Le sauze

10 mars 2011

 

Il est coutume dans notre région

Quand  amoureux garçon

D’une déesse, par un rival

Dans le cœur désiré, est surpassé

Au soir des noces, avant le bal,

Que les hommes du canton

Portent au délaissé

Une branche de saule ou de peuplier

De « sauze » chez nous dit-on,

Censé symboliser

L’éternel chagrin

Eprouvé le matin.

Planté

Et arrosé

De bonne gnôle raide

Le scion très souvent

S’étiole lentement

Mais si la branche laide

Prend racine en arbre

De deuil inexpiable

Elle devient le gibet sombre

De l’inconsolable.

Le combat

9 mars 2011

Si le combat mortel
Pour un autre soleil
Aux yeux de tes semblables
Rend suspects tes neurones
Il sera bien probable
Qu’un docte professeur
Au fil du téléphone
En aimable colleur
D’étiquettes futiles
T’octroiera l’honneur
D’une épithète vile
Néglige l’anathème
Dans sa légèreté
Laisse BROYER…
Qu’importe que l’on sème
Le doute dans les âmes
La graine des fantasmes
Laisse les .ons douter
De tes capacités
Le pain dur du combat
Est fait d’un autre blé !
Du noir, ne broie pas :
Entier ou en lambeaux
En cendres s’il le faut
FRAPPE ! !

Le rêve de Picou

9 mars 2011

« J’aime pas ma maîtresse, c’est une sorcière ! criait PICOU. Elle a des grosses fesses, une bouche en soupière. Son nez est crochu comme un bec . Ses yeux lancent des éclairs, sa baguette fait que siffler dans l’air. »
Pendant qu’elle parlait, un vieux monsieur la regardait en remontant ses lunettes pour mieux voir la fillette.
La maman de PICOU voulait calmer sa fille en lui disant des choses gentilles.
« C’est une sorcière ! criait encore PICOU : elle a des crapauds sous la peau de son cou ! Elle crache ses mots en hurlant comme un loup. Elle sent la sueur et le mauvais ragoût ! »
Après qu’elle eût fini de proférer ses plaintes, le monsieur s’avança et prit dans ses mains jointes les deux mains potelées de l’enfant en colère. Il confia en secret à la petite oreille : « Ce soir, prends ton cartable, tes crayons ; devant la glace, tu devras loucher en répétant trois fois VARONTRON » Puis il disparut au coin de la rue. La maman n’avait rien entendu : le monsieur devait être un sorcier…..
Le soir, à la maison, PICOU ne pensait plus au vieux monsieur qu’elle avait entrevu, mais, en sortant de la salle de bains où elle venait de se doucher, alors que sa maman disait : « Va te coucher », ce souvenir lui revint.
Elle hésita un peu, puis saisit son cartable et ses crayons épars sur le coin de la table, se tourna en louchant vers le miroir installé pour coiffer ses poupées, et, en tremblant un peu comme pour une bêtise, elle répéta trois fois : « VARONTRON, VARONTRON, VARONTRON »
Elle sentit dans sa main de l’électricité et lâcha brusquement et cartable et crayons….
En entendant du bruit, maman vint aux nouvelles, mais PICOU n’osait pas avouer pourquoi elle avait laissé tomber sur le sol les objets…
« Ils sont tombés pendant que je rangeais. Je ramasse, dit-elle »
Et puis, elle se glissa sous la petite couette, la lumière baissa et commença la fête.
Le petit crayon gris qui se cassait sans cesse, la faisant chaque jour accuser de paresse, se dressa sous ses yeux un peu éberlués, dansa comme un ballet sur le coin de la table avant de s’approcher de son blanc oreiller, pour lui murmurer d’une voix aimable : » Demain je serai sage, on va bien travailler. »………Il retourna ensuite rejoindre ses copains pour chanter avec eux un très curieux refrain :
Varontron, varontron, varontron,
Nous sommes les crayons
Varontrou, varontrou, varontrou
Les crayons de PICOU.
Le crayon vert , se leva et se mit à dessiner des brins d’herbe.
La chambre aussitôt devint un champ où pâtres et pastourelles défilaient en chantant pendant que des moutons dormaient près des buissons.
Varontron, varontron, varontron
Dit le crayon marron
Mes œufs en chocolat
Sont très bons ! sont très bons !
Le champ soudain changea : il devint lieu de quête, où des enfants en fête cherchaient deci delà, dans chacun des recoins, ici tout près, très loin, de rondes friandises.
Le crayon violet, bien sûr toujours discret, se cacha pour semer de minuscules taches dans la haie…Et , de tous côtés, on vit surgir des fleurs très colorées, pendant que le plafond couvert de crayon bleu devint un ciel joyeux.
La trousse tout à coup, déversa des objets en folie. La colle que le compas avait percé, dégageait un parfum enivrant, pendant qu’elle formait une mer en coulant. Son tube aussitôt vogua au milieu des courants, son mât-compas dressé, sa voile de papier par tous les vents gonflés. Du scotch, les deux rouleaux se transformèrent en pédalo, cependant que bientôt on entendit les refrains de marins embarqués pour des pays lointains. Les ciseaux, à leur tour entrèrent dans la danse et jeunes valseurs groupés en ribambelles surgirent de leur lame et emplirent la plage de musique et de joie.
Soudain, la gomme survint, grande, fière, altière, et arracha d’un coup le décor éphèmère.
Le noir alors revint, égayé seulement par le chant des marins apporté par le vent.
Quand revint la lumière, au bout d’un long moment, on vit une sorcière debout sur un banc. Elle était enchaînée par des lianes enroulées….mais on voyait cependant à qui elle ressemblait. Mille petits lutins autour d’elle assemblés allumaient un grand feu. Ils dansaient à qui mieux-mieux au son d’une musique extrêmement bizarre.
Le premier se détacha et cria : « TU ES EN RETARD !» Il saisit un bâton, menaça la sorcière.
Le second s’avança et frappa son derrière……. Deux gros coussins en churent. Tous s’approchèrent et vinrent lui faire des reproches….

