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Archive pour novembre 2011

KILLER LE CAION

Mardi 15 novembre 2011

 

Lorsque j’étais enfant, deux à trois fois par an, on « killait le caïon » (on tuait le cochon) 

Je croyais que « killer » correspondait au hurlement de détresse de la pauvre bête qui devinait le sort qui l’attendait… Mes connaissances en langues  étant nulles, je ne pouvais faire le rapprochement avec « to kill » tuer en anglais. 

On commençait tôt le matin : juste après la traite des vaches, on attachait la bête sur une échelle prévue à cet effet. Le sacrificateur était toujours le même. D’un seul coup, un seul, il plongeait son long couteau dans le cou du cochon. Le sang qui giclait était dirigé vers une bassine qu’une femme agitait sans cesse afin d’éviter la formation du caillot ce qui aurait compromis la préparation des boudins. 

Puis, venait le temps du rasage. Les chaudières débordantes d’eau bouillante étaient mises à contribution : par seaux on arrosait le corps que l’on râclait aussitôt avec un couteau arrondi : c’est que plusieurs personnes s’acharnaient sur la même surface. Il ne fallait pas oublier un seul crin ! 

Après ce travail méticuleux, le cochon apparaissait bien rose et lisse… On le roulait sur le dos, on écartait les pattes qu’on liait aux montants de l’échelle .On dressait l’échelle contre la façade de la maison, et , armé d’une hache et d’un gros maillet , on « ouvrait » le corps : on fendait le bassin de la bête, puis on coupait lentement la peau du ventre au couteau en récupérant les entrailles dans un grand récipient. Les boyaux, lavés à grande eau à la fontaine serviraient à préparer les boudins et les saucissons. 

Il était près de onze heures, c’était le moment de donner à la cuisinière la fricassée qu’elle attendait… c’étaient des morceaux de cou, sur lesquels quelque peu de sang s’était accroché et qu’il fallait cuire aussitôt. 

A treize heures, le cochon était découpé, les morceaux de lard rangés dans le saloir, les jambons enrobés de sel dans des torchons…La part des saucissons mise de côté pour l’après-midi, on pouvait passer à table !   

La Mirette

Mardi 15 novembre 2011
 

La Mirette était une grosse vache aux yeux bordés de noir et une étroite moustache brune. 

Elle n’était pas une pure villarde, mais aux temps difficiles de fin de guerre, on achetait ce qu’on trouvait : les boches avaient emmené par troupeaux entiers nos belles vaches de Villard de Lans pour on ne sait quelle destination… Probablement pour améliorer leur « blonde allemande » qui ne devait valoir grand-chose vu que c’était leur race !(lol) 

Elle était de tous les jougs, la Mirette, ce qui ne l’empêchait pas de faire des veaux magnifiques et de donner beaucoup de lait pour l’époque. Facile à traire, et gentille, c’est à sa mamelle que j’ai appris à tirer doucement le pis en le serrant pour voir gicler le lait… J’avais six ans. 

Au champ, elle ne se laissait jamais devancer : c’était elle la meneuse du troupeau. On la voyait plisser la joue , tête baissée, pour signifier à l’arrogante qui aurait voulu la dépasser qu’elle allait devoir en découdre. A l’instant précis de la menace, si l’on n’envoyait pas le chien, il s’ensuivait une bataille qui pouvait finir en lacération du ventre ou en avortement. 

Elle a vécu dix sept ans, la Mirette, et le jour où le boucher l’a emmenée, je crois bien que tout le monde a pleuré.  

La mère Reymond

Lundi 14 novembre 2011

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Dans les travaux de toutes sortes de la campagne d’autrefois, il arrivait qu’un mauvais geste crée des douleurs insupportables. Plutôt qu’aller chez le médecin, cela coûtait vraiment très cher, on se rendait chez la mère Reymond.
La mère Reymond était une vieille femme pleine d’expérience et de talent , ses doigts avaient une sensibilité supérieure à la moyenne. En gardant les moutons avec son père dans la montagne, elle avait étudié les gestes de sauvegarde.  Elle approchait sa main tout doucement et d’un coup net elle replaçait le muscle à sa place , la tête d’os dans sa jointure. Elle bandait le membre malade et vous repartiez « guéri ». En cas de cassure aux temps anciens où le plâtre n’avait pas cours, elle savait remettre en place les deux morceaux et les bloquer avec de bonnes attelles qu’elle demandait à la famille de préparer.
Jamais elle n’a demandé quoi que ce soit aux gens soignés, et il est même arrivé qu’un médecin en catimini vienne la trouver pour faire remettre un « nerf » en place. Depuis qu’elle a disparu, les urgences des médecins ont peut-être plus de travail, mais en son temps la sécu, qui n’existait pas c’est vrai pour les paysans, n’aurait pas eu aussi grand trou !

