grammaire

25 février 2011

A mon grand regret, je n’ai jamais rencontré, sur le bord d’un trottoir, quelqu’un qui me demande quel est le COD…

Ainsi donc il me plaît de questionner des jeunes: si le loup a dévoré la biche , où se trouve le C O D?

(Bien entendu, puol ud ertnev el snad) 

Friands d’analyse, de sérieux professeurs,
Plongent vers le sol, pour chercher la racine.
On croirait à le voir, leurs interlocuteurs
Perdus dans la terre, côtoyant la vermine.
Retournez donc, messieurs, cet arbre fureteur,
Les oiseaux dans les branches, reprenant en choeur
Vos leçons austères, y mettront la couleur,
Transformant REQUIEM en un chant de bonheur

25 février 2011

Depuis que l’homme écrit l’histoire,

Il a voulu dans la durée

Que ses pensées, que ses victoires

Viennent édifier l’éternité

A l’intérieur des rochers noirs

Avec adresse, il a fixé

Le dessin de ses espoirs

Ou peut-être de ses pensées.

Plus tard les grands Egyptiens

Ont gravé dans les pyramides

Loin du fragile, loin de l’humide

Le plus important de leur bien

Les Romains ont bâti des villes

Et confié à des grimoires

Les secrets du non futile

Ce qu’ils confiaient à la mémoire

Les parchemins plus rapides

Que le marbre des anciens

Etaient aussi bien moins valides

Dans la durée, mieux que rien 

On utilisa l’imprimerie

Pour diffuser à l’infini

Puis de nouveaux supports techniques

Rapides comme des éclairs

Permirent par informatique

De s’exprimer en langage clair.

Ce qu’on a gagné en urgence

Se dissout dans l’Univers

 Le premier mail est en vacance

Et mon poème bientôt en vers

Tout s’en va c’est fin des hommes

De ces êtres qu’ainsi on nomme

Le seul loup que je supporte!!! (fin)

24 février 2011

Et pendant tout l’automne, tous ceux qui montaient sans arme le long du chemin voyaient UN ENORME LOUP NOIR QUI CLIGNAIT DES YEUX ET QUI SOURIAIT. Ce loup, ce devait être le diable…alors ils en parlèrent au curé…

« Mes frères, dit le curé, au cours de son sermon du dimanche, il semble que le MALIN se manifeste sur un rocher…Dimanche prochain, nous irons en procession bénir le rocher, ainsi le diable sera chassé »

Et le dimanche suivant de psaumes en litanies voilà tous les paroissiens, leur berger en tête qui se rendent au pied du rocher…De loup, pas du tout! après l’aspersion, le curé fit un sermon stigmatisant tous ces pecheurs qui fournissaient une invitation au démon par leurs  excès, leur luxure et exhorta tout le monde à une vie sanctifiée…

Mais le lendemain, le premier qui monta auprès du rocher, vit UN ENORME LOUP NOIR QUI CLIGNAIT DES YEUX ET QUI SOURIAIT…. »Monsieur le curé! Monsieur le curé! le loup est toujours là ». Il fallait entendre le prêtre tonitruer le dimanche suivant contre toutes ses ouailles disciples de Satan! Il décrèta 9 jours de prières : trois fois par jour, la cloche tintait et tous devaient s’agenouiller aussitôt, qui au bord du lit de sa M…, qui sur le tas de fumier, qui dans le fossé etc… Mais le dixième jour, le loup était toujours là!

Alors, dans le canton, on fit sonner le glas aux cloches, on décrèta 40 jours de carême: défense de boire du vin, défense de manger de la viande et, chaque jour, trois fois, la cloche sonnait l’appel à la prière….Mais le quarante et unième jour, le premier qui monta le long du chemin vit UN ENORME LOUP NOIR QUI CLIGNAIT DES YEUX ET QUI SOURIAIT!!!!

Alors le curé prit ses responsabilités: il envoya une missive au grand inquisiteur dans laquelle il racontait toute l’histoire.

