Pour une histoire de vache folle

Comme il sortait de l’étable, Jean comprit que c’était fini. Il revoyait ce temps , naguère, où le bâtiment était plein de meuglements et de caresses, de pis à traire et de veaux gras. Il avait suffi d’une visite du vétérinaire du coin, la ferme dès lors avait été maudite cernée par la maréchaussée, plus d’accès sans  patte blanche, désinfection comme des lépreux. Et ce camion sous bonne garde venu charger à la filée, les vieilles vaches et les génisses, les broutards, les petits veaux, les produits de cent ans de méticuleuse sélection.

 Peu importe aux politiques qui ne savent que traiter des dossiers, les sentiments de ceux qu’ils visent, si ce sont des êtres vivants, de sa famille quelque peu, qu’ils ont décidé pour le bien, disent-ils, de l’humanité, de détruire pour conserver la santé.

Que n’avaient-ils, ces politiques, qui savent tout, comme il se doit, interdit les farines maudites au lieu de tuer sous son toit.

Il tira les portes, mit un cadenas bien fermé. De la maison boucla la porte il ne fallait pas inquiéter. Tous penseraient qu’il était parti  pour… oublier.

Le vieux puits, au temps naguère permettait, en prenant au fond, dans la nappe phréatique, l’eau nécessaire à la survie…

Puisqu’il était pestiféré…

Le temps qu’on comprenne l’affaire ses restes l’auraient vengé.

4 Réponses à “Pour une histoire de vache folle”

  1. X dit :

    Quelle horrible affaire et, à l’époque, il y en eut beaucoup de semblables qui n’allèrent peut-être pas jusqu’au fond du puits… mais à d’autres formes de destruction.

  2. 010446g dit :

    Je ne dirai pas qu’elle est vraie… Elle aurait pu l’être!
    Le désarroi du petit paysan qui s’est senti accusé, alors qu’il ne savait pas ce qu’on lui vendait, je l’ai rencontré. C’était terrible.

  3. Carole dit :

    Oui, c’était épouvantable, cette époque de la « vache folle ». J’ose croire que c’est fini. Mais les petits paysans souffrent toujours. Une des professions les plus accablées en ce moment, je pense.

  4. 010446g dit :

    Ce qui était le plus atroce était cette accusation qu’ils ressentaient, plus que la catastrophe encore. Les indemnisations ne réparent pas tout.

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