La mère Brenier

Lundi 14 novembre 2011
« J’ai cassé la vaisselle à maman
Regardez bien comment on s’y prend »
Les disciples de cette comptine auraient pu, au temps de mon enfance, casser autant qu’ils le voulaient : la mère Brenier était là pour réparer. Elle avait hérité de ses ancêtres une formule « magique (?) » de colle à base de farine pour recoller les pots cassés.
Bien sûr, au temps DE SUPER GLU , mais surtout, où on jette l’assiette à peine ébréchée, cela n’aurait plus de sens…

La Jouille

Lundi 14 novembre 2011

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La Jouille était une grosse bête que mon père avait élevée. Elle était de bonne souche : sa mère était « de premier joug », venue d’Autrans et bien féconde. Elle portait des grosses cornes pointées un peu trop vers l’avant. Son dressage fut difficile : marcher avant, elle acceptait, mais reculer était pour elle un peu trop lui demander… jamais recul sans coups sur le nez. La traire, c’était une gageure, à son premier veau il fallut plus deux heures pour qu’elle tolère que mon père soit assis. Il est vrai que sa mamelle était particulièrement enflée. Au moindre geste surprenant et tout au long de sa vie, elle donnait un coup de pied qui faisait voltiger le seau, le banc et le trayeur. Comme elle avait beaucoup de lait quand elle se laissait traire, mon père s’est entêté à la garder… Mais peu osaient s’en approcher. On la liait tout de même pour labourer quand il fallait quatre vaches à la charrue, et pas des faibles !

Un jour de déveine, le véto a constaté qu’elle avait réagi à la tuberculine, elle et trois autres furent abattues.

La Polka

Dimanche 13 novembre 2011
 

 

Après que la chienne noire que nous avions à ma naissance ait osé mordre ma sœur (qui pourtant l’avait bien cherché : elle jouait à lui marcher sur la queue en s’en vantant très fière), mon père prit un jeune chiot, border colley je le pense, qui nous satisfaisait tous, hélas sa vie ne fut pas longue, une épidémie de la maladie de carré décima cette année-là tous les bergers de la commune, ceux qui ne mouraient pas restaient aphones voire agressifs. Cependant, dans un hameau isolé que la maladie n’avait pas atteint, une chienne mit bas une portée de jeunes chiots qui furent aubaine pour beaucoup. 

Mon père adopta une chienne jaune à queue courte, métisse d’une border colley et d’un labrit. Nous l’appelâmes Polka. 

Ah ! la Polka, quelle compagne ! quelle gardienne de troupeau ! Un peu « ardente » cependant : elle ne s’arrêtait pas très vite quand on l’avait lancée. Pour la freiner quelque peu, on lui laissait traîner une chaîne. Pas plus haute qu’un cabri, elle fondait sur la vache, lui labourait le jarret jusqu’à ce qu’elle lâche prise si elle se battait ou jusqu’à ce qu’elle revienne dans le pâquer. 

En plus d’être bonne vachère, elle traînait à la demande la carriole des bidons pour les porter au point de ramassage de la laiterie.  

Une année, j’avais sept ans, bien que notre taureau soit méchant : il « joutait* » facilement celui qui s’approchait de lui, j’allais en champ avec les vaches, je ne craignais rien : la Polka était là ! Je la tenais en laisse, le taureau restait loin de moi… Cela ne dura pas longtemps, un maquignon de passage acheta pour peu d’argent la belle bête agressive. 

Pour conduire le troupeau au pâquer, mon père avait appris à la chienne à aligner les animaux sur le côté qu’il désignait : un bras tendu et la Polka, en allées venues régulières, gardait une file impeccable : pas de gêne pour les voitures.  

Fidèle lecteur de Loti, j’occupais mon temps de surveillance à lui apprendre quelques tours comme Capi, le chien de cirque. 

Elle avait presque dix-sept ans, la Polka quand je lui ai administré l’ampoule de l’euthanasie : elle souffrait atrocement, était aveugle et agressive… Je l’ai bien longtemps pleurée… Et j’en ai tellement parlé qu’un jour un de nos fils nous a offert 40 ans plus tard sa copie conforme. 

