Autodafés?

5 juillet 2020

On aura beau brûler les livres

Couper la langue de tous ceux qui s’expriment

Dans une aberration totalement ivre

La pensée est plus forte que celui qui brime.

On peut faire taire une génération

On peut déporter la moitié de la Nation

Pendre, emprisonner, égorger, torturer

Tôt ou tard liberté comme fleur sur fumier

Refleurit!

Au pays de la sardine

4 juillet 2020

Il est une ville du midi,

Quand on se réveille, le lundi,

On aime la cuisine farcie,

Un peu la bouillabaisse aussi.

Aussi loin qu’on remonte, hélas!

La politique y fut farce.

Les règles de notre pays

S’y trouvaient toujours étourdies.

On fit même voter les gâteux,

Enfermés dans asiles de vieux.

Les morts votaient peut-être aussi (?)

Et les sardines, mais si! Mais si!

Quand le printemps fleurit

Ce sont des fleurs de houblon

Qui s’étalèrent dans les flon-flons…

Pour le pastis, pas garanti!

Mais en tous cas, la bourgeoisie

Sur quant à soi reste blottie!

 

 

 

 

 

 

Le satyre et le passant

4 juillet 2020

Au fond d’un antre sauvage

Un satyre et ses enfants

Allaient manger leur potage

Et prendre l’écuelle aux dents

 

On les eût vus sur la mousse,

Lui sa femme et maint petits

Ils n’avaient tapis ni housse

Mais tous fort bon appétit

 

Pour se sauver de la pluie

Entre un passant morfondu

Au brouet on le convie

Il n’était pas attendu

 

Son hôte n’eut pas la peine

De le semondre deux fois

D’abord avec son haleine

Il se réchauffe les doigts

 

Puis sur le mets qu’on lui donne

Délicat, il souffle aussi

Le satyre s’en étonne

« Notre hôte, à quoi bon ceci?

 

L’un refroidit mon potage

L’autre réchauffe ma main

Vous pouvez dit le sauvage

reprendre votre chemin.

 

Ne plaise aux dieux que je couche

Avec vous sous même toit

Arrière ceux dont la bouche

Souffle le chaud et le froid.

 

Sont nombreux par temps qui courent

Ceux qui soufflent chaud et froid

Ceux qui criaient leur amour

Et finalement passent droit.

 

C’est qu’avant passage aux urnes

Tout était bon à entendre

Ensuite, « me casse pas les burnes

Il y a plus grave à défendre »

 

Idem dans les hautes sphères

Tout était, c’est sûr, parfait…

« Merci, j’ai d’autre repères

On se défait des valets. »

 

 

Sur l’air d’une chanson ancienne

3 juillet 2020

« Du temps du bon père Jean le Bon (bis)

Nous ne mangions que du jambon (bis)

Maintenant il est trop cher eh! bien!

On mange des pommes de terre

Et vous m’entendez bien!

On mange des pommes de terre

Et vous m’entendez bien! »

 

 

Il semble bien que le bon temps (bis)

Se terminera dans pas longtemps (bis)

Car L deux cent quatorze, ces riens

Ne veulent plus qu’on élève

Et vous m’entendez bien

Ne veulent plus qu’on élève

Et vous m’entendez bien!

 

Ils s’infiltrent dans les abattoirs (bis)

Hurlent que c’n'est pas beau à voir (bis)

Quand on saigne l’air de rien, eh! bien

Ils ne crèvent pas bien

Et vous m’entendez bien

Ils ne crèvent pas bien

Et vous m’entendez bien!

 

Pour mettre fin à ce bon temps (bis)

Les écolos vont sur l’instant (bis)

Mettre du sel sur la plaie, eh! bien

Plus d’autos dans les rues

Et vous m’entendez bien

Plus d’autos dans les rues

Et vous m’entendez bien

 

Fini les grands appartements (bis)

Doivent être partagés maintenant (bis)

Tous les uns sur les autres, Voyons!

