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Archive pour décembre 2011

La Chalaise

Mardi 6 décembre 2011

 

La Chalaise

Après l’énorme hécatombe de l’avortement épizootique, mon père acheta la Chalaise déjà vieille et qui avait survécu à l’épidémie.

Elle était très belle, la Chalaise, mon grand-père la vénérait, mais si elle était bonne au joug, son lait n’était pas aussi abondant que le vendeur le laissait croire. C’est à son sujet souvent que j’ai été en opposition à un avis de mon grand-père qui refusait de croire qu’une aussi belle bête fût aussi peu productive.

La Marquise

Mardi 6 décembre 2011

 

Ah ! la Marquise !Mon père l’acheta déjà vieille après l’épidémie. Nous l’avons ramenée, à pied, depuis Méaudret…9 km à « toucher » la bête.

C’était une grande bête, jamais grasse, très familière, très facile à attraper au champ, qui produisait du lait en quantité, et qui devint aussitôt « de premier joug » car très obéissante.

Mon grand-père ne l’aimait pas : elle ne rentrait pas dans tous les critères de la vraie race…

Pour partir au pâquer, ce fut elle dès le premier jour qui prit la tête, et aucune ne la lui disputa, non qu’elle se battît, mais elle courait à toute vitesse ce qui décourageait les autres moins véloces.

Au moment de vêler, elle nous surprenait toujours : jamais nous n’avons eu besoin de la surveiller, à peine s’apercevait-on qu’elle était malade que le veau arrivait « comme une lettre de la poste ».

J’ai beaucoup pleuré quand elle est partie chez le boucher : trop vieille et stérile ( supra :poème placé au 17/2 )

Ses veaux étaient tous très beaux et bien mieux conformés qu’elle qui avait du souffrir dans sa jeunesse de quelque décalcification… Nous les avons tous gardés : taurillons pour reproduire et… ma génisse préférée : « La PETITE FROMINTE » que mon père vendit au moment de la liquidation pour être gardée.

L’avortement épizootique

Mardi 6 décembre 2011

 

Cette année-là fut une année horrible : pas de veaux, pas de lait, et l’obligation de faire abattre les bêtes atteintes.

TOUTES LES PLUS JEUNES VACHES passèrent à l’abattoir… Ce fut la désolation ! Toutes ces lignées dont nous étions fiers décimées.

Ne restèrent que deux très vieilles vaches et des génisses pas dressées. Il fallut pour travailler acheter un tracteur…LA RUINE !

Racheter des vaches, quand on a bradé les autres, DIFFICILE !!! Obligation de choisir des bêtes âgées parce que dressées et plus résistantes au microbe qui rôdait peut-être encore …

Le malheur était en route!

Leçon d’écologie

Mardi 6 décembre 2011

 

Dans mon enfance, on logeait les petits des volailles (couvées de poussins, ou de canetons) dans une pièce située près de la cuisine. Pour cela, une cage grillagée sur ses quatre faces permettait d’éviter les écrabouillements accidentels sous les galoches des habitants de la maison… On ne sortait les petits qu’en cas de très beau temps les deux premières semaines, puis, on ne les rentrait plus que le soir…

Ce soir-là, pour je ne sais quelle raison, je me suis relevé, suivi de ma mère qui devait vouloir me soigner…

Au moment où la lumière jaillit, nous vîmes que le plancher était couvert de gros cafards qui couraient affolés dans tous les sens… En un instant je pris une leçon d’écologie : ma mère délivra la couvée de canetons enfermée dans la cage… Ils firent un véritable festin !!

Le rosier blanc de ma mère

Lundi 5 décembre 2011

Au jardin de mes parents

Il y avait un rosier blanc

Auquel ma mère tenait tellement !

Il sentait bon juillet venant

Bien que ses fleurs fanaient trop tôt :

Matin bouton ,  midi éclos

Soir en lambeaux…

C’est qu’il était le seul cadeau

De sa future belle-mère

Décédée avant la guerre.