…Mais voilà que soudain, tous ensemble ils s’arrêtent : ils ont vu dans le coin, de dos la silhouette d’un monsieur qu’ils connaissent…et craignent sa colère.
« Monsieur le Directeur ! chuchotent les lutins…et l’on voit arriver, marchant à reculons, l’homme qui fait trembler tous les petits mutins.
D’un coup, il se retourne…IL A UN GROS NEZ ROUGE ! ! ! son costume, noir au dos, devant est arlequin et il ne gronde pas : il prend un air malin.
Il donne aux enfants, pour la ronde, la main… puis il va arracher le masque de sorcière dont l’immense bouche évoque la soupière et dont le nez en bec a tant terrorisé.
Commence alors pour tous, une danse endiablée.
La maîtresse est bien là, ah ! mais si différente ! belle et souriante… on ne peut que l’aimer.
Elle arbore un sourire qui réchauffe le cœur et les petits lutins s’asseyent de bon cœur
On va compter, dit –elle, maintenant jusqu’à vingt et après, vous verrez, ce sera le matin. »
Tous se mettent à compter….Au moment où PICOU relevant la tête du coussin, déclare d’un ton ferme après s’être étirée : « Aujourd’hui, c’est bien sûr, je vais bien travailler ! » 

Cling, la petite cloche

9 mars 2011

CLING était une petite cloche qui aimait bien qu’on la caresse : ça lui faisait battre le cœur, et alors, il fallait l’entendre chanter : « cling ! cling ! cling ! cling ! »…Le matin, pour réveiller les enfants, à midi, pour le déjeuner, à quatre heures pour le goûter, à huit heures pour le coucher.
Mais voilà qu’un matin, c’était un jeudi noir d’octobre, CLING n’a plus vu sa maîtresse venir la caresser comme d’habitude et elle a attendu vainement sa venue toute la journée. Elle avait disparu….Elle fut soudain très triste et se mit à pleurer, et ses larmes, en tombant, faisaient : clong ! clong ! clong !…Il n’y avait pas de bruit dans la maison : sa maîtresse avait DEMENAGE A
LA CLOCHE DE BOIS.
Alors, CLING a décidé d’aller à la recherche d’un emploi. Elle a marché sans bruit, en retenant son cœur. La porte était ouverte.Comme elle arrivait dans le jardin, elle entendit pester, c’était le jardinier : « Mais où est donc passée cette cloche de malheur ?» Alors, CLING sentit son cœur bondir de joie et elle accourut : cling ! cling ! cling ! cling ! ….Le jardinier la regarda : « Ce n’est pas de toi que j’ai besoin, je cherche ma CLOCHE A SALADE »…La petite cloche en fut tout attristée…clong ! clong ! clong ! clong ! ….Mais elle était courageuse, la petite CLING, le chômage, elle le refusait, elle n’était pas décidée à FINIR A
LA CLOCHE.Elle cherchait un emploi,être repoussée par le jardinier,c’était vraiment TROP CLOCHE….Elle continua donc sa recherche.En passant dans la rue, elle vit deux dames qui parlaient. CLING ne comprenait rien à leur histoire, mais, soudain, elle entendit, et cela la fit bondir de joie : « J’aimerais entendre UN AUTRE SON DE CLOCHE» CLING arriva en chantant à tue-cœur…juste au moment où la deuxième disait : » Je vais FAIRE SONNER
LA GROSSE CLOCHE »…Alors, CLING comprit que l’emploi n’était pas encore pour elle…clong ! clong ! clong ! clong ! …Mais CLING n’allait pas se désespérer longtemps, elle continua à chercher : elle trouverait bien quelqu’un pour l’employer…
