Archive de la catégorie ‘Non classé’

Voici venu le temps de transhumance

Mardi 7 juillet 2020

A tous, je dis « A bientôt si la vie l’autorise.

Joyeux été à tous et soyez très prudents

Goûtez chaque rayon, chaque filet de brise

Cueillez chaque plaisir, chaque bonheur ardent »

La mort des oiseaux

Mardi 7 juillet 2020

 

Le soir, au coin du feu, j’ai pensé bien des fois,
A la mort d’un oiseau, quelque part, dans les bois,
Pendant les tristes jours de l’hiver monotone
Les pauvres nids déserts, les nids qu’on abandonne,

Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l’hiver !
Pourtant lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes.

Dans le gazon d’avril où nous irons courir.
Est-ce que « les oiseaux se cachent pour mourir ? »

 

François Coppée

 

Et les humains, parfois?

Le long du quai

Mardi 7 juillet 2020

 

 

Le long du quai les grands vaisseaux,
Que la houle incline en silence,
Ne prennent pas garde aux berceaux
Que la main des femmes balance.

Mais viendra le jour des adieux ;
Car il faut que les femmes pleurent
Et que les hommes curieux
Tentent les horizons qui leurrent.

Et ce jour-là les grands vaisseaux,
Fuyant le port qui diminue,
Sentent leur masse retenue
Par l’âme des lointains berceaux.

Sully Prudhomme

 

Ce poème dans sa mise en musique de Gabriel Fauré revient ce soir dans ma mémoire

Nous le chantions à la chorale de l’Ecole Normale…Il y a …………

 

Notre avant-dernier mot

Lundi 6 juillet 2020

 

Notre avant-dernier mot
serait un mot de misère,
mais devant la conscience-mère
le tout dernier sera beau.

Car il faudra qu’on résume
tous les efforts d’un désir
qu’aucun goût d’amertume
ne saurait contenir.

 

Rainer Maria Rilke

 

 

Juste un avant-dernier

Avant la transhumance

Avant de retrouver

Les lieux de mon enfance.

 

Qui sait par ces temps

De santés délicates

S’il pourra vivre autant

Ni quelle sera la date

 

Du retour au néant!

Radotage: mon fauteuil

Lundi 6 juillet 2020

Mon fauteuil

J’ai posé mon fauteuil

Dans le coin de la pièce

Pour regarder d’un œil

Mon élan qui s’affaisse

 

J’ai installé ce siège

Près du radiateur

Afin qu’il me protège

De mes tristes raideurs

 

J’ai placé ses deux bras

Comme pans de cercueil

Qui attendraient le drap

Attendraient le linceul

 

J’ai tiré la rallonge

Pour le repose-pied

La fatigue qui ronge

Viendra s’y étirer

 

Et lorsque je m’étends

Avec les mains jointes

Je crois bien que j’attends

La faux, la faux qui pointe

 

Mon fauteuil est placé

Au lieu où je suis né

Afin de m’en aller

Par la porte d’entrée

Cet article a été posté le Jeudi 14 avril 2011

Le vieillard et les trois jeunes hommes

Dimanche 5 juillet 2020

 

Un octogénaire plantait. (1)
Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge !
Disaient trois Jouvenceaux, enfants du voisinage ;
Assurément il radotait.
……. …… Car au nom des Dieux, je vous prie,
Quel fruit de ce labeur pouvez-vous recueillir ?
Autant qu’un patriarche il vous faudrait vieillir.
À quoi bon charger votre vie
Des soins d’un avenir qui n’est pas fait pour vous ?
Ne songez désormais qu’à vos erreurs passées :
Quittez le long espoir et les vastes pensées ;
Tout cela ne convient qu’à nous.
Il ne convient pas à vous-mêmes,
Repartit le Vieillard. Tout établissement (2)
Vient tard et dure peu. La main des Parques blêmes
De vos jours et des miens se joue également.
Nos termes(3) sont pareils par leur courte durée.
Qui de nous des clartés de la voûte azurée
Doit jouir le dernier ? Est-il aucun moment
Qui vous puisse assurer d’un second seulement ?
Mes arrière-neveux me devront cet ombrage :
Hé bien défendez-vous au Sage
De se donner des soins pour le plaisir d’autrui ?
Cela même est un fruit que je goûte aujourd’hui :
J’en puis jouir demain, et quelques jours encore ;
Je puis enfin compter l’aurore
Plus d’une fois sur vos tombeaux.
Le Vieillard eut raison ; l’un des trois Jouvenceaux
Se noya dès le port allant à l’Amérique.
L’autre, afin de monter aux grandes dignités,
Dans les emplois de Mars servant la République, (4)
Par un coup imprévu vit ses jours emportés.
Le troisième tomba d’un arbre
Que lui-même il voulut enter ; (5)
Et pleurés du Vieillard, il grava sur leur marbre
Ce que je viens de raconter.

