Séisme pédagogique Epilogue

Louis rentra chez lui. Toute la tension du combat A MORT retombant, il était VIDE .
SURTOUT, Louis avait perdu toute confiance dans la majorité du genre humain. Il regardait maintenant d’un œil lucide les théoriciens de toutes sortes dont la volonté de réussir leurs objectifs affichés s’arrête à leur petit intérêt immédiat.
Il comprit que, définitivement, il ne voulait plus être que l’instituteur « nomade »dont la fonction était un peu snobée par ceux qu’aujourd’hui il méprisait…
Trop de jeunes, désorientés, étaient jetés en pâture aux critiques des vieux croûtons trop heureux d’être « mal remplacés »…Ca confortait leur position face aux parents. Il en avait croisé beaucoup, et,quand ils se retrouvaient pour échanger leurs problèmes, on le traitait comme un re père.
Finis les coups politiques de maires « vendéens », finis les traquenards, finis les coups tordus de gens en mal de pouvoir, finis les levers à quatre heures pour tout bien organiser, finies les réunions difficiles pour faire avancer le schmilblic.
Il aurait du temps pour retrouver les jeunes de la MJC. Faire avec eux du théâtre, des soirées de poésies, et raconter des histoires…
Justement on avait créé un corps spécialisé dans le remplacement de courte durée…Une semaine ? Parfait !
Mais plus jamais inspecteur ne serait autorisé à « inspecter » sa classe… Sûr ! Il demanderait aux enfants de croiser les bras pendant la « perquisition » si cela se présentait !
Le lendemain, les enfants l’attendaient au portail.
Il brancha le magnétophone. Finalement, il n’y avait que cela de vrai : le bonheur des enfants, la joie de les retrouver, de créer avec eux.

Une douzaine d’années plus tard, au moment de prendre sa retraite Louis fit publiquement le résumé de ses relations avec les inspecteurs : il voulait tout de même rendre hommage à ceux, admirables, qui lui avaient donné autrefois l’envie de se présenter au concours.

22 Réponses à “Séisme pédagogique Epilogue”

  1. reveuse bleue dit :

    Les enfants, les enfants… seuls eux valent le souffle battant de nos entrailles
    je dis toujours qu’eux seuls gardent ce naturel a etre « humain »( je travaille en milieu scolaire)

    Bisous

  2. 010446g dit :

    Quand on se trouve à la maternelle et que le matin on a droit à la moisson de bisous des petits… et parfois des mamans, la vie est belle!

  3. reveuse bleue dit :

    Oui…

  4. tardlesoir dit :

    Sauf que les parents sont là avec leurs gourdins. Deux exemples. Mon beau-frère, ex-instituteur, me disait avant sa mort : maintenant, tu n’oses plus faire la bise à un enfant, tu deviens un suspect sexuel. Autre exemple : dans les sports collectifs, au plus bas niveau, les parents sont là, sur le bord du terrain (foot, hand, volley, etc….), s’en prennent à l’entraîneur qui ne choisit pas « leur » petit à un moment donné, parce que « leur » petit est forcément le meilleur. Ce cas est extrêmement fréquent. Il y a des empoignades de parents…
    Alors ce ne sont pas seulement aux instituteurs de faire tout le boulot, c’est à toute la société….

  5. reveuse bleue dit :

    Rester soi…

  6. 010446g dit :

    @tard le soir: je n’ai, heureusement, pas connu cette évolution. Je pense qu’elle touche plus spécifiquement des milieux assez favorisés, ceux qui professent que pour réussir il faut tuer l’autre.

  7. reveuse bleue dit :

    Les bisous c’est important, non?
    Savoir etre « humain » et pas des robots
    Un bisou vaut bien des mots…
    Rester soi…coute que coute!

  8. tardlesoir dit :

    Eh bien justement non! Dans les deux exemples cités, cette évolution touche tous les milieux! Il n’y a rien d’étonnant si on regarde de près les résultats d’hier. Ce serait trop facile si l’on ne pouvait accuser qu’un seul bord.

