le procès du tourisme (suite)

 

Acte I scène 4 

(les mêmes moins les huissiers censés être de l’autre côté des issues) 

        Président 

Vous êtes bien le sieur TOURISME, organisateur de séjours, de voyages, de visites, d’activités sportives saisonnières ? 

       Tourisme 

Oui monsieur le Président 

     Président 

Il vous est reproché d’avoir commandité de multiples manières la mort de DAME NATURE  par détritus, pollutions diverses,bruits, constructions intempestives, activités qui n’ont de sportif que le nom,détruisant la faune et la flore, abattage d’arbres, ouverture de carrières , abus d’utilisation de ressources à des fins mercantiles. 

     Tourisme 

Je ne comprends rien à ces accusations, Monsieur le Président : je fais mon travail sans me mêler des affaires des autres. 

     Avocat de la défense 

Monsieur le Président, je proteste vivement contre ce type d’accusation formulée par des idéologues qui veulent entraver l’essor économique du pays et faire de le France un pays sous-développé et arriéré. 

    Président 

Le temps des plaidoieries n’est pas venu, Maître !  

  

  

  

  

Acte II 

Audition des témoins de l’accusation 

  

        Mme Géduc 

Je suis madame Géduc, institutrice. Je jure de dire toute la vérité, rien que la vérité et de parler sans haine ni contrainte. 

       Président 

Nous vous écoutons ! 

     Mme Géduc 

Je suis désespérée, monsieur le Président. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour inciter les enfants à ne pas gaspiller les trésors de la Nature, je leur ai fait réciter PAR CŒUR cette comptine, vous savez, celle dans laquelle la fleur parle : 

« Si tu me cueilles et tu m’emportes 

Loin de chez moi je vais faner 

Si tu me laisses alors j’apporte  

Au paysage sa beauté 

  

Ceux qui demain viendront ici 

Seront heureux de m’admirer 

Je serai toujours ton amie 

Laisse-moi vivre dans mon pré ! » 

  

Eh ! bien !, Monsieur Le Président, j’ai vu de mes petits, avec leurs parents, cueillir des fleurs PROTEGEES et les abandonner ensuite sur le sentier …. « Nous payons assez cher de location , ont-ils répondu à ma remarque, pour ne pas avoir de leçon à recevoir » 

  

      Avocat de la défense 

Vous convenez, vous-même que n’ayant pas réussi à éduquer correctement vos élèves vous êtes responsable de leurs manquements ?Et que la récitation par cœur n’implique nullement une meilleure manière d’agir ? 

       Mme Géduc 

Malheureusement, les mauvaises habitudes engendrées par le Tourisme sont les plus tenaces. Hors de l’école je ne puis être derrière chaque élève. 

      Président 

Nous vous remercions, Madame, restez cependant à notre disposition 

  

  

  

  

  

       M .Al Littor 

Je suis Al Littor, marin. Je jure de dire la vérité toute la vérité rien que la vérité et de parler sans haine ni contrainte. 

«  Qu’elle était belle ma Bretagne 

Sous son ciel gris  fallait la voir » 

Mais, depuis la venue des touristes, les landes sont piétinées, les rochers sont tagués, les papiers gras et les sacs de détritus trainent un peu partout. Les dunes ont été rasées pour faire place à des immeubles, les roseaux sont détruits, les oiseaux sont chassés, tout juste leur laisse-t-on une minuscule réserve qui se réduit chaque année comme peau de chagrin, le sable est fourré de canettes de bière, de bouteilles, de mégots, de sacs plastiques , de seringues et de préservatifs. 

Les chiens par milliers viennent disperser leurs crottes sur les plages, les quads, et autres engins, chars à voile,bateaux pneumatiques équipés de moteurs viennent affoler les poissons et patfois même les hacher menu. 

     5è juré 

Les hommes vivent-ils mieux ou plus mal sur les bords de mer ? 

     Al Littor 

Cela dépend de qui ! 

Il y a tout d’abord les sans-gêne, les riches ou ceux qui veulent le paraître. Ceux-là, ces colonisateurs, vivent bien en prenant bien leurs aises. Il y a les nantis propriétaires des immeubles qui reçoivent l’argent des loyers les restaurateurs et autres vendeurs de poisons :alcool, tabac, café, bière, vin qui s’agitent pour remplir leurs bas de laine sans dormir quelquefois….. et puis, il y a la masse des esclaves : serveurs, femmes de chambre, vendeurs de glaces en glacières, barmen, pauvres prostitués à la clientèle et à qui leurs proxénètes laissent à peine de quoi survivre…. 

