Mon salon, à moi, de l’agriculture (3)

 

Adieu, douce MARQUISE, tu étais la plus belle
Adieu ma douce amie, adieu ma jouvencelle
Nous avons mille fois en parcourant les prés
Partagé mille joies, sauté mille fossés
Nous avons de concert écouté l’alouette
Ecouté le blé mûr bruisser sa chansonnette
Nous avons entendu tous les bruits de la terre.
Lorsqu’elle tourne en sillon sur le flanc et se serre
Nous avons bu ensemble à la même fontaine
J’ai caressé tes flancs, ton cou et ta bedaine
J’ai tiré doucement le lait de ta mamelle
Tu m’as lèché le front aussi, ma toute belle
Sous le joug tu venais dès que je t’appelais
Sans attendre un instant, sans rechigner jamais
Viens prendre dans ma main cette poignée de sel
Stérile est ton ventre et sèche ta mamelle
Et c’est la dure loi de notre société :
Quiconque est abattu, qui ne peut rapporter.
Adieu, MARQUISE, adieu, que dis-je ? à toujours
Tout au long de ma vie, redit avec amour
Ton nom vivra sans cesse
Ainsi qu’une caresse. 

Laisser un commentaire