Les groseilliers

Lundi 5 décembre 2011

 

Derrière les barrières d’orties,

Pleins de fruits rouges, deux gros buissons

Aiguisaient en vain nos envies.

Les approcher, pas question !

Sauf au moment jugé propice

Où la faux ouvrant le passage

Permettait aux enfants sages

De récolter avec délice

Les grappes juteuses à presser

Pour obtenir de la gelée

Les « étraits »

Dimanche 4 décembre 2011

 

Si vous vous promenez sur le plateau de Villard De Lans, vous trouverez encore en plusieurs lieux des « étraits » . J’ignore le nom français de ces installations…

Ils (?)étaient prévus pour recevoir le maréchal-ferrand. Un système d’immobilisation de la tête de la vache à ferrer se trouvait entre deux gros piliers à l’avant. Un énorme tablier destiné à soutenir la bête qui devrait rester sur trois pieds se glissait sous le ventre, puis par un « treuil »à main on tendait les courroies jusqu’à ne laisser qu’un très léger poids sur les pattes.

A l’arrière, en travers entre deux autres gros piliers, une barre permettait d’immobiliser, par des lanières de cuir, le pied à ferrer.

(Il faut dire, que pour aller chercher le bois dans la montagne, nos bonnes villardes, bien que n’étant pas toujours à boiter comme les horribles montbéliardes qui leur ont succédé , avaient besoin qu’on protège leurs onglons.)

Un toit permettait de travailler même par mauvais temps

Le frêne au taureau

Dimanche 4 décembre 2011

A l’époque de mon enfance, nous gardions un taurillon, né en juin ou septembre-octobre en général, de l’une de nos meilleures vaches, afin de féconder nos vaches (sa mère exceptée) dès l’année suivante.

Malheureusement, à un an, le taureau n’était pas encore très gros….Aussi, pour lui permettre de remplir sa mission, il fallait mettre les femelles à sa portée. Pour cela, un gros arbre était choisi pour attacher la vache front serré contre le tronc, et, à la longueur moyenne de nos animaux, on creusait un trou profond d’une vingtaine de centimètres, dans lequel on l’obligeait à placer ses pieds arrières. Deux  grandes lattes placées de part et d’autre interdisaient toute dérobade. Ainsi, même petit, le taureau pouvait chevaucher la « bauille »…

On ne gardait le taureau que pour une année de saillies…Ensuite, il devenait si gros qu’on craignait qu’un jour d’énervement il ne se retourne contre ses maîtres.

Les vêlages dans la ferme de mon enfance

Dimanche 4 décembre 2011

Les vêlages

Pour avoir du lait tout au long de l’année, nous nous arrangions pour que les veaux naissent soit à l’automne (ainsi, les plus fortes vaches taries deux mois avant le vêlage ne perdaient pas de lait au moment des gros labours de septembre _blé d’automne_) ce qui permettait une production importante l’hiver : le lait était plus cher et on avait plus de temps à consacrer à la traite…soit au printemps (pour  les pommes de terre, l’avoine, l’orge il fallait labourer encore) le « second joug » était donc constitué de bêtes taries que les grosses du « premier joug  » seconderaient si nécessaire, en plus du cheval. Elles donneraient du lait plein de la bonne herbe fraîche de juin/juillet … Ce n’était pas elles qu’on liait pour récolter le foin .

Le tilleul de mon grand-père

Jeudi 1 décembre 2011

 

 

Pendant que les femmes à la messe

Allaient prier après confesse

Mon grand père ce matin-là

Planta le tilleul que voilà.

Certes disaient les péronnelles

Pense plus à vie éternelle

Elles écoutaient leur gourou

Qui les faisait mettre à genoux

Lui pensait plus important

D’avoir en le plantant

Une source de tisanes

A portée comme la manne.

Tous les acteurs de ce procès

Sont aujourd’hui en décès

Qui a gagné éternité ?

L’arbre en tous cas sans vanité

Est toujours là !

Est toujours là !

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