En passant devant la boutique de vêtements pour enfants, une petite fille trépignait : « Je veux une JUPE CLOCHE ! » CLING ne savait pas ce qu’était une jupe, mais puisque la petite voulait une cloche, elle serait là ! elle serait à son service, et, quand elle la caresserait, son cœur battrait de joie : cling ! cling ! cling !
CLING entra, roula aux pieds de la petite fille et entonna son plus beau chant de joie : clingg ! clingg ! clingg ! clingg !…Hélas ! LA petite capricieuse ne comprit pas et la posa sur une étagère…. « Je veux une JUPE CLOCHE » répètait-elle. CLING comprit…clong ! clong ! clong !
Comment faire, quand on est cloche pour descendre d’une étagère et continuer à chercher ?
Heureusement, la vendeuse l’aperçut et se dit : « Quelqu’un a dû l’oublier…je vais la placer devant la porte… on reviendra la chercher » CLING aussitôt roula sans bruit en retenant les battements de son cœur et repartit chercher du travail…
Justement, au moment où elle sortait, un monsieur tout rouge et gesticulant se trouvait sur le trottoir : « Je vais leur SONNER LES CLOCHES ! vocifèrait-il »… CLING n’était pas très rassurée : le monsieur avait l’air très en colère, mais elle s’approcha tout de même avec un peu d’espoir, mais, sans la voir, le monsieur lui donna un grand coup de pied. Elle eut très mal, la petite cloche, et elle pleura longuement : clongggg ! clonggg ! clonggg ! clongg ! clong !…Mais elle était courageuse, elle repartit en quête d’un travail.C’était plus difficile : le monsieur lui avait fait mal à la jambe : elle avançait A CLOCHE-PIED !
Au bout d’un moment, elle arriva devant un restaurant. Justement, à ce moment-là, un groupe de personnes arrivait. Elles étaient très excitées, très joyeuses. CLING tendit l’oreille : auraient besoin d’elles ?…Ce qu’elle entendit lui glaça le sang : « ON VA SE TAPER
LA CLOCHE ! » Cling se fit toute petite pour pleurer : clong… !
Pendant ce temps, elle attrapait au vol des bribes de conversations : « C’est CLOCHE tout de même !…il y a QUELQUE CHOSE QUI CLOCHE….Chaque fois, elle arrivait : cling ! cling ! cling ! cling !….On la regardait sans comprendre : QUI N’ENTEND QU’UNE CLOCHE N’ENTEND QU’UN SON !
Elle chercha longtemps, notre petite cloche…Elle entra même à l’A.N.P.E….Là l’employé consulta ses registres : « Voyons ! cafetier…cireur…classement…CLOCHE ! oui ! on cherche des CLOCHES chez les plongeurs »
CLING n’hésita pas et prit le train pour se rendre à la mer…mais les plongeurs souhaitaient UNE CLOCHE DE PLONGEE….un caisson quoi !
Alors, la déprime survint. CLING pleurait toute la journée. CLONGGGG !CLONGGGG ! CLONGGG ! CLONGGG ! CLONGGG ! CLONGGG !
…..UN musicien passa par là, l’entendit, cela lui apporta une idée géniale : il composa une opérette qui eut beaucoup de succès :LES CLOCHES DE CORNEVILLE….CLING devint son égérie, sa muse, son inspiratrice. Il la couvrait de cadeaux : des bijoux, des colliers, des perles…il lui offrait tout ce qu’elle voulait, et elle, qui était gentille, partageait avec tout le monde, mais elle le faisait en secret…
C’est pourquoi, parfois, au printemps, après le passage de CLING, on trouve des friandises dans le jardin 

