Radotage: le rêve de Picou (quinzaine du conte)

19 mai 2024

Le rêve de Picou

En pensant aux enfants en vacances…

« J’aime pas ma maîtresse, c’est une sorcière ! criait PICOU. Elle a des grosses fesses, une bouche en soupière. Son nez est crochu comme un bec . Ses yeux lancent des éclairs, sa baguette fait que siffler dans l’air. »
Pendant qu’elle parlait, un vieux monsieur la regardait en remontant ses lunettes pour mieux voir la fillette.
La maman de PICOU voulait calmer sa fille en lui disant des choses gentilles.
« C’est une sorcière ! criait encore PICOU : elle a des crapauds sous la peau de son cou ! Elle crache ses mots en hurlant comme un loup. Elle sent la sueur et le mauvais ragoût ! »
Après qu’elle eût fini de proférer ses plaintes, le monsieur s’avança et prit dans ses mains jointes les deux mains potelées de l’enfant en colère. Il confia en secret à la petite oreille : « Ce soir, prends ton cartable, tes crayons ; devant la glace, tu devras loucher en répétant trois fois VARONTRON » Puis il disparut au coin de la rue. La maman n’avait rien entendu : le monsieur devait être un sorcier…..
Le soir, à la maison, PICOU ne pensait plus au vieux monsieur qu’elle avait entrevu, mais, en sortant de la salle de bains où elle venait de se doucher, alors que sa maman disait : « Va te coucher », ce souvenir lui revint.
Elle hésita un peu, puis saisit son cartable et ses crayons épars sur le coin de la table, se tourna en louchant vers le miroir installé pour coiffer ses poupées, et, en tremblant un peu comme pour une bêtise, elle répéta trois fois : « VARONTRON, VARONTRON, VARONTRON »
Elle sentit dans sa main de l’électricité et lâcha brusquement et cartable et crayons….
En entendant du bruit, maman vint aux nouvelles, mais PICOU n’osait pas avouer pourquoi elle avait laissé tomber sur le sol les objets…
« Ils sont tombés pendant que je rangeais. Je ramasse, dit-elle »
Et puis, elle se glissa sous la petite couette, la lumière baissa et commença la fête.
Le petit crayon gris qui se cassait sans cesse, la faisant chaque jour accuser de paresse, se dressa sous ses yeux un peu éberlués, dansa comme un ballet sur le coin de la table avant de s’approcher de son blanc oreiller, pour lui murmurer d’une voix aimable : » Demain je serai sage, on va bien travailler. »………Il retourna ensuite rejoindre ses copains pour chanter avec eux un très curieux refrain :
Varontron, varontron, varontron,
Nous sommes les crayons
Varontrou, varontrou, varontrou
Les crayons de PICOU.
Le crayon vert , se leva et se mit à dessiner des brins d’herbe.
La chambre aussitôt devint un champ où pâtres et pastourelles défilaient en chantant pendant que des moutons dormaient près des buissons.
Varontron, varontron, varontron
Dit le crayon marron
Mes œufs en chocolat
Sont très bons ! sont très bons !
Le champ soudain changea : il devint lieu de quête, où des enfants en fête cherchaient deci delà, dans chacun des recoins, ici tout près, très loin, de rondes friandises.
Le crayon violet, bien sûr toujours discret, se cacha pour semer de minuscules taches dans la haie…Et , de tous côtés, on vit surgir des fleurs très colorées, pendant que le plafond couvert de crayon bleu devint un ciel joyeux.
La trousse tout à coup, déversa des objets en folie. La colle que le compas avait percé, dégageait un parfum enivrant, pendant qu’elle formait une mer en coulant. Son tube aussitôt vogua au milieu des courants, son mât-compas dressé, sa voile de papier par tous les vents gonflés. Du scotch, les deux rouleaux se transformèrent en pédalo, cependant que bientôt on entendit les refrains de marins embarqués pour des pays lointains. Les ciseaux, à leur tour entrèrent dans la danse et jeunes valseurs groupés en ribambelles surgirent de leur lame et emplirent la plage de musique et de joie.
Soudain, la gomme survint, grande, fière, altière, et arracha d’un coup le décor éphèmère.
Le noir alors revint, égayé seulement par le chant des marins apporté par le vent.
Quand revint la lumière, au bout d’un long moment, on vit une sorcière debout sur un banc. Elle était enchaînée par des lianes enroulées….mais on voyait cependant à qui elle ressemblait. Mille petits lutins autour d’elle assemblés allumaient un grand feu. Ils dansaient à qui mieux-mieux au son d’une musique extrêmement bizarre.
Le premier se détacha et cria : « TU ES EN RETARD !» Il saisit un bâton, menaça la sorcière.
Le second s’avança et frappa son derrière……. Deux gros coussins en churent. Tous s’approchèrent et vinrent lui faire des reproches….

