L’angoisse

Ce fut le téléphone qui réveilla Marie-Geneviève. La secrétaire de son mari s’inquiétait : il avait une réunion *hyper importante* dans dix minutes, il avait emporté des documents qu’il voulait revoir hier soir afin d’être prêt… Son absence allait déclencher un cataclysme dans la boutique. Il fallait*absolument* qu’il arrivât au plus tôt…

Marie-Geneviève dut convenir qu’elle ne savait pas où était son mari. Lui, toujours militairement ponctuel, absent sans prévenir, elles convinrent que cela était plus que surprenant… 

Et si… Il était parti comme un fou, en voiture hier, aurait-il eu un accident ? Un accident, ça peut arriver, quand on est troublé, et Gilbert était très en colère… Elle se rassura rapidement : dans le pire des cas, les gendarmes l’auraient prévenue : ils entretenaient de bonnes relations avec le commandant de gendarmerie… Non ! Pas possible ! Il avait ses papiers sur lui, on le saurait.

Marie-Geneviève sentit peu à peu comme une boule qui lui écrasait la poitrine gonfler jusqu’à l’empêcher de respirer : l’angoisse.

Au bout d’une heure, n’y tenant plus, elle appela la gendarmerie. Elle exigea de parler au commandant : elle n’allait pas étaler ses craintes à un subordonné…

Non ! On n’avait pas signalé d’accident cette nuit. Son mari n’était pas rentré ? Il ne s’était pas rendu à son travail ? (Le commandant pensa : enfin !) il n’y avait pas lieu de trop s’inquiéter : l’explication devait être tellement simple qu’elle ne lui était pas venue à l’esprit… Elle devait réfléchir : sûrement, elle repenserait à quelque chose qu’elle avait oubliée…

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