Les vêtements et moi (3)

8 mars 2011

Une histoire vraie de mon enfance…



LA ROBE DE
LA MARIE

Le Gene était inquiet  ce soir du 15 mai, voilà-t-y pas que
la Marie était
revenue de la foire avec une belle robe neuve,une robe noire avec des perles. Il comprenait pas, le Gene, ce qui lui avait pris.
Toute leur vie, ils avaient économisé sou à sou ,et
la Marie était pas en reste en matière d’économie. Y en avait même qui racontaient qu’ils étaient un peu avares…
Alors, aujourd’hui ! ! ? ! Elle avait pas besoin d’une robe des dimanches :la sienne avait pas dix ans et elle était encore belle, elle l’avait bien soignée.
« OH ! BEN ! MARIE ! mais qué que t’â pré ? Te n’ayâ pas besoin ! »
(mais qu’est-ce qui t’a pris ? Tu n’en avais pas besoin)
La Marie avait baissé la tête,…et puis, dans la complicité de leurs quarante ans de vie commune, elle lui a avoué : « Côte, Gene ,Te siâ plus bien jouenne,te peurrè ben meuri yon di que tou jô. Alors me fallait ben na roba nére ! »
(Ecoute, Eugène, tu n’es plus bien jeune, tu pourrais bien mourir un de ces jours. Alors, il me faut bien une robe noire) Le Gene avait pas pensé à ça ! Alors c’était pour lui faire honneur qu’elle avait fait cette folie ! Il en avait la larme à l’œil !

Ce soir-là, y avait des tavants*. Les bauilles** avaient la gingue***.
La Jaille était chasseure****. le Gene les a détachées,elles ont sauté sur
la Parise.
La Marie a bien essayé de les éviter,mais elle était plus bien jeune non plus, et les bêtes l’ont piétinée.
En regardant
la Marie étendue sur le lit pendant la prière des morts,le Gene était bien fier qu’elle parte avec la plus belle robe de sa vie

* taons **génisses ***ruaient, sautaient, étaient très énervées
****
la Jaille était en chaleur 

Les vêtements et moi (2)