 Le grand inquisiteur éclata de rire: »Ces gens de la montagne, ils n’y connaissent rien! Ils ont vu une bête noire et l’ont prise pour le diable! Je vais leur envoyer quelques soldats, cela suffira »

Les soldats sont venus, ils ont tué 20 loups gris au fond des loubières, 40 chiens noirs que leurs maîtres avaient laissé sortir, 140 renards (mais ça seulement parce que les dames deviennent très douces quand on leur en offre un) puis, ne trouvant plus rien à tuer, ils repartirent…

Et le lendemain, le premier qui monta auprès du rocher vit UN ENORME LOUP NOIR QUI CLIGNAIT DES YEUX ET QUI SOURIAIT!!!!

Alors le grand inquisiteur s’inquiéta: »Il doit y avoir un sorcier ou une sorcière dans le pays.

Justement, il y avait dans le pays une fille très belle, très douce avec tout le monde et qui attisait la jalousie des commères…qui aussitôt la désignèrent. Elle fut arrêtée, questionnée, on lui arracha les ongles, les cheveux, les dents, on lui coupa même la langue… à un moment, perdant connaissance, sa tête fléchit… »Vous voyez! elle a avoué! »

On dressa un bûcher et on fit brûler son corps….

Mais le lendemain, le premier qui monta au pied du rocher vit encore le loup. Alors chacun suspecta son voisin: »c’est toi! je t’ai vu » _Non c’est toi  _c’est lui _c’est elle!… »

C’est alors que quelqu’ suggéra: »puisque c’es le Drien qui l’a vu en premier, ce doit être lui, le sorcier! Y a qu’à le pendre à un frêne et le faire brûler!_Pas possible! il est ivre du matin au soir! Il faut l’esprit clair pour faire venir le diable »

Entendant cela, le Drien se calfeutra au fond de sa cave…les tonneaux étaient là, c’était le plus important!

Et cela dura jusqu’au jour de la St Jean, ce jour-là, les jeunes avaient l’habitude de faire une bourde (un grand feu) et de chanter et danser autour du brasier…Mais ils ne voulurent pas installer le bûcher sur le lieu où la belle avait été brûlée… Ils le firent sur le rocher du loup. La fête battit son plein, certaines mauvaises langues prétendirent que bien des ventres s’arrondirent ensuite, mais, depuis, on ne parla plus du loup.

Cependant, si vous venez un jour près de l’école des héraux, si vous montez sur le chemin de la micoletta, lentement car ça monte et il ya des rochers en travers, si à ce moment-là, vous n’éprouvez de haine envers personne et de l’amitié pour tous, vous verrez là-haut UN ENORME LOUP NOIR QUI CLIGNERA DES YEUX ET QUI VOUS SOURIRA

les loups!

24 février 2011

« Les loups sont entrés dans Paris » chantait Serge Reggiani

Mais les loups sont partout!

Ils viennent se repaître du produit du labeur des travailleurs, ne leur laissant que les carcasses….Et même entre prolétaires, il y a ceux qui profitent de leur situation dominante pour s’arroger la part du lion sur ce qu’ils n’ont pas créé…Et même dans des lieux où on pourrait penser que ce genre de rapacité n’a pas place, on retrouve cet instinct de prédateur…

« Prom’nons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas… » J’avais fabriqué au temps lointain de ma mâturité, un masque de loup , afin d’agrémenter les récréations lorsque, au gré des vacations, je me trouvais en maternelle… Il fallait entendre les cris de joie apeurée des petits lorsque le loup qui semblait dormir sur un banc faisait un geste, voire se levait d’un bond… Cela ne plaisait guère à certaines collègues qui préfèraient se retrouver au chaud pour siroter un café et casser du sucre sur les parents en laissant une à tour de rôle d’entre elles surveiller les jeux des petits… Un jour donc, par le biais de la secrétaire de M. l’inspecteur , la fin de la récréation fut sifflée: non! non! on ne me dit pas de cesser!…On m’ »emprunta pour en établir des plans  » l’objet du crime …plans que le « conseiller pédagogique » s’empressa de présenter comme sa découverte.

