La Déthier

Nous avions deux charrues réversibles :

 L’une, légère et maniable était plutôt utilisée dans l’étouble (champ labouré l’année précédente et ayant porté soit une récolte de céréale soit des légumes). Deux vaches fortes dans ce cas-là suffisaient souvent pour la trainer, au plus une couble de quatre vaches…

La seconde, plus récente, plus lourde, une Déthier, avec réglage précis de la profondeur du sillon, était utilisée pour la « rompure » (champs de fourrage, non labourés depuis plusieurs années au nom des assolements = blé d’automne, pommes de terre, betteraves potagères et légumes divers, avoine ou orge/ ensemencement en luzerne, sainfoin, fétuque, lotier corniculé, fléole ou trèfle, plantes fourragères destinées à produire du foin quatre à cinq ans de suite) . Cette grosse charrue n’était pas à la portée de n’importe qui… Un domestique de dix-huit ans qui avait voulu s’y confronter ,ayant raté « l’arévireu » (supra 16/2) s’entailla le bras gravement. Il était pourtant fort et adroit. Pour labourer une rompure dans les pentes, avec la Déthier, il fallait quatre vaches que l’on faisait devancer par le cheval s’il voulait bien se conformer au rythme des vaches ce qui n’était pas évident. En fond de vallée, la terre plus légère dispensait du cheval.

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