8 mars 2011

LE BLEU

Tout désorienté, JOSEPH, en débarquant à la caserne.
De partout des soldats qui vont, viennent, vaquent à leurs occupations. Des anciens, déjà, ont essayé de lui faire effectuer des corvées….Il doit aller au magasin (magasin? à Autrans il savait où se trouvent les magasins, mais là…??) pour recevoir sa tenue….mais où peut bien être cet endroit ? Il a beau regarder de toutes parts, il ne voit aucune enseigne. Enfin, il réussit à découvrir ce lieu où il échangera pour dix-huit mois sa situation de civil contre celle de militaire.
On lui fait essayer des vêtements…mais il a vite compris qu’il vaut mieux éviter de prétendre que c’est trop large ou trop étroit !Son camarade, avant lui ,a déjà reçu dans la figure un autre uniforme en échange de celui qui était trop juste…
A l’instant où il sort, un énorme sac sur le dos, il aperçoit JULES, son ami du village voisin avec lequel ils ont fait de bonnes bringues. Son visage s’illumine, enfin, il sera moins seul, moins abandonné !
« JULES ! Ah ça me fait plaisir de te voir ! « 
L’autre se tourne sur le côté, lui montre deux mauvais morceaux de laine rouge qui forment une flèche.
«Mettez-vous à six pas et saluez-moi ! «  

C’est ainsi que JOSEPH a compris que si l’habit ne fait pas le moine, l’uniforme tue l’amitié 

Et je suis bien d’accord avec lui: avez-vous rencontré en uniforme de policier votre voisin si sympa en civil?                          

Les vêtements et moi (1)

8 mars 2011

Chemise blanche et cravate 

Je ne sais pas pourquoi, je suis allergique aux cravates /chemises blanches… 

Est-ce parce que la plupart de mes inspecteurs en portaient ? NON !Je détestais déjà ce type de vêtements bien avant… Est-ce parce que cela représentait la tenue du dimanche ou des grandes occasions ? Il ne me semble pas : je n’ai pas de mauvais souvenirs de ces moments-là. 

Pourtant, le simple fait de rencontrer un porteur de cravate et surtout de l’ensemble chemise blanche/ cravate me met immédiatement sur mes gardes…Cela m’a même amené parfois à des attitudes inconsidérées ( ?!) comme faire campagne pour une candidate, plutôt que pour un homme aussi compétent mais… trop bien habillé à mon goût ; 

A force d’y réfléchir, j’ai fini par penser que cela remonte à ma petite enfance (freudien, bien sûr !!) : Mon grand-père était adjoint au maire, président du syndicat agricole… et conseiller personnel de beaucoup de gens qui venaient le consulter. Parmi les personnes qui déferlaient chez nous puisque quatre générations vivaient sous le même toit (dans trois pièces d’habitation, mais peu séjournaient longtemps dans les lieux en dehors des repas) il y avait des paysans, des artisans, des gens simples qui ne dérangeaient pas la vie de la famille, et puis, il y avait « les autres » ceux pour lesquels ma grand-mère handicapée et ma mère fragile devaient se démener pour recevoir avec les honneurs ces personnes importantes. Bien entendu, pendant que ces messieurs (candidats à élection, députés… patrons de fromagerie…) étaient là, notre place, à nous les petits, était à l’étable…Oh ! ce n’était pas désagréable : nos animaux faisaient un peu partie de la famille, et l’étable était le lieu le plus chaud de la maison… Mais nous devions attendre qu’ils partent… Moment où mon grand-père souvent, en nous retrouvant disait : « encore un qui cherche à nous entuber » 

Voilà donc pourquoi, malgré les objurgations de mes inspecteurs, je n’ai jamais porté de cravate/chemise blanche… Tout au plus, à la rigueur, une cravate grise sur chemise de la même couleur jusqu’en 68… Puis ayant définitivement décidé que ce cordon est le dernier symbole du carcan de l’esclave, j’ai jeté toutes ces flèches qui selon un humoriste indiquent l’endroit où se trouve l’intelligence des hommes… Ce qui un jour d’inauguration de ma nouvelle école m’a amené à présenter tous mes collègues à M. L’INSPECTEUR D’ACADEMIE en sous-pull rouge/ chandail noir sous les yeux horrifiés des disciples de l’habit… 

Arbre sacré

7 mars 2011

Il était autrefois, au pays des Indiens,
Un arbre millénaire, conseiller des Anciens :
Dormir sous sa ramure permettait de savoir
Comment se comporter dans le cas le plus noir.
…Ce que découvrant, un fringant missionnaire
Fit venir bûcherons : un millier, mercenaire,
Pour éliminer dans un fracas brutal
Cet objet d’un culte sûrement infernal.
Par dix-mille cognées, l’arbre fut attaqué,
Résista cependant près de vingt-cinq années,
Avant de se coucher, semblant expirer.
On scia dans son tronc de quoi édifier
Une église, pour messe chaque jour célébrer.

