Archive pour avril 2015

Routes d’Ardèche: souvenirs

Lundi 13 avril 2015

C’est amusant quand on voyage

De retrouver sur le chemin

Des souvenirs d’un autre âge

Des discussions sur thèmes anciens.

La dernière fois, tu te souviens

Entre les races de bovins

Je t’expliquai la différence :

Rouge foncé sont les salers

Aux cornes galbées en l’air,

Des bêtes pleines d’élégance ;

Les limousines un peu plus blondes,

Cornes qui vont dans tous les sens,

On en trouve partout dans le monde :

Leur chair persillée flatte les sens ;

Blanches sont les charolaises

Fesses dodues et large dos

Maquillés, les yeux des tarentaises

Fières comme tziganes ados

Et les aubracs, les villardes

Les abondances, les montbéliardes…

C’est donc grâce à ce baratin

Que tu as suivi mon chemin ?

Saint Agrève

Lundi 13 avril 2015

Etions partis pour voyager

Sur les traces du passé:

La première classe transplantée

Encadrée par ma moitié.

A quarante ans de distance

C’est bizarre la souvenance :

Pas évident de retrouver

Les lieux, les êtres rencontrés…

Les coupes, de résine couvertes

Que les enfants avaient rapportée

Sur leurs habits de découverte,

Et les hauts cris des mamans

Devant l’impossibilité

De détacher les vêtements…

Le souvenir de tous les contes

D’Henri le vieil animateur

Qui savait sortir des ses fontes

Mille savoirs pleins de saveur.

…Et le ruisseau né disait-il

Du gros pipi d’une mémé

Qui avait nourri racontait-il

Un sorcier triste et affamé…

Suzon la blanchisseuse

Dimanche 12 avril 2015

Je me réveille avec cette chanson qui me hante, mon père aimait la chanter au temps de mon enfance…

Une chanson de Fernandel :

On dit, peut-etre on exagere,
Qu’au temps jadis, naguere, il y a longtemps,
Les rois epousaient des bergeres
Qu’ils rencontraient en chassant dans les champs.
On ne disait rien, on laissait faire
Vu que les rois, ils avaient tous les droits.
Mais ca fait rien, quelle drole d’affaire !
Heureusement qu’il viendra plus de rois
Je sais bien, si les rois revenaient
Je sais bien la femme qu’ils voudraient

Il voudraient notre Suzon, Suzon la blanchisseuse
Qui traverse la cour du quartier
En portant son panier d’osier
Ils voudraient ses jolis yeux, ses frisettes soyeuses
Sa taille souple et son jupon court
Et le ruban qui flotte autour

Ah ! Mais, il y a près de cent ans

Il n’y a plus guère de bergères,

Plus de conscrits, et plus de régiment,

Les rois, sont sur les étagères

Dans les bouquins de l’histoire d’avant.

De nos jours, le plus joli des rêves

C’est celui de la déesse de caisse

Celle qui fait glisser sans trêve

Tous les achats, sans la moindre paresse.

Celle qui sourit aux visages en trogne

Qui dit bonjour mille fois par jour

Qui ne dit rien lorsque le client grogne

Le doux visage, en un mot, un amour.

Surprise à la fête

Vendredi 10 avril 2015

 

C’aurait du être une belle fête

Par son épouse, organisée

Anniversaire ce n’est pas bête

Avec amis de le fêter…

Le sourire était invité

Et l’apéro bien tassé

Pour échauffer l’assemblée

Ah ! C’est sûr, on allait danser.

Après le temps des retrouvailles,

Des rencontres inopinées

Ce fut l’instant, vaille que vaille

Où il parla à l’assemblée…

Amortie par les vapeurs

Du whisky largement versé

La nouvelle créa la stupeur :

Il décidait de tout plaquer :

Sa femme aimante, sa famille

C’était trop étroit pour ses ailes

Il voulait une autre famille

Une autre vie qu’avec elles…

Méprise!

Jeudi 9 avril 2015

Pour ceux qui ont lu le blog « Renaud et poésie »  _ à Joseph T_ vous comprendrez sans doute.

J’étais dans la rue à Grenoble

Où j’attendais ma moitié

Partie pour une mission noble( ?)

