Délire d’été

27 juin 2018

Avec la chaleur de l’été,

Leurs petits bouts rouges et grenus,

Les ont au soleil étalés.

J’en ai caressé, j’en ai mordu,

J’en ai sucé avec délice,

Leur suc était, sans artifice,

Un nectar offert par les cieux.

De l’un à l’autre, savoureux,

Mes mains, ma bouche, se sont repues,

Même ma barbe en bavait d’aise!

Quel festin ininterrompu:

Au diable les prôneurs d’ascèse,

Ce soir, ce sera une orgie,

Ne venez pas me chercher noise!

Ce soir, ce sera une orgie

De groseilles et de framboises.

 

Elle m’appelait « Dieu le père »

26 juin 2018

Elle m’appelait « Dieu le père »,

Elle était encore novice,

Débutait dans la galère,

Ignorait les artifices.

Sa classe côtoyait la mienne

Pour le temps d’un stage long.

Elle remplaçait une ancienne,

Pas facile, sans galons!

Quand elle se posait questions

Elle venait me demander

Un avis, une notion,

Pour ne pas trop déraper…

Son humour était notoire

Elle rigolait volontiers

De la moindre petite histoire

Du plus petit des graviers.

Parce qu’ancien et péremptoire

Quand il s’agissait d’instructions

Elle se moquait de ma poire

De ma rude position…

Je la retrouvai trente ans plus tard

Quittant une direction

Elle avait jeté sans retard

Circulaires et instructions,

Tous les bulletins officiels…

Elle se moqua de plus belle

Quand je les ressortis des bacs

Prévus pour le camion poubelle

Et que j’y jetai tout à trac

Les revues de l’UFOLEP…

Qu’elle conservait, hep! hep! hep!

Elle m’appelait « Dieu le père »

Je crois que je l’aimais beaucoup

Elle a suivi sa galère

En sachant rire de tout!

 

 

Triste fête pour toi, petite.

25 juin 2018

C’est pourtant un tout petit village

Et tu habites près de la mairie

Tu connais les enfants de ton âge

Mais de leurs jeux tu es bannie.

Tu veux pourtant être gentille

Faire plaisir à chacun, chacune,

Faire marelle, jouer aux billes,

Tu ne veux faire de peine aucune.

Ce soir c’est feu de la St Jean

Ta peine est tellement grande

Tu restes près de ta maman

Ils t’ont dit « t’es pas de la bande »

Ca t’a blessée infiniment.

Qu’est-ce qui crée cet ostracisme?

Je crois bien que je l’ai compris

Pour suivre mieux le catéchisme

Une autre école, tes parents ont choisi.

Ce n’est pas toi qui es différente,

Eux, ne sont sûrement pas méchants.

Aller ailleurs, ils le sentent

Pour eux est un peu insultant.

Cela vous entraine dans une pente

De totale incompréhension

De rivalité, de haine-passion.

Les responsables de la chose

N’ont pas tout très bien mesuré

Ce n’est pas toi qui es en cause

Ce n’est pas toi qui te mets de côté.

 

 

 

Vivement que le foot cesse

25 juin 2018

Y en a vraiment marre à la fin!

Le foot est bien indigeste:

Le ballon soir et matin!

On épluche chaque geste

Des ces gens qui ne produisent rien

Que la distraction des foules,

Afin que l’on puisse bien

Les mener à la férule.

Discussion après chaque rencontre,

Commentaires sur la pelouse,

On cherche, même, on vous montre

La binette de leurs épouses.

Qu’on en finisse une bonne fois,

Et que, quatre ans, on soit tranquilles,

Qu’on puisse parler d’autrefois

Qu’on entende étudier les lois

Au lieu de choses inutiles.

Musique?

23 juin 2018

Ils appellent cela de la musique,

Pour moi, ce n’est que tympans-nique.

Aucun accord voluptueux

De violon ou d’accordéon

Rien que des coups de massue vicieux

Comme marteau-pilon en action.

Ne dites pas qu’elle adoucit

Les mœurs de qui l’écoute:

Je les vois tous, tête farcie,

En je ne sais quelle déroute,

Des gestes désordonnés

Des yeux hagards, égarés.

