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Archive pour février 2018

Rien, pour l’instant…

Samedi 17 février 2018

Il est quelqu’un qui ne craint rien:

I l n’a pas terminé sa sale besogne.

Dans quelques mois, après la grogne

Contre son action impopulaire menée à bien

Travail pour lequel il fut recruté,

Subitement tous les soutiens

Vont disparaître, s’échapper.

Comme ceux qui, précédemment,

Se sont vus jeter aux orties

(Ils avaient apporté leur appui,

Leur rôle positif, on pouvait dorénavant

Se passer de leur puissante

Présence encombrante )…

Comme d’autres, qui apportaient un temps

La force de leur soutien

Au  monarque jupitérien,

Ont trouvé  trappe sous leurs pieds…

C’est ainsi dit Machiavel

Qu’on peut continuer à régner

C’est ainsi pour Machiavel:

Utiliser, briser, jeter!

Si je tenais le salopard

Vendredi 16 février 2018

Si je tenais le salopard

Qui t’a jetée dans le ravin

Je serais pire qu’un léopard

Je serais pire qu’un félin.

Je voudrais l’éborgner de mes griffes

D’un coup de dents, l’égorger

Arracher un à un ses tifs

Le dépecer, le lacérer.

Et pour finir le supplice

Avant qu’il n’ait clamecé

Après l’avoir couvert de pisse

A petit feu le faire cramer.

Malgré moultes siècles de civilisation

Des actes aussi ignobles

Réveillent la loi du talion

Je sais, je sais, ce n’est pas noble

Pour rester homme, chose étrange,

Il faut savoir raison garder

Ne pas descendre dans la fange

Au niveau où il s’est placé .

Je vais donc essayer de me calmer.

Bizarre construction

Jeudi 15 février 2018

Il y avait derrière une ferme de chez nous une muraille un peu bizarre:

Elle reculait en arc de cercle face au pignon de la maison…

Ce n’était point pour permettre aux charges de foin de pénétrer: il n’y avait aucune porte…

Tout au plus un fenetron à 2 mètres de hauteur.

Chaque fois, je regardais en me posant des questions, jusqu’au jour où n’y tenant plus

j’ai interrogé autour de moi. D’abord, on m’a regardé d’un air un peu surpris: quelle idée!

Cette muraille était plus que centenaire. Un vieux truc  resté d’on ne sait quelle excentricité.

Un jour, enfin, un vieux m’a expliqué: cet espace était destiné au manège pour les vaches,

qui, en tournant, actionnaient la batteuse. Je me suis rappelé, alors, qu’on racontait souvent

aux veillées, le calvaire que représentait, avant l’électricité, le « tournage » avec deux vaches

liées dont le joug était relié à une grande roue dentée située au-dessus d’elles, et qui,

par engrenages faisaient tourner la machine.

A force de tourner dans un cercle de trois mètres de rayon, les bêtes étaient folles de fatigue,

( de vertige ?) de bruit… et il fallait faire très attention en les dételant.

Juste avant que la faux ne frappe

Mercredi 14 février 2018

La faux n’a pas encore approché

Que les bûches se plient, s’agitent

Comment éviter d’être lésées?

Il faut agir au plus vite.

 

La faux n’a pas encore approché

Que les requins tournent s’agitent

Il faut sauvegarder le blé

Des mesures vite! Vite!

 

La faux n’a pas encore approché

Quand le mourant se tord s’agite

Certains sont là pour harceler

Un notaire vite! Vite!

 

La faux finalement a frappé

Le dernier mot écrit de suite

Viendra enfin déterminer

Le partage qui irrite.

 

 

Accident

Lundi 12 février 2018

Jules ne se sentait pas assez en forme

Pour apporter les fourchées de foin…

Ce n’était pourtant pas la norme,

L’habitude, on en était même loin….

Il était monté sur la guimbarde,

(La place des femmes ou des gosses)

Car, à septante, que Dieu vous garde,

Rester assis? Cornes à la cosse!

Son gendre Fred, de sa large fourche,

Lui donnait le foin à ranger.

Il faisait chaud, les taons, les mouches,

Sans être, du tout, dérangés

Par l’odeur de l’émouchine*,              * produit pestilentiel censé éloigner les mouches

Sur les deux villardes** s’affairaient    **vaches de Villard de Lans

Dans les coins où la peau est fine

A coups de queue , elles les chassaient.

La charge était bien assez lourde,

Le patron décida de serrer.

Il lança la grosse corde

Que Jules  se chargea d’allonger.

Il la gardait dans la main

En attendant qu’elle soit accrochée

Pour sa descente jusqu’au terrain.

Fred se glissa derrière les vaches

« Attendez que je l’attache »

Pour accrocher la ganse au tour

Il y eut juste un pas court

Jules  à la renverse chut

…Et ne se releva plus!