    Président 

Veuillez éviter les termes insultants dans votre déposition s’il vous plaît ! 

Al Littor 

QUELS  termes ? proxénètes ? n’est-ce point le mot qui convient lorsque l’on s’accapare tout l’argent obtenu en se pliant aux mille caprices des clients ? 

     Président 

Il n’est pas contraire à la loi de donner du travail à des gens qui seraient au chômage sans cela. Vous sortez de votre sujet : nous ne sommes pas ici pour faire le procès des patrons, mais celui du sieur Tourisme ! 

   Al Littor 

Je ne faisais, Monsieur Le Président que répondre au 5è juré….. 

    Président 

Bien ! avez-vous quelque chose à ajouter ? 

    Al Littor 

Non ! Monsieur le Président….. J’aurais trop peur de formuler des propos choquants pour des personnes RESPECTABLES ! 

    Président 

Merci. Rejoignez votre place. 

  

  

  

  Agnes MONT  (femme, foulard blanc, chandail gris, jupe verte et bas bleus) 

Je m’appelle Mont Agnes . Je jure de dire toute la vérité, rien que la vérité et de parler sans haine ni contrainte.   

Mon pays était comme le dit la chanson : « un beau pays de prairies, d’âpres monts de vallons de rochers de bois profonds, pays à l’aspect fier et sévère mais qui sait vous charmer et qui vous force à l’aimer, c’est un pays de montagne, loin des villes au ciel brumeux, sapins noirs, vertes campagnes soleil clair sous les sommets neigeux »Un vrai paradis ! 

Hélas ! mille fois hélas !Monsuieur Tourisme est arrivé : les petites sentes sympathiques sont devenues de vraies autoroutes, les forêts ont été décimées pour créer des pistes de ski, le sol a été bétonné pour des parkings, des socles de pylônes, des immeubles et des maisons :c’est qu’il fut les loger, les touristes !Et puis, cela ne suffisant pas, on a construit des édifices rien que pour une seule année afin que des sauteurs à skis puissent exhiber leurs prouesses. Les paysages sont détruits, les animaux chassés par tant de remue-ménage, les plantes survivent avec difficulté, coupées et recoupées par la manie apportée par les touristes : celle de la tondeuse (il y en a même qui creusent des trous pour s’amuser à y faire tomber des balles : ils appellent ça le golf) la pays résonne du bruit des moteurs de tondeuses, des quads, des trials, des quatre-quatre… pour couronner le tout, ils polluent même le ciel : ne voilà-t-il pas que maintenant ils se lancent du haut des falaises avec des parapentes…. Si encore ils avaient le courage de grimper à pied jusqu’à leur site de départ, mais NON ! ils vont en voiture et c’est la course entre celui qui saute et celui qui conduit…malheur au pauvre chevreuil nouveau-né qui se trouve à proximité.ET LES ODEURS ! pestilentielles en particulier lorsque les militaires,avec leur carburant « intermédiaire » se mêlent à cette noria de soi-disant sportifs…. (autrefois, les chasseurs alpins circulaient dans le pays avec leur barda à pied, trente neuf kilos sur le dos, aujourd’hui, les porteurs d’uniforme sont paraît-il trop fatigués pour monter au sommet avec les treize kilos de leur parapente) Les élus ont bien règlementé, mais personne ne respecte les interdictions : ils ont tous, ces délinquants, « DES RELATIONS » 

   8è juré 

Encore une antimilitariste ! Vos racontars, gardez-les ! 

   Président 

Monsieur le 8è juré, vos commentaires sont déplacés 

Continuez, madame Mont. 

    Agnes Mont 

Je n’ose plus rien dire, monsieur le président, ce monsieur me fait peur ! 

     7è juré 

C’est vrai quoi ! il fait peur ce balourd ! 

    Président 

SILENCE ! 

  

  



