Souvenir : juste avant le deuxième bac

13 mai 2018

C’était en 1963… Est-ce fin mai ou début juin?

Je devais passer le second bac incessamment. Me voilà pris d’une fièvre folle, le corps couvert de boutons, de pustules transparentes à ne jamais gratter surtout!

Le médecin du village diagnostique une varicelle… A huit ans, ce n’est généralement pas grave… Mais à 20 c’est autre chose! fiévreux et tout boutonneux, des démangeaisons partout, voyez comme les révisions pouvaient se faire sereinement!

D’autant plus que selon ma bonne habitude, j’attendais le dernier moment…

Bon! quand même, je me débrouille, IL LE FAUT: quand on était normalien, on n’avait pas droit à l’échec, sinon il faudrait rembourser le prix des études et même de la bourse de trousseau…

C’est à ce moment qu’a surgi une autre difficulté: l’éviction scolaire s’appliquait jusqu’à disparition des croûtes… Et l’examen approchait… approchait…

La veille, le médecin signa enfin l’autorisation de participer aux épreuves…

Bon! cette fois ce ne fut pas mention : ce fut seulement rattrapage…

Aujourd’hui quand j’entends qu’on met en cause les vaccinations, je sens les poils sur mon dos qui se hérissent: ils sont inconscients!

Souvenir impérissable!

12 mai 2018

J’étais ce soir là, avec les vaches, au grand pâquer*                                                               *pâturage

Ce grand terrain peu fertile où elles trouvaient quand même à manger

Les villardes** broutaient paisibles. j’avais douze ans, jamais tort                                           **vaches de Villard de Lans

Mais au moins dix huit dans ma tête…Me sentais fort!

La Plaisante, une magnifique bête, achetée jeune à Louis Marin,

N’avait encore guère vu la corde, le joug bien sûr, encore bien moins.

Je m’approche, je la caresse, pas un seul geste énervé.

Je viens devant, je mets la main sur sa corne fuselée…

Elle continue à manger, je m’enhardis, deuxième main.

Sans le moins du monde se soucier, sa langue fauche tous les brins.

Je tire un peu, elle lève la tête, si haut que mes pieds lâchent le sol

Elle part dans une course effrénée ou plutôt dans une gigue folle.

N’y tenant plus, je lâche prise, je tombe, elle me pose un pied

Sur le bord de la hanche et me franchit en gambadant.

Je suis penaud, je suis navré, je me relève gémissant,

Mais chut! Surtout ne rien dire _ moqueries_ quant au père

Il sortirait le perpignan***…Alors bien sûr mieux vaut se taire…                                                  ***gros fouet des chevaux de labour

Quand je me réveille le matin avec cette douleur au côté

Je sais que c’est la Plaisante qui ainsi m’a éduqué!

cuisine II

11 mai 2018

La salade, triée, lavée

A l’essoreuse bien égouttée

Sur chaque assiette sera posée.

Râclées, les carottes nouvelles

Sont partagées de tout leur long,

Coupé, le concombre en rondelles;

Pelées légèrement les courgettes,

Puis présentées en petits bâtons.

Tiges à fendre en quatre des céleris.

Coupés d’ un côté les poivrons,

Evidés sont wagons jolis:

Avec les roues de concombre

Piquées avec des cure dent.

Il en faut un certain nombre

Pour grignoter à pleines dents:

(Pour chacun le choix idoine)

Des légumes en macédoine,

De mayonnaise assaisonnée,

Dans chacun des autres, une crudité,

Quelques œufs durs en ribambelle

Des sauces multiples dans des coupelles

Le repas pourra démarrer!

 

 

Cuisine I

10 mai 2018

J’ai sorti la grande cocotte

Pour un lapin en gibelotte.

Ai fait bien revenir les lardons

Au milieu des petits oignons

Et les morceaux de la bête

Dessus dessous bien dorés

De la farine dessus je jette

Du bon vin blanc, pour continuer

Les champignons bien égouttés

Bouquet garni pour parfumer

Et voilà laissons mijoter…

Les pommes de terre en dés

Dans un moment seront glissées

Un peu d’eau à rajouter

La cuisson va encore durer…

En attendant les invités!

