’on voit arriver, marchant à reculons, l’homme qui fait trembler tous les petits mutins.
D’un coup, il se retourne…IL A UN GROS NEZ ROUGE ! ! ! son costume, noir au dos, devant est arlequin et il ne gronde pas : il prend un air malin.
Il donne aux enfants, pour la ronde, la main… puis il va arracher le masque de sorcière dont l’immense bouche évoque la soupière et dont le nez en bec a tant terrorisé.
Commence alors pour tous, une danse endiablée.
La maîtresse est bien là, ah ! mais si différente ! belle et souriante… on ne peut que l’aimer.
Elle arbore un sourire qui réchauffe le cœur et les petits lutins s’asseyent de bon cœur
On va compter, dit –elle, maintenant jusqu’à vingt et après, vous verrez, ce sera le matin. »
Tous se mettent à compter….Au moment où PICOU relevant la tête du coussin, déclare d’un ton ferme après s’être étirée : « Aujourd’hui, c’est bien sûr, je vais bien travailler ! » 

Cling, la petite cloche

9 mars 2011

CLING était une petite cloche qui aimait bien qu’on la caresse : ça lui faisait battre le cœur, et alors, il fallait l’entendre chanter : « cling ! cling ! cling ! cling ! »…Le matin, pour réveiller les enfants, à midi, pour le déjeuner, à quatre heures pour le goûter, à huit heures pour le coucher.
Mais voilà qu’un matin, c’était un jeudi noir d’octobre, CLING n’a plus vu sa maîtresse venir la caresser comme d’habitude et elle a attendu vainement sa venue toute la journée. Elle avait disparu….Elle fut soudain très triste et se mit à pleurer, et ses larmes, en tombant, faisaient : clong ! clong ! clong !…Il n’y avait pas de bruit dans la maison : sa maîtresse avait DEMENAGE A
LA CLOCHE DE BOIS.
Alors, CLING a décidé d’aller à la recherche d’un emploi. Elle a marché sans bruit, en retenant son cœur. La porte était ouverte.Comme elle arrivait dans le jardin, elle entendit pester, c’était le jardinier : « Mais où est donc passée cette cloche de malheur ?» Alors, CLING sentit son cœur bondir de joie et elle accourut : cling ! cling ! cling ! cling ! ….Le jardinier la regarda : « Ce n’est pas de toi que j’ai besoin, je cherche ma CLOCHE A SALADE »…La petite cloche en fut tout attristée…clong ! clong ! clong ! clong ! ….Mais elle était courageuse, la petite CLING, le chômage, elle le refusait, elle n’était pas décidée à FINIR A
LA CLOCHE.Elle cherchait un emploi,être repoussée par le jardinier,c’était vraiment TROP CLOCHE….Elle continua donc sa recherche.En passant dans la rue, elle vit deux dames qui parlaient. CLING ne comprenait rien à leur histoire, mais, soudain, elle entendit, et cela la fit bondir de joie : « J’aimerais entendre UN AUTRE SON DE CLOCHE» CLING arriva en chantant à tue-cœur…juste au moment où la deuxième disait : » Je vais FAIRE SONNER
LA GROSSE CLOCHE »…Alors, CLING comprit que l’emploi n’était pas encore pour elle…clong ! clong ! clong ! clong ! …Mais CLING n’allait pas se désespérer longtemps, elle continua à chercher : elle trouverait bien quelqu’un pour l’employer…
En passant devant la boutique de vêtements pour enfants, une petite fille trépignait : « Je veux une JUPE CLOCHE ! » CLING ne savait pas ce qu’était une jupe, mais puisque la petite voulait une cloche, elle serait là ! elle serait à son service, et, quand elle la caresserait, son cœur battrait de joie : cling ! cling ! cling !
CLING entra, roula aux pieds de la petite fille et entonna son plus beau chant de joie : clingg ! clingg ! clingg ! clingg !…Hélas ! LA petite capricieuse ne comprit pas et la posa sur une étagère…. « Je veux une JUPE CLOCHE » répètait-elle. CLING comprit…clong ! clong ! clong !
Comment faire, quand on est cloche pour descendre d’une étagère et continuer à chercher ?
Heureusement, la vendeuse l’aperçut et se dit : « Quelqu’un a dû l’oublier…je vais la placer devant la porte… on reviendra la chercher » CLING aussitôt roula sans bruit en retenant les battements de son cœur et repartit chercher du travail…
Justement, au moment où elle sortait, un monsieur tout rouge et gesticulant se trouvait sur le trottoir : « Je vais leur SONNER LES CLOCHES ! vocifèrait-il »… CLING n’était pas très rassurée : le monsieur avait l’air très en colère, mais elle s’approcha tout de même avec un peu d’espoir, mais, sans la voir, le monsieur lui donna un grand coup de pied. Elle eut très mal, la petite cloche, et elle pleura longuement : clongggg ! clonggg ! clonggg ! clongg ! clong !…Mais elle était courageuse, elle repartit en quête d’un travail.C’était plus difficile : le monsieur lui avait fait mal à la jambe : elle avançait A CLOCHE-PIED !
Au bout d’un moment, elle arriva devant un restaurant. Justement, à ce moment-là, un groupe de personnes arrivait. Elles étaient très excitées, très joyeuses. CLING tendit l’oreille : auraient besoin d’elles ?…Ce qu’elle entendit lui glaça le sang : « ON VA SE TAPER
LA CLOCHE ! » Cling se fit toute petite pour pleurer : clong… !
Pendant ce temps, elle attrapait au vol des bribes de conversations : « C’est CLOCHE tout de même !…il y a QUELQUE CHOSE QUI CLOCHE….Chaque fois, elle arrivait : cling ! cling ! cling ! cling !….On la regardait sans comprendre : QUI N’ENTEND QU’UNE CLOCHE N’ENTEND QU’UN SON !
Elle chercha longtemps, notre petite cloche…Elle entra même à l’A.N.P.E….Là l’employé consulta ses registres : « Voyons ! cafetier…cireur…classement…CLOCHE ! oui ! on cherche des CLOCHES chez les plongeurs »
CLING n’hésita pas et prit le train pour se rendre à la mer…mais les plongeurs souhaitaient UNE CLOCHE DE PLONGEE….un caisson quoi !
Alors, la déprime survint. CLING pleurait toute la journée. CLONGGGG !CLONGGGG ! CLONGGG ! CLONGGG ! CLONGGG ! CLONGGG !
…..UN musicien passa par là, l’entendit, cela lui apporta une idée géniale : il composa une opérette qui eut beaucoup de succès :LES CLOCHES DE CORNEVILLE….CLING devint son égérie, sa muse, son inspiratrice. Il la couvrait de cadeaux : des bijoux, des colliers, des perles…il lui offrait tout ce qu’elle voulait, et elle, qui était gentille, partageait avec tout le monde, mais elle le faisait en secret…
C’est pourquoi, parfois, au printemps, après le passage de CLING, on trouve des friandises dans le jardin 

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