Visite médicale

2 mars 2011

André est un fort bonhomme de cinquante ans.
Il n’a jamais été malade. Pas un jour d’absence sur le chantier, pas le plus petit rhume, pas la plus petite  grippe, même pas la moindre cuite : une force de la nature. Debout chaque jour à  cinq heures, travaillant sans relâche dix à  douze heures par jour, bon vivant, toujours content.
Mais, depuis quelques jours, il semble préoccupé, il tourne en rond, il parle seul, il est un peu bizarre.
Pourtant, il a toujours l’air de s’entendre avec sa femme, ses enfants sont trop grands pour lui faire souci…
A force de le voir comme une âme en peine, sans réussir à  le faire parler, on a questionné
la Germaine, sa femme. Elle n’a pas su dire grand’ chose, sinon que c’est depuis qu’il est allé passer cette visite où l’assurance l’avait convoqué.
Oh ! il avait bien hésité à  y aller, pensez donc ! il n’avait pas vu un docteur depuis son régiment, mais
la Germaine lui avait dit :  » Puisque c’est gratuit, ça coûte rien et ça te fera une sortie  »
Il était finalement parti guilleret : des fois qu’y aurait une jolie infirmière.
En poussant la porte, il avait senti comme une petite inquiètude : que diable était-il venu faire dans cette galère ?
Dès qu’il fut entré, son malaise s’amplifia. Une femme était là , ni jeune ni belle, en blouse blanche, qui lui demanda son nom.
Elle avait sorti un questionnaire :
Toute ces questions qu’elle posait en prenant bien soin de dire d’abord le mot savant, avant de traduire en langage ordinaire (le mal de tête, il paraît que c’est une céphalée ! ! ! ! !) André se sentait devenir tout chose. Bien sûr qu’à  un moment ou un autre il avait eu un peu mal à  la tête ou à  un genou, ou… mais on ne se plaint pas parce qu’un pet vous roule par le ventre !…  » même si c’est seulement de temps en temps, il faut en parler : à  votre âge, le moindre bobo insignifiant pour vous peut devenir une maladie grave  »
André fut prié de se déshabiller dans une espèce de placard si étroit qu’il avait peine à  s’y retourner, faut dire qu’il fait son poids, l’André !
« Montez sur la bascule, s’il vous plaît….Oh !oh ! cent sept kilos ! MAIS C’EST BEAUCOUP TROP DE SURCHARGE PONDERALE ! ! ! A votre âge, monsieur, il faut se méfier, cela pourrait vous jouer un très mauvais tour !….bien entendu, vous ne faites pas de régime ? Pensez-y !
…VOUS FUMEZ ! ! ! Ce n’est pas bien , vous savez, un cancer du poumon, ou de la gorge, à  votre âge, monsieur, ça ne pardonne pas !
ET EN PLUS, VOUS BUVEZ DE L’ALCOOL ! ! !Alors, Monsieur, on peut dire que vous jouez avec votre santé…Soufflez quatre litres d’air…Bon ! pour l’instant, les dégâts ne se font pas trop sentir, mais A VOTRE AGE il faut être plus prudent !…Voyons la tension…17 / 12…c’est beaucoup ! A votre âge, vous pourriez bien faire une attaque et rester paralysé ! Pensez-y il faut changer votre mode de vie….Avez-vous apporté votre flacon d’urine ?…Voyons …(elle trempe un papier dans la fiole)…DES TRACES DE PROTEINES ! c’est ennuyeux , vous savez, à  votre âge ! ! ….Vous n’avez pas apporté de matières fécales ? Dommage ! vous savez, il faut les faire surveiller : un cancer du colon ou un polype qui tourne mal, à  votre âge, c’est fréquent, surtout chez des gens qui ne consultent jamais leur médecin….Voyons les yeux… vous n’avez pas encore pensé à  consulter un oculiste ? A votre âge, il faut surveiller cela de près sinon la vue baisse vite ! (l’auscultant) Toussez !Ne respirez plus ! respirez à  fond…CE PETIT SOUFFLE AU COEUR ? VOUS L’AVEZ DEPUIS VOTRE ENFANCE ?…Vous devriez consulter un cardiologue au moins une fois par an, parce qu’à  votre âge cela pourrait empirer rapidement….
EH BIEN ! VOILA ! André qui était en pleine forme le matin même est sorti du dispensaire le dos voûté comme chargé de dix sacs de ciment et depuis, il se traîne, il tourne en rond.
Vous avez bien compris, j’espère, que ces visites gratuites, ce sont celles qui coûtent le plus cher ? ! ? ! ? ! ! !