Nous appelons à la barre Dame Moumeolive!
presente monsieur le pressident!!
je viens a cette barre ,ni contrainte, ni forçée, simplement pour défendre dame nature, contre le sieur tourisme, un peu trop sûr de lui même et pédant!! et souvent appuyé souvent par certaines municipalitées, qui voient en lui lapole aux oeufs d’or!!!
je ne parles pas du petit touriste randonneur sac a dos qui lui ne polue pas, car ses jambes, n’ont pas de moteur, donc pas de carburant polueur! acondition aussi de ramener ses bouteilles en plastique , ,sans les laissées sur places! comme certains le font!! je vais vous dire ce que voit ce randonneur, dans certaines stations asservies par l’or blanc, qoique le témoin précedent a déja bien résumée! donc , ce randonneur a une vue superbe sur les remontées mécaniques qui foisonnent de partout, et aussi sur ces canons a neige qui dressent leurs sllhouettes tout les cent métres!! d’accord pour le ski, mais pourqoi tant d’artifices,? pourquoi gaspillée l’eau ainsi, quand l-on vous dit qu’il faut faire attention, qu’elle se fait rare,! de qui se moques t’on et aussi a côté un altiport tournant presque toute la journnée avec deux avions de tourisme usant du carburant pour le plaisirr de certaines personnes priviliégées!! mais il faut bien admettre aussi quand vous portez votre regard bien au dessus de ça, qu’il se pose sur les cimes magestueuses des montagnes et un soleil magique qui les rends encore plus belles et tous les petits sentiers , ou serpente , un ruisseau , ou un torrent* qu’elle est belle cette nature a l’etat naturelle! alors sieur tourisme a grande échelle, laissez tomber les artifices, et au lieu d’etre un predateur, soyez un observateur, et vous trouverez certainement que la nature est plus belle naturellement!! et vous messieurs les militaires, montez vtre barda a dos! nos chasseurrs alpins le faisaient bien eux!!!! et ne me dites pas que la jeunnesse d’avant etait plus résistante que celle d’aujourd’hui!!! oui monsieur le 8eme juré vous ne me faite pas peur, et la libertée de penser est a tout le monde,!! merci a la cour de m’avoir entendue!!!  

     

  

   Al Page (homme habillé en vert) 

Je suis M. Page, AL . Je jure de dire toute la vérité, rien que la vérité et de parler sans haine ni contrainte. 

Ah ! comme la vie était belle, avant la venue du sieur Tourisme ! 

L’été, les moutons investissaient la montagne. Ils remontaient à pied les gorges du torrent. Broutant ici et là, bêlant aimablement, ils portaient dans leur laine le parfum de Provence. Les chiens s’activaient connaissant leur affaire, les ânes avançaient portant dans leurs bâts les plus frêles agneaux. Enfin ils arrivaient et aux flancs de montagne ils restaient tout l’été dormant sous les étoiles se gavant d’herbe douce et de feuilles odorantes. 

Hélas ! Monsieur Tourisme est venu perturber la belle harmonie entre berger et nature : Les chiens mal contrôlés d’imprudents promeneurs sont venus affoler les brebis égaillées. Les pauvres bêtes dans le pire des cas se jetaient en troupeau du haut de la falaise et leurs pauvres cadavres pourrissant près des sources empoisonnaient l’eau, et dans le meilleur, la peur leur faisait perdre leurs embryons.  

      12ème juré 

La transhumance ne continue-t-elle pas ? 

     Al Page 

Si ! mais très réduite, loin des sources et loin des promeneurs 

     3 ème juré 

Deeeeeeeee mon tem ……..ps le louououououp feeeeesai………..t paaaaaaaaareil ! 

    Al Page 

Le loup, c’est vrai mangeait parfois un animal malade, mais rien de comparable avec les chiens des villes. 

    Avocat de la défense 

Comment pouvez-vous assurer que ces chiens soient ceux de touristes ? Il ne manque pas de chiens chez les paysans. 

     Al Page 

Les chiens de ferme, monsieur l’avocat, ne poursuivent pas les bêtes : ils les encerclent formant autour du troupeau une clôture invisible et les brebis n’en ont pas peur.  

  

    Claire Source 

Je suis Claire Source (jeune fille vêtement gris bleu, taché) . Je jure de dire toute la vérité, rien que la vérité et de parler sans haine ni contrainte. 

Pendant des millénaires, j’ai pu abreuver tout passant assoiffé sans la moindre inquiètude. Ma clarté d’onde pure inspirait les poètes, et parfois même créait quelques litiges pour savoir qui en premier pouvait venir puiser. Du loup et de l’agneau j’étais la providence, de la grenouille je remplissais la baignoire et le nid. Les sirènes venaient plonger dans mon bassin….. 

Mais un jour de misère Tourisme est arrivé. Des voitures partout des trials des quads, des gouttes d’essence perdues par milliers, de l’huile répandue cà et là a coulé. Je suis dorénavant a jamais salie. Quiconque me boirait pourrait être malade. 

   10è juré 

 Dans mon restaurant, pas de crainte de maladie : je ne sers que de l’eau des plus grandes origines, et des crus sélectionnés ! 

   Président 

Monsieur le 10ème juré, vous sortez de votre fonction ! 

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