…Mais voilà que soudain, tous ensemble ils s’arrêtent : ils ont vu dans le coin, de dos la silhouette d’un monsieur qu’ils connaissent…et craignent sa colère.
« Monsieur le Directeur ! chuchotent les lutins…et l’on voit arriver, marchant à reculons, l’homme qui fait trembler tous les petits mutins.
D’un coup, il se retourne…IL A UN GROS NEZ ROUGE ! ! ! son costume, noir au dos, devant est arlequin et il ne gronde pas : il prend un air malin.
Il donne aux enfants, pour la ronde, la main… puis il va arracher le masque de sorcière dont l’immense bouche évoque la soupière et dont le nez en bec a tant terrorisé.
Commence alors pour tous, une danse endiablée.
La maîtresse est bien là, ah ! mais si différente ! belle et souriante… on ne peut que l’aimer.
Elle arbore un sourire qui réchauffe le cœur et les petits lutins s’asseyent de bon cœur
On va compter, dit –elle, maintenant jusqu’à vingt et après, vous verrez, ce sera le matin. »
Tous se mettent à compter….Au moment où PICOU relevant la tête du coussin, déclare d’un ton ferme après s’être étirée : « Aujourd’hui, c’est bien sûr, je vais bien travailler ! »

RADOTAGE: Falotton quinzaine du conte)

19 mai 2024

FALOTTON

FALOTTON s’ennuyait tout au creux de l’enfer : toujours ajouter du charbon, toujours retourner les âmes, entendre leurs cris, ce n’était pas très amusant. Lorsqu’il allait se plaindre au grand maître SATAN, celui-ci ricanait : on n’est pas en enfer pour prendre du plaisir !…Au bout de longues de plaintes et de récriminations, FALOTTON comprit que, pour obtenir satisfaction, il lui faudrait ruser.
« Grand maître, merci de m’avoir placé à la cuisson, j’en éprouve un merveilleux plaisir : ce parfum de rôti, mmmmmmmm ! cette douce chaleur (on se croit sous les cocotiers) et ces chants !! quelle joie de les entendre ! » se mit-il à répéter plusieurs fois par nuit.
Le grand SATAN en fut bientôt marri et lui intima l’ordre d’aller sur terre conquérir des âmes. FALOTTON se réjouit tout d’abord, puis il se posa la question cruciale : de quoi serait-il capable ?
Inciter à la luxure ? Il n’était pas assez bien membré !…Inciter à l’avarice ? Cela le rebutait. Soudain, il eut une idée géniale : avec tous ces humains qui se croient issus de la cuisse de JUPITER, il lui serait facile d’inciter à l’orgueil.
Aussitôt, il vint près de GRENOBLE. Il y avait là un duc qu’il serait aisé de faire basculer, son esprit étant prédisposé vers un orgueil démesuré.
FALOTTON prit la forme d’un architecte et vint lui présenter les plans du plus beau des palais .Le duc aussitôt se sentit croître des ailes : il lui fallait ce palais !…..
La construction dura longtemps…à la moitié des travaux, le duc avait déjà dépensé tout son argent…avant complet achèvement, plus personne ne voulait lui en prêter….il ne pouvait pourtant pas laisser son palais sans l’entourer d’un mur d’enceinte : tous les malandrins auraient tôt fait de le piller !
Il s’en ouvrit à son génial architecte qui fit semblant d’abord de ne pas le comprendre….après mille discussions, FALOTTON abaissa son masque : « Donnez votre âme à mon maitre, et votre mur, vous l’aurez gratis.
_Comment ! traître ! tu n’es donc qu’un valet ? Je ne traite jamais avec les valets ! Va me quérir ton maître ! »
Penaud, FALOTTON transmit à SATAN la requête…SATAN s’en vint donc un soir après minuit…
« Si tu peux, dit le duc, construire le mur du parc en moins de temps qu’il ne m’en faut pour le traverser, tu auras mon âme »
SATAN paria et manda pour ce faire une équipe de démons….La lune était cachée, le travail commença. LESDIGUIERES monta son cheval préféré : celui que le chapelain avait un jour béni. Il retint tout d’abord sa monture, qui, sur son injonction, boitait bas et respirait bien mal…Les démons, ce voyant, prirent tout leur temps : un immense éclat de rire résonna dans le pays…Tout à coup, sur un coup d’éperons, le cheval s’élança…les démons firent vite, très vite… le mur se refermait à peine quand le cheval sauta.
FALOTTON constatant son risque d’infortune tenta de retenir la bête un instant…mais le cheval béni lui donna en sautant une telle ruade qu’il fut projeté au flanc de la montagne. Seuls restèrent enfermés dans le mur quelques crins du destrier.
FALOTTON fut puni et transformé en pierre…et les hommes oubliant qui il avait été ne le dénomment plus que « la pierre percée »…(C’est une des merveilles du DAUPHINE »)

