Archive pour mai 2016

Au Mélilot théâtre

Mardi 10 mai 2016

La nuit de Valognes
Résumé
Par une nuit orageuse, quatre femmes se retrouvent dans le château de la duchesse de Vaubricourt.
Don Juan, qui les a bafouées autrefois, sera jugé et devra réparer ses torts en épousant Angélique,
filleule de la duchesse. À la surprise générale, le séducteur mythique accepte !
Éric-Emmanuel Schmitt revisite le célèbre mythe de Don Juan.
C’est un spectacle excellent
Pour jeunes et vieux enfants
Auquel nous avons eu droit.
La salle était intimiste,
Amateurs comme il se doit.
Le décor était simpliste
Totalement dépouillé
(J’imagine comme dans Molière
« La jalousie du barbouillé »)
Ce n’est pas une costumière
Qui avait créé ces choses
Les costumes étaient grandioses
Dignes d’un grand couturier.
Et dans le jeu des actrices
Tout était bon à savourer.
Tant sous les masques factices
Que dans le jeu à découvert.
La nonne par déception
Nous montrait à livre ouvert
Juste une pointe de dérision.

A l’hôpital (2)

Lundi 9 mai 2016

Il pleurait bruyamment
Je ne sais quelle perte
Je passais incidemment
Devant la porte ouverte.
Me vint une chanson
Du temps de ma jeunesse
Des notes de ronron
Qui calment la détresse.
Il en fut si surpris
Que ses accents se turent
D’un coup il me sourit
Et ses larmes s’en furent.
Ce fut je crois pour lui
Un court apaisement
Sa mère me dit merci:
Ne savait plus comment
Apaiser ses soucis.

A l’hôpital

Dimanche 8 mai 2016

Dans les allées de l’hôpital
On croise de jolies mamans
A qui l’angoisse fait très mal
Et qu’il faut distraire un moment.
Faire oublier, instant subtil
Les craintes pour un petit
Que le sort, ce satan vil,
A désigné pour maladie.
Leur parler de mille choses:
De fleurs et de poésie
Et même de poèmes en prose,
Des lapins sortis cette nuit,
Du pivert qui becquette
Le long du vieux tronc vermoulu,
Du héron cendré qui visite
L’étang peuplé de tanches goulues…
Et puis leur dire qu’elles sont belles
Que dans le hall on ne voit qu’elles…

En fugue?

Samedi 7 mai 2016

Le temps est bien gris ce matin,
Le coucou chante dans le bois
Y a pas de louis dans mon oursin
Cette année, ne serai pas roi,
C’est bien sûr, n’aurai pas de fric.
Sous le pommier couvert de fleurs
Une poule gratte avec vigueur
Pour déterrer quelque lombric.
Un faisan dans la cour se pavane
Il se sait en sécurité
Tout l’hiver il s’est abrité
Dans un taillis, vers la cabane.
Dans le sapin, les tourterelles
Ont fait un nid bien arrimé
Elles s’ébattent à tire-d’aile,
Je les entends roucouler.
Les ânes ne sont pas visibles
Où donc se sont-ils cachés
Auraient-ils c’est bien possible
Suivi un chevreuil dans les fourrés?
Me voilà bon pour les chercher
Sacrés fugueurs invétérés.

Sur le rebord de la fenêtre

Vendredi 6 mai 2016

Une mésange charbonnière
A fait son nid sur ma fenêtre
Coincé entre la jardinière
Le mur et le bas de barrière…
Nous aurons la chance peut-être
De voir les petits qui vont naître
Déjà les oeufs nous ravissent
Quand l’oiseau s’en va manger
Ils sont là qui se blottissent
Dans le creux tous bien rangés.
Il faut choisir le bon instant
Pour venir arroser les fleurs
Sans déranger la maman
Et surtout sans lui faire peur.

Accident

Jeudi 5 mai 2016

C’était si bon, de bosse en bosse
Toujours plus loin, toujours plus haut
Ah! tu n’étais pas un bolosse
Tu te sentais comme un oiseau.
Dans ton guidon vibrant de transe
Tu ressentais le grand frisson
Une fierté,griserie immense,
Tu dominais l’horizon.
Il a suffi d’une petite pierre
D’un galet mal accroché
Pour que tu sautes dans la rivière
Dans une chute mal dirigée.
Et voilà Samu et pompiers
Autour de toi pour te sauver
Fracture des côtes, poumon percé
Et la pauvre rate éclatée…

Tu es jeune, c’est certain
On pourra te réparer
Mais je maudis le sort malin
Qui t’a fait ainsi chuter.

 

Pillard

Mercredi 4 mai 2016

Un pillard est entré
Dans mon poulailler.
Il a renversé les nids
Cassé les oeufs, volé, détruit
A écarté la paille
Projeté le nichet
Qui traîne vaille que vaille
Sur le sol, le pauvret…
J’ai tout remis en ordre
Pour rassurer mes poules
Avec l’envie de tordre
Son cou: j’avais les boules.
L’est revenu trois jours
Après le grand saccage
Recommencer son tour
De très mauvais ménage
Mais j’avais tout fixé
Attaché et collé.
Je l’ai vu, l’oiseau noir,
Le corbeau maléfique,
Qu’il aille se faire voir:
Je lui ai fait la nique!

Les mots

Mardi 3 mai 2016

Il suffit qu’un mot surgisse
Presqu’inopinément,
Suivi de plein d’autres qui se glissent
A la queue-leu-leu négligemment
Que d’ordonnées en abscisses
Le ton varie au gré du vent
Pour qu’un slam s’immisce
Dans les paroles du moment
Et si, en face, fuse réponse
Du tac au tac évidemment
Se construit rapidement
Un texte qui vit et qui fonce
Vers une nouvelle destination
Pour célébrer joie et passion.

Pauvre barjot!

Lundi 2 mai 2016

Si t’as besoin, pauvre minable
D’une porsche pour exister
Je plains vraiment l’idée lamentable
Que de toi tu peux véhiculer!
Si des nanas sur ton passage
Rien dans la tête, rien dans le coeur
Se pâment comme haie d’honneur
Ce n’est pas pour ton intelligence
C’est pour le bling-bling, le toc.
Que demain tu sois en indigence
Ces putains-là, avec violence
Te jetteront comme vieil haddock
Que demain tu sois dans la panade
Leur amour tu pourras attendre
Elles fuiront en débandade
En disant de toi pis que pendre.

123