 

 

 

Je dédie cette fable aux quadras triomphants

Qui aux rênes du pays, et maîtres des hôpitaux

Toisent de haut les vieux, en, de  partout clamant

Que s’ils sont confinés, le monde serait plus beau.

Plût au ciel que la parque dans ses choix imprévus

Ne les désigne pas pour victimes à la faux

Car qui peut présumer sans aucune bévue

Qui demain gésira, qui boira l’apéro?

Autodafés?

Dimanche 5 juillet 2020

On aura beau brûler les livres

Couper la langue de tous ceux qui s’expriment

Dans une aberration totalement ivre

La pensée est plus forte que celui qui brime.

On peut faire taire une génération

On peut déporter la moitié de la Nation

Pendre, emprisonner, égorger, torturer

Tôt ou tard liberté comme fleur sur fumier

Refleurit!

Au pays de la sardine

Samedi 4 juillet 2020

Il est une ville du midi,

Quand on se réveille, le lundi,

On aime la cuisine farcie,

Un peu la bouillabaisse aussi.

Aussi loin qu’on remonte, hélas!

La politique y fut farce.

Les règles de notre pays

S’y trouvaient toujours étourdies.

On fit même voter les gâteux,

Enfermés dans asiles de vieux.

Les morts votaient peut-être aussi (?)

Et les sardines, mais si! Mais si!

Quand le printemps fleurit

Ce sont des fleurs de houblon

Qui s’étalèrent dans les flon-flons…

Pour le pastis, pas garanti!

Mais en tous cas, la bourgeoisie

Sur quant à soi reste blottie!

 

 

 

 

 

 

Le satyre et le passant

Samedi 4 juillet 2020

Au fond d’un antre sauvage

Un satyre et ses enfants

Allaient manger leur potage

Et prendre l’écuelle aux dents

 

On les eût vus sur la mousse,

Lui sa femme et maint petits

Ils n’avaient tapis ni housse

Mais tous fort bon appétit

 

Pour se sauver de la pluie

Entre un passant morfondu

Au brouet on le convie

Il n’était pas attendu

 

Son hôte n’eut pas la peine

De le semondre deux fois

D’abord avec son haleine

Il se réchauffe les doigts

 

Puis sur le mets qu’on lui donne

Délicat, il souffle aussi

Le satyre s’en étonne

« Notre hôte, à quoi bon ceci?

 

L’un refroidit mon potage

L’autre réchauffe ma main

Vous pouvez dit le sauvage

reprendre votre chemin.

 

Ne plaise aux dieux que je couche

Avec vous sous même toit

Arrière ceux dont la bouche

Souffle le chaud et le froid.

 

Sont nombreux par temps qui courent

Ceux qui soufflent chaud et froid

Ceux qui criaient leur amour

Et finalement passent droit.

 

C’est qu’avant passage aux urnes

Tout était bon à entendre

Ensuite, « me casse pas les burnes

Il y a plus grave à défendre »

 

Idem dans les hautes sphères

Tout était, c’est sûr, parfait…

« Merci, j’ai d’autre repères

On se défait des valets. »

 

 

Sur l’air d’une chanson ancienne

Vendredi 3 juillet 2020

« Du temps du bon père Jean le Bon (bis)

Nous ne mangions que du jambon (bis)

Maintenant il est trop cher eh! bien!

On mange des pommes de terre

Et vous m’entendez bien!

On mange des pommes de terre

Et vous m’entendez bien! »

 

 

Il semble bien que le bon temps (bis)

Se terminera dans pas longtemps (bis)

Car L deux cent quatorze, ces riens

Ne veulent plus qu’on élève

Et vous m’entendez bien

Ne veulent plus qu’on élève

Et vous m’entendez bien!

 

Ils s’infiltrent dans les abattoirs (bis)

Hurlent que c’n'est pas beau à voir (bis)

Quand on saigne l’air de rien, eh! bien

Ils ne crèvent pas bien

Et vous m’entendez bien

Ils ne crèvent pas bien

Et vous m’entendez bien!

 

Pour mettre fin à ce bon temps (bis)

Les écolos vont sur l’instant (bis)

Mettre du sel sur la plaie, eh! bien

Plus d’autos dans les rues

Et vous m’entendez bien

Plus d’autos dans les rues

Et vous m’entendez bien

 

Fini les grands appartements (bis)

Doivent être partagés maintenant (bis)

Tous les uns sur les autres, Voyons!

Tous à tourner en rond

Et vous m’entendez bien

Tous à tourner en rond

Et vous m’entendez bien!

 

Ah! Puis le bon fromage de lait (bis)

Il faut bien sûr l’abandonner (bis)

Car les vaches ça pète trop, enfin!

Faut plus jamais en garder

Et vous m’entendez bien

Faut plus jamais en garder

Et vous m’entendez bien

 

Y du bon soja OGM(bis)

Pour des fromages végétaux (bis)

C’est mieux pour la planète, mais oui!

Vous serez réjouis

A survivre sans rien

Vous serez réjouis

Car vous le vouliez bien.

 

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