N’en déplaise à ceux qui ont des nostalgies mal placées!

Formez le monôme !
A cette époque-là, les classes se déroulaient dans un silence religieux car la moindre infraction donnait lieu à une retenue… Une moitié au moins des élèves étant internes, la « privation de sortie » était monnaie courante. Les élèves, contenus comme des animaux de cirque, de temps à autre explosaient dans un grand chahut au cours duquel on voyait ce que personne n’aurait pu imaginer…Les punitions tombaient, il y avait des renvois et tout rentrait dans le silence jusqu’à la prochaine fois.
Cette année là, pour l’avant- dernier jour de classe, les lycéens de terminale s’étaient donnés le mot.
Rendez-vous dans un lieu secret à l’heure H…
Il fallait « passer » le portail, hautement surveillé par le concierge…
Le seul moment propice était une heure de sortie des externes, et, en se ruant tous en même temps, rien ne pouvait arrêter la marée humaine créée.
Ce jour-là, donc, les lycéens avaient décidé de « faire le monôme… Oh ! C’était gentil : ils se tenaient par la main, chantant quelques chansons osées, en une longue déambulation tout au long du boulevard, serpentant et arrêtant les voitures… Jusqu’au lycée de filles qu’il fallait aller délivrer de la « geôlière »…
Les filles, justement, comme par hasard, avaient refusé de rentrer dans la salle d’études, et , au cri de « formez le monôme ! » entendu dans la rue, s’étaient massées vers le portail.
Le portail avait beau être solide, elles vinrent le secouer…
Madame la Directrice( ?) se plaça à l’extérieur, pour menacer les assaillants des pires représailles, mais, c’était LE CHAHUT…
« IL FAUDRA ME PASSER SUR LE CORPS POUR ENTRER » cria-t-elle.
Un énorme géant s’avança, la regarda dans les yeux et dit : « Je veux bien être le premier !
_ Moi aussi ! Moi aussi ! hurlèrent les autres »
Complètement horrifiée par la proposition, la dame recula.
Le portail s’ouvrit et les demoiselles purent rejoindre la sarabande…
J’ai rencontré ce matin les terminales du lycée voisin, ils étaient costumés comme au carnaval et faisaient la quête pour la petite fête qu’ils organisaient, sans provocation.
Sont bien les jeunes d’aujourd’hui ! N’ont pas été détruits par un autoritarisme effréné.

Note: ce texte date de 2014!

2 Réponses à “N’en déplaise à ceux qui ont des nostalgies mal placées!”

  1. Fabrice Parisy dit :

    L’autoritarisme effréné finit par être contre-productif, je pense, et entraîner des comportements explosifs, mais tellement compréhensibles. Je n’ai pas connu cela. Mais que de récits entendus çà et là… De mes parents, de leurs amis, de toute cette génération qui était matée… Pas de nostalgie pour moi, l’époque la plus belle, c’est toujours aujourd’hui (quoi qu’en diront certains)…

    Fabrice

    http://unmotetpuisunautre.eklablog.com

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