 

Entracte à St MARC’ (2) La boite aux coquillages

Lundi 12 février 2018

C’est un très délicat moment:

Sont réunis, les quatre enfants.

Une décision est en suspens…

Le père souffre tellement,

Doit-on abréger ses souffrances?

L’une des filles, visiblement,

Est restée pour soigner le tyran.

Le plus jeune, maudit dès l’enfance,

A provoqué cet instant.

Depuis son crime abominable

Son père exige qu’il n’entre pas

Dans la chambre parentale.

Même aujourd’hui, dans le coma,

Réduit à un morceau de bois,

Nul n’ose transgresser sa loi.

Au fur et à mesure du temps,

Chacun raconte à sa façon

Le terrible enchaînement

Qui déclencha l’excommunication.

Chacun va donner sa version

De la terreur, de l’étouffement,

Qui régnait dans la maison,

Qui règne encore certainement.

De la boite des piécettes

Dépassait un billet d’argent

Le môme avait subrepticement

Pris le billet, l’avait cinq ans.

La scène avait été terrible

Pour des bonbons partagés

Le coupable du crime horrible

Eut un procès « bien mérité »…

Jusqu’à ce jour la malédiction

L’avait suivi, avait motivé

Une éternelle suspicion…

Mais… l’avait d’abord été condamné

Au cachot pour une année…

Aujourd’hui, quelle décision prendre?

Le tyran est désarmé.

Il faut bien sûr, sans attendre,

Prendre un arrêt bien motivé…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entracte à ST MARC’ (1)

Samedi 10 février 2018

Imaginez un grand mur

Gris

Des mains, des têtes, apparaissent.

Echanges de propos

Durs

Sur des gens que l’on devine.

 

Voyez donc le même mur

Triste

D’autres têtes vont surgir

D’autres mots viennent claquer

Nuls

Sur les personnes d’en face.

 

De chaque côté du mur

Monte

Le niveau de la dérision

Haut

Mais l’envie de la rencontre…

 

Prise finale de conscience

Oui

Ils nous ressemblent

Vrai

Ce sont des êtres comme nous.

 

 

Excellente présentation de la crainte de l’autre,  l’inconnu.

Bravo aux jeunes des « Tréteaux de la Cumane »!

 

 

 

Premiers de cordée

Samedi 10 février 2018

Dans l’histoire de la montagne,

Pas rare que les premiers de cordée,

Emportés par la rage de gagne

Laissent en plan les derniers…

Grimpent sans se retourner:

Les autres n’ont qu’à se débrouiller!

Au retour on racontera,

Que c’était la seule façon de se sauver…

C’est aux secours qu’incombera

De prendre des risques insensés.

Les dangers, le flirt avec l’abyme,

Ce sont eux qui l’ont choisi

Pourquoi en ressort ultime

Les absoudre de leur folie?

Pourquoi reporter sur les secours

Les reproches qu’ils encourent?

 

 

Du blé malade? Qui rend malade?

Jeudi 8 février 2018

Je me souviens de cette angoisse:

Quelle calamité! Quelle poisse!

Le pain, nourriture sacrée,  était maudit

Dans la ville de Pont St Esprit.

On racontait des fariboles:

Le diable s’était insinué!

Des hypothèses folles:

Les boches avaient encore frappé.

C’était sûrement leur machine

Qui rendait le pain plus blanc…

Ils avaient dans leurs usines

Préparé notre empoisonnement.

Montré du doigt, le boulanger,

Etaient suspects, les meuniers,

Du blé de zone occupée

Sûrement l’était falsifié!

L’ergot du seigle fut accusé .

De méteil, les champs,

D’indignité, étaient frappés…

Chaque jour des « savants »

Donnaient une nouvelle piste

Chaque jour des fumistes

Venaient se mettre en avant.

 

 

Petite moutarde

Jeudi 8 février 2018

Elle était ma petite cousine. Je devais avoir huit ans

Venue à la ferme avec sa grand maman

Deux ou trois jours pour quelques affaires

Succession de l’arrière grand-père?

Elle était bien plus jeune que moi

Mais quand on est née à la ville

Avec un père grand bourgeois

On  croit dominer piétaille vile…

Pour je ne sais quelle raison

Nous nous étions contrariés

Voulait imposer ses façons

Moi sûr de l’âge supériorité…

En dernier recours j’ai lâché:

« Ce n’est pas une petite moutarde

Qui va venir me commander »

Le mot fit monter la moutarde

Dans la famille: lèse-majesté!

Je ne fus pas battu mais par regards:

On me rendit excommunié…

Plus de douze lustres plus tard,

J’ai trouvé dans un mot croisé

Pour un gamin le mot moutard

Je l’avais juste féminisé!

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