Allez-y quand même, mais prenez du prozac avant!!

Soins paliatifs (version paysanne)

2 mars 2011


Le blé pousse dans le champ emblavé
Mon petit-fils commence à  parler
Le chirurgien dit qu’il faut m’opérer
Tout est bien, tout est bon, tout est sauvé

Mon poulain s’est laissé débourrer
Ma petite fille jase dès le lever
La chimio ne va pas m’ébranler
Tout est bien, tout est bon, tout va aller

Ma Marquise vient de vêler
Mon fils peut se débrouiller
Ma barbe tombe par poignées
Tout est bien, tout est bon, tout est soigné

Le blé mûrit,
Mon petit-fils grandit,
Manon court sur les pavés
L’avenir, l’avenir est assuré,

La morphine est bien dosée
Tout est bien, tout est doux
Comme sur la fleur, la goutte de rosée
Chaque jour est un cadeau

Un baiser sur la joue :
Demain il fera beau 

La bicyclette

2 mars 2011

Il avait juste cent ans quand le vieux père G… pensionnaire de la maison de retraite de Vinay a tenu à me raconter cette histoire :
Ma grand’mère avait dix-huit ans quand on lui a offert une bicyclette. Elle était fière, ma grand’mère d’aller de Chasselay à ST Marcellin ou à Vinay. Mais elle n’avait pas prévu les ennuis que cela lui apporterait : le curé du village la rencontrant s’avisa qu’en pédalant elle découvrait ses chevilles. « SCANDALEUX ! Tu voudras bien abandonner cet engin sinon je ne te reçois plus à l’église »
Qu’à cela ne tienne se dit ma grand’mère, j’irai à Vinay. Ce qu’elle fit trois dimanches de suite, cela alerta le prêtre .Il vint demander pourquoi elle ne venait plus à la sainte table. Apprenant qu’elle se rendait à Vinay, il fit en sorte que l’archiprêtre de la paroisse la refoule dans son village.
Ma grand’mère était très pieuse, comme toute la famille, un de ses oncles était d’ailleurs prêtre. Elle fit part de son désarroi à ce parent qui intervint auprès de l’évêché afin qu’une mesure générale de clarification fut établie. L’évêque considérait qu’il fallait bien vivre avec son temps et le fit savoir . Ma grand’mère put donc retourner à l’église.
Mais un an plus tard, elle rencontra le curé à bicyclette.
« Oh ! Monsieur le Curé ! on voit vos chevilles !
_Oui mais j’ai besoin de ma bicyclette pour aller voir mes paroissiens !
Moi aussi, dit-elle j’en avais besoin pour trouver un fiancé ! »
Elle n’a paraît-il jamais compris pourquoi quand il la rencontrait !ensuite il lui faisait la tête 

Vie politique

1 mars 2011

Un sapin orgueilleux
Au flanc d’une montagne
Tendait un chef audacieux
Comme un mât de cocagne.
« Regardez, disait-il, j’ai du coeur,
Je suis vert. Je suis sage,
Je tutoie les nuages.
La terre, quel malheur,
Est de triste couleur. »
Lasse de ce mépris,
La porteuse ouvrit
Un minuscule col.
Le vent y prit son vol
Et d’un coup abattit
Le grand arbre maudit.

Ainsi bien trop souvent
Nos bons législateurs
D’un regard méprisant
Toisent les électeurs,
Lesquels, en s’abstenant
Les rendent ….spectateurs ! 

Soirée dansante

1 mars 2011

Comme un elfe bondissant
Dans un val de verdure
Comme un feu dévorant
Dans un écrin d’eau pure
Comme un flocon blanc
Dans le divin azur
Ici et déjà  là 
Tu dansais ce soir-là
Et moi, lourdaud, figé
Devant tant de beauté,
Je te regardais
Bouche bée ! 

La lecture à copier

1 mars 2011

J’aime beaucoup les salles d’attente: cela me permet de radoter sans risque d’être découvert: les histoires que les gens entendent sont nouvelles pour eux…

Cet après-midi, j’ai commencé l’histoire d’Hubert pour une charmante dame … que le médecin est venu chercher avant la fin… Elle va donc peut-être la trouver ici! 

Tout était silencieux dans la classe… On entendait les mouches voler… Beaucoup écrivaient, 3 petits étaient à genoux sur l’estrade, les mains sur la tête. Le premier avait glissé son doigt dans l’encrier, puis l’avait retiré… l’encrier avait suivi un instant et…SPLASH!

« A genoux! les mains sur la tête! »

Le voisin avait éclaté de rire à la vue du désastre.