Je ne sais où, dans le quartier.

Pour passer le temps, j’accostais

Toutes les déesses de passage

Dans mon entrain je récitais

Les textes de mon radotage…

Une vieille dame remarquant

Mon manège plein d’ artifice

Sous mon chapeau imaginant

Avec ma barbe comme indice  

Et mon corset un peu bizarre

Que je ramais sur le trimard

S’approcha subrepticement

Une pièce me tendant…

Si grande fut ma surprise,

Je me trouvai si perplexe

Que je n’eus pas le bon réflexe :

J’aurais du lui faire la bise !

Souvenirs…

Jeudi 9 avril 2015

Elle avait des yeux magnifiques

Elle incarnait la douceur

Elle supportait de son sadique

Les pires sources de douleur.

Jamais présent aux pires heures

Quand il avait promis présence

Pour la chimio (pour son bonheur ?)

La veille il allait à Byzance.

Il s’enfuyait au bout du monde

Elle devait en catastrophe

Trouver  où caser  son monde

Trois bambins, c’est rien, c’est bof !

Pour peut-être soulager sa peine

Alors qu’elle souffrait le martyre

Il enfourchait sa petite reine

Pour un périple, son plaisir.

Ah ! J’aurais bien botté le cul

A cet ingénieur de mes deux  

Mais elle l’aimait on ne peut plus

Se taire était encore le mieux.

Sacha

Mercredi 8 avril 2015

Oh ! Je parle aujourd’hui

A un petit bonhomme

Dont hier j’ai appris

Venue parmi les hommes…

Dix livres à la naissance !

Marie, ma petite voisine,

 La splendide gamine

D’il y a bien longtemps

Est devenue maman…

Sacha, si tu m’entends

Ta jolie grand maman

Aurait été heureuse

De te chanter gaiment

Une douce berceuse.

Froid!

Mardi 7 avril 2015

Il fait froid dans la maison

Quand la tribu s’en est allée

Rien à voir avec la saison

Rien à voir avec le bois  brûlé.

Ce n’est pas la chaleur animale

Qui manque soudain dans le salon

Ce sont les cris, les jeux de balle,

Le trempoline à l’abandon.

Dans le silence qui s’installe

Le froid surgit comme au tombeau

Malgré les ânes qui cavalent,

Le coq qui chante à tue-tête,

La chienne à langue caressante,

Les lapereaux et la pillotte,

La vie soudain est en attente

De la prochaine occasion,

La vie soudain est en attente

De la prochaine réunion.

Chasse aux oeufs

Lundi 6 avril 2015

Quand la cloche a sonné

On a vu la marmaille

Courir vers les fourrés,

E t grimper sur la paille.

Ils n’ont pas oublié

Le moindre coin de cabane

Sont même allés fouiller

Dans le râtelier des ânes.

Le nid de la pillotte

A subi leurs assauts

Comme fauves en ribote

Ont retourné les seaux.

Leurs petits paniers pleins

Sont revenus au gîte

Etaler leur butin

Se vanter de leurs mérites.

Gare aux crises de foie

Pour les petits gourmands

Si les jolies mamans

Ne viennent faire la loi !

Untel a-t-il fait ses pâques?

Dimanche 5 avril 2015

Untel a-t-il fait ses pâques ?

C’était la grande question

Qui tracassait dans mon enfance

 Les femmes dans les maisons.

Elles s’inquiétaient pour chaque

Voisin ou même connaissance,

Comme si le salut suprême

Des habitants du village

Etait suspendu au carême

Aux messes, aux confessions,

A ces rites, dont l’usage

Consacrait la communion.

J’ai suspecté quelques fois,

Que pour meilleure surveillance,

Elles se relayaient, ma foi,

Sous l’air de faire pénitence,

Dans l’église après confesse.

Bon ! Les histoires de fesses

De celui-ci, de celui-là

Après un confiteor, deux prières

Et deux ave, obtenaient le pardon là…

Je suis sûr, que pour moi

Ce serait suprême opprobre :

J’ai trop la conquête fière

Bien que je sois en octobre…

Pourtant plutôt que confesse

Je ne crois plus guère au ciel.

Ce matin j’ai lavé mes fesses

Dans mon bain semestriel.

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