Le satyre et le passant

Au fond d’un antre sauvage

Un satyre et ses enfants

Allaient manger leur potage

Et prendre l’écuelle aux dents

 

On les eût vus sur la mousse,

Lui sa femme et maint petits

Ils n’avaient tapis ni housse

Mais tous fort bon appétit

 

Pour se sauver de la pluie

Entre un passant morfondu

Au brouet on le convie

Il n’était pas attendu

 

Son hôte n’eut pas la peine

De le semondre deux fois

D’abord avec son haleine

Il se réchauffe les doigts

 

Puis sur le mets qu’on lui donne

Délicat, il souffle aussi

Le satyre s’en étonne

« Notre hôte, à quoi bon ceci?

 

L’un refroidit mon potage

L’autre réchauffe ma main

Vous pouvez dit le sauvage

reprendre votre chemin.

 

Ne plaise aux dieux que je couche

Avec vous sous même toit

Arrière ceux dont la bouche

Souffle le chaud et le froid.

 

Sont nombreux par temps qui courent

Ceux qui soufflent chaud et froid

Ceux qui criaient leur amour

Et finalement passent droit.

 

C’est qu’avant passage aux urnes

Tout était bon à entendre

Ensuite, « me casse pas les burnes

Il y a plus grave à défendre »

 

Idem dans les hautes sphères

Tout était, c’est sûr, parfait…

« Merci, j’ai d’autre repères

On se défait des valets. »

 

 

5 Réponses à “Le satyre et le passant”

  1. Caroline Bordczyk dit :

    Piquant !

  2. Mireille dit :

    Excellent !

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