le procès du tourisme (suite)

23 juillet 2011

 

Acte I scène 4 

(les mêmes moins les huissiers censés être de l’autre côté des issues) 

        Président 

Vous êtes bien le sieur TOURISME, organisateur de séjours, de voyages, de visites, d’activités sportives saisonnières ? 

       Tourisme 

Oui monsieur le Président 

     Président 

Il vous est reproché d’avoir commandité de multiples manières la mort de DAME NATURE  par détritus, pollutions diverses,bruits, constructions intempestives, activités qui n’ont de sportif que le nom,détruisant la faune et la flore, abattage d’arbres, ouverture de carrières , abus d’utilisation de ressources à des fins mercantiles. 

     Tourisme 

Je ne comprends rien à ces accusations, Monsieur le Président : je fais mon travail sans me mêler des affaires des autres. 

     Avocat de la défense 

Monsieur le Président, je proteste vivement contre ce type d’accusation formulée par des idéologues qui veulent entraver l’essor économique du pays et faire de le France un pays sous-développé et arriéré. 

    Président 

Le temps des plaidoieries n’est pas venu, Maître !  

  

  

  

  

Acte II 

Audition des témoins de l’accusation 

  

        Mme Géduc 

Je suis madame Géduc, institutrice. Je jure de dire toute la vérité, rien que la vérité et de parler sans haine ni contrainte. 

       Président 

Nous vous écoutons ! 

     Mme Géduc 

Je suis désespérée, monsieur le Président. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour inciter les enfants à ne pas gaspiller les trésors de la Nature, je leur ai fait réciter PAR CŒUR cette comptine, vous savez, celle dans laquelle la fleur parle : 

« Si tu me cueilles et tu m’emportes 

Loin de chez moi je vais faner 

Si tu me laisses alors j’apporte  

Au paysage sa beauté 

  

Ceux qui demain viendront ici 

Seront heureux de m’admirer 

Je serai toujours ton amie 

Laisse-moi vivre dans mon pré ! » 

  

Eh ! bien !, Monsieur Le Président, j’ai vu de mes petits, avec leurs parents, cueillir des fleurs PROTEGEES et les abandonner ensuite sur le sentier …. « Nous payons assez cher de location , ont-ils répondu à ma remarque, pour ne pas avoir de leçon à recevoir » 

  

      Avocat de la défense 

Vous convenez, vous-même que n’ayant pas réussi à éduquer correctement vos élèves vous êtes responsable de leurs manquements ?Et que la récitation par cœur n’implique nullement une meilleure manière d’agir ? 

       Mme Géduc 

Malheureusement, les mauvaises habitudes engendrées par le Tourisme sont les plus tenaces. Hors de l’école je ne puis être derrière chaque élève. 

      Président 

Nous vous remercions, Madame, restez cependant à notre disposition 

  

  

  

  

  

       M .Al Littor 

Je suis Al Littor, marin. Je jure de dire la vérité toute la vérité rien que la vérité et de parler sans haine ni contrainte. 

«  Qu’elle était belle ma Bretagne 

Sous son ciel gris  fallait la voir » 

Mais, depuis la venue des touristes, les landes sont piétinées, les rochers sont tagués, les papiers gras et les sacs de détritus trainent un peu partout. Les dunes ont été rasées pour faire place à des immeubles, les roseaux sont détruits, les oiseaux sont chassés, tout juste leur laisse-t-on une minuscule réserve qui se réduit chaque année comme peau de chagrin, le sable est fourré de canettes de bière, de bouteilles, de mégots, de sacs plastiques , de seringues et de préservatifs. 

Les chiens par milliers viennent disperser leurs crottes sur les plages, les quads, et autres engins, chars à voile,bateaux pneumatiques équipés de moteurs viennent affoler les poissons et patfois même les hacher menu. 

     5è juré 

Les hommes vivent-ils mieux ou plus mal sur les bords de mer ? 

     Al Littor 

Cela dépend de qui ! 

Il y a tout d’abord les sans-gêne, les riches ou ceux qui veulent le paraître. Ceux-là, ces colonisateurs, vivent bien en prenant bien leurs aises. Il y a les nantis propriétaires des immeubles qui reçoivent l’argent des loyers les restaurateurs et autres vendeurs de poisons :alcool, tabac, café, bière, vin qui s’agitent pour remplir leurs bas de laine sans dormir quelquefois….. et puis, il y a la masse des esclaves : serveurs, femmes de chambre, vendeurs de glaces en glacières, barmen, pauvres prostitués à la clientèle et à qui leurs proxénètes laissent à peine de quoi survivre…. 

