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Archive pour janvier 2015

Surprise!

Lundi 12 janvier 2015

Il faut que je le dise

La pillotte a pondu

C’est divine surprise

Je n’ai rien entendu

Elle est vraiment discrète

Pas un chant, pas un cri

Pas une cocorette .

C’est vrai  que ces poussins

Orphelins de leur mère

Ont mené grand leur train

Porté haut leur bannière

Grandis « comme l’on peut »

Comme à l’état sauvage

N’obéissent qu’à eux

Ont un curieux ramage…

Mais je trouve son nid

Comme par inadvertance

Dans un ballot de foin

Préparé dans un coin,

Pour ânes, la bombance,

Un matin trop neigeux,

Un jour bien trop pluvieux.

J’avais bien remarqué

Que depuis quelques jours

Elle venait s’abaisser

Devant son coq d’amour. …

Comme le père béant

De découvrir sa fille

Dans le lit d’un amant

Mes yeux j’en écarquille.

La dernière fois, j’espère!….

Samedi 10 janvier 2015

J’ai manifesté, pour la première fois contre la guerre en Algérie…

J’ai manifesté plus tard contre la torture… J’ai manifesté contre la censure d’Etat…

J’ai manifesté contre les morts jetés à la Seine…

J’ai manifesté contre les morts du métro de Charonne…

J’ai manifesté contre les infâmes plastiqueurs de l’O A S…

J’ai manifesté contre plein d’autres choses tout au long de ma vie…

J’ai manifesté en 86 contre la mort d’un jeune en marge d’une manifestation d’étudiants…

J’ai manifesté contre l’assassinat par un raciste éméché d’un jeune beur qu’il accusait à tort de lui avoir piqué un autoradio…

 

La dernière fois, c’était contre la guerre en Iraq…

Depuis, je marche de moins en moins bien, et piétiner le macadam, sur une distance et à une vitesse qui ne sont plus les miennes…

Mais aujourd’hui, j’ai sorti ma canne, je suis allé me garer au plus près du champ de Mars … Et je suis allé défiler pour défendre le droit d’expression, pour protester contre les lâches assassinats perpétrés par des gens qui prennent argument de leur religion pour satisfaire leurs instincts bestiaux.

Etrivière de sang ?

Samedi 10 janvier 2015

Dieu ! Quelle image !

Pour fouailler le problème,

Appliquer domination suprême.

Belle action de courage !

Dure amazone je vous vois,

Rejetant  vos voiles de gaze,

Chevaucher l’étalon Pégase

Et le fouetter en désarroi,

Au transpercement final,

Jusqu’à l’extase astrale.

 

Pardon à Agnès (l’anagramme des anges): n’ayant pas son talent de fulgurance, mon texte aurait paru trop mièvre pour le placer en commentaire à « résolution »

Sur la route d’Engins

Vendredi 9 janvier 2015

Elle tendait son pouce

Au bord de la route

Au vent qui  pousse

Je me laissai aller toute.

« Où vas-tu jolie déesse ?

Je vais au village d’Engins

Je ne vais pas si loin je te laisse

Au grand rond-point prochain. »

Elle était jeune et belle

J’avais envie de l’épater

Un poème à lui réciter

Mon histoire la plus belle…

A échanger en chemin

Elle me donna des nouvelles

D’une certaine ….elle

A qui je souhaite heureux destin.

Quand au bout du trajet

J’ai eu droit à une bise

Mon cœur était comme un palais

La lumière était de mise.

NOUS SOMMES TOUS CHARLIE

Jeudi 8 janvier 2015

Qui que vous puissiez être, vous, infâmes assassins,

Des robots obscurantistes ou des provocateurs malsains,

Vous ne pourrez pas nous faire

TAIRE

 

NOUS SOMMES TOUS CHARLIE 

 

Les héritiers

Mercredi 7 janvier 2015

Nous sommes allés voir « Les héritiers »…

Dois-je dire que cela m’a fait un bien énorme ?

D’abord, c’est la confirmation de ce que, pédagogiquement, j’ai toujours pensé, ce pour quoi j’ai milité : c’est en donnant des responsabilités aux jeunes qu’on les fait progresser, qu’on les amène à dépasser les montagnes. La gageure, dans une cité traversée par des courants antisémites, se pencher de manière humaine sur ce qu’a été la shoah pouvait sembler hors d’atteinte.

« La jeunesse est comme un moulin : donnez-lui du bon grain à moudre, elle fera de la bonne farine » disait Don Bosco.