Tous à tourner en rond

Et vous m’entendez bien

Tous à tourner en rond

Et vous m’entendez bien!

 

Ah! Puis le bon fromage de lait (bis)

Il faut bien sûr l’abandonner (bis)

Car les vaches ça pète trop, enfin!

Faut plus jamais en garder

Et vous m’entendez bien

Faut plus jamais en garder

Et vous m’entendez bien

 

Y du bon soja OGM(bis)

Pour des fromages végétaux (bis)

C’est mieux pour la planète, mais oui!

Vous serez réjouis

A survivre sans rien

Vous serez réjouis

Car vous le vouliez bien.

 

JUPITER ET LE METAYER

3 juillet 2020

JUPITER ET LE METAYER

Jupiter eut jadis une ferme à donner.
Mercure (1) en fit l’annonce ; et Gens se présentèrent,
Firent des offres, écoutèrent :
Ce ne fut pas sans bien tourner.
L’un alléguait que l’héritage
Etait frayant (2) et rude, et l’autre un autre si (3).
Pendant qu’ils marchandaient ainsi,
Un d’eux le plus hardi,  mais non pas le plus sage,
Promit d’en rendre tant (4), pourvu que Jupiter
Le laissât disposer de l’air,
Lui donnât saison à sa guise,
Qu’il eût du chaud, du froid, du beau temps, de la bise,
Enfin du sec et du mouillé,
Aussitôt qu’il aurait bâillé.
Jupiter y consent. Contrat passé ; notre homme
Tranche (5) du roi des airs , pleut, vente, et fait en somme
Un climat pour lui seul : ses plus proches voisins
Ne s’en sentaient (6) non plus que les Américains.
Ce fut leur avantage ; ils eurent bonne année,
Pleine moisson, pleine vinée.
Monsieur le Receveur (7) fut très mal partagé.
L’an suivant, voilà tout changé,
Il ajuste d’une autre sorte
La température des cieux.
Son champ ne s’en trouve pas mieux.
Celui de ses voisins fructifie et rapporte.
Que fait-il ? Il recourt au Monarque des dieux :
Il confesse son imprudence.
Jupiter en usa comme un maître fort doux.
Concluons que la Providence
Sait ce qu’il nous faut mieux que nous .

 

Voilà qui ravirait bien des charmants gourous

Qui plaident pour Nature ne jamais forcer

Prendre ce qui vient sans le moindre courroux

Et crever si un jour mauvaise était l’année….

Erreur!

Quoi que vous receviez dans l’étroitesse d’un champ,

Les voisins en recevront, bien sûr, tout autant,

Mais si vous décidez, tout seul, de vous limiter

Les voisins, eux, ne sont pas prêts à vous imiter

Vous  subirez ainsi la peine du carême

Et prendrez dans la g. canicule quand même!

Les deux ânes: épilogue

3 juillet 2020

Braves gens qui me lisez,

Vous n’avez, certes, pas oublié

Ces deux ânes, qui, naguère,

Une grave crise traversèrent:

Celui de sacs d’avoine chargé

Aucun secours n’avait porté

A son collègue attaqué,

Torturé, maltraité, pour lui dérober

L’argent par lui transporté.

Ils arrivèrent en un lieu

Où, pour remercier les Dieux,

Les animaux faisaient musique,

Dansaient au son d’une clique.

En sauts et en cabrioles,

La fête rendait bêtes folles.

Porteur d’avoine eut l’idée,

Pour accéder à l’ivresse,

Des longs grains se délecter…

Après moments de bien-être,

Il en ressentit paresse,

A tel point, que le Maître,

Décrochant le perpignan,

Le lacéra sur les flancs,

De cinglées plus que sévères.

« Ah! Maître, je te révère! »

Dit l’autre porteur de bât.

Car voyez-vous, ici-bas,

Ainsi que le montre la scène,

Chacun , un jour reçoit sa peine .