Bof! j’ai seulement regretté qu’il ne me rende pas l’original!

Mais cela était typique des processus de « mutualisation des procédés »_normal_ en y accolant sa signature …bof! affaire de conscience! 

Le seul loup que je supporte!!!

23 février 2011

LE LOUP DU DRIEN

Si vous vous promenez dans la commune de LANS EN VERCORS, vos pas vous porteront peut-être, en parcourant «
LA GRAND’MECHE » jusqu’au hameau des HERAUX (non, ne prononcez pas les HHHERÔ avec une hache inspirée comme les snobs ignorants : jamais personne ici n’a annoncé de bonne nouvelle, ni joué de trompe, ni gagné de grande victoire… ne dites pas non plus les ZEROS comme les rien du tout….il en est qui ont très bien appris à lire et à compter dans l’école du hameau !……iI faut dire qu’autrefois, le pays subissait la domination d’un seigneur tellement violent et injuste que, dès qu’il passait par cet endroit, il n’hésitait pas à fouetter pour le plaisir le pauvre paysan qui pouvait se trouver à portée de sa cravache…par dérision, les autres habitants de la vallée les appelaient donc « les heureux »…lous hérous en patois
La faute d’orthographe d’un géographe a transcrit « lous hérous » en LES HERAU..TS…ou DS , et ceci est confirmé par le fait qu’un autre hameau du pays, situé entre des collines escarpées que le cheval du seigneur refusait de gravir, s’appelle « LES MEILLOUX » c’est à dire en patois : les meilleurs !
Donc, si vous arrivez près de cette petite école, en remontant tout droit en direction de la montagne, vous pourrez arriver à un endroit que l’on appelle
LA MICOLETTA.
Là, il y a une centaine d’années, vivait un drôle nommé ADRIEN, mais que chacun, dans le pays appelait « LE DRIEN DE
LA MICOLETTA ». Son habitation était une petite masure : une seule pièce d’habitation, dans laquelle la porte du placard s’abattait pour former une table au moment du repas, (la paillasse pour dormir redressée dans le coin pendant la journée prenant toute la place la nuit) une étable juste assez grande pour deux vaches et une chèvre, une grange…LE DRIEN était un brave homme, un peu naïf, un peu « jean » comme on disait parce qu’il faisait tout lentement et parce que, n’ayant pas beaucoup d’ouvrage et ne sachant pas lire…la radio n’étant pas près d’exister…il trompait le temps en buvant des canons à chaque occasion…
Un matin d’automne, voilà notre DRIEN qui lie ses deux vaches…AH ! NON ! PAS DES JAILLES ! !(pas des vaches pies)…DES BONNES VILLARD DE LANS FORTES ET GENEREUSES !…il n’en avait que deux : une vieille et décatie et une jeune à peine dressée…mais on lie ce qu’on a !…et le voilà parti à monter lentement car le vin de la veille avait été copieux et que la pente est rude pour monter AUX ALLIERES et puis le chemin est encombré de rochers qu’il faut contourner…Un pas après l’autre,comme les montagnards, après les clapisses du SEYARE, il arrive au tournant du chemin surplombé par un rocher…il marchait lentement, la tête baissée, quand, d’un coup
LA PARISE (c’était la plus jeune de ses vaches ) fait un bond de côté.
« ALLONS, BON ! PARISE ! Qué que t’â »…Il la pique avec l’aiguillon, il crie, jure vitupère, rien à faire :
LA PARISE , au lieu de marcher droit,
LA PARISE recule et la vieille PILOUNE qui a toujours obéi recule aussi….
« AH ! BEN ! nous voilà beaux ! OH ! OH ! OH ! »…Il passe sur la gauche, les vaches se retournent et prennent la descente…il court, se place devant elles, leur tape sur le nez, tire d’un côté, de l’autre, crie » à revireu » »…PAS MOYEN DE LES FAIRE REMONTER.
Tout à coup, en bataillant pour les faire retourner, il lève les yeux, et là !…Ah ! mes amis !… Il voit UN ENORME LOUP NOIR QUI CLIGNAIT DES YEUX ET QUI LUI SOURIAIT.
Il n’avait rien , LE DRIEN, que son aiguillon, et contre un loup, un aiguillon, c’est bien peu ! ….Sans plus penser à tracasser les bêtes, voilà que la descente tout d’un coup lui fait fête….Si bien que
LA PARISE même, malgré sa jeunesse a bien du mal à le suivre….
En arrivant en bas, pâle et couvert de sueur, il rencontre LE MILE, son voisin qui montait justement abattre un arbre.
« Ah ! mais qué que t’â DRIEN ? T’auriâs pas veu le diâble ?
–Le diable, non, mais y a un loup sur le replat !
–In leu ! y a au moins cent ans que n’a pleu ! …attins »
LE MILE va chercher sa « drétâ », la hache à large lame qu’il utilisait pour tailler les poutres, LE DRIEN attache ses vaches à l’anneau scellé dans le mur de la cour, prend sa « martelle » qui forme masse d’un côté et fend le bois de l’autre . Ils montent sans bruit jusqu’au rocher repaire….mais là….pas plus de loup que de fraises en hiver !…Ils cherchent que te cherchent ….ne voient pas de loup, pas de trou, pas de trace du tout.
« Oh ! mais , DRIEN, t’auriâ pas deujeu in pô beu ? » demande LE MILE qui hausse les épaules….Il avait bien failli le croire ! Puis , continuant à grimper il se rend au bois sans se soucier plus…
LE DRIEN redescend vers ses vaches encore toutes fumantes de la course et de peur. Il leur frotte le dos avec de la paille, leur donne à boire un seau d’eau fraîche, leur donne une poignée de sel, ajuste la martelle sur le gros joug de frêne, prend l’aiguillon glissé entre les « joucles » et reprend la montée en regardant bien partout….car après tout, un loup, même parti, un loup, ça reste un loup !