Histoire vraie : une classe dont personne n’aurait souhaité la responsabilité, dont l’institution n’avait de cesse que de mesurer les « faiblesses », sur laquelle personne n’aurait parié un radis va se transformer sous nos yeux par la magie d’une phrase : « j’ai plus de confiance en vous que vous n’en avez en vous-mêmes ». Les violences, les rivalités vont s’estomper dans l’objectif de l’action commune.

Ariane Ascaride campe une enseignante « différente», conforme aux rôles qu’elle nous a habitué à connaître.

Au détour de quelques anecdotes, on évoque les difficultés du vivre ensemble dans une mini société cosmopolite, traversée par les exacerbations d’un milieu pauvre.

L’expérience n’a pas transformé le quartier, mais elle a permis à des ados en recherche de « grandir ».

Papillote

Mardi 6 janvier 2015

Dans mon coffre aux trésors

J’ai caché récemment

Bien plus précieux que l’or

Un minuscule présent.

C’est un papier secret

Plein de mots enchanteurs

Un fulgurant portrait

Messager de bonheur.

Ne vient pas de la hotte

De Mamouchka* duchesse

C’est une papillote

Roulée par une déesse.

 

*Mamouchka est en Russie le personnage qui correspond à notre père Noël (la légende voudrait qu’ayant voulu suivre les rois mages, elle ait atterri à Moscou, et depuis distribue ses présents aux enfants).

RUPTURE DE CIVILISATION 5 L’affrontement

Lundi 5 janvier 2015

A peine rentrée à la maison, l’Eugénie attaqua :

« Dis-donc, Lydie, quelqu’un m’a rapporté que tu rencontres un homme en cachette, comment ça se fait que tu ne m’en as pas parlé ?

_ Ca ne te regarde pas, maman, je suis majeure, je fais ce que je veux .

_ CE QUE TU VEUX !!!! ESPECE DE DEVERGONDEE !!! C’est comme ça que tu parles à ta mère ? ET EN PLUS TU COUCHES AVEC UN HOMME MARIE !!! Et emportée par son élan, la voilà qui balance une tarte à dévisser la tête de sa fille.

_ Tu n’aurais pas du faire ça, maman ! Je vais partir. Et tous les imbéciles pourront baver comme des veaux sur mon compte, c’est pas nouveau ! Ils se sont toujours moqués de moi. Ton fameux curé Fayard, ton saint, tu devrais te demander pourquoi c’est après une confession un peu bizarre que la Denise a été obligée de se marier avec cet imbécile de Jules. Tu vois, je savais que tu aurais voulu que je reste toute ma vie à soigner tes vieux jours, et j’étais écartelée entre mon amour pour toi, le respect que je te porte et mon amour pour Nestor. D’abord, Nestor n’est plus marié, il est divorcé….

_ UN DIVORCE !!! Tu seras excommuniée !

Elle étouffait l’Eugénie, tout s’écroulait autour d’elle. Elle était*sûre* qu’elle mettrait fin tout de suite à cette infamie et voilà que c’était sa fille, calmement, qui prenait le dessus.

_ Ca, ce sera mon affaire avec le Bon Dieu s’il  existe, pas la tienne. Alors, autant que tu saches que je vais aller vivre avec Nestor. J’ai déjà vendu trois terrains à bâtir à des vacanciers qui veulent  construire une maison. Comme tu étais dans la maison, j’ai hésité à la vendre aussi _ tu sais que c’était un bien venant de la famille de mon père _ mais tu viens de trancher. Comme je ne veux pas que tu sois à la rue _ ce que tu ferais sans hésiter pour moi si tu en avais la possibilité, pour m’empêcher de vivre ma vie _  il y a la petite maison du village, tu sais, elle a une cuisine et une chambre, je te la laisse, tu seras près des commerces, à côté du médecin, du curé que tu aimes tant aussi. Tu peux rameuter toute la famille, tous les curés que tu veux, tout le village, vous pouvez tranquillement me cracher dessus. J’ai des acheteurs pour la maison. Je te laisse six mois pour emballer ce qui t’importe. Moi, je n’emporte rien. Si je pouvais partir nue comme je suis venue je le ferais.

Si un jour tu as envie de me revoir, sache que ce sera avec Nestor à mon côté, et qu’il devra être traité comme mon compagnon et non comme un mécréant».

L’Eugénie n’entendait plus : pour elle, ce n’était pas une dispute : c’était l’écroulement de sa civilisation.

