crimes à Velebeau (suite)

 Martin est commandant de brigade à Velebeau   

Un homme a été tué dans son secteur… et on a retrouvé la voiture d’un inspecteur de l’Education Nationale dans un gouffre L’enquête s’annonce épineuse. L’inspecteur Hamelin  dépêché pour l’enquête  est reparti , il avait tenté  de rencontrer  Mathurin Gamet, d’interroger sa femme et sa fille .Le juge n’apprécie pas que l’on enquête sur un haut fonctionnaire…Martin sent pourtant bien que Mathurin joue un rôle dans ce crime…Raoul qui a menti sur son emploi du temps paraît hors de cause… L’assistante sociale vient le questionner sur ce qu’il pense des relations entre Mathurin et sa fille , laquelle est enceinte. Il va interroger la mère supérieure de l’internat…le chauffeur du car, les enfants…Elle a été vue courant pour rattraper le car… Germaine Mâtin qu’il n’a pas soupçonnée se suicide. Elle laisse une lettre et son journal 

                                                                           24 JUIN 

  

Je l’ai vu à la fête de
la ST JEAN. Il avait bu. Il m’a regardée et il a avalé trois verres coup sur coup. J’aurais bien aimé lui parler. La nuit, j’en peux plus d’espèrer qu’il vienne, qu’il me caresse. Je ferme les yeux, je rêve à plein de choses que je n’oserais raconter à personne. J’aimerais sentir sa main râpeuse sur mes fesses, sur ces petites lèvres qui s’ouvrent et se mouillent rien qu’à penser à lui. 

  

  

                                                                           26 JUIN 

  

Je suis retournée chez lui. Il était au fond de son cellier. Je lui rapportais une clé anglaise qu’il avait prêtée à papa. Il a rougi. Il a pâli. Il a pris la clé. Et moi, je n’ai pas hésité, j’ai attrapé sa main que j’ai couverte de baisers. Lui m’a relevé la tête, il m’a regardée dans les yeux et là, il a avancé sa bouche dans mon cou ! Il paraissait tout essoufflé. Il a remonté sa bouche jusqu’à mon menton. Ses lèvres ont touché les miennes, puis il s’est retourné violemment en me suppliant de rester chez moi. Je suis repartie, mais au bout de dix mètres, j’ai eu une envie irrésistible de revenir. Je me suis approchée sans bruit, j’ai regardé s’il était toujours là…Il avait baissé son pantalon et il secouait ce morceau de chair qui pend entre les cuisses des hommes. Ce n’était pas du tout ce que j’avais vu dans mon rêve, c’était comme un manche d’outil violet au bout. 

Il ne m’a pas entendu entrer et moi je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai senti la boule dans ma gorge, mon ventre ravagé et j’ai avancé, la main tendue, j’ai touché sa main qui s’agitait. Il m’a regardée d’un air horrifié. Il a attrapé son vêtement et il m’a repoussée violemment. Mais moi, je me suis accrochée à l’échancrure de son pantalon. Alors, dans un soupir terrible, il n’a plus bougé et ma main a commencé à s’agiter toute seule. Au bout d’un moment, il m’a dit que j’étais une sale gamine vicieuse qui allait lui créer les pires ennuis, qu’il ne fallait JAMAIS que je revienne, que sinon, il me ferait beaucoup de mal. Je me suis sauvée jusqu’à un coin secret, connu de moi seule et j’ai pleuré, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai ri,… je dois devenir folle ! 

Quand je suis revenue à la maison ,papa était fou furieux. Il n’arrêtait pas de hurler et il avait dans les mains  son énorme fouet, celui des chevaux : le « perpignan ». C’est TRES RARE que papa utilise le « perpignan », et, là, avant que j’aie dit un seul mot, il a claqué le fouet qui est venu zébrer mes mollets, et encore une deuxième fois sur mon dos. Je me suis traînée à ses pieds :  « Pardon ! papa ! je ne recommencerai plus, c’est promis ! papa ! non ! papa ! 

–Recommencer quoi ? Tu vas bien être obligée de recommencer ton année et en pension encore ! Ah ! Tu as sauté les cours ! Ah ! Tu as signé tes mots à ma place ! Je vais t’apprendre, moi ! » Et clac ! une autre cinglée. Celle-là, elle m’a tellement soulagée ! 

C’est vrai que j’ai sauté les cours des vieux idiots de profs qui me prennent la tête. C’est vrai que j’ai contrefait la signature de mon père, mais c’était il y a longtemps ! C’était il y a au moins un mois quand je croyais que j’étais malade. 

  

 C’est vrai aussi que j’ai peu travaillé ce trimestre, à quoi bon ? J’ai toujours de mauvaises notes, et, en plus, je n’aime ni les profs, ni l’école. 

« Regarde ! recommençait mon pére, 3 en grammaire, 0 en composition française, 4 en math, et leçons jamais sues ! Pourtant tu prétendais bien que tu allais les apprendre quand il y avait du travail à la maison ! 

(Ouf ! il ne sait pas, le voisin n’a rien dit !) 

__Je sais pas, j’arrive rien à retenir en ce moment » 

A ce moment, maman est intervenue. Elle a pris le bras de mon père et lui a dit : « Ca suffit ! Elle a eu bien des soucis, c’est une fille qui grandit. Elle a été assez corrigée.Il faudra voir ce qu’on peut faire pour le redoublement de sa classe. 

–Ouais ! ben ce sera en pension et chez les sœurs encore ! Au moins, elle sera bien obligée de travailler. Je suis montée à ma chambre et j’ai pleuré des larmes de soulagement et d’inquiétude. L’année prochaine, je serai morte, sûrement. 

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