    Président 

Veuillez éviter les termes insultants dans votre déposition s’il vous plaît ! 

Al Littor 

QUELS  termes ? proxénètes ? n’est-ce point le mot qui convient lorsque l’on s’accapare tout l’argent obtenu en se pliant aux mille caprices des clients ? 

     Président 

Il n’est pas contraire à la loi de donner du travail à des gens qui seraient au chômage sans cela. Vous sortez de votre sujet : nous ne sommes pas ici pour faire le procès des patrons, mais celui du sieur Tourisme ! 

   Al Littor 

Je ne faisais, Monsieur Le Président que répondre au 5è juré….. 

    Président 

Bien ! avez-vous quelque chose à ajouter ? 

    Al Littor 

Non ! Monsieur le Président….. J’aurais trop peur de formuler des propos choquants pour des personnes RESPECTABLES ! 

    Président 

Merci. Rejoignez votre place. 

  

  

  

  Agnes MONT  (femme, foulard blanc, chandail gris, jupe verte et bas bleus) 

Je m’appelle Mont Agnes . Je jure de dire toute la vérité, rien que la vérité et de parler sans haine ni contrainte.   

Mon pays était comme le dit la chanson : « un beau pays de prairies, d’âpres monts de vallons de rochers de bois profonds, pays à l’aspect fier et sévère mais qui sait vous charmer et qui vous force à l’aimer, c’est un pays de montagne, loin des villes au ciel brumeux, sapins noirs, vertes campagnes soleil clair sous les sommets neigeux »Un vrai paradis ! 

Hélas ! mille fois hélas !Monsuieur Tourisme est arrivé : les petites sentes sympathiques sont devenues de vraies autoroutes, les forêts ont été décimées pour créer des pistes de ski, le sol a été bétonné pour des parkings, des socles de pylônes, des immeubles et des maisons :c’est qu’il fut les loger, les touristes !Et puis, cela ne suffisant pas, on a construit des édifices rien que pour une seule année afin que des sauteurs à skis puissent exhiber leurs prouesses. Les paysages sont détruits, les animaux chassés par tant de remue-ménage, les plantes survivent avec difficulté, coupées et recoupées par la manie apportée par les touristes : celle de la tondeuse (il y en a même qui creusent des trous pour s’amuser à y faire tomber des balles : ils appellent ça le golf) la pays résonne du bruit des moteurs de tondeuses, des quads, des trials, des quatre-quatre… pour couronner le tout, ils polluent même le ciel : ne voilà-t-il pas que maintenant ils se lancent du haut des falaises avec des parapentes…. Si encore ils avaient le courage de grimper à pied jusqu’à leur site de départ, mais NON ! ils vont en voiture et c’est la course entre celui qui saute et celui qui conduit…malheur au pauvre chevreuil nouveau-né qui se trouve à proximité.ET LES ODEURS ! pestilentielles en particulier lorsque les militaires,avec leur carburant « intermédiaire » se mêlent à cette noria de soi-disant sportifs…. (autrefois, les chasseurs alpins circulaient dans le pays avec leur barda à pied, trente neuf kilos sur le dos, aujourd’hui, les porteurs d’uniforme sont paraît-il trop fatigués pour monter au sommet avec les treize kilos de leur parapente) Les élus ont bien règlementé, mais personne ne respecte les interdictions : ils ont tous, ces délinquants, « DES RELATIONS » 

   8è juré 

Encore une antimilitariste ! Vos racontars, gardez-les ! 

   Président 

Monsieur le 8è juré, vos commentaires sont déplacés 

Continuez, madame Mont. 

    Agnes Mont 

Je n’ose plus rien dire, monsieur le président, ce monsieur me fait peur ! 

     7è juré 

C’est vrai quoi ! il fait peur ce balourd ! 

    Président 

SILENCE ! 