Référence bibliographique : « les sept merveilles du DAUPHINE » par M. Paul BARRET
Anciens établissements LEGENDRE , LYON 1925

radotage: En pensant aux pélerines…

18 mai 2024

Un temps pas si lointain…

A ceux qui pensent que, la liberté toujours
A été octroyée aux citoyens français
Je voudrais raconter sans le moindre détour
Qu’au temps de ma jeunesse, je suis vieux c’est vrai,
Les journaux présentaient avant leur émission
Leurs projet du jour avant la parution.
Il y avait souvent des espaces vacants
Sabrés par la censure de fonctionnaires vaillants:
Ne pas parler d’Eros, éviter polémique
Sauf pour sanctifier le pouvoir politique.
Non, je ne parle pas de période de guerre
Les guerres terminées, la censure est restée.
Les grands libéraux ne se souciaient guère
De donner à la presse, de parler, liberté.
Les articles effacés circulaient en sourdine
Sous le voile épais de notre pélerine
Au risque de se faire au poste de police
En passage à tabac, pour trouver l’interstice
Qui avait pu permettre de laisser transpirer
Sur des éxactions la triste vérité.
Quand cela disparut? Il faut le rappeler
Quand tonton Mitterrand se mit à gouverner.

Cet article a été posté le Samedi 12 décembre 2015

Verre laitier…

18 mai 2024

(inspiré par « Entrenous » Canalblog)16 mai 2024)

Ce sont des scories baladeuses

Qui voyagent au gré du fric,

Pour des voies où les promeneuses

Rêvent de ce qu’il y a de plus chic…

Est-ce un aménageur poète

Qui eut l’idée de les inviter,

Afin d’ébahir les nymphettes

D’aiguiser les curiosités?

A moins que prosaïquement

Leur coût ne soit juste plus bas,

Même véhiculés longuement

Que des graviers ici ou là?

 

Radotage: Le fromage de Sassenage(quinzaine du conte)