 

 

écrit dans le cadre de l’atelier du « bonheur des mots »

Albatros

1 juillet 2020

L’albatros

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Charles Baudelaire

 

Il se trouve souvent, bien plus que des poètes

Des princes dépassés, agacés, déprimés,

Qui cogitent des coups pour animer la fête

Et tenter vainement en changeant d’être aimés.

 

Qui se sent albatros, au  trône du moment,

Rêvant d’autres royaumes, sublimes Edens,

Qu’il ouvre largement ses ailes de géant

Pour aller loin, ailleurs, suivre ses fredaines!

 

Son oeil d’aigle exercé,  trouvera dans l’immense

Domaine, du joli continent survolé,

Un lieu où ses majestueuses compétences

Pourraient s’épanouir et se voir cajolées…

Radotage: Se prépare la transhumance

30 juin 2020

Se prépare la transhumance…

Se profile la transhumance,

Cette cure de désintox:

Plus d’ordi pour les vacances

Des jours, des soirées inox.

Matin, réveil, bonjour la faux:

Quelques andains pour décrassage.

Des gens qui partent en rando?

Une histoire au passage.          (de loin, cette année!) 

Quand le soleil vient darder

Ses rayons sur l’herbe coupée

Rentrer pour un petit goûter

Repos avant de faner.

Au soir, on « accuchera »*      *mettra en gros tas

Pour laisser le foin se tasser

Puis, par sacs, il descendra

Pour réserve s’entasser,

Afin que, neige tombée,

Les ânes puissent quand même manger.

Cet article a été posté le Lundi 2 juillet 2018 

Le lion et le rat

30 juin 2020

Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde :
On a souvent besoin d’un plus petit que soi.
De cette vérité deux Fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.
Entre les pattes d’un Lion
Un Rat sortit de terre assez à l’étourdie.
Le Roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu’il était, et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu’un aurait-il jamais cru
Qu’un Lion d’un Rat eût affaire ?
Cependant il advint qu’au sortir des forêts
Ce Lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu’une maille rongée emporta tout l’ouvrage.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.

 

 

Sur les deux morales, qui pourrait critiquer?

Bon! un roi, un puissant qui laisse liberté

A un insignifiant? Possible en vérité

Même si cela cache beaucoup plus de mépris

Que de vrai sentiment, de largeur d’esprit.

Le rat reconnaissant, on voit là le petit,

Qui, un bienfait jamais, jamais n’oublie.

Prôner l’acharnement comme tout sauveteur

Pour échapper aux pièges tendus par le malheur

La Fontaine, bonjour! à cela je souscris!

 

C’EST TON TRIOMPHE …

29 juin 2020

Certes , jadis, ta statue

Avec rage fut abattue…

 

Malgré toutes les vicissitudes

Tu devais  avoir raison…

Moi qui n’ai pas l’habitude

De chanter le panthéon

Je dois reconnaître ce matin

Que tes mesures montrées du doigt

Ont maintenant un autre destin

Vont en France entrer dans loi(?).

Si c’est haro sur nucléaire

La vie deviendra précaire:

Electricité moins de watts

Quarante pas plus? C’est déjà trop!

Toi le Génie des Carpathes

Tu l’avais dit … Banco!

Les chaudières faudra laisser

Quatorze? Disons quinze degrés

Espace de vie à régresser

Place aux logements partagés.

Ah! puis, plus d’aliments carnés!

Tous aux orties et aux plantains!

Place aux régimes végétariens

Limitation, un jour, du pain,

Car sus aux blés « dégénérés »!

Plus de légumes importés

Quant aux autres allez cultiver!

Fini les moteurs, les voitures,

Ceux qui ne peuvent pas marcher

Peuvent crever (pour la roture)

Les riches se feront porter.

Non ce n’est pas austérité

Ce sera l’ascèse instituée…

Peut-être….

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