Merci, Georges Brassens! Tu fus le meilleur!

Hécatombe
Au marché de Briv’-la-Gaillarde
A propos de bottes d’oignons,
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon.
A pied, à cheval, en voiture,
Les gendarmes mal inspirés
Vinrent pour tenter l’aventure
D’interrompre l’échauffourée.

Or, sous tous les cieux sans vergogne,
C’est un usag’ bien établi,
D‚s qu’il s’agit d’ rosser les cognes
Tout le monde se réconcilie.
Ces furies perdant tout’ mesure
Se ruèrent sur les guignols,
Et donnèrent je vous l’assure
Un spectacle assez croquignol.

En voyant ces braves pandores
Etre à deux doigts de succomber,
Moi, j’ bichais car je les adore
Sous la forme de macchabées
De la mansarde où je réside
J’excitais les farouches bras
Des mégères gendarmicides
En criant: « Hip, hip, hip, hourra! »

Frénétiqu’ l’un’ d’elles attache
Le vieux maréchal des logis
Et lui fait crier: « Mort aux vaches,
Mort aux lois, vive l’anarchie! »
Une autre fourre avec rudesse
Le crâne d’un de ses lourdauds
Entre ses gigantesques fesses
Quelles serre comme un étau.

La plus grasse de ses femelles
Ouvrant son corsage dilaté
Matraque à grand coup de mamelles
Ceux qui passe à sa portée.
Ils tombent, tombent, tombent, tombent,
Et s’lon les avis compétents
Il paraît que cette hécatombe
Fut la plus bell’ de tous les temps.

3 Réponses à “Merci, Georges Brassens! Tu fus le meilleur!”

  1. le poète sans tabou était libre comme son âme voulait l’être,son don des mots encourageait nos vices,mais il toisait,tout aussi facile,l’excès en toute malice,le poète sans tabou était chantre de ces petits bonheur qui nourrissent notre grand et éternel honneur.

    Très bonne journée à toi.

    Dernière publication sur Chasseur d'Images Spirituelles : Vois chez ton semblable

    • 010446g dit :

      Je n’ai vu que lui pour souligner l’éternité de ce qui choque aujourd’hui: la collecte énorme pour défendre certain boxeur.
      Très bonne journée à toi!

  2. julie dit :

    Jugeant enfin que leurs victimes
    Avaient eu leur content de gnons,
    Ces furies, comme outrage ultime,
    En retournant à leurs oignons,
    Ces furies, à peine si j’ose
    Le dire, tellement c’est bas,
    Leur auraient même coupé les choses:
    Par bonheur ils n’en avaient pas!
    Leur auraient même coupé les choses:
    Par bonheur ils n’en avaient pas!

    :)
    Côté rime et histoire, TU te défends aussi bien poète ;)

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