Ecoutez cette histoire
Du vieux père Joseph.
Elle revient en ma mémoire
Où pourtant ne reste que besef.
Il le faisait deux fois par an:
Une à l’automne, l’autre au printemps,
C’était sa « tournée des grands ducs »
Pas de médias, pas de tik tok…
Aucun tiffosi qui reluque,
N’était pourtant point « toc-toc »…
Il était de cette époque
Où la marche était naturelle
Tant pis si cela vous choque,
A nonante dans l’escarcelle,* *en 1950
Il marchait sur des distances
Que les jeunes diraient « sportives ».
Au matin, partant de Lans,
Collation expéditive,
Il se dirigeait « vé le beau »** **nom patois de Villard de Lans
Où il embrassait sa fille,
Buvait un café bien chaud.
Ayant reposé ses quilles,
Repartait pour Corrençon.
Chez sa soeur, veuve, sans façons,
Buvait sûrement un canon,
Partageait avec elle un quignon…
Il n’était qu’à la moitié
De son périple programmé,
Car, à Autrans, à l’opposé,
Il voulait, chez sa cousine,
Savourer un bon goûter :
Une experte de la cuisine!
Après la halte familière,
La Croix Perrin, La Cordelière
Joindre Bouilly
De la Chieure, Le Ris,
Rentrer en montant des Hérauts,
Sans prétendre être un héros.
En cette fin d’été cinquante
Presque rentré croisa son voisin,
Une jeunesse de pas quatre-vingts
Lui dit : »Suis au bout de la pente,
C’est fini je ne pourrai plus.
_ Pas encore!
Trop solide pour faire un mort
Père Joseph tenez encore plus
Attendez les fleurs du cerisier »
Il est rentré ,
Il s’est couché
Jusqu’aux premières fleurs du verger…
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L’était mon arrière grand-père…