Avant de s’avancer un peu près du rocher, il regarde deux fois : LE LOUP EST ENCORE LA !
En deux temps, trois mouvements, la martelle est déliée…LE DRIEN se retourne, la hache haut levée…le loup a disparu.
Alors notre DRIEN qui sait ce qu’on va dire monte jusqu’à la roche, regarde bien partout.
PAS DE LOUP, PAS DE TROU, PAS DE TRACE DU TOUT !
Pour un jour, c’en est trop ! Il redescend chez lui, met ses vaches « à la bade » et se prend UNE CUITE…qui l’endort au soleil juste devant la porte….Ce que LE MILE , en passant, constate en riant !..LE DRIEN ET SON LOUP ! ON EN RIRA LONGTEMPS !
Il en parle partout : au JOSEPH, au MARIUS
« Ah ! dis donc MARIUS, LE DRIEN, c’est bien ton beau-frère, tu devrais le surveiller ! Il voit des loups partout !…Il en avait soi-disant vu un sur les replats…Tu parles ! Il est ivre-mort devant sa porte à dix heures du matin ! Des loups de tonneau, oui ! Des loups de cave. »
Et le soir, quand les voisins se retrouvaient pour jouer aux cartes, tout le monde riait aux éclats : « Ah ! Ah ! LE DRIEN ! Il voit des loups de tonneau ! Il voit des loups de cave !… »
….OUI !…mais le lendemain, quand LE MILE est allé aux champignons, il est passé près du rocher….Machinalement, il a regardé…IL Y AVAIT UN ENORME LOUP NOIR QUI CLIGNAIT DES YEUX ET QUI LUI SOURIAIT ! ! ! ! !
Là, c’était différent, il ne buvait jamais trop….Il redescend en appelant :
« Eh ! DRIEN ! Ton loup, je l’ai vu ! MARIUS ! JOSEPH ! ! JULES ! ! ! Venez vite ! Le loup existe bien ! »
Chacun prend ce qui lui tombe sous la main pour aller chasser le loup : une pique, une pioche, une fourche, une faux….et les voilà qui montent le long du chemin…
Au tournant du chemin surplombé par le rocher, ils regardent :RIEN ! Ils fouillent partout :
PAS DE LOUP, PAS DE TROU, PAS DE TRACE DU TOUT !…