 

Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou ayant existé serait pure coïncidence _  

Note : j’ai écrit ce texte en opposition à « Bannie » ibid 14 février 2011.

Ils sont, pour moi, séparés de 10 ans, et, entre eux,  1968.

RUPTURE DE CIVILISATION 4 :Le père Fayard

Lundi 5 janvier 2015

Le père Fayard était arrivé au village juste après la libération. C’était alors un jeune curé formé au séminaire à l’époque de l’Etat Français, par des ecclésiastiques prêts, dans l’obéissance à leur pape qui craignait moins les nazis que les communistes, à n’importe quelle complicité avec le dictateur fantoche du pays. Il avait dès son arrivée, marqué les esprits en chassant de l’église les femmes dont on aurait aperçu un bout de peau à la cheville ou une mèche de cheveux sous le foulard. La mère incapable de faire taire un bébé pendant la messe était vertement priée de sortir…

Il s’était installé dans le village encore secoué par les soubresauts de la résistance et avait aussitôt joué le rôle qu’il se croyait octroyé par Dieu : celui de policier des âmes.

Fayard n’était pas son nom : c’était celui que les hommes du pays lui avaient octroyé quand il avait annoncé qu’il ne transigerait avec aucune des règles de bonne conduite des fidèles : dur et cassant comme le hêtre.

Quand l’Eugénie vint lui demander une messe pour le repos de l’âme de son mari, il reconnut là le fruit de ses vingt trois ans de ministère. Il avait bien mené son troupeau, et ce n’étaient pas les élucubrations de VaticanII dont il ne voulait pas entendre parler qui changeraient ses positions.

Quand, à la sortie du service, l’Eugénie l’invita à venir boire un café avec toute la famille, il ne se déroba pas.

Bien entendu, quand elle lança la conversation sur ces gens qui délaissent leur conjoint pour courir la prétentaine, il se demanda un peu qui, dans la famille était visé : il ne les entendait pas tous en confession. Il se lança donc dans ses condamnations habituelles et l’ensemble de la famille renchérit.

L’Eugénie était prête à l’estocade.

Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou ayant existé serait pure coïncidence

RUPTURE DE CIVILISATION 3 : Le pot aux roses

Dimanche 4 janvier 2015

C’était tout à fait par hasard que l’Eugénie avait remarqué cette petite boite dans le poulailler, derrière les nids. Elle avait tout de suite compris que c’était quelque chose d’important. Quelque chose que la Lydie voulait lui cacher. Elle sentit son cœur battre à cent à l’heure et c’est la main tremblante qu’elle ouvrit le coffret…

Des LETTRES ! Des billets doux, des roses séchées. Fébrilement, elle chercha  qui pouvait les avoir écrites… Nestor ? Elle ne connaissait pas de Nestor dans le pays… Une sourde angoisse commença à lui serrer la gorge. Si ce n’était pas un garçon du pays… Il fallait savoir !… Elle remit tout en place jusqu’à la prochaine escapade de la Lydie. Elle aurait le temps, alors d’éplucher le courrier et d’en savoir plus. Le temps s’écoula ce jour-là avec une lenteur désespérante… La Lydie, enfin, monta dans sa voiture, disparut au coin de la route. L’Eugénie alla donc chercher le petit coffret et se mit en demeure d’étudier de près cette correspondance dans laquelle elle sentait un danger imminent. Les premiers billets lui plurent par la douceur exprimée. Elle commençait à s’attendrir : un homme qui disait aimer son estropiée ! Puis une phrase lui sauta aux yeux : il parlait de sa femme….IL ETAIT MARIE ! Scandale ! Elle ne pouvait pas laisser passer ça ! Elle referma tout et attendit la Lydie de pied ferme. Un tel déshonneur ! Ce n’était pas possible ! Il fallait que cela cesse tout de suite… Oui, mais… Depuis qu’elle était majeure, depuis ce fichu rendez-vous qu’elle avait eu avec le notaire, elle ne l’écoutait guère, elle, pourtant, elle était *sa mère* et les enfants doivent toujours obéir aux parents. Elle n’arriverait jamais toute seule à faire cesser cette ignominie. Il lui fallait de l’aide…Tiens ! Ca va faire juste dix ans qu’on a enterré son père, la semaine prochaine… Si elle demandait au curé de célébrer une messe pour son âme, elle inviterait *toute la famille* et même le curé, après le service, et là… Elle lancerait la conversation sur le péché d’adultère, sur ces infâmes succubes qui détournent les maris de leurs devoirs. Et au retour…    

Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou ayant existé serait pure coïncidence

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