18 mai 2024

Mon salon, à moi, de l’agriculture (7) rayon fromage

Vendredi 18 février 2011

Je vous parle d’un temps que les très vieilles gens même n’ont pas connu….Un temps où les sources jaillissaient librement pour désaltérer le promeneur assoiffé : pas de plombier, pas de fontainier, pas de syndicat des eaux….Un temps où les arbres croîssaient en liberté dans des forêts immenses que ne venaient détériorer ni des chemins, ni des pistes de ski, ni des routes forestières, où on n’avait pas encore inventé les gardes forestiers.Un temps où les animaux avaient le droit de parler, les hommes savaient les comprendre….Un temps où les humains n’étaient jamais malades : on ne connaissait ni les médecins, ni les pharmaciens, ni les médicaments…Un temps où les voleurs n’existaient pas : on n’avait pas encore inventé la police…Un temps où le travail était source de joie : on n’avait pas encore inventé les patrons !
C’est en ce temps-là  que la fée MELUSINE vint habiter dans les cuves de SASSENAGE , n’apparaissant que de temps en temps pour charmer les hommes du pays.
Elle vécut très bien, pendant des millénaires, plongeant dans la rivière, se prélassant sur les rochers, étalant dans le noir ses cheveux de soleil comme un halo de lumière. Elle eut pour amis tous les animaux du monde, tous les poissons, les insectes et les fleurs et puis elle rencontra, un soir de pleine lune RAYMOND DE BERANGER, seigneur des environs, qui aussitôt fondit d’un amour ineffable pour cette créature aussi belle que douce. Il la supplia :  » Viens ! MELUSINE, habiter mon château, tu seras ma reine, mon adorée, ma joie !
–Je ne pourrais venir que les jours de semaine, car samedi et dimanche je dois toujours rentrer dans les cuves « .
RAYMOND intrigué qu’elle disparût ainsi chaque fin de semaine la questionnait sans réponse…Un jour, n’y tenant plus, il lui proposa de l’épouser : ainsi, elle serait bien obligée de rester au foyer…mais du fond de ses larmes, MELUSINE lui avoua alors son terrible secret : ayant commis une énorme bêtise, le tribunal des fées l’avait condamnée à  être une sirène chaque fin de semaine.
RAYMOND DE BERANGER ne se laissa pas démonter : il avait imaginé tellement pire ! Qu’importait pour lui que le samedi et le dimanche,elle fût une sirène : toute la semaine, elle resterait sa REINE, son amour, son adorée, sa joie !…Et des années durant, tout alla pour le mieux dans les cuves grondantes, le château et les cieux….Il arriva pourtant qu’un jour, sans prendre garde, MELUSINE absorba une plante toxique.Ses cheveux qui illuminaient les galeries s’éteignirent, ses forces la trahirent, elle se traîna tant bien que mal jusqu’au plus profond de la plus profonde galerie, et là , exténuée, ses yeux se fermèrent, elle resta allongée sur le flanc sans rire, sans parler et respirant à  peine.
Samedi et dimanche, RAYMOND DE BERANGER ne s’inquièta pas….Mais dès le lundi, ne la voyant pas revenir, le pauvre amant chercha où pouvait se trouver sa belle, son amour, son adorée, sa joie…Après mille recherches, dans les boyaux profonds, il la trouva enfin éteinte et affaiblie, un souffle à  peine s’échappait de sa bouche et aucun son ne semblait atteindre son oreille.
Aussitôt, BERANGER fit mander le sorcier….Mais celui-ci, hilare, lui fit répondre que les fées n’étaient pas ses amies et qu’elle n’avait qu’à  se sauver elle-même !
BERANGER fit clamer et dans tout son domaine qu’il cherchait la personne capable de soigner efficacement sa bien-aimée…Tout ce qu’on lui proposa s’avéra inutile.
Perdant tout espoir, RAYMOND DE BERANGER s’enferma dans son château dont les volets restaient hermétiquement clos, à  remâcher sa douleur…Un voyageur passant par là  , repèra ce château qui semblait inhabité, se renseigna. On lui apprit ce qu’il était advenu. Au gré de ses voyages, il avait connu un savant mandarin qui guérissait tous les maux. Il s’en vint donc frapper à  l’huis du château….Personne ne répondit tout d’abord..Il frappa plus fort…La porte s’entrouvrit :  » QUI ES-TU, TOI QUI VIENS TROUBLER MON CHAGRIN ?
–Faites excuse, seigneur DE BERANGER, mais je connais un sage qui sait guérir les fées.
–TU NE POUVAIS PAS LE DIRE PLUS TOT ? !  »