 suite plus tard….

Ecologie, point trop ne faut!!

22 février 2011

une biche éventrée à quelques mètres de la maison de mes petits-fils…

Naturel pour les ayatollahs de l’écologie…

Que ces extremistes nous expliquent, nous qui avons connu l’angoisse de ne pouvoir nourrir 2 milliards d’habitants avant la venue des engrais, comment ils comptent sauf à transformer le monde en un gigantesque mouroir nourrir les 10 milliards qui s’annoncent. 

Pour éviter de gaspiller 

D’accord ! d’accord ! 

Pour trier et recycler 

Encore d’accord ! 

Acheter sans emballage                                            (gare aux microbes)

Là, je crois, ce n’est pas sage. 

Porter des sacs à bout de bras 

Quand des caddies sont faits pour ça 

Se laisser imposer légumes 

Par un de ceux qui les fument 

Où est passée la liberté ? 

A chaque cochon sa pâtée !… 

La viande c’est trop d’énergie… 

Ben voyons ! Allons sucer les pissenlits ! 

….Et laissons les loups nous dévorer 

charcuterie parisienne (au moyen-âge?)

22 février 2011

Il y a à PARIS
Une rue des barbiers
Il y a à PARIS
Une rue bien pavée.

Il y a à PARIS
Une rue pour gourmands
Il y a à PARIS
Des pâtés excellents

Dans la rue des barbiers,
Il est un atelier
Dans la rue des barbiers
On peut se faire raser

Dans la rue des gourmands
Il est un charcutier
Dans la rue des gourmands
On peut se délecter.

Au fond de l’atelier
Se dressent des blaireaux
Au fond de l’atelier
Brille un rasoir couteau.

Goûtez à mes pâtés
Et à mes saucissons
Vous serez enchantés
Bien plus que de raison.

Entrez, mon doux ami
Confiez-moi vos cheveux
Bientôt tombe la nuit…
Oh ! Quel coup malheureux !

Au fond de l’atelier,
Une porte est ouverte
Au fond de l’atelier
On voit le charcutier

Si tu montes à PARIS
Garde bien tes cheveux
Si tu montes à PARIS
Méfie-toi malheureux.

N’entre pas sur le soir
Au fond de l’atelier
Un bon coup de rasoir
Et tu deviens pâté