« A genoux! les mains sur la tête! »

Le troisième s’était trompé, alors comme il ne devait pas utiliser la gomme, il avait humecté son doigt et frotté<< trou!

« A genoux! les mains sur la tête! »

La maîtresse s’approcha des grands de FIN D’ETUDES pour leur expliquer comment MARIE ANTOINETTE était la cousine de MARIE THERESE (non! pas les voisines! tout le monde sait que le grand-père de l’une est le frère de la grand-mère de l’autre!) ces princesses que les rois allaient chercher en Autriche ou en Espagne pour être leur reine.

C’est à ce moment qu’Hubert sentit qu’un de ses ongles accrochait… Un coup de dents et PFUTT! Du coin de l’oeil la maîtresse l’aperçut: »OH! BIEN SUR! Hubert, cela ne l’intéresse pas! il est bien au-dessus de tout ça! ». La voilà qui lui fait une scène digne de la crise de jalousie d’une femme qui aurait senti une autre odeur que celle du fumier sur le col de son mari… Hubert aurait bien aimé expliquer que c’était juste un bout d’ongle qui dépassait… Mais allez donc vous expliquer avec ce genre de mégère!ç’aurait été pire: elle aurait convoqué son père qui aurait sorti le perpignan, vous savez, le gros fouet de labour des chevaux, et ça aurait claqué! …et puis, il aurait fallu aller se confesser, écouter un curé à demi fascisant expliquer que les adultes ont toujours raison, même quand ils ont tort…

« TU COPIERAS DEUX FOIS TA LECTURE! »

Alors, Hubert a copié, 2 fois la lecture, mais il avait laissé des fautes….A RECOMMENCER!! et le lendemain, et le surlendemain, et ainsi pendant trois semaines…

Alors, maintenant, quand Hubert entend parler des bienfaits de l’école d’autrefois, il sent soudain son ventre gargouiller… NE RESTEZ PAS DEVANT! NE RESTEZ PAS DERRIERE!! C’est la double lecture qu’il n’a pas digérée.

L’histoire du Phonse

28 février 2011

Le Phonse était un pauvre gamin qui vivait il y a longtemps dans une vieille hutte en bois où l’eau rentrait de partout. Sa mère était une servante boiteuse qui ne gagnait que quelques sous et son père ouvrier agricole buvait sa paie sans rien gagner…Mais le Phonse était dégourdi! Il était sur ses 4 ans à la tête d’une bande qui braconnait dans les bois, pêchait à la main au ruisseau… Le curé voyant son intelligence pensa que s’il s’en occupait, il pourrait peut-être devenir un prêtre , pourquoi pas? Le Phonse donc apprit à lire et il y trouva du plaisir, il lisait tout ce qu’il trouvait… Et c’est ainsi qu’un vieux grimoire un jour lui tomba sous la main. Il l’étudia , le réétudia, l’apprit par coeur et chose étrange, lui qui n’éprouvait aucun intérêt pour les travaux de l’élevage se mit à soigner des poussins, des poussins noirs, des poules noires…et, le soir, par les nuits sans lune, il sortait en criant « POULE NOIRE! POULE NOIRE! »

Dans le pays, les sales langues se mirent à jaser sur lui : »voilà ce que c’est que de lire: c’est sa cervelle qui a bouillu! ». Cela dura plusieurs années, puis voilà qu’une nuit, une nuit noire de novembre, sans lune et pleine de brouillard, le Phonse cria rien qu’une fois: »POULE NOIRE! » et le silence s’étendit…

Le lendemain c’est aux Vignettes , le château du seigneur voisin qu’on retrouva le Phonse tout revêtu d’habits dorés, la châtelaine lui faisait doux yeux, le châtelain le respectait, les femmes à sa vue se sentaient comme attirées par un aimant et les hommes ne pouvaient en aucun cas lui résister.

LES FEMMES? il en a choisi quatre: la plus forte pour travailler, la plus douce pour le caresser, la plus belle pour l’accompagner et la plus riche, ben, ….il l’a épousée! Elle lui donna un fils qui fréquenta les beaux milieux mais qui se posait bien souvent des questions sur ses parents…

« Père, on m’a dit que c’est secret, votre fortune d’où vient-elle?

_ Mon fils en aucun cas, tu ne dois t’aventurer au fond du jardin des buissons »

Il y avait au fond du jardin une zone impénétrable où les buissons enchevêtrés protégeaient on ne sait quoi….

De l’argent autant que l’on veut, des femmes autant que l’on désire, ça vous use un homme en moins de temps qu’il ne faut pour le dire… Le fils n’avait pas 20 ans que la mort s’approcha du Phonse…

« _Père je vous en supplie, dites-moi votre secret….

