L’inquiétude

Marie-Geneviève s’installa sur le canapé du salon. Elle était toujours aussi énervée, mais elle sentait monter en elle un nouveau sentiment. Un sentiment qu’elle ne connaissait pas : dans toute sa jeunesse, il y avait toujours eu des gens pour lui éviter le moindre ennui, la moindre inquiétude, tout se passait comme si des elfes ou des lutins (certains diraient des anges gardiens) étaient là pour lui aplanir le chemin…

Une question vint s’insinuer dans son esprit : « Et s’il était vraiment parti ? » Elle la repoussa bien vite : il n’avait même pas emporté un slip de rechange, et connaissant sa méticulosité, cela n’était pas possible.

 Pourtant, au moment de son départ, elle n’avait pas reconnu l’homme qui se trouvait en face d’elle… Qu’avait-il bien pu faire ?

Non ! Elle se posait des questions pour rien : il voulait l’inquiéter, prendre le pouvoir sur elle, mais elle, on ne la lui faisait pas de cette manière ! Elle saurait lui rappeler que c’est grâce à elle, à l’argent de ses parents qu’il avait une vie tellement confortable, sans commune mesure avec la rudesse de la vie en caserne.

Toute à ses cogitations Marie-Geneviève s’assoupit.

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