Lettre de celui qui est parti

21 février 2011

……………………. A CELUI QUI EST RESTE

Nous nous sommes assis sur le même pupitre
Et nous avons pissé dans le même urinoir
L’un de nous a parfois « un brison » fait le pitre
Alors que la maîtresse ne pouvait pas nous voir.
Lorsque nous arrivions devant le grand portail
Le dos un peu chargé de tout notre attirail
Nous avions déjà trait deux vaches et quatre chèvres
Bu un grand verre de lait qui maquillait nos lèvres
Lavé en toute hâte nos mains, notre visage
Changé de pantalon, employé le cirage
Et marché un long temps jusqu’à la classe unique
Où à lire, à écrire, à dessiner l’AFRIQUE
On devait arriver bien sûr, en tous les cas,
A décrocher un jour notre certificat.
Et puis fut dépassé ce moment de latence
Et chacun de choisir comme il peut comme il pense
Un métier pour la vie et de quoi se nourrir.
La terre était étroite, on y voyait venir
A grands pas, de plein jour l’ombre de la misère.
Quelque soit mon amour, que fallait-il donc faire ?
Rester, c’était mourir, il fallait s’en aller.
Tu n’as pas fait ce choix ? Qui pourrait t’en blâmer ?
Ton père t’avait offert un tracteur rutilant
Tu t’es cru devenu un seigneur tout puissant
Sur les cendres de ceux que MANSHOLT a broyés
Ton tracteur a fauché, ton art s’est déployé.
Pour tenter de survivre malgré l’adversité
Tu as développé le tourisme d’été,
Le tourisme d’hiver, et tant pis pour le blé.
Pour soigner tes tracteurs, tu coupes tes forêts
Et un petit terrain tu cèdes chaque année.
Tu élèves des jailles et tu jettes du lait
Quand en faisant tes comptes, tu trouves stupéfait,
Que tu as dépassé le chiffre des quotas.
Tu m’en veux quelque peu d’être parti de là.
Crois-tu donc que partir est un acte de joie ?
Crois-tu donc que chacun ne porte pas sa croix ?
Je pourrais à mon tour, jalouser ton état :
Tu es libre, mon « frère » et tu n’obéis pas
Tu diriges ta vie, tu prends tes décisions
Tu choisis, tu assumes, tu vis sans oppression.
Et si, quand je reviens au lieu de notre enfance,
Nous ne retrouvons plus la même connivence
Peut-être nos ruisseaux ont-ils bien trop coulé
Chacun dans une pente et une autre vallée.
Où je vois dans la terre héritage sacré,
Tu ne vois que moyen de croître et prospérer.
Autant que je le peux, j’évite de gêner
Ton travail : je sais trop combien il faut « marner »
Pour extraire du sol le droit de subsister
Au tourisme non plus, je ne fais concurrence
Je ne loue, ne vends rien, en gardant l’espérance
De pouvoir de retour sur le lieu des ancêtres
Des fatigues d’un an tranquille me remettre
Est-ce trop demander ? ? Les arbres que tu rases
Tu les fais dévaler par grumiers qui écrasent
Qui ébranlent et piétinent et en plus qui rognent
A chacun des passages, il faut bien que je grogne.
Les gens que tu amènes ,avec leurs grumiers
V’ététés
Quatre quatre
Lorsqu’ils viennent hanter les flancs de la montagne
Bien sûr devant chez moi qui passent et qui arragnent
Veux-tu que je te dise ?
Ce ne sont pas des pâtres
Dont les cloches joyeuses
Egayaient le pays

Je n’en suis pas ravi! 

salon de l’agriculture

20 février 2011

Ah! j’ai été heureux de voir hier midi ,la vache de Villard présentée au salon de l’agriculture.
J’ai été ravi de savoir que son nombre s’était multiplié dans les dernières années.
Pourtant j’ai regretté que la bête présentée ait été amputée de ses cornes… et le terme son lait « autorisé » pour la fabrication du vercors sassenage m’a paru un peu déplacé: au temps où Villard recevait à l’adret les têtes couronnées, OTTO DE HABSBOURG enfant se délectait déjà de cette friandise fabriquée uniquement par des villard de lans… Les « jailles »(vaches pies= montbéliardes et autres) importées par les théoriciens de la mort de la petite paysannerie étaient loin d’être là…
Eh bien voilà! la vache de Villard de Lans a survécu… et, qui sait? si on n’avait pas tenté de la détruire, le nombre des chômeurs petits-enfants de paysans serait peut-être moindre!

Mon salon, à moi, de l’agriculture (14) rayon sylviculture

19 février 2011

ARBRE DE POESIE

A tous les enfants,
A tous les amis,
Si un arbre se languit,
Choisissez gaiement
Poèmes chers à vos coeurs.
Comme des papillons, des fleurs,
Posez-les sur chaque branche
Du lundi au dimanche,
Afin qu’ainsi fleuri,
Au bout de la semaine,
Il exalte la poésie
Pour soulager la peine. 

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