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Archive pour novembre 2016

Diététitiens et autres

Vendredi 4 novembre 2016

Qui a connu la faim vraiment

Quand l’abondance est à portée

Ne saura jamais limiter

Son appétit d’aliments…

Il y a des gens qui savent me plaire:

Ce sont de doctes professeurs

Qui viennent du haut de leur chaire

Asséner leurs thèses de docteurs.

Pour eux, les riches de pays pauvres,

Et les pauvres de pays riches,

Sont malades, il faut qu’on les sauve,

Ils mangent trop, ne sont pas chiches.

Mais ces gens qui parlent tant et plus

Dans leur vie n’ont jamais connu

Leur jolie vie

De nantis

(C’est pour cela qu’ils sont ces chantres)

La faim qui ravage le ventre

Qui vous ferait manger vraiment

Même la terre ou des excréments.

Les règles « d’avant » suite et fin

Mercredi 2 novembre 2016

Joseph était en train de faire la « chôme » (la sieste).

Quand il émergea, les yeux ensommeillés, parce que Jacques avait tambouriné à la porte, il n’était pas de bonne humeur.

Jacques lui expliqua tout de go ce que Julien lui avait appris. Joseph le regarda ébahi:

« JULIEN! Tu parles à ce type? Tu es bien le seul dans le pays! Il a eu bien de la chance de ne pas se retrouver au peloton d’exécution, grâce à de hautes protections, mais… Tu n’as pas vu qu’il boit SEUL au bistrot? Son comportement pendant la guerre…

Jacques s’attendait à ce que Joseph  bondisse comme lui, dise qu’on ne pouvait pas supporter « ça »… Que ce serait le déshonneur pour la famille, mais non! Non seulement la conduite de Marc ne le choquait pas, mais, en plus, il démolissait la cathédrale qu’il avait élevée pour son ami Julien.

C’est pas vrai? (il rit) Il est malin le Marc! Il en profite! Ben il a bien raison! Et c’est pas moi qui vais lui trouver tort. Si cette fille a le cul chaud, il faut bien la satisfaire! D’accord! seize ans, c’est jeune et elle est mineure. J’aimerais bien être à sa place! Tu sais, des cocus, y en a eu pendant tout ce temps ou les maris étaient … on ne sait où. Depuis longtemps personne ne fait attention à ce genre de choses »

Jacques se crut frappé par le tonnerre. Ainsi, tout ce qu’il croyait vrai, intangible, toutes ces règles de vie dans lesquelles il avait été nourri… Plus personne ne s’y référait.

ELLES ETAIENT LES REGLES  » D’AVANT »

Les règles « d’avant »

Mercredi 2 novembre 2016

Jacques commença par questionner son frère sur son travail…

_ Oh! Pour cela, le travail ne manque pas: avec toutes les maisons brûlées, la reconstruction, le bois n’a pas le temps de sécher! dit Marius, mais toi, qu’est-ce qui t’arrive? Tu as une tête d’enterrement. C’est ta femme qui te fait des misères?

Jacques réagit fortement:

_ Allons! tu connais ma Mélanie! C’est la douceur même! Non! J’ai pas de soucis de ce côté-là… Mais c’est Marc qui me fait souci. Figure-toi (et il répéta ce que Julien lui avait confié) Tu te rends compte du scandale! C’est toute la famille qui n’osera plus mettre le nez dehors, de peur d’être montrée du doigt.

Marius eut un sourire en coin:

_ Sacré Jacques! Toujours aussi intransigeant avec la morale. On ne te changera pas. Décidément, ce n’est pas chez les Boches que tu auras appris la tolérance! Calme-toi! Y a pas mort d’homme! Marc a toujours aimé la chasse. Ca l’a repris! Bon! Il risque des ennuis avec la justice, d’accord, mais nous , cela ne nous concerne guère.

Jacques n’en trouvait plus ses mots tant il était surpris: alors Marius aussi pensait que ce n’était pas grave? Mais qu’est-ce qui leur était arrivé à tous pendant ce temps ou lui était ouvrier/prisonnier en Allemagne?

Quand même, il lui restait à voir Joseph. Lui, le pieux de la famille, resté célibataire parce que ses parents auraient aimé qu’il devînt prêtre… Il allait l’écouter, lui.

(à suivre)

 

Les règles « d’avant » (suite)

Mardi 1 novembre 2016

Jacques, furieux ne comprenait pas: sa sœur avait bien changé! Elle ne reconnaissait plus son autorité qui aurait du l’amener à le suivre. Tout ce qu’on lui avait appris, elle semblait l’avoir oublié… Il est vrai que, pendant son absence, ces trois ans , prisonnier, dans une ferme de Silésie, il s’était passé tant de choses, tant d’atrocités qu’il ne soupçonnait même pas en revenant… Tous, ils paraissaient les mêmes (enfin, tous… ceux qui étaient encore là, ceux qu’on n’avait pas fusillés, ceux qui étaient revenus) mais leurs réactions étaient différentes.

MAIS QUAND MEME!!! Ce n’était pas possible qu’ils ne soient pas horrifiés.  Cela allait éclabousser toute la famille! Que diraient-ils tous, à leurs enfants quand le scandale éclaterait? Comment, après, les conduire dans la BONNE VOIE? LA MORALE?

Puisque Julie ne comprenait pas la gravité de la situation, Jacques alla voir Marius, le troisième garçon de la famille. Lui, c’est sûr qu’il l’aiderait à jouer au pompier dans cette affaire.

Marius était charpentier. Le dimanche, il se reposait en déchiffrant les histoires dans le journal que le curé vendait à la sortie de l’église.

Jacques fut bien accueilli:

« Quel miracle! Tu as trouvé le chemin de la maison? Depuis le jour où tu étais revenu de chez les Boches, on ne t’avait plus revu . Ca fait plaisir de te voir! Viens vite boire un canon, qu’on échange quelques nouvelles.

Jacques s’assit sur la chaise que son frère lui montrait. Face à la volubilité de ce frère qui avait mûri en son absence, il ne savait soudain plus par où commencer.

( à suivre)

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