…Au premier cierge, au PREMIER !
L’église en cendres s’est trouvée.

Il restait une souche,
Et quoi que fît le prêtre,
Elle devint une couche
Où, secret de vieux maître,
Le SAGE allongé,
Fermant les yeux, peut-être,
Découvre Vérité
Et façon de mieux être. 

Automne

7 mars 2011

Journées lassées
Levers rocher
Cheveux de pluie
Barbe enneigée
Dents qui s’enfuient
Peau ravagée
C’est l’automne au verger
C’est l’automne en moi-même
Rien ne peut le changer
Nature est loi suprême

L’aventure de Mehdi

7 mars 2011


MEHDI était un petit garçon qui n’avait jamais peur de rien.
Chaque fois que sa maman lui faisait une recommandation, il se hâtait de la transgresser.
En plus, il adorait faire gronder ses sœurs chaque fois qu’elles faisaient une sottise.
Ce jour-là était la journée des contes.
Sa maman l’avait emmené à la bibliothèque où elle avait rendez-vous avec ses amies conteuses. Mehdi est bien resté un moment avec sa maman, mais, rapidement, l’envie de jouer s’est emparée de lui…La bibliothèque regorgeait de recoins où se cacher pour faire des farces…Maman écoutait une belle histoire, elle était très attentive…Mehdi se glisse dans l’escalier…Va-t-il sortir dans la rue ? C’est trop dangereux : la dernière fois un policier municipal l’a pris par la main et l’a entrainé jusqu’à un bureau où il a été obligé d’attendre que sa maman vienne le rechercher…Se cacher sous l’escalier ! Voilà l’idée !
Mehdi se glisse derrière une poubelle….sa maman lui avait bien recommandé de ne pas jouer vers les poubelles, ce n’est pas propre, mais des poubelles de bibliothèque, ça ne contient que de vieux papiers.
Mehdi regarde : on peut le voir !
Il s’enfonce derrière la deuxième, c’est trop étroit…il remue un peu pour être plus à l’aise..CLAC !
Une porte s’ouvre derrière lui. Un escalier ! quel beau terrain d’aventures ! Mehdi n’hésite qu’un instant.
Il descend une marche…regarde…rien ne bouge ! deux marches…trois…quatre…Alors d’un seul élan, Mehdi descend jusqu’au bas de l’escalier. A l’instant où son pied touche la dernière marche, CLAC ! ! ! Mehdi est enfermé dans le noir !
Mais Mehdi n’est pas de nature à se laisser impressionner. Il remonte l’escalier à quatre pattes et cherche, cherche vainement la poignée de la porte : Il sent bien une grosse serrure, Mehdi la sent bien sous sa main, mais pas de trace de poignée. Il serre de toutes ses forces cette grosse boite qui doit être la serrure, il s’accroche, mais il s’arrête bientôt : ses ongles cassés saignent et la porte reste fermée. De ses petits poings, Mehdi frappe très fort contre la porte, il crie, mais qui va venir le chercher là ?
En se retournant, Mehdi voit une petite lumière, comme un œil qui le regarde. Une énorme voix tonne :
« JE SUIS LE RAT-DIEU, BIENVENUE CHEZ NOUS ! »
Mehdi voit alors une forme, une forme arrondie avec une lumière brillante à la place de l’œil… Cette forme bouge…Elle s’avance , s’avance vers lui en dansant. C’est un énorme rat qui murmure des mots en cascade et qui vient lui serrer la gorge si fort que Mehdi croit qu’il va mourir…Alors Mehdi se débat frappe de toutes ses forces, ouvre grand ses yeux pour fusiller du regard ce rat qui vient l’empêcher de respirer. Vaincu, le RAT-PEUR, va se blottir dans un coin. Mehdi n’a peur de rien !