Après avoir pris tous les avis de l’homme,RAYMOND sella son cheval et partit pour
la CHINE, à la recherche du sage mandarin. Le voyage fut long, bien fortes, les angoisses… Mais il parvint enfin, après deux ans de selle,à  rencontrer le sage. Celui-ci était très vieux, il était assis, les jambes en tailleur, et il fermait les yeux pendant que BERANGER lui parlait.Il se fit bien expliquer comment était la fée, ce qu’elle faisait, quelle était sa position….Il fit brûler un mois, des baguettes d’encens…réfléchit longuement pendant plusieurs mois, puis déclara enfin au voyageur qui mourait d’impatience :
» Il faut trouver d’urgence, car la maladie gagne,
Un aliment sacré…cherche dans ta montagne
Il te sera donné par personne importante  »
Et le sage se tut .BERANGER , donc revint, au quadruple galop. DEUX CENTS CHEVAUX , MOURURENT SOUS SA SELLE, mais il fit en six mois le trajet de deux ans.
Quand il arriva, il courut droit vers celle que jamais sa pensée d’amant n’avait quittée un seul instant…Elle gisait toujours, et pâle, et sans vie.
Il manda des valets chez tous les princes de la terre…tous revinrent sans le moindre remède.
Il manda des valets chez tous les religieux : les évêques, les prêtres, les rabbins, les ulemas, les popes….personne ne connaissait le sage mandarin.
Il manda des valets chez les riches bourgeois : ils revinrent en haillons mordus et chassés par les molosses.
Bien qu’il eût promis de belles récompenses,personne ne parvint à  rendre à  la fée un regard plus vivant…
Alors, découragé, RAYMOND partit sans but à travers la montagne remâchant en pensée sa tristesse et sa peine. Il marcha un jour, sans manger, sans boire, sans dormir, une nuit, sans manger, sans boire, sans dormir, une deuxième journée, sans manger, sans boire, sans dormir, une deuxième nuit, sans manger, sans boire, sans dormir, une troisième journée, sans manger, sans boire, sans dormir, une troisième nuit sans manger, sans boire, sans dormir, une quatrième journée, sans manger, sans boire, sans dormir….Il s’écroula sous un frêne au quatrième soir et s’endormit….
COCORICO ! …RAYMOND se réveilla….Il se trouvait devant une chaumière où vivait une femme qui élevait des chèvres et UNE VACHE BLONDE AUX CORNES GALBEES COMME
LA DEESSE ATHOR DES EGYPTIENS.
Elle venait de traire sa bête qui, excitée par les mouches, lui avait donné des coups d’une queue souillée de bouse en travers du visage….
Dès qu’elle l’aperçut, la vieille l’interpela :
» Mon maître, mandarin , par pensée m’a parlé, viens ! j’ai préparé ce qu’il faut pour t’aider  »
RAYMOND découragé, épuisé de tristesse regarda la pauvresse et se tut un moment…
 »Par personne importante, m’a dit le mandarin…Qui es-tu pour prétendre être de noble race ?  »
La vieille ricana : croyait-il, pauvre niais, que la seule valeur fût celle de naissance ? celle des écus ? ou celle de place sociale ?NON ! la seule valeur, mais là  vraiment féconde est puissance d’esprit.
» AU MOINS, comment as-tu fabriqué ce présent ?  » demanda BERANGER quelque peu alarmé.
La vieille alors tendit sa main toute ridée, entraîna le seigneur vers l’étable où brillait comme un feu le pelage doré de sa vache sacrée aux cornes bien galbées
» Le remède ordonné pour la fée MELUSINE , n’est pas un poison fabriqué en usine, c’est un liquide blanc que l’on a fait cailler, égoutter, mélangé à un peu de pain rassis.
Au fond de douces grottes, il a longtemps mûri, posé sur de la paille soit de seigle, soit de blé, pour donner un fromage et doux et persillé …MAIS CE N’EST PAS CELA QUI EN FAIT
LA VERTU :
SEULE
LA VACHE D’OR PEUT TE DONNER DU VRAI, DU BON, DE L’INEFFABLE…LES AUTRES NE FERAIENT QUE DE PALES COPIES.
Viens ! Prends ! Emporte ! et donne à  MELUSINE afin que resurgisse le bonheur et la joie !…Ne t’attarde pas au fond de ma cuisine ! Va ! Cours ! Vole ! Elle t’attend. Elle sait depuis longtemps que seul, peut guérir une fée aussi belle, le bon lait généreux donné avec largesse par la vache dorée des plateaux de VILLARD DE LANS . »
A la première miette, MELUSINE cligna des yeux. Après une bouchée, ses cheveux s’éclairèrent…Et quand tout fut avalé, MELUSINE se dressa toujours aussi belle.