  

  



Nous appelons à la barre Dame Moumeolive!
presente monsieur le pressident!!
je viens a cette barre ,ni contrainte, ni forçée, simplement pour défendre dame nature, contre le sieur tourisme, un peu trop sûr de lui même et pédant!! et souvent appuyé souvent par certaines municipalitées, qui voient en lui lapole aux oeufs d’or!!!
je ne parles pas du petit touriste randonneur sac a dos qui lui ne polue pas, car ses jambes, n’ont pas de moteur, donc pas de carburant polueur! acondition aussi de ramener ses bouteilles en plastique , ,sans les laissées sur places! comme certains le font!! je vais vous dire ce que voit ce randonneur, dans certaines stations asservies par l’or blanc, qoique le témoin précedent a déja bien résumée! donc , ce randonneur a une vue superbe sur les remontées mécaniques qui foisonnent de partout, et aussi sur ces canons a neige qui dressent leurs sllhouettes tout les cent métres!! d’accord pour le ski, mais pourqoi tant d’artifices,? pourquoi gaspillée l’eau ainsi, quand l-on vous dit qu’il faut faire attention, qu’elle se fait rare,! de qui se moques t’on et aussi a côté un altiport tournant presque toute la journnée avec deux avions de tourisme usant du carburant pour le plaisirr de certaines personnes priviliégées!! mais il faut bien admettre aussi quand vous portez votre regard bien au dessus de ça, qu’il se pose sur les cimes magestueuses des montagnes et un soleil magique qui les rends encore plus belles et tous les petits sentiers , ou serpente , un ruisseau , ou un torrent* qu’elle est belle cette nature a l’etat naturelle! alors sieur tourisme a grande échelle, laissez tomber les artifices, et au lieu d’etre un predateur, soyez un observateur, et vous trouverez certainement que la nature est plus belle naturellement!! et vous messieurs les militaires, montez vtre barda a dos! nos chasseurrs alpins le faisaient bien eux!!!! et ne me dites pas que la jeunnesse d’avant etait plus résistante que celle d’aujourd’hui!!! oui monsieur le 8eme juré vous ne me faite pas peur, et la libertée de penser est a tout le monde,!! merci a la cour de m’avoir entendue!!!  

     

  

   Al Page (homme habillé en vert) 

Je suis M. Page, AL . Je jure de dire toute la vérité, rien que la vérité et de parler sans haine ni contrainte. 

Ah ! comme la vie était belle, avant la venue du sieur Tourisme ! 

L’été, les moutons investissaient la montagne. Ils remontaient à pied les gorges du torrent. Broutant ici et là, bêlant aimablement, ils portaient dans leur laine le parfum de Provence. Les chiens s’activaient connaissant leur affaire, les ânes avançaient portant dans leurs bâts les plus frêles agneaux. Enfin ils arrivaient et aux flancs de montagne ils restaient tout l’été dormant sous les étoiles se gavant d’herbe douce et de feuilles odorantes. 

Hélas ! Monsieur Tourisme est venu perturber la belle harmonie entre berger et nature : Les chiens mal contrôlés d’imprudents promeneurs sont venus affoler les brebis égaillées. Les pauvres bêtes dans le pire des cas se jetaient en troupeau du haut de la falaise et leurs pauvres cadavres pourrissant près des sources empoisonnaient l’eau, et dans le meilleur, la peur leur faisait perdre leurs embryons.  

      12ème juré 

La transhumance ne continue-t-elle pas ? 

     Al Page 

Si ! mais très réduite, loin des sources et loin des promeneurs 

     3 ème juré 

Deeeeeeeee mon tem ……..ps le louououououp feeeeesai………..t paaaaaaaaareil ! 

    Al Page 

Le loup, c’est vrai mangeait parfois un animal malade, mais rien de comparable avec les chiens des villes. 

    Avocat de la défense 

Comment pouvez-vous assurer que ces chiens soient ceux de touristes ? Il ne manque pas de chiens chez les paysans. 

     Al Page 

Les chiens de ferme, monsieur l’avocat, ne poursuivent pas les bêtes : ils les encerclent formant autour du troupeau une clôture invisible et les brebis n’en ont pas peur.  

  

    Claire Source 

Je suis Claire Source (jeune fille vêtement gris bleu, taché) . Je jure de dire toute la vérité, rien que la vérité et de parler sans haine ni contrainte. 

Pendant des millénaires, j’ai pu abreuver tout passant assoiffé sans la moindre inquiètude. Ma clarté d’onde pure inspirait les poètes, et parfois même créait quelques litiges pour savoir qui en premier pouvait venir puiser. Du loup et de l’agneau j’étais la providence, de la grenouille je remplissais la baignoire et le nid. Les sirènes venaient plonger dans mon bassin….. 

Mais un jour de misère Tourisme est arrivé. Des voitures partout des trials des quads, des gouttes d’essence perdues par milliers, de l’huile répandue cà et là a coulé. Je suis dorénavant a jamais salie. Quiconque me boirait pourrait être malade. 