Au fur et à mesure que Mehdi le regarde, le RAT-PEUR diminue jusqu’à devenir minuscule ? Et comme par magie, la cave s’illumine.
Mehdi est au palais des rats de bibliothèque.
Il voit d’abord une salle où des rats à longs nez sont réunis gravement autour d’un minuscule bout de papier : ce sont les RATS-CHERCHEURS.
Plus loin, planté dans son sol comme une mauvaise herbe et vociférant, il voit le RAT-CISTE.Le palais est agencé comme une ville : une multitude de petites maisons au toit arrondi se regroupent le long de rues : Rue des RATS-HISTORIENS à l’opposé de la rue des RATS –NEGATIONNISTES. …Rue des rêveurs sur une butte en forme de nuage…Rue des poètes toute couverte de fleurs…Rue des érudits, rats un peu difformes dont la moitié droite de la
tête est différente de la moitié gauche. Au fond, se trouve une piscine, c’est le domaine des RATS-BAINS. Mehdi adore faire des ronds dans l’eau, il se saisit d’un caillou et veut le jeter …il sent une morsure terrible : le RAT-PIERRE n’aime pas l’eau : il coule aussitôt ! Mehdi s’attarde un peu devant une maison bizarre : couverte de tiroirs : c’est la demeure du RAT-COMMODE. De la musique filtre par la fenêtre du RAT-COR.A l’école, Mehdi voit un rat à genoux sur un morceau de bois fendu : c’est le RAT-COLLE ! dans un coin un jouet traîne : le RAT-TISSE Pour apaiser sa faim, Mehdi tend la main vers un fruit qui pend à une branche, « CANNIBALE ! » crie le RAT-BAIE en roulant le plus loin possible. Dans la rue des artisans, Mehdi avance lentement en regardant travailler le RAT-VISSEUR en train de fermer une prison dont le RAT-BACHEUR ne cesse de suggérer qu’on doit en couvrir la cour afin d’éviter les évasions par hélicoptère.
« Je m’occuperai des évadés ! » proclame le RAT-BATTEUR.
« Qui es-tu ? nous ne te connaissons pas , viens boire un coup avec nous ! »
lui disent ensemble le RAT-VIN et le RAT-THE
« Je suis un enfant perdu dit Mehdi, j’ai voulu explorer la cave de la bibliothèque et la porte s’est fermée je n’ai pas pu ressortir… Pouvez-vous m’aider ?
–Si tu es là, c’est que tu es un RAT ! Quel genre de rat es-tu ?
–Je ne suis pas un rat, je suis un enfant ! N’avez-vous pas compris ce que je vous ai dit s’énerve Mehdi.
–Nul ne peut être ici s’il n’est pas un rat !…Réfléchis ! »
C’est alors que Mehdi s’est rappelé qu’il répète toujours à papa les bêtises de ses sœurs, IL EST UN RAT-PORTEUR !
« Je ne veux plus être un rat ! Je veux sortir ! JE VEUX SORTIR !JE VEUX SORTIR !

JE VEUX SORTIR ! ! !
–Tu ne pourras sortir qu’en te rendant chez le RAT-CHAT… MAIS…prends garde ! il pourrait bien te manger !Mehdi, la mort dans l’âme va frapper chez le RAT-CHAT, mais au moment où il se prépare à pousser le heurtoir, il reçoit
trois grands coups de poing sur l’épaule, il se retourne, et voit le seul rat qui pouvait l’aider : le RAT-CLE ! qui l’entraîne jusqu’au sommet de l’escalier et lui ouvre la porte à l’instant où maman commençait à appeler : « MEHDI ? OU ES-TU ? »
Mehdi ne racontera pas son aventure à maman, il ne racontera plus à personne les bêtises de ses sœurs, ni les siennes non plus : cela ne lui plairait pas du tout de se retrouver au pays des rats 

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