Radotage: Génération coupable?

Coupable !
Cette génération
Qui connut les restrictions
Coupable !
De ne pas avoir eu de guerre
A Faire
C’est vrai, vingt huit mois en Aurès
C’était tourisme ou paresse.
Coupable d’avoir eu du travail
C’est vrai qu’avant, de l’école, l’heure
Elle avait trait, quel bonheur !
Le lait des deux chèvres (racailles !)
Coupable d’avoir marché
Une heure au moins pour aller
Se reposer le cul mouillé
Sur les bancs de l’école du quartier.
Coupable de s’être lavée
Au bassin dans l’eau glacée.
Coupable d’avoir survécu à la promiscuité
D’X générations dans les taudis entassées.
Coupable d’être allée
Dès quatorze ans sur les chantiers
Pour rapporter à la famille
Le nécessaire pour qu’elle s’habille.
Coupable d’avoir souhaité
Pour ses enfants, ses héritiers
Meilleure vie, plus de chaleur,
Plus de bonté, plus de douceur.
Coupable d’avoir accompagné
Votre génération, noble notoriété
En car jusqu’à la porte des lycées.
Coupable de vous avoir laissé
Dormir longtemps, dormir assez
Coupable de vous avoir apporté
Nourriture à volonté
Un logement propre et sain
Une baignoire pour votre bain.
Coupable de vous avoir permis
Des études à l’infini.
Eux qui n’avaient eu pour vacances
Que les travaux de fenaison,
De vendanges ou de moissons
Pour vous, firent colonies de vacances,
Coupables, eux qui avaient rêvé
D’un minimum de liberté,
De vous l’avoir trop octroyée :
Moyen de transport à puberté.
Coupables, eux qui quittant la maison,
Se retrouvaient, sans rien, dehors
D’avoir aidé votre génération
A hisser son nez, de l’eau, hors.
Coupable de n’avoir détecté,
Dans vos envies, dans vos idées,
Le peu de courage (?) de créativité (?)
Pour promouvoir l’activité
Capable, à vos petits, de donner
Autant que vous avez reçu.
C’est bien ça Monsieur ….U ?
Car je vous ai bien entendu :
Ce soir, je n’étais pas couché, (3 mai)
Vous m’avez paru
Bien léger.
Car s’il est tout naturel
Que chacun verse son écot
Autant qu’il peut, autant qu’il faut,
Vos amis se la tirent belle :
La génération de vos pères
Avait appris de la guerre
Qu’on fusille les déserteurs
Mais dans la guerre économique
Qui fait fureur
Qui se pratique
Vous voulez frapper
La main de qui vous a comblé
(C’est vrai ils sont à votre portée !)

En fermant vos yeux
Généreux
Sur les traîtres émigrés fiscaux
A ceux-là vous dites : bravo !?

Cet article a été posté le Lundi 5 mai 2014

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