Colère

Marie-Geneviève ne décolérait pas : ce n’était pourtant pas grand-chose que d’attendre que son mari rentre directement à la maison après le travail… Une fois de plus, il avait prétexté avoir été retenu au dernier moment, alors qu’elle était là, à l’attendre… Il savait bien pourtant qu’ils étaient attendus pour un thé chez ses parents !

Tout de même, avec tout l’argent que ses parents leur avaient donné pour s’installer, il aurait pu *au moins* avoir la décence d’être là à l’heure. Ah ! Elle avait du en supporter, des affronts ! Toutes ces soi-disant « missions » qui l’éloignaient pour des mois du foyer… Elle savait bien qu’il y a des militaires qui ne partent jamais en mission, c’est donc bien qu’il les sollicitait !

Maintenant qu’il avait changé de travail, elle espérait bien le voir au foyer de manière régulière… Mais il était souvent « retenu au dernier moment ». Elle se doutait bien que ses manies de militaire le conduisaient à aller « boire un verre »( ?) avec des collègues sans se soucier d’elle qui se morfondait à la maison… Sans compter que, les vieilles habitudes de rencontrer des prostituées, elle se doutait qu’il ne les avait pas abandonnées…

Alors, ce soir, elle lui avait jeté à la figure tous ses doutes.

Elle l’avait vu blêmir, serrer ses poings, il avait fait un geste comme pour se ruer sur elle… Elle en avait eu vraiment peur : oserait-il la frapper ? Mais non ! Il avait tourné le dos, avait bondi dans sa voiture, et, sur les chapeaux de roues, elle l’avait vu disparaître au bout du chemin.

Ah ! Il l’avait laissée dans de beaux draps ! Allait-elle devoir expliquer à son père qui, toute sa vie , était ponctuellement rentré à la maison, que celui dont il ne voulait pas pour gendre se comportait aussi mal avec elle ?

Comment allait-elle faire ?

2 Réponses à “Colère”

  1. jean-louis dit :

    Salut Gérard.
    Si tu n’a pas apporté une suite.
    Pour le moins un parallèle.
    Le drame de deux êtres qui vive ensemble.
    Mais dans deux mondes différant
    Il aurait pourtant suffis d’une discutions.
    Mais on laisse le climat se pourrir.
    Et c’est le drame.

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