   10è juré 

 Dans mon restaurant, pas de crainte de maladie : je ne sers que de l’eau des plus grandes origines, et des crus sélectionnés ! 

   Président 

Monsieur le 10ème juré, vous sortez de votre fonction ! 

Le procès du tourisme

15 juillet 2011

Au temps du forum amitié de club internet, j’avais proposé d’écrire la pièce que voici…  

Dame Moumolive qui fut la seule à y participer me pardonnera, j’espère, d’y placer AUSSI son intervention (indispensable pour l’unité du texte) 

Procès du sieur TOURISME accusé de tentative d’assassinat de DAME NATURE…. 

Une salle de tribunal décorée d’un tableau figurant une balance, avec une estrade sur laquelle un bureau « ministre » trône accolé à une petite table
En face: une barre, et une série de chaises pour les jurés……
 

  

Acte 1  

Lecture de l’acte d’accusation 

Acte I scène 1  (huissiers, le président, 2assesseurs, l’un portant un énorme dossier) 

                Huissier 

LA COUR ! 

(Entrent le président et les assesseurs) 

             Président(s’asseyant) 

Veuillez vous asseoir. 

Faites entrer l’accusé  

  

Acte I scène 2 

(les mêmes +l’accusé et 2 avocats) 

            Président : 

L’audience de ce jour concerne l’accusation du sieur TOURISME convaincu d’avoir tenté d’assassiner DAME NATURE. 

Faites entrer les jurés 

           1er assesseur 

Le tirage au sort des jurés concernant cette affaire a abouti à la liste que voici, Monsieur le Président 

(il tend une feuille) 

  

Acte I scène 3 

(les mêmes+ les jurés) 

           Président 

Premier juré ! 

(entre une femme sophistiquée, entre deux âges, avec un chapeau époustouflant) 

(les avocats et l’accusé la regardent, l’accusé se penche vers son avocat….)        

            1er juré 

Présente ! Que faut-il que je fasse ?(regardant un peu partout autour d’elle) 

           Président 

Huissier, conduisez madame à sa place s’il vous plaît 

……… 

Deuxième juré ! 

(entre un homme en tenue de chasse. L’avocat de la défense sursaute, l’accusé hoche la tête) 

         Deuxième juré 

Monsieur le Président, je proteste ! j’avais ce jour une réception chez monsieur le comte de Tartevin…. 

         Président(sévère) 

Vous ne voudriez pas vous soustraire à votre devoir, monsieur le juré ?La cour pourrait prendre offense de vos propos ! 

         Deuxième juré (balbutiant) 

Non, bien sûr ! pardon, Monsieur le président 

        Président 

Ah ! la bonne heure ! 

Troisième juré ! 

(entre un vieux monsieur chenu s’appuyant sur une canne) 

          3è juré 

Jeeeeeee suiiiiiiiiis là Monsieu…………r le Préééééésiden……..t ! 

          Président 

Quatrième juré ! 

(entre un clown jonglant avec des quilles) 

Veuillez déposer votre attirail avant d’entrer : le tribunal n’est pas un cirque ! 

(le clown se retourne et envoie les quilles à l’huissier debout devant la porte) 

 Président sévère :  

SUFFIT ! 

(Le clown s’assied) 

        Président  

Cinquième juré ! 

(Entre un homme jeune, type hippie) 

        Avocat de la défense 

Récusé ! 

        Président  

Entendu ! retournez dans la salle d’attente ! 

Sixième tirage ! 

(un  bourgeois , la cinquantaine, s’avance) 

Vous serez donc le cinquième juré ! 

        Cinquième juré 

Merci, Monsieur le Président ! 

  

      Président          

Sixième juré ! 

(une jeune femme avec un bébé sur le bras se fraye un chemin) 

    6è juré 

Monsieur le président, j’allaite mon bébé aussi, je ne peux pas le laisser si je veux remplir tous mes devoirs. 

     Président (levant les bras au ciel) 

Le tribunal n’est pas une nurserie, veuillez reconduire cette dame et envoyer un autre juré. 

(Une dame d’âge vénérable droite comme un i pénètre) 

Madame… 

      6è juré bis (lui coupant la parole) 

Mademoiselle ! 

     Président 

Bon ! MA-DE-MOI-SELLE Vous êtes le sixième juré 

     6è juré bis 

LA sixième ! 

    Président 

Assez de perte de temps ! 

Au suivant ! 

(un jeune crête de coq cramoisie se présente, crache au sol et cherche une place) 

Quelle éducation ! chercheriez-vous une inculpation pour injure à magistrat ? 