Le Phonse voulut se redresser… man … dra… g….. » mais retomba mort d’un coup… Pas moyen pour le fils d’en savoir plus… Mais moi j’ai retrouvé le grimoire et reconstitué l’histoire: La MANDRAGORE est cette plante que le diable  dans la nuit, si vous lui offrez une poule noire, sans vous laisser surprendre, doit vous donner. Ainsi pendant toute la vie, vous aurez de l’argent à la pelle, les femmes vous adoreront, les hommes vous obéiront… et cela jusqu’au terme, où le diable reprend sa mise…

Le Phonse donc se présenta à la porte de l’enfer.Satan fut ravi de le voir et voulut le précipiter dans les flammes, mais… Le Phonse était malin… » _ Où donc se trouve le registre? je suis sûr que comme dans les bons hôtels il en est un devant l’entrée… Je sais écrire et je pourrai mettre mon nom comme il se doit… _ C’est vrai que toi tu sais lire….voilà! tu peux bien t’inscrire. »

Avec un morceau de fusain, le Phonse a écrit son nom… et en face il a signé en dessinant UNE CROIX!!! Le registre s’est enflammé, le diable a fui à l’horizon… Et le Phonse était sauvé!

C’est depuis que sur la butte où le Phonse est né on a donné pour le village le nom de SAINT PHONSE (ST FONS) … si quelqu’un vous raconte que cela vient de cent fontaines ne le croyez surtout pas!

Souplex?

28 février 2011

Il paraît que c’est la mode à Paris de dormir dans une cave…

J’ai l’impression d’avoir été à l’avant-garde: il y a moultes décennies,nommé dans une commune qui avait prévu que ses instituteurs seraient tous en « poste double », on ne trouva pour nous loger moi, puis nous puisqu’ j’allais me marier dans l’année, qu’une chambre de neuf mètres carrés… Avec WC sur le palier et lavabo intégré…

Certes c’était mieux que les logis de mes élèves qui, en majorité, vivaient en caravanes, et parfois encore moins bien, dans des vieux cars aménagés, ou dans des taudis indescriptibles, puisque leur père travaillait à la remise en marche de la raffinerie qui avait sauté en janvier de l’année précédente…  lorsque le lit était ouvert, on ne pouvait guère bouger… C’est alors que nous vint l’idée: la cave était assez spacieuse 3×2,5 m pourquoi ne pas l’aménager?

C’est ainsi qu’à notre départ,pour un logement HLM, car le bébé qui allait naître aurait eu du mal à trouver sa place, le garde champêtre a ô surprise! découvert que nous avions si bien entretenu les lieux QUE MEME LA CAVE ETAIT PEINTE!

EN HLM UN ENSEIGNANT!!! Les voisins que leurs usines avaient logé dans le bâtiment nous tiraient la gueule (prendre le logement d’un ouvrier!!) et cela durant deux années… Mais voilà que la loi changeant on fit payer des surloyers à tous les salariés « aisés »… Mes voisins pour la pétition, vinrent frapper à notre porte, mais voilà , en sortant nos fiches de paie, ils découvrirent médusés qu’ils gagnaient tous bien plus que nous…. ce qui changea leur attitude…

Car les privilégiés ne sont pas forcément ceux qu’on croit…

Coup de gueule

28 février 2011

« Le retour des couches lavables »

Décidément, on ne sait plus comment retourner à la préhistoire!

Quel plaisir peut-on trouver à faire des infusions de merde à chaque change si on ne veut pas jouer dans la fermentation!!! A la moindre gastro douze couches par jour ! A ce régime les eaux vannes seront dans les eaux usées. Assez de délires, messieurs les intégristres écolos, habitants des villes ouatées, à la recherche de difficultés! Trouvez-vous un coin de brousse et cessez de nous em…..

La bella gente (film)

28 février 2011

Nous avons vu  »La bella gente » dans une salle intimiste…

Toute la nuit, j’ai ressenti

La profonde révolte éprouvée

 En voyant comme sous le vernis

Restent ancrés les préjugés.

Faire le bien et même plus

Personne ne le demandait

Mais l’être aidé, le secouru

De se défendre bien droit avait

Il n’était point pour ça la chose

De la patronnesse matrone

Pute peut-être mais pas conne

Victime de la vie morose

Trompée par proxénète

Et battue comme une bête

Avait un coeur elle aussi

Et des rêves dans sa vie

Des rêves OUI MAIS PAS ICI

BA d’accord mais sans soucis

LE DIABLE C’EST VRAI A BIEN RI!!!!!

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