Archive pour mai 2019

Roméo a disparu

Samedi 4 mai 2019

 

 

Auriez-vous vu mon Roméo?

Disait Juliette éplorée

Il devait venir au rodéo

Je l’ai cherché, ne l’ai pas trouvé…

Sa sœur m’a dit qu’il était parti

Qu’il voulait voir la course de chevaux…

Il est tard cet après-midi

Je l’ai attendu sous l’ormeau.

N’est pas venu,

Ne l’ai pas vu!

(Rendez-vous raté ce n’est rien,

Cela peut s’expliquer très bien:

Il a pris un autre chemin

Pour une aventure sans lendemain

Pense en sourdine le policier

Qui entend la plainte éplorée).

La nuit tombée

N’est pas rentré.

On a questionné les voisins

On a cherché le long du chemin

On a questionné les touristes

On a cherché partout des pistes

On a questionné les spectateurs

On a questionné les compétiteurs.

Juliette avec sa ronéo

A fait une centaine d’affichettes

Qui aurait vu Roméo?

Disparu le jour de la fête.

La famille les a collées

Un peu partout dans la région

Des battues organisées

Ont cherché le pauvre garçon.

Aurait-il fait une mauvaise rencontre?

Un rival qui dit « viens qu’j'te montre! »

Une cougar emmitouflée

Qui en auto l’aurait enlevée?

Recherches vaines: pas de traces!

Juliette pleure a gros sanglots

Les parents restent dans l’angoisse

On en parle à la radio…

 

Les jours les mois ont passé

Personne ne s’est consolé

La police relance chaque année

Un appel « qui sait doit parler »

 

Dans une maison de santé

Une petite vieille décharnée

N’arrête pas de répéter:

« Auriez-vous vu Roméo?

Il devait venir au rodéo »….

 

 

Depuis déjà un an la France

Comme Juliette désemparée

Se débat en désespérance

A disparu le jeune premier…

 

 

Casser, c’est bon pour le PIB..SI! SI!

Jeudi 2 mai 2019

Quand l’économie est en crise

Quand les coquins ont tout volé

Dans toute la zone de leur emprise

Ils déclenchent une guerre, OLE! OLE!

On viole, on casse et on pille,

On réduit la population,

Contrainte à vivre de vétilles

Avant la reconstruction.

 

Contrairement au sens pratique

Qui voit en cela anarchisme

Les idiots qui sèment la panique

Sont les alliés du capitalisme.

Incendiez, cassez, pilez

Les banques se frottent les mains:

Tant de gens qui vont contribuer

A leur permettre de beaux gains.

 

Des faux-culs de journalistes

Chargés de la manipulation

Des masses un peu simplistes

Prennent des airs de contrition…

Ils savent bien que leurs Maîtres

A qui ils ont voué leur âme

Disent:  » ne rien laisser paraître

Présenter la casse comme un drame  »

 

Et les savants économistes

Enfermés dans leurs théories

Regardent la montée en piste

Des bénéfices en séries…

Aussi fou que cela peut paraître

Les gens qui cassent haineusement

Ne font que soigner le bien être

De ceux qu’ils croient punir vraiment.

 

 

 

Petite fille au marché des fleurs

Jeudi 2 mai 2019

Elle était avec sa maman

Toute petite mais bien délurée

Petite princesse émerveillée.

Elle courait d’arrière en avant

Entre les étals, en rangées

De multiples fleurs à replanter.

« Dis-moi bonjour jolie petite fille

Je te présenterai si tu le veux

Les garçons de ma famille »

Elle secoua d’un air malicieux

Sa jolie corolle de cheveux.

« Si tu aimes les histoires

Je te raconterai volontiers

Une de celles d’un vieux grimoire

Que j’ai trouvé dans mon grenier. »

Comme elle s’était arrêtée

Je lui contai à la volée

Ce qui, dans un temps très vieux

Arriva au sapin orgueilleux.

 

(voir 19 avril 2011)

 

 

 

radotage…

Mercredi 1 mai 2019

« Chia de l’eu »

Restons dans les souvenirs !
Autrefois, dans le Vercors, dans la nuit du 30 avril au premier mai, les jeunes se réunissaient pour faire le tour des fermes. Ils s’arrêtaient sous les fenêtres (peut-être bien plus facilement chez les jolies fermières) et chantaient :
« C’est le premier jour du mois de mai
Que les rosiers bourgeonnent
Que les filles font des bouquets… »
ou jouaient de l’harmonica ou de l’accordéon. Traditionnellement, on leur offrait à boire et on leur donnait des œufs (c’était l’époque de pleine ponte) frais parmi lesquels les farceurs glissaient quelques « punais »(œufs pourris).
Au bout de quinze ou vingt fermes, les esprits étaient un peu brouillés par la piquette, ils s’arrêtaient pour cuire une omelette géante.
La jolie cuisinière choisie pour la halte prenait soin de secouer chaque œuf avant de le casser. Les œufs clairs (ceux dans lesquels on entendait le contenu se déplacer) étaient mis de côté, mais il y avait toujours un garnement pour s’en emparer et déclencher « la chia de l’eu » : la bataille d’œufs pourris dont la principale règle était de ne pas se laisser atteindre tout en essayant d’éclabousser les rivaux, car l’odeur interdisait au « touché » de s’installer à table pour l’omelette géante.
Cette année-là, la MJC d’Autrans avait décidé de ressusciter cette tradition oubliée depuis la libération.
Mais, pour faire cuire l’omelette, où, mieux que chez le jeune instit, pouvait-on trouver plus central ?
Cette nuit-là fut un peu agitée pour mes voisins instits : une trentaine de jeunes défilant dans un studio pour attendre que leur omelette soit cuite dans l’unique poêle à frire de célibataire du locataire du lieu… Il fut cependant interdit d’organiser « la chia de l’eu » dans la cour de récréation… Vous comprendrez pourquoi !

 

Les petits élevages de poules ont presque tous disparu… Dommage: cela pourrait donner un parfum traditionnel aux manifs d’aujourd’hui… LOL

Echangez-vous?

Mercredi 1 mai 2019

Il me souvient d’avoir choqué

Une bien jolie déesse

Déesse de caisse

 

Il fallait bien être toqué

Pour oser ce vocabulaire

Terre à terre

 

Je n’avais qu’un gros billet

Je cherchais de la monnaie

Qu’ai-je fait?

 

Brandissant ma coupure

D’une caisse m’approchai

Bien sûr

 

Demandé si elle pratiquait

Les échanges, oui, mais…

Rupture

 

Est-ce l’éclair de mon regard

Elle traduisit Dare dare

D’autres augures!

 

 

 

 

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