  9. 010446g dit :

    Je ne dis pas qu’elle n’existe pas, mais, dans les milieux défavorisés où j’ai beaucoup circulé, je ne l’ai pas rencontrée.
    Le seul cas que j’ai connu avait été téléguidé par une épouse soucieuse de se « débarrasser » de son mari (de la pire façon) pour les accusations de pédophilie, pour ce qui est des sports, s’il y a un domaine qui exacerbe la rivalité, c’est bien celui-là. Le sport comme dérivatif à la violence a tellement été prôné que le sport pacifique en a été contaminé.
    Enfin, depuis seize ans, je ne sais pas comment les choses ont évolué… Mais je ne me verrais pas, quand deux petits bras se tendent refuser ma joue.

  10. tardlesoir dit :

    Naturellement. Et je ne me verrais pas conseillant à la plus jeune de mes petits-enfants de ne jamais faire de bisou à la maîtresse.
    Cependant, autre exemple, j’ai vu une institutrice d’école maternelle, accusée de donner des complexes à une petite fille à laquelle elle avait dit « ma petite ». Les malheureux maîtres d’école sont tellement dévalorisés que leur chercher des poux dans la tête est devenu un défouloir.

  11. 010446g dit :

    Beaucoup de parents cherchent au travers de leurs enfants à règler leurs comptes avec leur école, voire avec la société. Il y a quelques parents démagogues.
    Défouloir? Quelques-uns mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt.
    Il y a aussi une multitude de parents qui savent gré aux enseignants de les aider à remplir leurs papiers, à trouver la bonne porte pour dépasser une situation difficile. Car c’est souvent le cas (comme autrefois, dans les campagnes où l’instit était le secrétaire de mairie).

  12. tardlesoir dit :

    Je ne suis pas si optimiste que vous. Un amie, qui prend sa retraite cette année (une excellente pédagogue), n’en pouvait plus! Elle dit que depuis le temps où mon fils a été son élève (il y a 13 ans environ) les choses se sont détériorées un peu plus chaque année. Et pourtant, nous ne sommes ni en zone urbaine, ni en zone difficile. Des enquêtes sérieuses ont montré comment les actes d’incivilité, voire de violence, sont devenus relativement fréquents (je déploie l’éventail jusqu’à la terminale) et, naturellement, on les tait le plus possible.
    Ce que vous dites est sûrement vrai aussi dans certains endroits, jusqu’à certaines classes. Mais j’aimerais savoir de quel côté la balance va finalement pencher.
    Si je devais recommencer ma vie, jamais je n’enseignerais. Et pourtant, la pédagogie m’intéressait au plus haut point.

  13. 010446g dit :

    J’espère que vous vous trompez.

  14. 010446g dit :

    … Mais cela est peut-être voulu dans un autre objectif… La disparition de l’école en tant que telle?

  15. Rosa Line dit :

    « Leur petit est forcément le meilleur » pour certains parents oui. A l’adolescence, ce sont des parents qui deviennent impuissants face à leur enfant devenu détestable avec eux et leurs enseignants et en échec scolaire de surcroît.
    D’autres parents sont dans l’incapacité d’entendre les souhaits de leur enfant et réalisent les leurs à travers eux. Ces élèves sont en échec scolaire également.
    Beaucoup d’élèves aujourd’hui passent sans effort et en accumulant des lacunes importantes, dans les classes supérieures. Encore des élèves en échec scolaire.
    Les élèves ont des droits mais aussi des devoirs, ils l’oublient, leurs parents aussi !
    J’ai l’impression que l’école telle qu’elle est n’est plus adaptée à la majorité des élèves. Ils ne pensent qu’à leur plaisir immédiat.