    7è juré (roulant de grands yeux) 

Qu’ai-je fait ?(prenant la salle à témoin) c’est vrai, quoi ! je lui ai même rien dit ! 

     Président (sèchement) 

Asseyez-vous et taisez-vous ! 

….. Dixième tirage ! 

(Un homme apparaît, claque bruyamment des talons et se met au garde à vous) 

Enfin une personne civilisée ! 

(Brouhaha dans la salle) 

SILENCE ! 

Juré suivant ? 

(un prêtre en soutane, brandissant une énorme croix surgit) 

     9è juré 

Présent pour apporter le jugement de Dieu 

     Président 

Le jugement de l’homme suffira ! veuillez reporter votre objet, déplacé dans le tribunal d’un pays laïc, au vestiaire ! 

     9è juré 

Vous serez Maudit, Monsieur le Président ! Satan se chargera de vous accueillir en enfer ! NUL ne peut refuser DIEU sans en payer le prix ! 

    Président 

En attendant Dieu ici c’est MOI !  

Onzième tirage au sort ? 

(Un cuisinier, toque sur la tête, apparaît) 

     10è juré 

Tout le monde ici connaît mon restaurant, le meilleur de Grenoble. J’offre après le procès une ristourne de dix pour cent à tous ceux qui y auront participé 

   Président 

Vous n’êtes pas ici pour faire votre promotion, rejoignez votre place ! 

Suivant ? 

  

  

  

  

  

  

(Un homme en combinaison de mécano pénètre et s’assied)  

Bien ! nous sommes à onze jurés  

Faites entrer le douzième 

(une jeune femme une quenouille à la main tente de s’avancer) 

Veuillez laisser votre appareil pour sièger ! 

      12è juré 

Je peux très bien écouter sans perdre mon temps ! 

(chantant) « la laine des moutons c’est nous qui la tondaine….. » 

    Président  

Vous n’êtes pas au fond de votre cambrousse ! ici, c’est un TRIBUNAL ! 

(un huissier vient prendre la quenouille) 

(Se tournant vers l’assesseur de droite) 

Les jurés ont-ils prêté serment ? 

    Assesseur 

Oui Monsieur le Président ! 

Président 

L’audience est ouverte ! 

Accusé levez-vous !

A SUIVRE;;;

petit conte triste

15 juillet 2011

 

Marie a « du pain sur la planche » ce matin, nettoyer trois appartements, faire les courses pour une vieille dame et l’aider à marcher quelque peu, ranger, mettre en ordre, pas de temps à perdre ! Elle a déjà brossé, lavé, rangé tout dans deux maisons, elle se dépêche de passer chez la vieille du cinquième pour prendre la liste des commissions, vite, car le magasin va bientôt fermer elle fait le tour des rayons , remplit le panier, revient le plus vite possible, entre, range avec dextérité les produits à leur place, le panier dans le placard, froisse le sac, le jette à la poubelle….OH ! elle est pleine ! se depêche de la vider, passe la serpilière dans la cuisine et dans l’entrée, l’aspirateur dans la chambre, fait le lit sans réveiller la vieille assoupie, et son travail accompli , rentre enfin chez elle l’esprit tranquille. 

  

  

EVA  atteinte d’une maladie qui la séquestre dans son logement s’est résignée à faire appel à une « aide » notamment pour lui faire ses courses au magasin voisin. 

Ce n’est pas qu’ EVA soit soupçonneuse, mais toute une vie passée à la comptabilité d’une entreprise lui a légué un besoin de faire coïncider chaque somme à son objet. 

Au retour de son « aide », dès qu’elle trouve le courage de se traîner vers le panier, elle cherche vivement sa note car la tenue de ses comptes est la seule chose qui la retient un peu à la vie… Pas de note dans le panier, PAS de note dans le sac…d’ailleurs, où est-il ce sac ? 

Alors, tristement, EVA rejoint son fauteuil privée de son petit plaisir. 

meule de foin

15 juillet 2011

  

Lorsque le foin est sec ou presque sec et qu’on craint la pluie, on l’entasse en « cuches » 

Par contre, pour conserver le foin jusqu’au printemps suivant, on fait un « fenier ».Pour cela, 

1)      choisir une perche bien droite 

2)      creuser un trou de 80cm/ 1m 

3)      dresser la perche et l’étayer avec 4 contreforts 

4)      placer le foin en forme de cercle (pour cela, poser la dent centrale de la fourche contre la perche, le bout du manche contre l’épaule et tourner en gardant toujours le même espace entre le bord que l’on construit et le pied du constructeur) 

5)      monter à ce diamètre sur 1 m environ, puis peu à peu diminuer le diamètre (bout du manche niveau de la gorge, puis de l’autre épauleetc…) BIEN TASSER TOUJOURS AU CENTRE : en vieillissant, le centre aura tendance à rester pointu. 