 

Le pays du bonheur

9 mai 2018

Il est en toi, le pays du bonheur

Ne le cherche pas ailleurs!

Il est dans le chant de l’oiseau

Il est dans le parfum des fleurs

Il est dans la brise du matin

Dans l’aurore qui point

Il est dans la feuille qui bruisse

Dans le pétale qui glisse

Négligemment comme une amante

Et vient s’allonger dans la pente

C’est le bonjour du voisin

Qui passe en promenant son chien;

C’est le sourire de la fillette

Si douce,si gentillette

Qui veut caresser un lapin

C’est le moteur de l’ado

Qui vient d’oublier son vélo

C’est le moment où déverrouillé

Après les premiers si fragiles

Tu peux enfin te débrouiller,

Apprécier deux trois pas faciles

C’est le moment, oui, le moment,

Quand,ouvrant les yeux tu dis: « Je suis vivant! »

Dans mon jardin bouquetier

8 mai 2018

Dans mon jardin bouquetier

Les narcisses se sont fanés

Finies finies les primevères

Les jacinthes sont sur la fin

Tout change d’hier à demain

Les tulipes ont suivi l’exemple

Les ancolies en touffes amples

Sont maintenant épanouies.

Les iris bleus

Tout réjouis

Toisent les jaunes plus lents qu’eux

Les lunaires  ont envahi, vite, vite,

Tout un recoin

A l’opposé les marguerites

Ont prospéré sans le moindre soin

Les hémérocalles

Aux grandes feuilles pointues

Ont leur massif qui s’étale

De mois en mois encore plus

Et les œillets de poète

Vont bientôt fleurir en fête.

Mon jardin bouquetier

Fleurit le printemps tout entier…

Parfois quand une déesse

Passe par là, en secret,

Je lui tends comme une caresse

Une fleur ou un bouquet.

 

Printemps

7 mai 2018

Pépiements

Roucoulement

Chants d’oiseaux

Cocoricos

Un chevreuil au fond du bois

Brame sa foi.

Dès la pointe du jour

C’est la ballade de l’amour.

Arbres fruitiers

Couverts de fleurs

Un vent léger

Plein de douceur

Je prends ma daille

Et au travail!

Au loin une vache

Meugle son veau

Qui se cache.

Il fait beau:

Soleil sorti.

Vive la vie,

Et que toujours

Règne  l’amour!

 

 

 

Cache-cache

6 mai 2018

Un joli noeud

Dans tes cheveux

Une petite robe blanche

Des  immenses yeux  bleus

Et un sourire malicieux

Cachée derrière une branche

Tu épies ton copain de jeux

Le cœur battant…

Il a compté jusqu’à cent

Il cherche maintenant

Tu ne bouges plus, tu attends!

 

Parcours de lecture

5 mai 2018

Pour ralentir les promeneurs

Qui vont, regard au sol, à grand train,

J’ai placé au bord du chemin

Quelques rimes en douceur.

Des poèmes très différents

Certains d’amour un peu osés

D’autres chantant la mélopée

De la tranquille vie aux champs.

Je vois parfois, mine de rien,

Des gens qui s’attardent longtemps

Et cela me fait du bien:

Ils sourient, je suis content!

Tu trembles Carcasse? Ce sera pourtant la fête!

4 mai 2018

Tu trembles Carcasse, si tu savais où je t’emmène,

Tu tremblerais bien davantage, disait Turenne

Carcasse était une jument pleine de bravoure

Qui ne reculait pas au combat, ni non plus à la chasse à courre….

 

 

A voir toutes les mises en garde

Que profère le premier sinistre,

Sa jument n’est qu’oie qui cacarde

Ses pattes flageolent au son du sistre.

Car pour faire une digne fête

Il faut des instruments sacrés.

Et quand le peuple est en goguette

Nul ne sait ce qui peut arriver.

Lorsqu’on prévoit un pique-nique…

Sans annoncer quel est le goret

Qu’on mettra au bout de la pique

Chasse à courre et puis après?

Si convergent toutes les rancoeurs

Si la plèbe crie « Hauts les cœurs »

Tu peux trembler, trembler de peur!

 

 

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