  16. 010446g dit :

    ok pour le constat précédent: le passage automatique a donné rapidement l’impression de l’à quoi bon des efforts

    « Les élèves ont des droits mais aussi des devoirs, ils l’oublient, leurs parents aussi ! »
    C’est l’ensemble de la société qui a oublié qu’à chaque droit correspond un devoir. La tolérance des fraudes et des passe-droit, dont les médias sous prétexte d’informer, font la publicité n’y est pas pour rien<<< J'ai le droit de passer (on oublie: si j'ai bien travaillé) puisque tout le monde passe

    "J’ai l’impression que l’école telle qu’elle est n’est plus adaptée à la majorité des élèves."
    L'école a été conçue pour donner à tous le minimum pour se débrouiller et, pour dégager une élite issue de tous les milieux pour faire avancer la société. On a feint de croire qu'on pourrait amener tout le monde par la voie qui avait réussi aux élites d'hier
    aux plus hauts sommets (en fait, on a cherché à soulager un temps les statistiques du chômage) C'était peut-être possible d'arriver au résultat, mais il fallait concevoir plusieurs cursus sans établir de hiérarchie entre ces cursus , ce qui n'est pas le cas (pourquoi un élève brillant et travailleur serait-il dissuadé de devenir cuisinier? mécanicien?… Je pense aux quolibets que nous avons essuyé quand notre 3è a voulu être mécanicien_ il aura été le seul à ne jamais être au chômage_)

    Ils ne pensent qu’à leur plaisir immédiat.
    Chacun pense à son plaisir immédiat!
    ON a orienté l'économie en grande partie vers le tourisme, qui dit tourisme dit divertissement. La place du sport dans les informations. La place prise par les jeux(et surtout l'escroquerie de faire croire que parce que 3 ou 4 ont fait fortune sans grandes connaissances préalables en imaginant de nouveaux mécanismes virtuels) Le nombre des "écrans"téléphones ultra sophistiqués_ qui se sont multipliés souvent parce que les parents sont séparés _ dont l'utilisation mène à l'addiction, autant les jeunes que les adultes.

    La société de consommation en somme!

  17. sable du temps dit :

    Merci pour nous avoir raconté l’histoire de Louis. Passer dans la broyeuse de l’administration fragilise. Personne n’en ressort indemne.
    Se battre contre vents et marées pour faire valoir son bon droit ses idées, sans flancher demande une force de caractère et une droiture que j’admire. Ne pas se laisser décourager, refuser le formatage, la mise en boîte, affronter la bêtise, quel parcours et quel bel exemple ! Il en existe encore des personnes de cette carrure, écoutons-les, prenons-les en exemple. Que j’aimerais le rencontrer ce Louis. Son discours me changerait des balivernes que j’ai entendues durant mes trente années d’Educ. Nat. Heureusement pour les mômes et pour moi, aussi, je n’ai jamais aimé rentrer dans le moule ! ! !
    Les enfants aujourd’hui ? eh bien ils sont les victimes de notre société actuelle qui marche sur la tête. Je n’ai pas de solution et les discours alarmistes des uns et des autres sur la violence et le manque d’éducation ne sont pas ce qu’il y a de mieux comme remède à la situation !!!
    Merci encore pour ton billet qui a pour moi quelque chose de poignant.
    Bonne soirée
    Très amicalement.

  18. 010446g dit :

    merci!
    je te laisse le dernier mot
    Bonne soirée!

  19. leloupbas dit :

    L’Abbé piérre des sans logis fondateur des chiffonnier d’ Emaïs a dit
    Il y en a qui prennent le chemin du désert.
    D’autres prendrant la mauvaise voie,
    Le peuple sera entre deux.
    Louis a pris résolument le chemin du désert
    C’est des gens comme lui qui font avancer le monde.

    Dernière publication sur jlc1552trey : Demain le train

  20. 010446g dit :

    L’abbé Pierre était UN GRAND HOMME

  21. julie dit :

    « Il n’y a point de génie sans un grain de folie. » :)
    Aristote

    Mon gentil poète, on t’as déjà fait de misères ; petite, comme j’aurai aimé t’avoir pour instituteur… m’assoir sur tes genoux et jouer avec la longue douce barbe… :)
    Bonne soirée maître, bisous plein.
    :)

  22. 010446g dit :

    Julie, j’espère que tu vas mieux.
    Sur les genoux, c’était pas autorisé, mais les bisous des petits et de leur maman, j’en ai eu plein dès que j’ai eu des maternelles( c’était interdit aux hommes jusqu’en 1973).
    Bisous tout doux

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