6)      Lorsque le diamètre devient inférieur à 1 m, l’idéal est de terminer avec une pointe confectionnée avec de petite gerbes de seigle battu au fléau dressées et attachées. 

7)      Avec un râteau, peigner délicatement le fenier pour aligner vers le bas toutes les bûches de la surface ainsi l’eau s’écoulera sans pénètrer 

apprentissages ….d’hier

15 juillet 2011

dans la France rurale des années 45 à 50, les veillées réunissaient les voisins, qui au gré des évocations des horreurs de la guerre, jouaient aux cartes et faisaient compter les plis aux gamins._ calcul mental_. Chaque matin, la quantité de lait était mesurée avant livraison au laitier_ pesées, approche des mesures de masses, densités_A table où l’enfant ne parlait pas (les femmes peu ) le pain était placé sous le coude du « patron »,en obtenir une tranche supplémentaire (une demi-tranche, ou un quart) était une faveur que l’on ne sollicitait pas deux fois dans le repas.  

La lecture de l’heure prenait une importance capitale : dans un contexte où on se levait à l’aube, le repère de l’école obligeait à surveiller l’horloge, afin de ne pas être obligé de courir tout le long du chemin….et il ne fallait pas oublier de rappeler à ceux qui commandaient et qui se réfèraient à « leur grand-père qui se levait à trois heures du matin » que l’heure n’était plus la même La lecture d’un livre était considérée comme perte de temps (la lecture jouait le rôle de transgression du « tarpet » aujourd’hui).  

Il était considéré avec mépris le fait de « faire de la réclame » : 

 «  un bon produit n’a pas besoin d’être vanté pour être vendu, ce que l’on est obligé de vanter pour s’en débarrasser (comme le font les maquignons) est, par essence suspect » 

Au cours de ces veillées, chaque fois qu’on parlait de quelqu’un, on le replaçait dans son contexte familial (on dirait aujourd’hui son « pedigree ») et on évocait une anecdote qui le concernait _ début d’initiation à l’histoire. 

L’enfant qui arrivait à l’école avait trait à la main deux chèvres et une vache, parcouru plusieurs kilomètres à pied…il n’y avait pas de délinquance juvénile ni à l’école, ni hors de l’école. S’il y avait violence entre enfants, cela ne gênait personne : c’était l’apprentissage de la vie…. Et après ce qu’on venait de connaître, c’était broutilles. 

L’école était un lieu de ralative douceur physique (on s’y reposait les muscles). L es longues séances à genoux, les mains sur la tête pour la moindre sottise étaient bien légères en rapport aux coups de fouet courants lors de bêtises à la maison. 

L’école était le lieu de découvertes de la plupart des choses nouvelles . 

A une époque où, pour manger le pain, on le tartine non seulement de beurre, mais en plus de confiture, où les fils des militaires qui nous firent marcher 40 km avec 39 kg sur le dos ont besoin d’un camion pour les amener,eux et leur parapente, au sommet de la montagne, à une époque où tout tourne autour de la facilité, où la publicité règle la vie des gens, où les choses nouvelles arrivent en masse par la télé et les nouvelles technologies, que peuvent valoir les méthodes d’une autre époque ?   

C’est parce qu’ils n’ont pas su s’adapter que les dinosaures ont disparu. 

Marie-Antoinette

10 juillet 2011

  

MARIE-ANTOINETTE/ 

Scandaleux !IGNORANTS OU BAUDRUCHES ? 

Que l’on soit Américain et que l’on veuille consacrer un film à Marie –Antoinette, très bien ! 

MAIS QUE L’ON FASSE PARLER ANGLAIS A LA COUR DE VIENNE ET A PARIS !!!! 

Alors que, à cette époque, UNE SEULE VOIX A DETERMINE LA LANGUE ANGLAISE AUX US (une de moins seulement pour le français), et que toutes les cours d’Europe parlaient le français…. 