 

 

*Jouter= renverser l’homme d’un coup de tête, puis l’écraser au sol ensuite à coups de cornes

Les chevaux

Dimanche 13 novembre 2011
  

 

 

Le premier souci de mon père en prenant en mains la ferme, fut d’acheter une jument pour se rendre au village. Mon grand-père haussait les épaules : « avait-on besoin d’une bouche inutile ? »… Encore que, la Belle, vieux cheval de débardage pouvait au moins servir aux labours… Mais, ma mère en gésine, pour la naissance de ma sœur, mon père fouetta tant la Belle pour aller quérir la sage-femme , qu’elle en resta fourbue à vie… Plus question de lui demander de parcourir des kilomètres…. 

Pour la remplacer, il acheta une jument réformée de l’armée… Ah ! la Cocotte ! il en était fier ! Elle allait plus vite que le vent attelée au traîneau ! plus vite que les voitures ! que de courses gagnées sur la route de l’église… L’étalon même du gros Louis, riche fermier des environs n’a jamais pu la dépasser… Mais pas question d’atteler cette grande coureuse devant une couble de vaches !! « Gaspillage » fulminait le grand-père ! 

Vint pour changer un gros cob rouge, fort certes mais «  coliquard », qui demandait pendant des heures d’être promené de peur de le voir crever… Bijou, c’était son nom, ne supportait, en toute saison, que du foin de très bonne qualité, sinon … on le retrouvait couché… et c’était remue-ménage : promenade , surveillance…vétérinaire parfois. 

Quand il partit pour le boucher, on acheta une jeune jument forte et douce qui obéissait à la voix…Ma mère, dont les mains étaient alors insensibles pouvait même la guider… 

Elle fut prise d’une maladie qui la rendait trop méchante pour pouvoir s’y fier. Elle s’emballait sans crier gare et surtout, au fil du temps, on ne pouvait plus approcher de sa tête… Il fallut un pieu à verrouillage déporté pour la charger dans le camion. 

« Les chevaux, disait mon grand-père, la ruine d’une maison !! »  

L’avait raison !! 

Pour un statut des vieux?

Samedi 12 novembre 2011
M. MONTEBOURG 

Je trouvais ce monsieur intelligent et intéressant… Mais j’ai envie de Lui suggérer d’essuyer le lait qui reste à la commissure de ses lèvres … 

Inconvenante ma remarque ? Pas plus que sa proposition d’interdire aux vieux de se présenter aux élections ! 

Cela me rappelle un temps où on avait commencé par interdire certaines fonctions à des gens en raison de ce qu’ils étaient… Ce MONSIEUR fait sans doute partie des gens qui approuvent les constructions de « sénioriales »(voir mon avis sur la question le 17 mars= créateurs de ghettos ») 

M. MONTEBOURG proposera-t-il un jour le « statut des vieux » comme il y eut un jour le « statut des juifs » ???  

EXCUSABLE M. BAROIN…

Samedi 12 novembre 2011

 

 Mais oui ! excusable lorsqu’il prétend que la gauche a conquis par effraction le pouvoir en 1997… A cette époque-là, il devait encore user ses culottes sur les bancs de l’école, il n’a donc pas pu savoir que les Français étaient allés aux urnes pour répondre au coup de lucidité d’un président de la République qui considérait que trop de gens étaient dans la rue pour protester contre la politique de M. JUPPE. 

Les mauvaises écoles qu’il a probablement fréquentées ont peut-être confondu élections de 1997 et coup de force de mai 1958 ! Il est temps que ces écoles dites grandes cessent de pomper l’essentiel des ressources de l’Education Nationale, surtout si elles enseignent de fausses histoires !

BRAVO! LA POLICE!

Samedi 12 novembre 2011

BRAVO !!! 

Oui, Bravo à la police, dans l’affaire de la gamine de huit ans assassinée ces derniers jours ! (Océane, à Bellegarde) 

Ils ont été d’une efficacité remarquable : d’un voisin qui avait, sans doute, fait une connerie, mais qui se tenait peinard après avoir payé son forfait, ils ont désigné un homme à lyncher en l’arrêtant ostensiblement, en susurrant aux rapaces des médias « qu’il ne voulait rien lâcher » comme s’ils étaient sûrs de sa culpabilité…Certes, ils viennent de le relâcher, en reconnaissant que les traces d’ADN trouvées sur le corps ne sont pas à lui…Mais pourra-t-il reprendre une vie normale après leur brillante démonstration ? 

Ils ont été d’une efficacité remarquable : en se braquant sur une certitude de « récidive » 

( d’assassinat d’enfant ????)  ils auraient permis au vrai coupable de prendre le large s’il en avait eu envie. 

La volonté politique de trouver un moyen de détourner l’attention du peuple des sacrifices préparés au budget, par une orchestration de fait divers(encore une récidive !!!) a viré à la malfaisance. 

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