La seule cuite de ma vie

Il était coutume, dans le pays, que les conscrits de l’année offrent un bouquet à leurs conscrites…Elles étaient généralement encore célibataires… C’était l’occasion d’une soirée, une boum aurait-on dit plus tard. 

L’une de nos conscrite était mariée, déjà, et de surcroît, suite à un accident son beau-père mourut entre l’invitation et la soirée… La réception fut transformée en une simple visite à l’heure de l’apéritif le dimanche matin. 

Le mari, négociant en vins, nous emmena dans sa cave, et là, il nous invita à goûter à chaque fût… Hélas ! nous ne connaissions pas la précaution élémentaire de recracher après test le nectar tiré des pièces… C’est ainsi que, de gorgée en gorgée, si mes camarades bien rôdés aux alcools de toutes sortes tenaient debout à la sortie, pour moi ce fut plus difficile… Et je me trouvai bien aise de m’allonger dans le fourgon de la camionnette de mon père pour rentrer à la maison… MALADE ! 

En rentrant, je m’allongeai sur le divan, tout flageolant…Mais ne voilà-t-il pas que des amis viennent nous voir ! ils ont une petite fille de deux/trois ans…Je ne veux pas paraître saoul, je lui tends la main et je l’emmène à l’écurie voir les petits cabris… Le fumier était curé, il ne restait dans le teret qu’un peu de purin bien liquide. J’ouvre la cage des bêtes, qui croyant l’heure de traite bondissent hors de leur prison .L’enfant recule et bascule dans le fossé nauséabond, d’un geste je veux la retenir, mais l’équilibre n’est pas mon fort, et je me retrouve avec elle à me débattre dans la soue…. 

A cette époque, il n’y avait pas de salle de bains à la ferme, seulement l’eau de source au bassin… imaginez le temps et les complications pour se débarrasser de l’odeur putride … et pour trouver des vêtements d’enfant dans une maison habitée par des grands ! 

 

DEPUIS , DES BOUTEILLES ET DES FUTS JE ME MEFIE ! 

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