Les Américains se mettent à réécrire l’histoire, mais les descendants des aventuriers, voire des indésirables expédiés là-bas, et qui se sont installés en massacrant les indigènes, auront bien de la peine à effacer le rayonnement de l’Europe à cette époque…. 

avant le mariage

10 juillet 2011

  

Autrefois, quand une fille allait se marier (elle avait passé avec succès les test infligés par sa future belle-mère : par exemple : à sa première visite, se trouver en entrant face à un objet traînant par terre, objet qu’elle se devait de ramasser subrepticement et de poser mine de rien à l’endroit où il serait mieux placé, ensuite, montrer son sens de l’économie dans l’épluchage des pommes de terre avec un opinel en ôtant des épluchures les plus fines possibles)et le soupirant avait fait sa cour avec assiduité [Certain village du plateau était réputé pour garder jalousement ses filles : les garçons capturaient le soupirant à la nuit, le saoulaient, le déshabillaient et le relâchaient nu dans la nuit pour rentrer chez lui… Seuls les vrais amoureux (parfois de l’argent si la fille était riche)revenaient.] 

Les jeunes se réunissaient à la veillée pour fabriquer des « roses », fleurs de papier sulfurisé blanc qu’ils accrocheraient à des arbres tout au long du chemin depuis la demeure de ses parents, jusqu’à la mairie et l’église… et jusqu’au lieu de leur future résidence parfois. 

C’était l’occasion de danser, de se parler….de préparer de prochaines fiançailles…. 

Le jour du mariage, les jeunes dressaient des embuscades : arbres en travers du chemin, chaines, charge de foin renversées qui pour être dépassées devaient être copieusement « arrosées » par les garçons d’honneur qui, endimanchés ne voulaient pas se salir à déblayer …et cela surtout dans le cas où le garçon n’était pas du village ! 

.  

  

                Au seuil de la maison quittée par la mariée, on accrochait une colombe en chiffon, bourrée de farine, les ailes                                                                  écartées tournée vers l’extérieur (il était de très mauvais augure que la colombe se retourne) 

Au seuil de la maison du marié, on accrochait un coq tourné vers l’extérieur (mais s’il se retournait, ce n’était pas grave : cela voulait dire qu’il reviendrait un jour reprendre la ferme) 

La noce arrivait bien hilare à la mairie, cela aidait beaucoup les mariés dans les mariages arrangés à dire le « oui » attendu ! 

travaux ancestraux

10 juillet 2011

  

Moissons 

  

Avant le temps des javeleuses, des lieuses, des moissonneuses-batteuses, chez nous les céréales (juste le necessaire pour la famille) étaient fauchées à la faux. 

Trois techniques étaient, selon la situation, utilisées : 

Pour les orges, l’avoine et les blés courts non versés, la faux était surmontée d’un arçon de métal ou d’un râteau. 

Pour le seigle et les blés hauts ou versés, c’était un vrai travail d’artiste qu’on n’apprenait pas en moins d’une saison : il s’agissait de donner un coup de faux brusque et ramenant la base des tiges vers le faucheur, ce qui les faisait tomber bien parallèles entre elles, et simultanément, d’un mouvement du pied, il fallait réussir à les aligner perpendiculairement à la direction de l’andain. 

Dans ces deux premiers cas, les enfants passaient derrière et armés d’un « daillon »(faucille non aiguisée) ou d’une « ratelle »(petit râteau de 5 dents accrochaient les tiges à bout de bras pour les enrouler en « javelles « (gerbes non liées ) que les femmes liaient à la main avec une poignée d’épis choisis parmi les plus longs(parfois du seigle battu au fléau l’année précèdente). 

Le geste adéquat pour lier fermement et correctement une gerbe ne s’acquérrait pas non plus en un instant. Tout était bien si le blé était propre, mais si l’on avait travaillé la terre trop humide, elle nous faisait cadeau d’une bonne ration de chardons…. Les bras des lieuses étaient, le soir rouges et tuméfiés.Si par contre elle avait été labourée trop sèche, nous avions droit aux coquelicots (>>perte de récolte) ou à la « moutarde sauvage » qui provoquait chez certains des gonflements (on dirait aujourd’hui allergies) 

Selon le cas, si la saison était précoce, les gerbes étaient rassemblées en gerbiers de 200 à 250 gerbes.Seul le maître y officiait : cela relevait à la fois de l’art (on reconnaissait le style de chacun) du rite quasi religieux car il ne fallait pas battre les épis en manipulant les gerbes et de la hiérarchie.Le gerbier attendrait quatre à cinq semaines (pas moins) avant qu’on ne vienne chercher le blé pour le passer à la batteuse. 