C’est ainsi que depuis de nombreuses années, on trouve un peu partout du fromage que RAYMOND DE BERANGER a dit de SASSENAGE
MAIS
Si un jour vous trouvez sur un vague marché de la pâle copie donnée par lait de  » jailles  » et qui n’a pas mûri longuement sur la paille,….même si vous le trouvez délicieux,
INUTILE D’ALLER EN OFFRIR A DES FEES
Elles savent trop bien, elles que l’on ne peut tromper, que seul le lait sacré de nos VILLARD DE LANS peut redonner à  toutes et joie et grands élans.

Il était muet comme un pot

17 mai 2024

1961…

Ils avaient beau cogner sur sa tête

Avec le bottin du département

Il refusait, Dieu que c’est bête

De fournir des renseignements

De donner le nom des camarades

En lutte pour l’achèvement

De la sinistre mascarade

Menée par le gouvernement.

Tu collais : »Paix en Algérie »

« Avoue que tu connais la filière

Qui circule en catimini

Pour fuir, déserter, la manière »

Il restait muet comme un pot

Ne savait pas, cherchait peut-être

Ne voulait pas se faire trouer la peau

Pour des gens qui refusaient d’être

Depuis toujours, égaux,

Avec les dits « indigènes »

Qui revendiquaient sans gêne

La liberté de décider chez eux…

 

 

 

8 mars 1945: la déclaration finale de la Conférence de Mexico proclame

le principe de l’égalité des droits pour tous les hommes

« quelles que soient leur race ou leur religion »

Puisqu’on est dans la quinzaine du conte… RADOTAGE!

17 mai 2024

L’histoire du Phonse

Lundi 28 février 2011

Le Phonse était un pauvre gamin qui vivait il y a longtemps dans une vieille hutte en bois où l’eau rentrait de partout. Sa mère était une servante boiteuse qui ne gagnait que quelques sous et son père ouvrier agricole buvait sa paie sans rien gagner…Mais le Phonse était dégourdi! Il était sur ses 4 ans à la tête d’une bande qui braconnait dans les bois, pêchait à la main au ruisseau… Le curé voyant son intelligence pensa que s’il s’en occupait, il pourrait peut-être devenir un prêtre , pourquoi pas? Le Phonse donc apprit à lire et il y trouva du plaisir, il lisait tout ce qu’il trouvait… Et c’est ainsi qu’un vieux grimoire un jour lui tomba sous la main. Il l’étudia , le réétudia, l’apprit par coeur et chose étrange, lui qui n’éprouvait aucun intérêt pour les travaux de l’élevage se mit à soigner des poussins, des poussins noirs, des poules noires…et, le soir, par les nuits sans lune, il sortait en criant « POULE NOIRE! POULE NOIRE! »

Dans le pays, les sales langues se mirent à jaser sur lui : »voilà ce que c’est que de lire: c’est sa cervelle qui a bouillu! ». Cela dura plusieurs années, puis voilà qu’une nuit, une nuit noire de novembre, sans lune et pleine de brouillard, le Phonse cria rien qu’une fois: »POULE NOIRE! » et le silence s’étendit…

Le lendemain c’est aux Vignettes , le château du seigneur voisin qu’on retrouva le Phonse tout revêtu d’habits dorés, la châtelaine lui faisait doux yeux, le châtelain le respectait, les femmes à sa vue se sentaient comme attirées par un aimant et les hommes ne pouvaient en aucun cas lui résister.

LES FEMMES? il en a choisi quatre: la plus forte pour travailler, la plus douce pour le caresser, la plus belle pour l’accompagner et la plus riche, ben, ….il l’a épousée! Elle lui donna un fils qui fréquenta les beaux milieux mais qui se posait bien souvent des questions sur ses parents…

« Père, on m’a dit que c’est secret, votre fortune d’où vient-elle?

_ Mon fils en aucun cas, tu ne dois t’aventurer au fond du jardin des buissons »

Il y avait au fond du jardin une zone impénétrable où les buissons enchevêtrés protégeaient on ne sait quoi….

De l’argent autant que l’on veut, des femmes autant que l’on désire, ça vous use un homme en moins de temps qu’il ne faut pour le dire… Le fils n’avait pas 20 ans que la mort s’approcha du Phonse…

« _Père je vous en supplie, dites-moi votre secret….

