En soleil d’or dans mon coeur

Dans le village, il faisait beau

La neige laissait en plaques moites

Négligemment quelques lambeaux

Dans la petite voie étroite.

C’était la rue des médecins

Je m’y rendais pour l’occasion

Evitant sur le chemin

De réfléchir à la potion.

C’est alors qu’elle parut

Comme une reine sur son char

De son visage n’ai rien vu

Que la lumière de son regard,

Elle se gara tout près de moi

Car nous allions au même endroit.

M’effaçant devant sa beauté

Je lui déclamai un poème

Elle parut interloquée

Un peu émue c’est ce que j’aime.

Quand je m’assis  face à elle

Je vis que l’envier je pouvais :

Même si Satan m’ensorcelle

Jamais bébé ne porterai.

Comme mon hymne à la jeunesse

Sembla lui plaire sur l’instant,

La questionnai sur son adresse

Miracle ! Elle venait d’Autrans.

Par céleste coïncidence,

C’est là qu’il y a bien longtemps

Je fis mes débuts d’expérience

Devant une classe d’enfants.

Voyez comme la providence

Sait ciseler tous les bonheurs :

Elle me fit la confidence

Etre d’école professeur.

Le lieu de sa sainte mission

Je devinai sans grands indices

Comme un instant de communion.

Ah ! pouvoir me livrer à mon vice :

Parler d’écoles et d’enfants

De ces enthousiastes élans

Que jamais qui n’a pas fait la classe

 Ne connaîtra quoi qu’il fasse.

Le temps, hélas, passa trop vite

Le docteur vint pour sa visite

J’aurais bien pour l’éternité

Figé l’instant de pur bonheur

Mais il restera gravé

En soleil d’or dans mon cœur.

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