La fanfare militaire

A au moins un ordre impérieux

Une, deux, le talon par terre

Prétend faire trembler les cieux.

Ils appellent cela de la musique

Les hauts fourneaux en ébullition

J’appelle cela du tympans-nique

Du vacarme chasse lion.

 

 

Harcèlement?

23 juin 2018

Mon doigt s’est fait caressant

A suivi lentement tes courbes

A chaque interstice insistant

S’est glissé partout, le fourbe.

J’ai fouillé dans tes dessous,

Trituré ta languette,

En espérant voir tout d’un coup

Se relâcher, sous ma requête,

Ton accès tant désiré.

Je te croyais bien lubrifiée…

J’ai même glissé  ma baguette

Dans un lieu très  étroit

Pour réussir dans ma quête…

Tu es restée comme de bois

Fermée, fermée, à désespérer.

Quel secret insoupçonné,

Faut -il avec toi pratiquer,

Pour pouvoir te déverser

La dose d’huile indispensable

A ton moteur increvable?

 

Rigide à

Tilleul

22 juin 2018

Le gros tilleul est fleuri

Parfum léger

Sieste douceur

 

Le gros tilleul est fleuri

A bourdonner

Abeilles en choeur

 

Le gros tilleul est fleuri

A infuser

Pour la torpeur

 

Le gros tilleul est fleuri

Nouvel été

Nouveaux bonheurs

 

Criminel?

20 juin 2018

Je leur ai coupé la tête

Le croirez-vous?

Certains diront que c’est bête

Mais qu’en pensez-vous?

Ils narguaient le ciel

Et cachaient le soleil

Pourtant essentiel…

Plus rien n’est pareil.

Je leur ai coupé la tête

Le croirez-vous?

Certains diront que c’est bête

Mais qu’en pensez-vous?

Les lapins, les ânes,

Se sont régalés

De la verte manne

A eux distribuée.

Je leur ai coupé la tête

Le croirez-vous?

Certains diront que c’est bête

Mais qu’en pensez-vous?

Comme des bougies,

Plantées dans la haie,

Debout comme I

Ils ne sont pas gais.

Je leur ai coupé la tête

Le croirez-vous?

Certains diront que c’est bête,

Mais qu’en pensez-vous?

Demain sur le haut,

Verts et vigoureux,

Des rejets, oh! oh!

Pousseront bien mieux.

Je leur ai coupé la tête

Pour faire des téteaux

Certains diront que c’est bête

Que ce n’est pas beau,

Tant pis pour leur tête

Le jardin a chaud.

 

 

 

 

 

Mépriculture

20 juin 2018

Le Prince de la mépriculture

Est aujourd’hui sur le trône

Du haut de sa standard culture

Il juge les gens à son aune.

Pour ne pas connaître Machiavel

Les ouvriers ne sont pas nuls

S’il devait marner dans le gel

Ou se supporter la férule

De DRH sadiques

Toujours plus exigeants

Toujours prêts à faire la nique

Au travailleur mécontent,

Il parlerait moins de fainéants!

Le Prince de la mépriculture

Ne se sent bien que parmi les « grands »

Ceux qui, pour lui, ont la vie dure

Ce sont les milliardaires, vraiment!

Les autres gens ne sont rien

On peut bien les jeter aux chiens!

 

Drôle de Roméo

19 juin 2018

Il s’appelait Roméo, ses yeux noirs étaient de braise,

Avec un corps bien musclé, on dirait « il est balèze »

Toutes les femmes du pays, pour lui fondaient de désir.

Sans promettre à l’une ou l’autre, il restait célibataire…

Une veuve lui promit un maximum de plaisirs,

Il dérogea à sa loi, épousa la riche  rentière.

A ses amis, en secret, disait qu’avec les pépettes

De la vieille, il se paierait, un jour, une douce jeunette.

Mais voyez comme le sort peut se montrer bien féroce:

Il fut pris d’une maladie, avec des douleurs atroces

Et partit pour l’au-delà, sans faire sonner d’autres cloches

Que, pour son départ le glas. Chut! Parfois le sort est moche….

12345...249