Le Phonse voulut se redresser… man … dra… g….. » mais retomba mort d’un coup… Pas moyen pour le fils d’en savoir plus… Mais moi j’ai retrouvé le grimoire et reconstitué l’histoire: La MANDRAGORE est cette plante que le diable  dans la nuit, si vous lui offrez une poule noire, sans vous laisser surprendre, doit vous donner. Ainsi pendant toute la vie, vous aurez de l’argent à la pelle, les femmes vous adoreront, les hommes vous obéiront… et cela jusqu’au terme, où le diable reprend sa mise…

Le Phonse donc se présenta à la porte de l’enfer.Satan fut ravi de le voir et voulut le précipiter dans les flammes, mais… Le Phonse était malin… » _ Où donc se trouve le registre? je suis sûr que comme dans les bons hôtels il en est un devant l’entrée… Je sais écrire et je pourrai mettre mon nom comme il se doit… _ C’est vrai que toi tu sais lire….voilà! tu peux bien t’inscrire. »

Avec un morceau de fusain, le Phonse a écrit son nom… et en face il a signé en dessinant UNE CROIX!!! Le registre s’est enflammé, le diable a fui à l’horizon… Et le Phonse était sauvé!

C’est depuis que sur la butte où le Phonse est né on a donné pour le village le nom de SAINT PHONSE (ST FONS) … si quelqu’un vous raconte que cela vient de cent fontaines ne le croyez surtout pas!

Au bois de Païolive

17 mai 2024

(inspiré par une image FB)

Mais qu’est-ce donc qu’ils se racontent

Au coin du bois depuis si longtemps?

Pensez! Des siècles dont on perd le compte,

Leurs silhouettes érodées par le temps…

En ce temps là, pas de comptoirs

Pour, près d’un verre, en secret,

Se confier les mille déboires,

D’une vie pourtant pleine d’attraits…

On n’avait pas inventé les concierges,

Ni les crieurs aux tambours bruyants,

La Nature était encore vierge

C’était…C’était… C’était avant…

Les échotiers, les éditorialistes,

Les critiques, commentateurs baveux,

Les pamphlétaires, les polémistes,

Dans le cloud, Tik-tok fumeux…

A chacun d’entendre la confidence

De l’ours au lion, en toute confiance

 

Merci à mes visiteurs

16 mai 2024

Merci à mes visiteurs: après les perturbations dues à un réseau incertain, vous avez retrouvé un nombre qui me comble:

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MERCI!

MERCI!

MERCI!

Ulysse (ballet)

15 mai 2024

Ulysse est une œuvre de danse contemporaine du chorégraphe français Jean-Claude Gallotta,

. Elle est considérée comme l’une des pièces les plus imp ortantes de Gallotta

et constitue une pierre angulaire de la nouvelle danse française 

qui se développe au début des années 1980 (Wikipédia)

Même quarante cinq ans plus tard, les choix de danse de Gallotta continuent à me surprendre…

Tant les costumes que la musique choisie déroutent.

Je ne suis pas fan de danse, pas assez intello pour comprendre, si on ne me donne pas de repères,

au moins affiché dans un coin pour suivre de près l’épopée sublimée dans le ballet « Ulysse »

J’ai donc apprécié les performances, très proches des exhibitions de cirque…

Admiré les ensembles.

… Mais senti un peu … dépassé!

 

Radotage

SCHEN YUN

C’était à la « cité internationale » de Lyon,

un spectacle que le quant à soi

intello parisien juge « un peu kitsch »(les Echos)…

Certes chargé de nostalgie voire de critique acerbe contre le pouvoir

en place en Chine…

Dans un décor 3 D, par tableaux suffisamment courts,

des danseurs viennent présenter

_ la conception est pédagogiquement efficace_

des traditions de danses  chinoises.

Des danses régionales,

des contes ancestraux sublimés dans la danse.

Pas le temps d’être fatigué, juste celui d’être émerveillé!

Un chant…

Une démonstration d’instrument traditionnel…

L’orchestre assemble, présente, des instruments traditionnels

qui s’accordent avec d’autres, plus modernes.

Le bouseux que je suis a été ébloui.

 

Cet article a été posté le Vendredi 19 avril 2024 

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