Petite remarque : le suicide d’une personne « à son compte » est, certes, aussi triste que celui d’un employé. Cependant, il y a dans son geste une partie d’autopunition : quelque part, il n’avait pas prévu, lui qui est son propre maître, la situation.
Lorsqu’il s’agit d’un salarié désespéré par la manière dont ses chefs, encouragés à semer la désespérance pour contraindre à la démission le plus grand nombre, le traitent, le pauvre n’a aucun levier entre les mains pour changer un état de fait qui le nie. Il ne peut pas considérer qu’il a une part de responsabilité (ce serait réparable) dans une situation où on ne lui reproche (oh ! non !!) rien de précis, mais où on manipule les ressorts de l’angoisse pour le démolir. Il ne peut espérer aucune aide de ses collègues qui font le gros dos en espérant (à tort) que demain ce ne sera pas leur tour.
Le suicide devient l’ultime et presque unique porte de sortie.
Le nouveau gouvernement mettra-t-il fin aux récompenses pour les petits chefs (de son ressort) qui ont le mieux éclairci les rangs ?