  

Si la saison était tardive , on se contentait de dresser les gerbes « en cloches » : 8 gerbes dressées les unes contre les autres en laissant un espace pour la circulation de l’air afin de sècher au plus vite 

Enfin, et c’était assez souvent, alors que le blé était presque mûr, LE VENT SE LEVAIT. 

La panique soufflait dans les fermes : IL FALLAIT SAUVER LE BLE !!! Quelle que soit l’heure tout le monde était sur le champ. On fauchait « à contre-blé » c’est à dire qu’on bloquait les épis coupés contre le blé encore debout afin que le vent ne puisse les emporter. Immédiatement derrière, venait la lieuse qui fabriquait sa gerbe avant de la lier. Les enfants, eux, devaient rassembler les gerbes par tas en forme de croix : les épis au centre , quatre épaisseurs de gerbes en veillant à ne jamais en poser 2 de suite sur la même branche.   

  

Puis venait le temps des battages. Chaque ferme avait sa batteuse. Elle était entraînée à mon époque par un gros moteur électrique, mais on racontait souvent aux veillées le calvaire que représentait avant l’électricité, le « tournage » avec deux vaches liées dont le joug était relié à une grande roue dentée située au-dessus d’elles, et qui, par engrenages faisaient tourner la machine. A force de tourner dans un cercle de trois mètres de rayon, les bêtes étaient folles de fatigue,( de vertige ?) de bruit… et il fallait faire très attention en dételant. 

Le bruit de la batteuse retentissait de ferme en ferme dans la vallée. Trois personnes suffisaient pour ce travail : le « donneur » placé sur le char de gerbes, « l’engreneur » qui d’un geste déliait la gerbe et envoyait par poignées les épis dans le batteur, et, enfin , celui qui devait récupérer la paille… Les deux premiers se trouvant à l’intérieur de la grange avalaient une dose colossale de poussière… le troisième, par contre recevait à l’extérieur la paille battue. Il pouvait, comme elle arrivait lentement faire de petites escapades sous les pruniers qui justement étaient toujours chargés de fruits mûrs…. Voire aller voler un petit bisou à la voisine dont le père occupé à engrener ne pouvait réagir. 

ENSUITE…. 

Vint d’abord le temps des « javeleuses » : sortes de grilles placées sur la lame de la faucheuse… c’est ainsi que les hommes s’assirent sur la selle les enfants ne furent plus indispensables quant aux femmes « leur travail » resta le même, devenu par ce « progrès » le plus dur du chantier. 

Les lieuses ne firent qu’une apparition furtive : en quelques années, le pays est passé de la faux à la moissonneuse-batteuse (qu’il fallait payer parfois plus cher que la valeur du blé) et à l’abandon des cultures céréalières.   

  

Tout cela est loin…mais si un grand malheur s’abattait sur le pays, il faudrait bien retrouver les gestes ancestraux pour survivre ! 

Français?

3 juillet 2011

Français, 

Mais 

Je parle un sabir mâtiné d’anglais 

  

Français 

Mais 

Je fuis en Suisse pour payer moins d’impôts 

J’achète « made in Macao » 

J’offre mes compétences 

Aux concurrents de la France 

  

Français 

Mais 

La Marseillaise ne me fait pas lever 

A l’étranger mes euros vais dépenser 

  

Français 

Mais 

Mes cendres en autre état je ferai exporter 

Ailleurs je prétends qu’on peut bien mieux trouver 

  

Français 

Mais 

Je critique sans cesse le pacte républicain 

Je veux la liberté pour moi 

Et pas toujours pour le prochain 

L’égalité, ma foi 

N’est pas dans mes soucis 

Egaux d’accord, mais au dessus je suis

Pour la fraternité 

O K il est des frères ennemis 

Je voudrais qu’on m’aime assez

3 juillet 2011

Si un jour mon esprit confond 

Excrément et bonbon, 

S’il oublie les mots  

Le nom de mes enfants 

S’il perd le sens du beau 

La notion de décent 

Si la douleur 

Tenaillant chaque jour 

Extirpe de mon cœur 

Toute forme d’amour 

Rend mon âme injuste 

Ma parole blessante 

Si mon cou, mon buste 

Ma bedaine opulente 

Mes membres inertes 

Indicible perte 

Ne veulent plus rien faire 

Ne veulent que se taire 

Ni trouver ma bouche 

Ni boire ni manger 

Ni respecter ma couche 

J’aimerais être assez aimé 

En cette fin de vie 

Par quelqu’un pour, 

En un geste d’amour 

Qu’il souffle ma bougie. 

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