crimes à Velebeau (suite)

  

  

  

  

Martin est commandant de brigade à Velebeau   

Un homme a été tué dans son secteur… et on a retrouvé la voiture d’un inspecteur de l’Education Nationale dans un gouffre L’enquête s’annonce épineuse. L’inspecteur Hamelin  dépêché pour l’enquête  est reparti , il avait tenté  de rencontrer  Mathurin Gamet, d’interroger sa femme et sa fille .Le juge n’apprécie pas que l’on enquête sur un haut fonctionnaire…Martin sent pourtant bien que Mathurin joue un rôle dans ce crime…Raoul qui a menti sur son emploi du temps paraît hors de cause… L’assistante sociale vient le questionner sur ce qu’il pense des relations entre Mathurin et sa fille , laquelle est enceinte. Il va interroger la mère supérieure de l’internat…le chauffeur du car, les enfants…Elle a été vue courant pour rattraper le car… Germaine Mâtin qu’il n’a pas soupçonnée se suicide. Elle laisse une lettre et son journal 

                            27 JUIN 

  

Cette nuit, j’ai encore rêvé. Je le voyais. Il avait quitté son pantalon et son manche était dur, et moi, je le tenais dans ma main. Je refoulais la peau loin à l’arrière et je revenais et tout mon corps était secoué…. 

Au bout d’un moment, il s’est penché sur moi et il a lèché mes pieds, mes mollets, mes genoux mes cuisses et mon ventre. J’ai senti une chose dressée entre mes lèvres en bas, et il la tètait et moi, j’étais toute transformée, je n’étais qu’une loque pantelante. A plusieurs reprises, je me suis réveillée, et chaque fois que je fermais les yeux, mon rêve revenait, lancinant et je me sentais toute secouée et je poussais des cris. A un moment, j’ai entendu maman qui disait :  « Tu as peut-être été trop dur avec elle : elle pleure encore » 

Pauvre maman ! Si elle savait ! ! 

  

  

10 JUILLET 

  

Le voisin est venu. Je suis sûre qu’il n’a rien raconté. Sinon , quelle histoire ! 

  

  

  

                                                                  14 JUILLET 

  

Ce soir, c’est la fête. Je n’ai pas eu le droit de sortir. Je dois, paraît-il revoir les leçons que je n’ai pas apprises… Par la fenêtre de la chambre, je vois les feux d’artifice qui montent, tracent leur traînée brillante et explosent dans une gerbe d’étincelles de toutes les couleurs. 

J’entends, dans la chambre voisine, mon père en train de ronfler…J’entends la musique du bal sur la place… Une crémone qui tourne lentement…Un battant qui s’ouvre doucement…l’air frais emplit la pièce. Un pied sur le rebord, les mains agrippées à la grosse branche dont les feuilles viennent caresser les vitres… à cheval, les cuisses serrées sur la rampe improvisée…équilibre à la fourche, un bond. Je suis dehors. 

La musique résonne à un rythme endiablé. Je marche le plus vite 

possible. Je rentre sur la piste de danse et tout mon corps n’est plus qu’instrument. A un moment, même, je reste seule sur la piste et tout le monde me regarde. Je suis la vedette. Je sens l’excitation qui envahit mon corps. Une odeur âcre de sueur s’échappe de tous mes pores. Et quand sonnent deux heures au clocher je me retrouve pantelante. Il faut rentrer dans le noir, et je suis seule… 

Comment remonter à ma chambre ? J’avance sans trop réfléchir. La porte d’entrée est fermée. La porte arrière aussi… et il y a de la lumière dans la grange du voisin. Je vois une échelle bien tentante. Sans réfléchir un seul instant, je cours vers le salut, je saisis l’échelle, je la dresse, je grimpe… Ah !…Mais je ne peux pas laisser l’échelle :en se levant, à cinq heures, mon père la verrait tout de suite. Pieds nus, les sandales à la main, je redescends à la porte de derrière, je tire le verrou, je sors sans bruit, je reporte l’échelle à sa place… et…IL EST LA ! Il ne crie pas, ne fait pas un geste. Je voudrais parler, m’excuser, mais impossible : aucun son ne sort de ma bouche. J’ai l’impression de marcher dans une mer de coton. Chaque geste me coûte un effort surhumain. Je parviens tant bien que mal à sortir de la lumière. Mes yeux mettent une éternité entière à retrouver leur acuité.Il n’a pas bougé. Il m’a seulement regardée. Va-t-il venir me rejoindre dans l’ombre ? Me punir ? La porte s’ouvre comme un soulagement-déception. 

Le cœur battant, je referme le verrou, j’escalade l’escalier. Je me couche, et c’est là que tout commence. Je sens d’abord un souffle dans mon cou. Je sens des mains sur mes lèvres. Je sens une corde qui attache mes poignets. Je sens qu’on arrache ma jupe. Je sens la brûlure d’une lanière plus fine et 

plus féroce que le perpignan de mon père. Je me débats en vain, mes poignets sont tout écorchés. Je veux crier, mais impossible. Je sens les coups redoublés qui lacèrent ma peau , mes seins, mon ventre, mes fesses, et même mes petites lèvres. Je sens que je vais mourir…mon corps se débat dans les affres douces de l’agonie. 

  

         15 JUILLET 

  

Je n’y comprends rien ! j’ai dû rêver une fois de plus !Mes poignets n’ont pas la moindre marque et les zébrures que je pensais sentir dans la nuit ne se voient pas dans le miroir. Mes membres sont libres… Bizarre ! ! 

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